Test – La Maison des Souris

Il était une fois, une jolie maison. La vôtre peut-être ? La vôtre sans doute ! Habitée par des gens heureux, assurément. Mais aussi par une famille de souris, logée au grenier, qui s’amuse volontiers à chaparder des petits objets. Oh, ne craignez rien, ce sont des choses sans grande importance pour vous. Un bouton de gilet, une vieille clé oubliée. Un morceau de Lego, peut-être. Des petites babioles glanées au fil des jours, comme autant de petits trésors. Car les souris ont une vie simple : une boîte de sardines leur fait un lit. Mais à quoi peuvent bien leur servir tous ces petits objets collectés, vous demandez-vous sans doute ? Aujourd’hui, la curiosité vous assaille. Les souris sont de sortie ? Alors, allons de ce pas espionner leur petite vie !

La maison des souris est un jeu coopératif de Théo Rivière et Élodie Clément, illustré par Jonathan Aucompte. C’est édité par Gigamic et jouable pour 2 à 6 joueurs dès 5 ans.

Say cheese !

Avant d’attaquer cette visite guidée, prenons un moment, quand même, pour saluer l’énorme activité de Théo Rivière en ce moment. Hasard du calendrier, peut-être, mais l’auteur nous bombarde de titres plus palpitants les uns que les autres. Detective Charlie, évidemment. Flyin Goblin’, il n’y a pas si longtemps. Mais aussi, pour les plus grands, The Loop. La créativité est totale et les jeux sont réussis. Autant dire qu’on le surveille de près.

Quant à Élodie Clément, on ne savait encore rien d’elle avant ce titre, pour être francs. Mais autant dire que la barre est placée haut.

Mais cette Maison des Souris, c’est aussi l’occasion de saluer une fois encore l’énorme année Gigamic, entre Mollo l’escargot, Toutim et Coucou Hibou (pour ne parler que des jeux enfants), on sent que l’éditeur du chnord est sur un bel élan de qualité.

Et puisque l’on parle de qualité, il est grand temps d’ouvrir le jeu !

« Oh-mon-dieu-c’est-ma-gni-fi-queue »

Il n’y a pas d’autres mots qui conviennent. C’est VRAIMENT maguenifaïïïïque. Une fois posé sur la table, La maison des souris est typiquement un jeu 100 % wahou effect, qui en met littéralement plein la vue. C’est sans doute la première fois qu’un jeu vous invite à ce point à jouer dans une maison miniature, et l’on imagine sans mal la complexité d’éditer un tel objet. Pourquoi ? Car le jeu est optimisé de A à Z : aussi bien dans les petits détails qui embellissent la maison que dans le rangement, calé au millimètre près pour que tout rentre sans que vous n’ayez jamais rien à remonter, avec un guide de rangement imprimé en fond de boîte pour ne pas se tromper. Vraiment, je crois n’avoir jamais eu entre les mains un jeu aussi bien finalisé, pour la mise en place que le rangement. C’est un travail de haute volée de la part de la Team Gigamic, et l’on ne peut que saluer l’objet, avant même de découvrir le jeu.

Une maison. Avec des souris, donc.

Mais trêve de commentaires extatiques, parlons du contenu un peu plus précisément. Comme son nom l’indique, le jeu prend place dans une maison en 3D, avec ses quatre pièces superbement décorées. Une maison avec des fenêtres, aussi, mais également un toit, et un trou pour la cheminée.

À l’instar du plateau de jeu, le matériel est lui aussi très réussi. Qu’y trouve-t-on ?

Des objets, pour commencer. Matérialisés sous forme de jetons en bois, ils sont représentés recto verso, chaque face étant une variante de l’autre. Par exemple, un Lego solitaire au recto, trois Lego assemblés au verso. Ces jetons sont déclinés en trois couleurs : vert, orange et rouge. Aux niveaux les plus simples, vous ne prendrez que les verts. Puis vous pourrez ajouter les jetons orange, voire les rouges pour les plus téméraires. Plus il y aura d’objets dans la maison, plus il sera compliqué de les mémoriser, bien évidemment.

Le jeu contient également des séries de jetons en carton, des plateaux de questions recto verso, et une lampe LED, qui viendra faire office de cheminée pour éclairer les lieux une fois que le toit sera mis en place. Pardon, vous dites ? Oui, des plateaux de questions. Ils sont illustrés et permettent de piocher puis de placer des jetons correspondants aux pièces et aux objets, par exemple “est-ce que la fraise était dans la salle de bains ?”. Il va falloir se concentrer pour avoir une bonne note, un peu comme une interro qui vous attendrait après la récré, si vous voulez. Et si vous avez une bonne idée du thème général des questions qui seront posées, vous ne savez pas en détail sur quoi portera chaque interrogation. Sinon ce serait trop facile, forcément.

