Test – Château Badabouh

Au sommet de la colline se dresse l’impressionnante tour du château, cette vieille ruine qui survit à travers les âges et dont personne n’ose s’approcher une fois la nuit tombée. Pourquoi ? Parce qu’elle est aussi appelée « Château Badabouh », et que les fantômes s’y livrent à d’étranges rituels… Le plus spectaculaire d’entre eux, c’est une course folle tout le long des escaliers qui font le tour de l’édifice. Les fantômes doivent les gravir le plus rapidement possible pour atteindre le sommet. Mais attention : la Tour ne manquera pas de leur jouer quelques euh… tours. Oserez-vous gravir les escaliers du château Badabouuuuuuuuuuuuuh ?

Château Badabouh est un jeu de l’incontournable Roberto Fraga, illustré par Rolf Vogt. Il se destine à 2 à 4 petits fantômes, à partir de 5 ans, et est édité par Drei Magier et Gigamic pour la France.

Un château qui attire tous les regards

Il existe des jeux, tout en volumes, qui attirent instantanément le regard une fois posés sur une table.

Posons le débat un instant :

Voilà. Rien qu’au vu ces quelques images vous aurez compris que c’est le cas pour Château Badabouh. Tout en verticalité, il propose ni plus ni moins une magnifique tour en ruines qui donne immédiatement envie de jouer. Tous les marmots équipés de rétines ne manqueront pas de le remarquer de loin et seront attirés vers lui, comme cela a pu être le cas pour des titres tels que Tour du Dragon ou Riff Raff. “C’est grand. C’est beau. C’est haut. Il vous le faut.”

Le but du jeu, on l’aura compris, consiste à gravir les escaliers de la tour pour en atteindre le sommet avant ses adversaires. Et s’il sera souvent possible de prendre des raccourcis, chacun d’entre eux expose le fantôme que vous êtes au risque de retomber quelques étages plus bas. De quoi rendre, là encore, les marmots hystériques, assurément. Mais venez, n’ayez pas peur, il est grand temps de monter sur la première marche !

Le tour du château

Avant même la première partie, Château Badabouh, c’est ZE objet que l’on pose sur la table et qui donne aussitôt envie de jouer. Le plateau de jeu est composé d’une tour, autour de laquelle tourne un escalier en quatre parties. Le tout est très simple à monter et démonter, pas de souci là-dessus.

Un mot sur les illustrations évidemment, qui renvoient directement à celles de l’Escalier Hanté (chez Gigamic également). Là encore, les fantômes facétieux jouent au milieu des vieilles pierres de la bâtisse, donnant à l’ensemble un ton aussi enjoué que rassurant. Le souci du détail est total : les découpes de la tour évoquent des visages spectraux du plus bel effet. Au sommet de la tour se trouve le réservoir qui contient les trois billes qui ricanent déjà de compliquer la vie de nos fantômes en goguette.

Car OUI, j’avais omis ce détail volontairement, mais Badabouh parachève sa coolitude avec 3 billes qui vont dévaler la tour pour venir faire tomber les fantômes jusqu’en bas du plateau, dans des petites fosses délicatement prévues à cet effet. Comme dirait n’importe quel streameur US : « HOW COOL IS THAT!?!! »

Mais je me calme, pardon.

Le jeu contient donc un plateau en 3D, 3 billes, un dé à 6 faces et quatre pions fantômes. Les règles sont assez simples pour que vous sachiez y jouer dès la première lecture. Voire avant, dès la fin de la lecture de ce prodigieux article.

Une ascension mouvementée

Lançons les hostilités. Et évidemment, en tant que parents, nous devons assurer la sécurité de nos enfants en effectuant les premières parties. C’est pour leur bien, assurément. Donc, envoyons nos marmots jouer dans le jardin et profiter du « bon air » de ce début octobre afin de jouer tranquilles.

Pour commencer, les 3 billes sont insérées au sommet de la tour, dans un petit réceptacle qui propose quatre sorties. Chacune d’entre elles pourra plus tard faire tomber une éventuelle bille sur l’un des quatre étages de l’escalier. Un mécanisme d’ouverture très simple ouvre simultanément les quatre trappes, libérant alors d’une à trois billes sur les ouvertures. Car non seulement vous ne savez pas où elles vont tomber, mais vous ne savez pas exactement combien, ce qui vous garantit un suspense intéressant.

Pour jouer, le joueur dont c’est le tour lance le dé à 6 faces et applique le résultat.

