Test – Sushi Draft & Sushi Go (Maki c’est le meilleur ?)

Sushi Draft, Sushi Go… Des sushis sans souci ?

Aujourd’hui, ma bonne dame, mon bon monsieur, ce n’est pas un seul mais deux jeux que nous allons chroniquer ! Oui, pour une seule petite lecture de texte de rien du tout, vous en saurez plus sur deux jeux d’un coup ! Alors ? Vous m’en prenez combien ? Ils sont frais, ils sont beaux, mes sushis !

Pour commencer, une précision : il existe, à ma connaissance, une tripotée de jeux avec des sushis dedans. Nous ne parlerons ici que de Sushi Draft et Sushi Go, tout simplement parce que… les autres je ne les ai pas, je n’y ai jamais joué. Et on ne veut tromper personne sur la marchandise, on n’est pas comme ça ici.

Mais foin de ces métaphores poissonnières, lançons-nous dans le vif du sujet. Surtout que je n’aime pas le poisson, parce que c’est pas bon.

Donc, les sushis, disais-je. Il va falloir entamer cette chronique par un premier constat : les deux jeux se ressemblent fort fort fort… Thème et mécanique de fond sont les mêmes. Lequel est une resucée de l’autre ? Hasard malheureux du calendrier ? Complot du lobby des migrants japonais ? On ne sait pas très bien.

Mais alors, comment ça marche ?

Les deux jeux, d’affrontement, reposent sur une mécanique de « draft » : vous disposez d’un certain nombre de cartes en main, vous en choisissez une secrètement, vous passez ce que vous ne voulez pas à votre voisin, qui fait de même simultanément. Puis tout le monde révèle sa carte, la pose devant soi, récupère le paquet laissé pour compte du voisin d’avant et re-choisit une carte et ainsi de suite. Les deux jeux se jouent en différentes manches, avec des décomptes intermédiaires et on fait des sommes de points à la fin, basés qui sur des majorités, qui sur des combinaisons. Et celui qui sent le plus le poisson à la fin a gagné. Dans les deux cas.

Et est-ce qu’il y a des vrais sushis dans les boites ?

Euh… non, on n’est pas dans le jeu qui se périme vite.

Pour Sushi Draft, ce sera une boite métal, avec des petits jetons représentant un type de sushi d’un côté et un nombre de l’autre. Plus des cartes sushis rondes, joliment colorées, pas spécialement épaisses, facilement identifiables avec les sushis les plus classiques, pour ceux qui aiment cela. Ce sont les cartes rondes que l’on va « drafter ». Bon, puisque le chef me demande de me mouiller un peu dans mes avis, je ne suis pas fan des cartes rondes : ça tient moyennement en main, je préfère le toucher carré, surtout pour drafter, les cartes ont une fâcheuse tendance à tenter de s’échapper de mes petits doigts maladroits. Mais c’est joli.

Pour Sushi Go, toujours une boite métal, avec des cartes rectangulaires et uniquement cela. Pas spécialement épaisses là non plus, on est dans de la facture classique. Mais les sushis sont mimis tout plein car ils vous regardent avec leurs petits yeux malicieux… Et il n’y a pas que des sushis, il y a en plus des espèces de petits flans gélatineux qui représentent tout ce que le Japon sait produire en termes de raffinement sucré de dessert.

Donc, sur le matériel, le point va plutôt du côté du Go, sans que les deux soient une réussite majeure ou une catastrophe sans nom.

Côté règle, dans les deux cas, rien de bien particulier à en dire, les deux jeux s’expliquent bien, tout est bien illustré et clair. Pas besoin d’avoir son bac +5 en découpage de morue.

Bon, mais Krinie, ô merveilleuse poissonnière, comment on joue ?

Eh bien en draftant, je vous l’ai dit plus haut, mes petits cabillauds.

Alors, bien évidemment, il y a quelques subtilités entre les deux jeux. Notamment pour le comptage des points.

