Test – Photosynthesis (Cultivons notre jardin !)

Ah oui, aujourd’hui, nous sommes dans le Voltaire, ce test va tenter de voler un petit peu plus haut que ses prédécesseurs, avec des vrais morceaux de citations littéraires dedans…

Nan, j’déconne ! (Ouf).

Donc, revenons à nos moutons, enfin, plutôt ici, à nos petites graines. Le big boss, donc, dans sa grande mansuétude, m’a demandé de chroniquer le jeu de plantation d’arbres, Photosynthesis. Bon, je ne vous cache pas que, là encore, c’est comme de donner un couteau à une poule, ou de me faire chroniquer un jeu avec du poisson dedans. Le jardinage est aux activités manuelles ce que le poisson m’est à la nourriture : une maladaptation totale. J’ai plusieurs faits d’armes à ce sujet, et tout y passe : yuccas, cactus, plantes grasses increvables : tout est mort entre mes petites mains pleines de bonne volonté mais totalement anti-douées.

Sauf que là, heureusement, les arbres que l’on fait pousser dans Photosynthesis sont en carton. Cela me donne une petite chance de m’en sortir.

Bref, ne tournons plus autour du pot, parlons de cette évidence ludique qu’est Photosynthesis.

Qu’est-ce donc que ce jeu ?

Eh bien, dans Photosynthesis, vous incarnez un apprenti de mère Nature, rien que ça, et vous allez planter des arbres dans un bosquet environné de soleil. Mais votre bosquet est la proie de la convoitise d’autres apprentis et vous allez donc vous confronter jusqu’à 4 joueurs pour avoir les plus beaux arbres. Comme dans le cycle éternel de la nature, vos arbres vont grandir, se reproduire, et mourir et renaître sous la forme de nouvelles graines. « C’est l’histoire de la viiiiiiie, le cycle éterneeeeeeeeel » sur l’air du Roi Lion. (Pardon, je m’emballe…)

Le jeu est donné à partir de 8 ans, et comme il recèle des trésors de roublardise, on va dire que c’est un bon âge pour commencer à y jouer et l’apprécier, bien que les règles soient accessibles potentiellement plus tôt si votre Marmot est soit un Einstein en culotte courte, soit a pris l’habitude de battre Maman à Roads and Boats.

Oui mais tu parlais d’arbres en carton, ô grande jardinière de légumes ?

Alors oui, le matériel. Ici, Blue Orange tape grand et fort, les arbres en carton épais sont absolument magnifiques, 4 espèces bien discernables par la forme et la couleur, dans des tons bleu argenté, orange fauve, vert pétant, c’est beau, c’est bon, ça sent les balades en forêt. Des petits animaux se cachent dans les arbres, dans les racines, rendant chacun unique, comme l’est tout membre de la forêt.

Le plateau est lisible sans difficulté et le segment soleil se déplace sans ambiguïté autour de notre bosquet, guidé par des espèces de taquets en dessous. L’ensemble donne envie de tout manipuler, immédiatement, comme une compulsion irrépressible.

Bon, mais sinon, c’est pas le tout, ça, mais tu nous parles un peu des règles ?

Ok ok ok, jeunes impatients. Déjà, la règle est bien écrite, bien illustrée, il n’y a pas besoin d’y revenir 100 fois même lors d’une première partie, et tout est bien résumé sur les plateaux joueurs.

Ensuite, j’ai parlé de roublardise au début de ce test, voyons pourquoi. Au tout début de la partie, vous avez un capital d’arbres et de graines disponibles. Vous commencez par placer deux petits arbres sur le pourtour du bosquet. Astuce jardinière, ne les mettez pas déjà dans l’ombre des copains, au début les points de lumière sont chers. Cette installation paysagère faite, la foire d’empoigne commence.

Le plateau-bosquet dispose de cases disposées en zones concentriques et numérotées de 1 à 4, 1 le pourtour et 4 le centre. Chaque case ne peut accueillir qu’un seul arbre ou graine.

Au début de chaque round, on déplace le soleil pour regarder d’où vient la lumière. Chaque apprenti jardinier comptabilise ses points de lumière, gagnés en fonction de la taille de ses arbres éclairés (1 pour un petit, 2 pour un moyen, 3 pour un grand). Eclairé, comme le nom l’indique, signifie « pas dans l’ombre d’un arbre de même taille ou plus grand ». Et ce qui est malin, ici, c’est que l’ombre portée dépend fort logiquement de la taille des arbres (1 case pour un petit, 2 pour un moyen, etc.). Il est donc très important de bien placer ses arbres, de faire croitre les bons, etc.

Ces points de lumière sont aussi la monnaie du jeu, ils permettent d’effectuer autant d’actions qu’on le souhaite parmi les possibilités suivantes :

  • planter une graine (plus ou moins loin suivant la taille de l’arbre qui essaime),
  • transformer une graine en petit arbre,
  • un petit arbre en moyen,
  • un moyen en grand,
  • acheter au stock des arbres pour les rendre plantables,
  • et, finalement, faire mourir (c’est l’histoire de la viiiiiiie…) un grand arbre pour le rendre à la terre et, surtout, engranger ainsi de précieux jetons points de victoire.

Jetons dont la valeur dépend de la zone où le grand arbre est mort et qui sont en nombre limité. Les jardiniers les plus rapides et les plus proches du centre gagnent d’ailleurs plus de points. Petit détail qui ajoute au sel des parties, si on tente de remettre un arbre ou une graine au stock suite à croissance et qu’il n’y a plus de place dans le stock, on doit l’exclure du jeu. Et ça pourra manquer plus tard.

Et c’est ici que s’introduit la roublardise du jeu, avec le dilemme permanent entre se rapprocher du centre pour gagner plus de points de victoire mais prendre le risque de se faire mettre à l’ombre et perdre ces précieux points de lumière. Et soyez bien assurés que les petits copains apprentis jardiniers vont tout tenter pour vous faire de l’ombre !

Et tes Marmottes, elles aiment les arbres ?

Oh oui, déjà, parce qu’on l’a dit plus haut, c’est beau à en pleurer des larmes de sève toute collante. Parce que le principe des points de lumière qu’on gagne en début de tour est… lumineux (oui, j’ai hésité à la faire et… j’ai craqué… pardon…). Parce que les actions possibles sont simples. Parce que la partie est courte et accessible.

Bon, à dire la vérité, la grande Marmotte (ma hyène préférée) et moi avons joué ensemble notre première partie, trop peu de sièges à table, et nous avons fini 3èmes sur 4, derrière le petit frère fourbe et la mamie retorse. Puis la hyène a fait ramasser leurs dents à deux adultes, dont son innocente et bienveillante mère.

La petite marmotte n’a pas joué, elle avait aquaponey. Mais, résultat, gros succès dans la famille Krinie-esque, tout le monde veut y rejouer, des petits aux grands. Car on prend plaisir à faire croître ses arbres, à les rapprocher de la lumière, source de toute vie, et c’est beau, c’est pouêtique, même.

C’est l’histoire de la vie.

On aime :

  • Le matériel
  • Le principe des points de lumière
  • Des choix simples mais retors
  • Le cycle de la vie, la croissance des arbres, tout ça tout ça

On aurait aimé que :

  • Il y ait plus d’écureuils sur les arbres. Parce qu’on aime les écureuils, surtout que rôtis, c’est super bon. Et il aurait fallu des perruches vertes, aussi.

Fiche technique

Un jeu de Hjalmar Hach
Edité par Blue Orange
Année de sortie : 2017
Pour 2 à 4 joueurs
A partir de 8 ans

Pour aller plus loin :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *