Les Mystères de Pékin : « C’était Xiao Ling le meurtrier ! »

Demandez-moi ce que j’ai mangé lundi dernier et je serais incapable de vous répondre. En revanche, parlez-moi de Xiao Ling le meurtrier et je vous répondrai : « les Mystères de Pékin ». Pourtant, c’était il y a 30 ans !!

Je me souviens encore de la pub : un garçon aux allures d’Indiana Jones, une pièce à la lumière tamisée, le bruit du ventilateur et la voix off du Lieutenant Colombo, himself. La classe !

J’adorais ce jeu : une mécanique simple et fluide, des énigmes amusantes et originales, des graphismes séduisants, des personnages aux noms pittoresques (Tchang-Pabong, Diamang, Houson-Métong…. ), un soupçon de stratégie…

Les Mystères de Pékin ont marqué mon univers ludique, bien plus que Piqu’puces, Docteur Maboul & Co. Mon penchant pour les jeux de réflexion m’a naturellement conduit vers Cluedo et Scotland Yard. Mais l’engouement manquait à l’appel. Il faut croire que le manoir huppé et la Tamise me faisaient moins rêver que les rouleaux de printemps et les Bouddha grassouillets. Chacun son truc.

Mon nom est Paoli, Lee-Paoli !

Dans les Mystères de Pékin, les joueurs sillonnaient la ville à la recherche d’indices. Chaque témoin  révélait une caractéristique physique (moustache, cicatrice, lunettes…). Les joueurs se reportaient ensuite au trombinoscope des vilains méchants pour éliminer les suspects jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.

Rien de très innovant, me direz-vous, c’est Qui est-ce ? en version plateau. C’est pas faux ! Mais c’est justement ce qui faisait toute la différence et ajoutait un peu de piment aux parties.

En effet, il ne suffisait pas de lancer le dé et d’avancer bêtement au hasard. Il fallait être le plus rapide et, par conséquent, optimiser au maximum ses déplacements. Et cela, malgré les embûches qui parsemaient le parcours : des dragons qui bloquaient des rues, des témoins qui n’avaient rien vu (grrr), ou pire, qui mentaient (Arrrgh) ! Heureusement, on pouvait compter sur le vieux Sage pour dénoncer les baratineurs et sur les pousse-pousse pour progresser plus rapidement.

Là où Qui est-ce ? se contentait d’offrir des petites fenêtres à fermer, les Mystères de Pékin proposait un savoureux mélange de contraintes, de chance et de tactique.

Mais ce qui rendait les Mystères de Pékin atypiques, c’était les accessoires ! Ce jeu s’est montré plutôt novateur pour l’époque. Le matériel comprenait quelques petits «  gadgets » permettant de décoder les divers messages : un filtre rouge, un miroir, une carte SPY, ainsi qu’une carte-écran pour vérifier la bonne réponse.  

C’était beaucoup plus exaltant que d’essayer de choper des puces avec une pince à épiler !

Et 30 ans plus tard…

…il existe encore ! Après quelques opérations de chirurgie esthétique, une première réédition a été lancée en 2002 par Hasbro puis une deuxième en 2012 par Lansay. Preuve que, malgré les années, le concept plaît toujours. Les Marmots apprécient, avant tout, la manipulation des décodeurs. Le côté Spy Kid séduit beaucoup.

Quant aux adultes, ça dépend. Certains trouvent que les parties sont répétitives et que l’utilisation des gadgets finit par lasser. Ils jouent pour faire plaisir à leurs Marmots mais l’enthousiasme n’est pas réciproque. En gros, la magie n’opère plus…

En ce qui me concerne, quand Marmotte a mis la main sur ce trésor caché dans les cartons de mes parents, je suis aussitôt retombée en enfance. Sans hésitation, j’ai replongé avec bonheur dans cet univers. Et, surtout, j’ai vu ma Marmotte partager mon engouement pour ce jeu. À tel point qu’elle n’a pas voulu décrocher avant d’avoir résolu les 50 énigmes du livret ! Ben oui, quand on aime, on ne compte pas.

Je ne sais pas si c’est la nostalgie ou si j’ai oublié de grandir, mais, pour moi, les Mystères de Pékin restent un bon divertissement familial et ils méritent leur place dans les annales des jeux de société !

« Le grand homme est celui qui ne perd pas son cœur d’enfant. » (Meng-Tseu, philosophe chinois, IVe siècle

 

 

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