Test – Monopoly Gamer (veuillez inserter des coins !)

On m’aurait dit il y quelques semaines que je serais amenée à prendre ma plume virtuelle pour chroniquer une variante du Monopoly, j’aurais bien ri. Mais alors, de très bon cœur. Limite à m’en faire mal aux côtes. Mais voilà, depuis cette période insouciante, Hasbro a sorti le Monopoly Gamer version Super Mario et les choses ont changé.

Car la hype des groupes de ludistes anglophones est passée par là. Et l’enthousiasme de certains confronté au scepticisme des autres m’a fait m’interroger : qu’est-ce que ce jeu a de différent de la sempiternelle version, qu’elle soit de Lyon, de la gastronomie, des Pokemons, Star Wars et j’en passe, en dehors du fait qu’il est beau ?

Armée de mon seul courage et de mon autre arme absolue : la carte bleue magique, je me suis résolue à percer le mystère et ai donc commandé la version Collector sur le seul site web US qui la vend en exclusivité.

Plus légère de suffisamment d’euros pour que j’évite d’en mentionner le montant ici, du fait des frais de port et de douanes, et nantie de toute la patience du monde, je me suis mise à compter les jours.

Et le grand moment est arrivé, le précieux est enfin dans mes petites mains avides et je peux donc vous en parler.

Mais dis d’abord, c’est quoi le Monopoly ? Je ne connais pas

Euh… si c’est une blague, elle n’est pas drôle. Tout le monde connait le Monopoly. Mais si, même ma grand-mère Alice avait le sien, un bel exemplaire vintage aux règles reliées d’un fil doré. C’est dire.
Bon, le Monopoly, tu lances les dés, tu avances, tu tires des cartes si tu tombes sur les bonnes cases, tu achètes des propriétés, des maisons, tu vas en prison, tu brasses des sous, ça dure des heures et un des participants, généralement le plus vulnérable, celui que tu voudrais protéger de tes grands bras musclés, finit par se faire voler tout son argent par le cousin que tout le monde déteste. Même mes marmottes savent cela. A la fin, épuisé, un des joueurs décide d’arrêter au prochain tour et tous sont soulagés.

Et dis, il est comment le matériel de cette édition gamer ?

Beau. Mais franchement joli. Certes, il s’agit d’une édition collector, donc forcément tout est un peu plus joli, plus mieux que la version dite de base.

Donc, on y trouve de jolis pions peints représentant les héros du bien connu jeu : Peach, Mario, Donkey Kong, Yoshi et Bowser, ce dernier en exclusivité dans la version collector. Des petites pièces plastiques de valeur 1 et 5 remplacent les légendaires billets.

Des dés, un joli plateau bien coloré, des cartes tout aussi colorées, un thermoformage bien fait pour accueillir les personnages supplémentaires, il y en a 8, qu’on peut rajouter au jeu.

Oui mais alors, ton Monopoly Gamer, c’est tout pareil et il y a juste le matériel qui change ?

Que nenni, mon ami.e internautateur.trice, il y a ici quelques twists qui renouvellent le jeu et en gomment peut-être les défauts les plus rédhibitoires.

Déjà, il n’y a pas qu’un seul bête dé à 6 faces dans le jeu, il y a aussi un dé spécial qu’on lance en même temps. On résout ses actions dans l’ordre qu’on veut. Soit le dé pour avancer, soit le dé spécial. Ensuite, chaque personnage a des capacités spéciales qui s’activent sur certaines cases ou sur certaines faces du dé spécial.

Le plateau n’est pas en reste avec des ‘Warp Zones’ qui permettent de se déplacer de l’une à l’autre, des cases spéciales où on peut laisser tomber des pièces ou en récupérer. On trouvera bien évidemment des marqueurs forts du jeu classique, comme la prison, les propriétés à acheter mais ici point de maisons ou d’hôtels à placer.