Il peut s’agir :

  • D’un chiffre simple (de 1 à 3). Le joueur fait alors progresser son fantôme du nombre équivalent de cases.
  • D’un chiffre avec un symbole flèche. Dans ce cas le joueur fait progresser son fantôme du nombre équivalent de cases, PUIS il actionne le mécanisme de la tour afin de libérer les billes. Actionner le mécanisme signifie simplement lui donner un quart de tour, jusqu’à entendre un clic.
  • D’une face fantôme. Dans ce cas il devra déplacer le fantôme d’un autre joueur d’une case. Dit comme cela ça a l’air sympa, mais ça n’est pas aussi vrai que cela. On verra pourquoi un peu plus bas.

Risques et raccourcis

Pour se déplacer, le fantôme peut, une fois au début de chaque étage, décider du chemin à parcourir. Il peut soit passer par l’escalier, qui comporte beaucoup de marches, mais qui n’est pas sur la trajectoire des billes, ou bien bifurquer et prendre un raccourci au bord de l’escalier. Ce raccourci ne comporte que deux cases, mais il est évidemment sur la trajectoire d’une bille, si certaines devaient tomber. Chaque bifurcation implique donc une prise de risque, même si l’on verra plus loin que la sanction n’est pas si horrible que vous l’imaginez.

Un autre point à signaler, c’est que si l’escalier est relativement « tranquille », l’une des marches cassées à chaque étage vous renvoie systématiquement sur la partie risquée si par malheur vous deviez y achever votre mouvement. Et cela pourrait bien arriver plus souvent que vous ne le pensez à cause d’un effet de jeu très simple : il ne peut y avoir qu’un seul fantôme par case. Ce qui signifie que si en avançant grâce au dé vous atteignez une case déjà occupée… alors il faudra vous rendre sur la prochaine case disponible. Et comme les déplacements sont toujours de 1, 2 ou 3 cases, autant vous prévenir que cela va arriver souvent.

Et c’est d’ailleurs là que la perfidie de la face fantôme du dé entre en action : quitte à faire bouger un adversaire d’une case, pourquoi ne pas le déplacer à un endroit où il sera en danger, voire sur la marche cassée qui va l’envoyer directement sur la zone dangereuse ? Certes ce serait très très méchant… Mais vous êtes un fantôme, n’est-ce pas ?

Boulder Dash Halloween

Un mot à présent sur les fameuses billes qui vous attendent en haut de la tour. Si le dé vous invite à le faire, vous devrez donc déplacer votre fantôme PUIS actionner le mécanisme en le faisant pivoter jusqu’au prochain cliquetis.

La géographie des lieux est telle que chaque sortie de bille vise un étage différent. La bille qui chute est réceptionnée sur le bord de l’escalier puis descend le long de la gouttière (le passage risqué) avant de tomber dans une douve. Évidemment, tout fantôme rencontré en chemin est emporté avec elle. Mais attention : le fantôme précipité dans le vide ne devra pas pour autant recommencer son ascension du début ! Il pourra repartir du point de départ de chaque étage, marqué d’une étoile, directement au-dessus de la douve dans laquelle il est tombé. Remonter ainsi ne lui coûtera qu’un point de mouvement sur son dé, lorsque ce sera son tour de jouer. Prendre les fameux raccourcis est donc risqué, mais pas outrageusement punitif, ce qui rend la tentation de les utiliser particulièrement forte.

Quel que soit le nombre de billes qui sont tombées, toutefois, elles seront TOUTES systématiquement replacées en haut de la tour. Bref : vous devrez vivre avec la possibilité de prendre l’une des 3 billes sur la tronche quoi qu’il arrive.

Le vainqueur, évidemment, est le joueur qui aura su gérer sa progression et parviendra à atteindre le sommet de la tour. Il pourra alors faire tomber une pluie de calamités sur le monde, ou au contraire se prendre un moment pour mater Stranger Things sur Netflix.

Le risque, le fun, la chuuuuute

Vraiment plein de bonnes choses dans ce jeu, qui ne se contente pas de l’esbroufe verticale, mais qui a clairement réfléchi à son gameplay pour procurer du fun immédiat.

Le premier point à noter c’est que le passage par les gouttières offre un réel raccourci. En passant par l’escalier vous devrez gravir 7 cases, et le trajet « risqué » est ramené à 4 cases, presque moitié moins.

