Test – Une Patate à Vélo

Est-ce que ça se peut un œuf qui boit du café ? Est-ce que ça existe une fourchette qui vole ? Et une banane qui a plein de poils ? Oui ? Non ? Ça se discute ? Bah oui, une banane toute moisie au fond d’un frigo, elle a des poils, clairement ! Pis la fourchette, si on la lance, elle vole un peu, non ?

Une Patate à Vélo, c’est un jeu très simple pour les plus petits et qui donne toujours aux grands l’envie de jouer, un titre à part qui repose sur des considérations hautement philosophiques, et qui vous promet des fous-rires assez improbables…

Mais voyons plutôt !

Une Patate à Vélo – Le Jeu est un jeu d’Élise Gravel et Joël Gagnon, basé sur un livre jeunesse d’Élise Gravel brillamment intitulé, euh… Une Patate à Vélo. Bref, tout porte à croire que nous n’allons pas tarder à savoir si, à l’instar de vos grands-mères, les patates font du vélo.

Destiné aux petits joueurs de 3 ans et plus, Une patate à Vélo est édité par Randolph et distribué en France par Gigamic.

Du coup y’a quoi dans la boîte, des patates ?

Meuh non ! Des cartes. Une petite centaine, pour être précis, car il y a 49 cartes patate et 49 cartes vélo. Le principe du jeu est d’associer une carte de chaque deck pour former une phrase. Je vous rassure : toutes les cartes sont différentes, ce qui vous crée tout de même pas mal de combinaisons possibles afin d’éviter de retomber trop souvent sur les mêmes questions.

La boîte vous propose également un mini plateau de score avec des cases numérotées de 1 à 15, un jeton patate et 4 paires de tuiles de vote. Chaque joueur se voit en effet attribué deux tuiles de la même couleur. La première indique « Ha oui ! Ca se peut ! », la seconde « Bah non, ça se peut pas ! » (et déjà vous devinez la mécanique de jeu qui se profile à l’horizon). Le matériel est très simple mais fort réussi, avec des illustrations rigolotes qui ont fait l’unanimité absolue chez les enfants.

La règle, très simple, tient dans une petite feuille recto verso, particulièrement claire. Vous verrez que vous saurez vous-mêmes jouer dans quelques lignes, promis.

La mise en place prend une mini poignée de secondes, avec le plateau de score placé sur l’espace de jeu, et le jeton « patate » placé sur la case 0. Chaque joueur prend ensuite possession de ses tuiles, qui lui serviront à voter pour déterminer si « ça se peut » ou si « ça se peut pas ».

On prend enfin 15 cartes patates et 15 cartes vélo, et on forme deux pioches au centre du jeu. Toutes les autres cartes retournent dans la boîte, pour cette partie. Mais ne vous inquiétez pas : elles ressortiront vite.

Comment qu’on joue avec les patates, alors ?

Pour lancer la partie, il suffit de retourner la première carte patate et la première carte vélo. Comme un cadavre exquis, les deux cartes associées forment une phrase. Une question, plus précisément. Du genre…

Est-ce que ça se peut, une pieuvre… … qui dort ?

Une fois la question posée, chacun choisit une tuile de vote et la pose face cachée sur la table. Toutes les tuiles sont ensuite révélées simultanément.

  • Si tout le monde a répondu de la même manière à la question, alors le jeton Patate avance d’une case sur la piste de score.
  • Si tous les joueurs n’ont pas répondu la même chose, alors la patate reste sur place.

Le but du jeu, du coup, est d’aller le plus loin possible sur le plateau de score avec les 15 questions loufoques qui seront ainsi formées. Pour les premières parties, les règles vous conseillent de viser le score de 8. Le perfect, évidemment, est d’atteindre le 15. Pas si facile que ça, vous verrez.

C’est tout pour les règles. Comme je vous l’avais promis, vous savez y jouer, ayé.

Purée ! (haha) Mais c’est super facile alors ! Et les marmots apprécient ?