Pour finir, le défaut majeur du jeu : sa potentielle infinitude… ceci a été corrigé via la possibilité de vaincre des cartes Boss à chaque fois qu’un joueur passe la case « Go ». Dès que toutes les cartes Boss ont été vaincues ou se sont échappées, le jeu s’arrête, on compte les points gagnés via les pièces, les cartes Boss, les propriétés et celui qui en a le plus a gagné.

Et une partie, alors ? Ca se passe comment ?

Bon, mes marmottes étant en villégiature quelque part dans le fin fond de la Bretagne, point d’enfant à qui faire tester le jeu, les voisins semblant les cacher. C’est donc monsieur qui s’y est collé, mais ça va, il a l’âme d’un enfant de 8 ans.

Et donc, les sensations du Monopoly sont bien là : tu lances, tu avances, tu achètes la propriété où tu es tombé. A deux, peu de frottements, on peut quand même allègrement voler des pièces à l’autre via le dé spécial, mais le hasard des dés ne nous oblige que peu à visiter les propriétés de l’autre. Point de caisse de communauté ou autre, tout est simple, voire répétitif. On a plaisir à manipuler le matériel qui est très agréable et le gros point fort du jeu.

La tension arrive un peu dans les combats contre les monstres, où un piètre tirage de dé peut vous faire passer du rire aux larmes en un instant. Pour le reste, c’est comme au Monopoly, une balade sans trop de relief, complètement régulée par les dés.

Bon, mais quand même, tu as aimé ?

Moyen. Mon adversaire peu habitué des jeux de société a bien aimé, mais en bon adulte qui se respecte, préfère le jeu de son enfance. Il voulait placer des petites maisons et des hôtels…

Pour ce qui me concerne, je crédite la version Gamer du mérite de ne pas durer des heures, nous avons plié notre partie en moins d’une heure.

Pour jouer avec des enfants, cela sera amusant. Facile d’utilisation car tout le monde connait les règles de base, joli, plus court, mais toujours gouverné par les dés. On peut néanmoins, grâce aux capacités spéciales, viser un peu plus un joueur qui a eu trop de chance et cela permet d’effacer un peu la sensation de subir en permanence le jeu. Les pouvoirs spéciaux de chaque personnage apportent une grande fraicheur au jeu et permettront de renouveler un peu les parties.

Intérêt ludique : Ce Monopoly renouvelle suffisamment son propre style pour se distinguer des multiples éditions existantes
Intérêt pédagogique : Euh… Je passe. 
Au final : Mouif. Si vous êtes fan de l’univers, vous apprécierez les efforts d’adaptation. Sinon… Bah ça reste un Monopoly, hein. 

Fiche Technique

Edité par Hasbro
Sorti en 2017
Pour 2 à 4 joueurs
A partir de 8 ans

Pour aller plus loin

Pas grand-chose, à part acheter les Power Pack qui rajoutent les 8 personnages additionnels avec de nouvelles capacités spéciales.

Attention, disponible en anglais uniquement pour le moment, mais un anglais très simple, cela passera avec des enfants ou des personnes non anglophones pour peu qu’on les aide un tout petit peu. Et vu le succès du jeu aux US, on ne devrait pas tarder à voir arriver une version française dans nos contrées.

Le mot du chef

Juste une pensée qui m’est venue à la lecture de ton test, Krinie : depuis 20 ans, Nintendo nous vend des jeux de plateau sur consoles avec sa série « Mario Party ». Voilà qu’ils adaptent des jeux de plateau physiques avec des éléments issus de leurs jeux de plateau numériques : sont balaises ! Donc leur prochain jeu va être un jeu de plateau numérique adapté du jeu de plateau physique qui lui même s’inspirait du numérique, qui lui même… 

 

 

 

2 commentaires sur “Test – Monopoly Gamer (veuillez inserter des coins !)

    • 18 juillet 2017 at 7 h 48 min
      Permalink

      Ca, oui, on reste dans du roll and move dans son expression la plus épurée (qui a dit ‘basique’ ?).

      Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *