Test – Bubble Jungle

Parfois il faut savoir lâcher prise et se défouler. Qui a dit que le jeu de société devait forcément être sage et policé, et joué par des enfants (allemands) qui n’ont d’autre but dans la vie que de ramasser des fruits avant qu’un corbeau ne vienne les bouffer ? La vie n’étant pas fait que de murmures polis et de jus de pommes bio, excitons nous quelques instants autour d’un bon vieux fight des familles. Et ne soyons pas snobs : j’ai le souvenir de m’être rarement autant amusé, enfant, qu’en jetant une pièce de monnaie le plus près possible d’un mur. Et ça n’a pourtant pas eu le kinderpsiele 1974, que je sache. 

Let’s get ready to rrrrrrrrrumble in the juuuuuuungle ! 

Bubble Jungle est un jeu d’adresse pur et dur. J’ai presque envie de dire bête et méchant, mais ce serait très péjoratif pour un jeu qui ne manque pas d’atouts, aussi étonnant que cela puisse paraître. On aurait en effet pu penser qu’avec ses couleurs criardes et ses billes apparentes à travers la boîte, Bubble Jungle ne serait en fait rien d’autre qu’un clone de ce bon vieil hippogloutons. Mais il est fort heureusement un cran au dessus de ce vénérable ancêtre. 

Un matériel tout en couleurs

Bubble Jungle se compose d’une série de billes de couleur, d’un deck de cartes, de quatre têtes d’éléphant en plastique… et d’un fond de boîte. Et si je m’amuse à citer le fond de la boîte, c’est que ce dernier est élégamment matelassé pour servir de tapis de jeu. Pratique et malin.

L’ensemble des éléments évoque tout à fait un jeu de fast-gaming, et on tremble un peu en ouvrant la boîte. Heureusement, Blue Orange (l’éditeur) n’est ni Hasbro ni Mattel, et propose quand même un peu de fond de jeu. 

La patrouille des éléphants

La parte de Bubble Jungle commence en déposant toutes les billes de couleur dans la boîte de jeu. Chaque joueur se munit ensuite de la tête d’éléphant de son choix, ornée d’une trompe en plastique qui permet d’avaler les billes en effectuant une pression (le diamètre de la bille est adapté pour pouvoir entrer dans la trompe sans pouvoir en redescendre.

Un joueur doit ensuite tirer une carte, sur laquelle figure un dessin expliquant aux joueurs quelles billes ils doivent attraper pour gagner la manche. Car la subtilité de Bubble Jungle est la suivante : il ne s’agit pas d’attraper les billes tout azimut, mais seulement celles qui sont demandées (et pas une de plus). 

Le premier joueur qui aura réussi à attraper les billes demandées par la carte emporte la manche et place la carte face cachée devant lui. Le premier joueur qui aura obtenu 10 cartes gagne la partie.

Petits et Grands Marmots

S’il est toujours plaisant de voir les enfants s’exciter autour d’un simulateur d’hystérie collective, difficile en revanche pour le grand marmot d’y trouver sa place pour plus d’une partie. Il se réfugiera assez rapidement derrière le rôle essentiel de celui qui révèle la carte et vérifie ensuite que le contrat est rempli par celui qui se déclare vainqueur. En gros il fera l’arbitre quoi.

Les grands marmots trouveront cela dit beaucoup de plaisir à jouer à Bubble Jungle entre eux, après une dizaine de shots de vodka, histoire de prouver que non, non et non, ils ne sont pas burr boura bourrr ivres. 

L’avis de Plateau Marmots

On ne saurait crier au génie ou au renouveau dans le monde du fast-gaming, mais les quelques grammes de finesse de Bubble Jungle font plaisir à voir dans un monde de brutes. Entre le matériel agréable et l’idée réjouissante d’imposer des billes précises à attraper à chaque tour de jeu, Bubble Jungle parvient à se distinguer des clones habituels des grosses-bestioles-qui-mangent-des-billes.

Plusieurs bémols toutefois. Il est important que des joueurs d’âges (ou de force) équivalents soient réunis autour du plateau. Comme il faut appuyer d’un bon coup de poignet sur l’éléphant pour faire entrer les billes dans la trompe, un ado ou un adulte y parviendra forcément plus vite qu’un bambin de 5 ans. De plus, pour que le spectacle soit complet, il est préférable de réunir 3 ou 4 joueurs autour de la table, afin de s’assurer que le mouvement des billes sera constant. La partie pourra alors atteindre un point de délire (et de cris) culminant, avant de renvoyer tout le monde aller se calmer un grand coup autour du dernier jeu coopératif made in Haba. 

Intérêt ludique : sympa si les adversaires sont équilibrés. Chiant sinon. 
Intérêt pédagogique : aucun, mais alors aucun
En bref : Un jeu d’adresse un peu moins bourrin que la moyenne

Fiche Technique

Edité par Blue Orange
Un jeu de Brian Weinstock
Date de sortie 2017
À partir de 5 ans
Durée d’une partie : environ 10 minutes
Prix indicatif : 28 euros

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