Des dents très blanches

Pièges !, « un jeu MB »

Nous avons tous un jour été un marmot. Dans mon cas, depuis l’année 1974, exactement. Oui je sais, ça date un peu. Plus de 40 ans…

Mais déjà,savez-vous, les jeux de société pour enfants existaient ! Eh oui, Haba n’avait pas encore sorti Le Verger et Bazar Bizarre n’étaient pas encore sur les étals, mais on trouvait quand même quelques jeux. Si si, je vous assure.

Oh, ils n’étaient pas clairement réservés aux enfants, évidemment. En général, les boîtes montraient une famille explosée de rire devant le jeu, et les pubs étaient du même acabit. Le père, la mère, les deux enfants, évidemment blancs, morts de rires devant une partie de Destins « Et moi, je me mariiiie » ou de Qui est-ce ? « C’est Max ». A titre personnel, il ne me semble pas avoir été pris d’un fou rire en jiuant à mastermind, mais sans doute mes souvenirs sont ils effacés avec le temps.

Tout cela pour vous dire que je suis retombé l’autre jour sur ce bon vieux Pièges ! dans une brocante,  et cela m’a ravivé bien des souvenirs de Mastermind, Touché coulé et autre Dix de chute

Si j’ai connu Pièges ! au tout début des années 80, le jeu est bien plus ancien puisqu’on en trouve trace dès 1965 aux états-unis, sous le titre « Stay Alive », ce qui sonne beaucoup plus dramatique à moins d’avoir en tête la chanson et la coupe de cheveux des Bee-gees.

C’était quoi, ce jeu ? 

Le principe de Pièges ! consistait pour chaque joueur à placer des billes de sa couleur sur des cases, et ensuite d’actionner des tirettes situées de chaque côté du plateau pour tenter de faire tomber les billes de l’adversaire dans des trous.

En effet, chaque tirette actionnait une bande de plastique dont certaines zones étaient perforées. Lorsque deux perforations se croisaient, bim !. Eh oui, la bille tombait dans le fond du jeu. Il fallait donc mémoriser à quel endroit étaient placées les perforations pour éviter d’y faire tomber ses billes, plusieurs pouvant tomber simultanément.  

Ca vous semble confus ? Un coup de pub vous remettra les idées en place :

Et c’était amusant à jouer ?

Assez. Les premières parties en tout cas, jusqu’à ce que l’on comprenne exactement le mécanisme du jeu et donc la logique des mouvements. Pour l’enfant que j’étais, le jeu a perdu de son intérêt une fois que j’ai compris que la chute des billes était calculable et prévisible au lieu d’être aléatoire.

Comme quoi je devais avoir besoin de rêver, à l’époque 🙂

Mais je n’ai pas la sensation de m’être ennuyé avec ce jeu, comme cela a pu être le cas avec d’autres titres de l’époque (hippogloutons ou twister par exemple). Après je n’irais pas forcément le racheter aujourd’hui non plus, mais j’avoue que si l’on me proposait une petite partie dans une soirée revival, je m’y consacrerais avec plaisir, ne serait-ce que pour comprendre à nouveau le mécanisme et pouvoir me sentir intelligent une seconde fois dans ma vie. 

Après, on n’y passera clairement pas la soirée… 

Et ça a marché, ce jeu ? 

Oh que oui… Si la première édition date donc de 1965, déjà chez Milton Bradley, le jeu a régulièrement été réédité jusqu’au début des années 2000. A chaque réédition, le jeu demeurait strictement identique : seules les couleurs du plateau de jeu étaient modifiée.  Après 2003 les rééditions s’arrêtent, signe que les générations X Y et Z préfèrent jouer à GTA qu’aux jeux MB. Cette génération n’a donc rien pour elle 😉

Pièges a été édité en anglais, français, allemand, espagnol, grec, italien, etc. Après le rachat de MB par Hasbro, en 1984, le jeu a continué sa gentille carrière pendant près de 20 ans avant de sombrer dans l’oubli. . Mais bon, pour tout joueur des années 80, cela restera évidemment pour toujours « Un jeu MB ». 

Mais on peut clairement dire que le jeu a bien marché, même s’il est moins connu que les poids lourds de l’éditeur (Puissance 4, Docteur Maboul, Qui-Est-ce ?, Intrigues à Venise ou Twister).

Pièges ! Legacy

Si beaucoup de jeux se sont inspirés du concept de la chausse trappe qui se dérobe sous nos pieds dans un pur moment d’angoisse, deux me viennent spontanément à l’esprit : Château Roquefort chez Gigamic ou Croque Carottes chez Ravensburger.

Les deux titres sont bien sûr très différents (essayez de mettre la main sur les deux, ils sont excellents), mais on y retrouve à chaque fois le concept assez rigolo de la case « peut-être piégée ou peut-être pas », qui fera battre votre petit coeur de vieux marmot.

Et (la larme à l’oeil sans doute) vous penserez à ce vieux jeu de plateau en pastoc’ bleu et jaune qui aura fait (un peu) monter votre pression artérielle de jeune enfant, entre deux parties de Canon Noir et de Mastermind, parce que même si on n’avait pas encore les kickstarters du 7e continent ou de Gloomhaven, on savait quand même – un peu – s’amuser. 

Na ! 

 

 

 

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