Côté Sushi Draft, ce sont les majorités qui rapporteront des jetons points, piochés au hasard en fin de manche pour chaque type de sushi dont vous avez la majorité absolue. Mécanique rigolote, en cas d’égalité entre deux joueurs, c’est le 3ème qui remporte le jeton. Celui qui n’a rien demandé à personne et vous regarde avec ses yeux de merlan frit. Les jetons figurent des nombres différents, et on les garde face cachée, comme ça on ne sait jamais qui est le roi de la mer avant la fin.

Côté Sushi Go, chaque fin de manche, on compte les majorités pour les makis, mais aussi des combinaisons de cartes : x points si vous avez 3 sashimis, y si 2 tempuras de crevettes, z pour un sushi au saumon et encore plus si vous y avez mis du wasabi. Sans compter les raviolis qui rapportent un nombre de points dépendant de la quantité de raviolis que vous avez. Et en fin de partie, après toutes les manches, donc, on a mis de côté tous les desserts, et le joueur qui en a le plus collectés est le plus glouton et remporte 6 points et celui qui en a le moins, bouh, le pas drôle, il n’aime pas les desserts, perd 6 points.

Donc, pour l’originalité, l’interactivité (je sais que tu sais que j’ai cette carte mais je vais la garder pour moi pour te pourrir ta combinaison), la variété et l’accroche au thème, préférence plus marquée pour Sushi Go.

Bon, mais alors, les petits et les grands poissons, ils en pensent quoi ?

Mes crevettes à moi, elles aiment les deux jeux. Elles redemandent une partie dès qu’on en finit une, ou que la boite tombe sous leur nez. Il faut parfois leur dire qu’on ne peut pas, qu’on a piscine, qu’il faut varier les plaisirs. En tout cas, elles gardent un bon souvenir des deux jeux, et y rejouent avec plaisir, sans sushi. Euh… sans souci. Les deux jeux sont accessibles dès l’âge de 6 ans, sans aucune difficulté. Certes, au début, le petit poisson ne va pas forcément choisir les meilleures combinaisons tout en tenant compte des probabilités ou regarder ce que font les autres poissons, mais le hasard des mains de début de manche est là pour compenser. C’est d’ailleurs la plus petite crevette qui a remporté la première partie de Sushi Draft, face à sa hyène de grande sœur et sa mère.

Nan mais toi, ô joyeuse dorade, qu’en as-tu pensé ?

Pour ce qui est de la maman crevette, vous l’aurez compris, elle préfère Sushi Go. Aussi parce que ce dernier propose un mode 2 joueurs avec un robot, bien utile quand l’une des crevettes est fatiguée. La maman crevette a même osé le sortir en petit filler avec des adultes, ce jeu qu’on sort quand on attend tous ses invités pour une soirée jeux. Et c’est passé crème, comme une sole meunière. Mais, en toute honnêteté, vu que maman crevette a commencé avec Sushi Go, cela peut aussi affecter son jugement. Du coup, je trouve que Sushi Draft fait double-emploi tout en étant un poil, une écaille, trop léger. Je vais probablement le céder à de la famille.

Pour aller plus loin

Quelques années de plus pour le marmot et hop ! on peut passer à 7 Wonders, qui reprend les mêmes principes que Sushi Go en leur rajoutant notamment un mécanisme de ressources qui permettent de poser les futures cartes. Sushi Go est à mon sens un des points d’entrée du jeune gamer dans sa future passion, car marchepied vers le géant aux 7 merveilles. Et il n’est jamais trop tard pour commencer, petit poisson deviendra grand !

Post Scriptum Merdum : Flagrant délit de plagiat à l’insu de mon plein gré !?

Enfer et sauce soja ! En cherchant des images pour illustrer ce fantastique double test, je suis tombée sur un bouleversant versus sur ces deux mêmes jeux, publié en 2015 sur un obscur site du nom de TricTrac. Soit ma mémoire de poisson rouge l’avait occulté, soit je ne l’ai jamais lu. Je vous invite bien évidemment à lire ce post d’arthelius pour croiser nos effluves avis (qui sont plutôt en accord, ce qui est triste car j’aime avoir un avis unique, comme moi) et découvrir ces deux jeux.  https://www.trictrac.net/actus/versus-sushi-go-vs-sushi-draft

(et en guise de punition, je vais de ce pas manger un Fugu que je vais cuisiner moi-même. Adieu). 

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