Le second c’est que la chute est certes punitive, mais pas à l’excès. Vous perdrez certes un tour de jeu, mais vous repartez ensuite pas très loin du lieu de la chute. Autant de raisons pour que les marmots se précipitent vers les pentes savonneuses de la chute attendue, à grand renfort de cris et d’exclamations. Parce qu’on dira ce qu’on voudra : faire chuter les adversaires (voire son propre pion) au moyen d’une bille aléatoirement propulsée qui vous pousse hors du plateau, c’est grave la classe !

Des parties très disputées !

Ce que l’on remarque après quelques parties, c’est que la course est presque toujours très serrée, ce qui est toujours intéressant à jouer. Avec un dé qui ne distribue que deux 1, deux 2, un 3 et la possibilité de faire bouger un adversaire, il est clair qu’il est compliqué de laisser les adversaires trop loin derrière. Et la règle qui vous propulse vers le premier espace disponible est clairement un excellent moyen de doubler une suite d’adversaires avec un modeste « 1 », même si le risque de tomber sur la marche cassée de l’escalier sera alors plus proche que jamais.

Et c’est ce que l’on apprécie vraiment chez Badabouh, finalement. Avec son gameplay ultra accessible (le jeu est indiqué 5+, mais des enfants de 4 ans y jouent sans souci en autonomie) et ses parties rapides (15 min à quatre joueurs), le jeu reste toujours un agréable moment récréatif pour les marmots comme pour les adultes.

Quelques défauts à signaler ?

Pas vraiment, mais on prendra toute de même garde à un détail. Afin que les pions tiennent en place pendant leur ascension, les cases sont très légèrement creusées. Mais vraiment très légèrement. Ce qui signifie que les gros doigts de vos marmots auront tôt fait de les dégager involontairement en voulant les déplacer, quitte à faire tomber tout l’étage. Chaque escalier est en effet relié à la tour par un système d’encoche très simple à mettre… et à défaire, du coup, si on a des mouvements un peu brusques du bas vers le haut. Si cela arrive, il suffit de se dire que tous les fantômes repartent de la fosse correspondante, ce qui n’est pas bien grave. C’est un bon exercice de motricité fine, me direz-vous.

Mais l’intérêt du jeu étant de faire le tour complet de la tour, le plateau sera souvent manipulé et tourné (c’est son intérêt !), ce qui ne manquera pas de créer quelques risques de chute de fantômes. Peut-être que des cases un peu plus creusées auraient permis de compenser quelques mouvements erratiques, mais après tout, une vieille tour en ruines est forcément un endroit qui manque de stabilité.

L’avis de Plateau Marmots (Olivier)

Un jeu tout en volumes avec des billes qui dévalent les pentes et fracassent tout ?! C’est évidemment un must-have pour tout marmot qui se respecte. Quelque part entre Croque Carottes et l’Ile Infernale, Château Badabouh impose sa simplicité tactique et sa tentation de prise de risques « j’y vais, j’y vais pas » pour un résultat tout simplement spectaculaire. Si le jeu est évidemment davantage axé sur les 5/6 ans pour sa simplicité de jeu, les plus grands ne rechigneront jamais à une partie ou deux tant le pouvoir d’attractivité des billes est magistral. De grands moments de badaboumage en vue, pour un jeu aussi beau que fun, et des parties courtes et rythmées qui seront toujours ponctuées de rires et de meilleur. La prise de risques accessible et fun pour un jeu qui en met plein la vue : bravo Roberto Fraga ! 

On aime

  • C’est bôôôôôôôôôôôôôh
  • Un plateau de jeu en 3D qui en jette
  • Une mécanique bien huilée de prise de risques
  • Des parties serrées
  • Pas plus de 15 min la partie
  • Des billes qui tombent et qui ravagent tout
  • Facile à monter ET à démonter

On aime moins

  • Moins fun à 2
  • Facile de faire tomber les adversaires en voulant déplacer son fantôôôôme

Le trouver

Pour aller plus loin

2 thoughts on “Test – Château Badabouh

  • 1 octobre 2021 à 10 h 15 min
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    Il a l’air vraiment top ce jeu ! Mais à voir le matériel, je me pose une question : faut il démonter l’intégralité du château au rangement ? Du coup, quid de la solidité du matériel, démontage après démontage ?

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    • 1 octobre 2021 à 10 h 18 min
      Permalink

      La matériel est très solide : carton fort pour la structure, escaliers en plastique placés sur des encoches. Le montage / démontage prend 60 secondes grand maximum. 🙂
      Comme les escaliers reposent sur les encoches au moyen de petites charnières, ile ne “forcent” absolument pas les ouvertures.

      Répondre

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