Tout est magnifique, vraiment, et donne immédiatement envie d’être joué. Le seul mini bémol que l’on pourrait apporter est sur le carton (ou la découpe) des jetons : j’ai eu un peu de mal à dépuncher les jetons, et (horreur suprême) j’en ai même arraché un pendant l’opération. Je devais être trop impatient de jouer, sans doute, mais c’est toujours rageant. Allez-y prudemment, donc.

Pour le reste (je me répète, je sais), le jeu est pur attrape joueurs. Collez-le sur une table, et vous allez attirer du monde, c’est garanti.

“Nous les Minipouss’ !’

Avant de commencer à jouer, il faut déterminer quel est le niveau de difficulté avec lequel on souhaite jouer. Il faudra alors se munir de la feuille de questions et des jetons correspondants.

En effet, le jeu est totalement paramétrable, et les feuilles de questions sont de difficulté croissante afin de vous permettre de tester votre niveau au gré de multiples combinaisons. Une façon comme une autre de vous dire que la durée de vie du jeu est assurée.

Commençons par le niveau le plus facile, le vert. Prenons la feuille de questions et les jetons correspondants. La feuille de questions est complétée avec des pions objets et pièces, placés face cachée. Ce seront les questions auxquelles il faudra répondre en fin de manche.

Le reste de la mise en place du jeu se fait très rapidement. Une fois le toit positionné sur la maison, il suffit de jeter les jetons en bois par l’ouverture, de placer la lampe de sorte qu’elle recouvre le trou, et de secouer un peu la maison pour que les jetons se dispersent.

Une fois que tout le monde est en place, appuyons ensemble sur le bouton de la lampe…

Clic, on allume !

La lampe LED, vous l’aurez compris, éclaire donc la maison de l’intérieur. Elle nous permet, en regardant par les fenêtres, de savoir ce qu’il se passe dans chaque pièce. En l’occurrence, de savoir où sont les jetons en bois que l’on a fait passer par le toit. La bague est dans la salle de bains ? Le Lego est dans la salle à manger. Ah, le bouton et la fraise sont dans la chambre à coucher !

Il faudra vite se dépêcher de regarder, car le timer de la lampe est réglé sur trente secondes, pas une de plus. Une fois le temps écoulé, la maison est plongée dans le noir, et il faut immédiatement cesser de regarder.

Interro !

C’est alors que, vous l’avez compris, nous sommes soumis à la question, en dévoilant un à un les pions de nos feuilles de questions.

À quoi vont-elles ressembler, ces questions ? Elles sont de plusieurs types, évidemment. Mais globalement il s’agira pour vous de vous souvenir quels objets étaient dans chaque pièce. Par exemple : « Est-ce que le bouton et la sucette étaient dans la même pièce ? », « Lister tous les jetons présents dans la salle de bains. », « Est-ce que la clé était dans le salon ? ». Comme les questions dépendent des pions placés aléatoirement face cachée en début de manche, on ne saura jamais vraiment sur quoi l’on va tomber, même en jouant souvent sur une même feuille.

Chaque bonne réponse rapporte un point. Quand les réponses sont multiples (par exemple, lister tous les objets d’une pièce), il ne faut pas en oublier un seul, sinon la réponse n’est pas prise en compte. Une fois que tous les points sont comptabilisés, on attaque une nouvelle manche. Au terme de quatre manches, le score obtenu donne notre note finale d’espionnage de souris, à comparer avec un tableau pour connaître notre niveau. Chaque manche permet de remporter de 0 à 4 points, et votre score final est donc une note sur 16. Plus vous en êtes proches, plus votre mémoire est impressionnante !

On monte en gamme ?

Les niveaux de difficulté suivants impliquent davantage d’objets, mais surtout la prise en compte de l’aspect recto verso des jetons en bois. Chaque face est en effet LÉGÈREMENT différente, ce qui peut s’avérer piégeux lorsque l’on tente de mémoriser un lien objet + lieu en 30 secondes.

Et pourtant, quel bonheur que de quitter les doux rivages d’une recherche à 6 objets pour passer à 8 puis à 10. On a l’impression d’une maison de plus en plus vivante, avec un challenge de plus en plus conséquent. Bien sûr les scores sont plus modestes, ils sont obtenus de dure lutte, avec une jolie marge de progression à la clé.

Des sensations de jeu trippantes

En cours de partie, c’est un délice que de coller son œil à la fenêtre et de regarder comment se sont répartis les objets. Très vite les mots fusent, ce qui empêche chacun de se concentrer. « Bouton dans la salle à manger, clé dans la salle de bains ». On réalisera alors qu’il faut trouver des mots clefs communs entre les joueurs pour ne pas se perdre en route, car pour certains la table à manger sera dans la salle à manger, mais pour les autres ce sera la cuisine. Les enfants adorent, rigolent, et font tourner la maison pour essayer de repérer ce que les autres ont manqué. C’est un jeu coopératif, précisons-le, et du coup tous les joueurs auront à coeur de venir à la rescousse des trous de mémoire des petits camarades. 

