Test – 1000 bornes, édition As du volant (pour 1000 bornes, t’as plus rien)

Rhaaaaa la période estivale, le soleil, la chaleur, les glaces… et les kilomètres parcourus dans les bouchons pour accéder à 50 cm² de sable brûlant… Mes souvenirs de gamins sont mêlés de soirées passées au Luna Park du Cap d’Agde, de glace à l’italienne vanille qui coule sur mes doigts… et de bouchons interminables à Millau (oui, j’ai vécu au siècle dernier, comme beaucoup d’entre vous… non mais oh !), avec mes parents ravis d’enquiller des bornes et des bornes pour arriver au camping. Et l’aller retour, de mon œil de marmot devait bien au moins faire… au hasard… 1000 bornes (note du rédacteur : pardon pour cette intro moisie, la faute à la chaleur, sûrement).

Tout ça pour arriver à ce mini-test d’un grand classique revisité…  qui n’aurait jamais du l’être.

JAMAIS, vous m’entendez ?!

1000 bornes façon jeu de l’oie

Tout parent d’une petite quarantaine (là, je cherche à brosser le Chef dans le sens des poils) a joué au moins une fois dans sa vie au 1000 bornes, et se souvient, évidemment, de ses illustrations qui fleurent bon la nostalgie, avec ses escargots, ses lièvres, ses hirondelles (trop rares, malheureusement), ses feux tricolores, et ses coups fourrés. Alors quand une marmaille me propose de faire une partie de 1000 bornes, je dis oui sans me méfier. Sauf qu’à la place de la boîte originale, arrive sur la table une boîte à la déco originale (tu saisie la nuance ?). Horreur, malheur, à l’intérieur de la boîte je découvre :

  • Quatre planches recto verso qui permettent de constituer un circuit ( ? )
  • Des pions qui représentent des voitures ( ?? )
  • Des pions qui représentent les coups fourrés ( ??? )
  • Des pions qui représentent les atouts, à fixer sur les voitures quand ils sont joués ( ???? )
  • Un deck de cartes avec les illustrations originales (ouf !) auxquelles ont été rajoutées d’autres, nouvelles, moches et inutiles (pas glop) 

1000 bornes to be wild

Le but reste le même, être le premier à parcourir 1000 bornes. Sauf que si dans le jeu traditionnel, tout était affaire de stratégie (et de chance), dans « l’As du volant », il faut en plus compter sur des dépassements (qui rappelleront quelque chose aux joueurs de rallyman), des limitations de vitesse sur le circuit (gné ?), des raccourcis (oui oui). Alors, en y jouant, on comprend bien l’intérêt du circuit composé du nombre exact de case pour arriver à 1000 bornes. Les plus petits n’ont ainsi pas à se soucier de savoir compter jusqu’à 1000. Il leur suffit en effet désormais de se souvenir que 25 km/h = 2 cases, 50 km/h=3 cases… jusqu’au 200km/h pour 8 cases pour faire avancer sa voiture. C’est vrai qu’après tout, apprendre aux marmots à faire des additions à la fin, c’est so 80’s… Rajoutez à ça des cartes qui permettent de jouer deux cartes au lieu d’une, des cartes turbo qui multiplient par 2 le nombre de km… pardon, de cases parcourues, des cartes qui nous obligent à faire demi tour (en fait, à rester sur place) et finalement, on obtient un jeu bien différent de celui qui a fait nos beaux jours.

Le même en moins beau

Et si encore le matériel était joli, on pardonnerait facilement (ou pas) à Dujardin cet égarement mais NON ! tout est moche, à l’exception des cartes originales qui sont là, on le sent bien, pour chatouiller la fibre nostalgique de Papa et Maman qui tenteront vainement d’expliquer les règles du jeu originel à leur rejeton qui n’a qu’une envie : jouer avec la petite voiture sans se soucier des km parcourus, des coups fourrés, de la stratégie (même élémentaire). Je vous passe le comble du ridicule avec des petits éléments verts à venir rajouter sur le toit de notre « bolide » pour signifier aux autres qu’on a tiré une carte « increvable, véhicule prioritaire, as des as ou citerne », des pions rouges qui viennent nous barrer le chemin à chaque coup fourré (feu rouge, panne sèche, crevaison ou limitation de vitesse) ou de la vieille coupe grise que remportera le vainqueur.

Aidez-moi, Je sens que je vais rendre.

L’avis de Plateau Marmots

Non, franchement, tout dans cette édition « As du Volant » sent le produit marketing qu’il faut impérativement éviter et auquel on préfèrera la version originale du jeu, moins encombrante, plus facile à mettre en place et tellement plus sympathique… à ce rythme-là, le jeu des petits cochons de notre enfance finira bientôt en simulation de boucherie… au secours !

Note du chef : normalement les tests de Plateau marmots suivent un plan bien précis, mais j’ai laissé Guilpau s’exprimer comme il l’entendait, vu qu’il avait l’air chaud bouillant. Ce qui a achevé de me convaincre, c’est quand j’ai découvert que cette édition « as du volant » n’était même plus soutenue sur le site de Dujardin, puisque le lien vers le jeu amène directement à une erreur 404. Si eux mêmes n’y croient plus, c’est que la messe est dite…  

Les éditeurs ont tendance à rivaliser d’idées plus ou moins abouties pour moderniser leurs jeux ou les rendre accessible à des publics plus jeunes. Des fois ça marche, d’autres non. Ca ne coûte rien d’essayer, évidemment, mais multiplier les éditions (Cars, Asterix, Turbo…) n’est pas un gage de qualité.    

Enfin (et surtout) : il faut toujours se méfier des boîtes de jeux qui montrent une famille en train de jouer en souriant sur la boîte. TOUJOURS. Quand on joue pour de vrai, on fait la gueule, épicétou.  

 

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