Chaque fenêtre permet en effet de voir deux pièces, mais de manière partielle. Il faudra regarder deux fenêtres pour couvrir totalement une pièce et s’assurer que ce satané timbre-poste ne s’est pas glissé sous la table ou dans un angle mort. Ça fuse, ça rigole, ça s’invective. ET quand la lumière s’éteint, les cerveaux se mettent soudain en action. Chacun tente de se souvenir de ce qu’il a vu et de graver les images dans son esprit.
Le silence se fait alors et les questions sont posées : la clé était-elle dans la salle de bains ? Et cette question reçoit soit une réponse unanime, soit c’est le début des ennuis, en mode oui/non/peut-être. Magique !

On agrandit la maison ?

Si (vous l’aurez compris) la Maison des Souris nous a convaincus, on ne pourra toutefois que venir chipoter pour quelques peccadilles. Autant évacuer d’emblée la question : non, la durée de vie n’est pas remise en cause. Les différents niveaux de difficulté suffisent au jeu, et on est clairement dans la catégorie du jeu qui ressort souvent pour des parties courtes. La simplicité du rangement et de la mise en place joue forcément pour beaucoup sur ce point.

En revanche, le jeu aurait pu prendre en compte le nombre de joueurs de manière un peu plus immersive. Selon que vous jouerez à quatre ou à deux, le jeu sera une promenade de santé ou une épreuve de force. Le timer étant limité à 30 secondes, quel que soit le nombre de joueurs, le temps pourra paraître trop long ou trop court, ce qui est toujours un peu dommage. À deux, il faut en effet déplacer la maison pour voir toutes les fenêtres, ce qui prend toujours un peu de temps, à supposer que l’autre joueur accepte de la laisser tourner. Il aurait été cool de pouvoir définir une durée de timer en fonction du nombre de joueurs.

Autre point, le jeu demande à être joué dans une semi-pénombre pour être savouré en plein. Sortez-le au pique-nique du midi, et la lampe (plutôt modeste) ne vous permettra pas d’y voir grand-chose. Et dernier mini point qui peut poser souci : la lumière se reflète parfois sur les jetons en bois et les rendent du coup très difficiles à distinguer, puisque leur brillant ne permet plus vraiment de définir si l’on regarde un bonbon ou une sucette. Il faudra donc changer d’angle, mais c’est autant de temps perdu.

Rien qui ne vienne contrarier le plaisir de jeu, on l’aura compris.

 

L’avis de Plateau Marmots

De notre point de vue, la Maison des Souris est autant un objet magique qui explose les charts de la choupitude qu’un petit jeu simple et addictif que l’on ressort à la moindre occasion. Certes il ne repose « que » sur un principe ultra simple de mémorisation de l’emplacement de jetons, mais ici c’est clairement le matériel qui fait vivre la mécanique et la place dans une flambée d’imaginaire qui nous enchante. Car bien vite les marmots s’amusent à conter leurs propres histoires sur les raisons qui poussent tel ou tel objet à se trouver là, et la maison vit alors de myriade de mini comptines improvisées. Certes, la forme l’emporte ici sur le fond, mais quand les deux fusionnent aussi bien, on ne peut que se laisser gagner par le plaisir du jeu. Un indispensable, évidemment, tant la beauté du jeu fait vivre l’imaginaire, et tant le jeu donne envie d’y revenir. Simple et magique, on en veut encore.

“et une petite anecdote pour finir…”

Parmi les Marmots, il y a une petite fille de 5 ans. Elle n’est pas timide pour deux sous, mais quand vient l’heure des jeux de société, elle se cache dans un coin. Elle veut bien regarder, mais jouer… non merci. Or, cette maison des souris l’a tellement séduite par sa simplicité, son accessibilité et sa beauté qu’elle s’est livrée avec passion à nos parties. Un excellent jeu pour rallier les marmots les moins joueurs, ceux qui n’osent pas se lancer, de peur de perdre ou de faire perdre leur équipe. 

On aime

  • L’un des plus beaux jeux enfants existants
  • Inventif et plein de détails
  • Mécanique simple et accessible
  • Espionnage de maison de poupée : un thème imparable
  • Une grosse rejouabilité
  • Plein de combinaisons de difficulté
  • Un des meilleurs titres de 2020 pour les petits marmots

On aime moins

  • On aurait voulu pouvoir régler le timer
  • Difficile à 2, trop facile à 4
  • Un jeu de mémoire, fatalement
  • A jouer dans une légère pénombre, quand même…

Votre marmot risque de ne pas aimer si…

  • En cas d’allergie aiguë au jeu de mémoire, c’est pas super conseillé

Le trouver

En vidéo chez Kaelawen & les Meeples

En parler c’est bien ! Mais le voir, c’est mieux ! 

 

Fiche technique

Un jeu d’Elodie Clément et Théo Rivière
Illustré par Jonathan Aucomte
Edité par Gigamic
Pour 2 à 6 joueurs (mais plutôt 4 max)
A partir de 5 ans

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