Houlà oui ! Hystériquement parfois. Faut dire qu’il y a deux ou trois cartes avec du pipi, du caca ou des prouts, et que fatalement ça aide n’importe quel marmot à apprécier. Mais même sans cet artifice un peu facile, le jeu fonctionne très très bien, surtout par l’incongruité des questions qui apparaissent à chaque tour. Est-ce que ça se peut un caillou qui porte une culotte ?

Les questions, très souvent, déclenchent les rires de marmots qui se retrouvent devant des propositions libératrices qu’on ne leur permet pas forcément d’avoir au quotidien. Un peu le même syndrôme que le célébrissimesque Blanc Manger Coco ou Limite Limite, lorsque les adultes réalisent qu’ils ont droit de dire « bite nichon couille creampie et cockring » dans une même phase de jeu. Sauf que le plaisir régréssif et potache de cinquantenaires qui s’esclaffent est toujours moins touchant que le rire immédiat d’une floppée d’enfants de 4 ans, soudain libérés de réaliser qu’ils ont le droit de se poser la question (cruciale !) de savoir si une licorne ça fait pipi dans les cabinets.

Le jeu fonctionne donc très bien, surtout quand un adulte fait partie du groupe. Déjà parce que c’est drôle de voir « un grand » poser des questions absurdes et surjouer la chose, mais aussi parce qu’il est très amusant pour lui d’imaginer ce que vont voter les enfants à chaque question posée.

Le marteau de Thor dans un ascenseur

Le second effet kisscool, en tant qu’adulte, c’est le plaisir de participer au mini débat soulevé à chaque question, même lorsque les votes sont unanimes. Est-ce qu’une main ça joue de la batterie ? Bah, elle toute seule, non. Mais c’est elle qui tient la baguette, quand même. Est-ce qu’une fourchette ça tombe ? Oui. Mais si elle est dans l’espace, ça marche ou pas ? J’ai aussi eu la surprise, à la question « est-ce qu’une culotte peut faire pipi dans les toilettes » de voir que tout le monde répondait spontanément « oui ». Et si j’ai pris le temps d’expliquer que dans le cas précis du pipi c’était pas la culotte qui faisait l’action, je me suis retrouvé face à 3 enfants qui me disaient qu’en cas d’accident, la culotte elle faisait quand même un peu pipi toute seule. Et l’un d’entre eux, perfide, de me dire qu’au vu de mon âge je serai bientôt au courant. Sales gosses.

 Même si ces considérations n’ont pas grand-chose à voir avec le jeu stricto sensu, elles participent à son univers et renforcent son ambiance chaleureuse, ouverte et bruyante. Un jeu parfait pour les goûters et les salles de classe, auquel on joue avec plaisir quel que soit son âge. Et, évidemment, on évite d’en enchaîner 10 parties parce que l’effet s’estompe fatalement alors que l’on retombe peu à peu sur les mêmes combinaisons de cartes, mais que l’on ressort toujours avec plaisir le temps d’une partie ou deux à chaque fois que possible.

Un défaut, quand même ?

Histoire d’enfoncer une porte ouverte, on pourra raisonnablement avancer qu’Une Patate à Vélo est un jeu qui est bien meilleur à quatre qu’à deux. C’est l’évidence même pour un jeu d’ambiance, mais c’est aussi lié à sa mécanique. Obtenir une unanimité à 4 joueurs est plus difficile qu’à 2, ce qui rend le jeu plus incertain et plus palpitant. De même, les minis débats « café philo fraise tagada » seront assurément plus animés à quatre qu’à deux. Et si notre Patate à Vélo ne peut en théorie aller au-delà de quatre joueurs, il est très simple de l’aménager pour jouer à plus, même si les unanimtés seront encore plus compliquées à trouver.

Plus les parties seront nombreuses, plus il sera évidemment fréquent de retomber sur les mêmes combinaisons de questions. Là aussi c’est un peu inhérent au genre, mais on prendra soin de ne pas multiplier les sessions de jeu interminables. C’est l’une des raisons pour lesquelles le titre ne se joue qu’avec 15 cartes à chaque fois, pour éviter d’épuiser les combinaisons trop rapidement. Mais avec 49 x 49 possibilités, les parties ne se ressemblent tout de même pas trop.

L’âge des marmots

Une Patate à Vélo est un peu un jeu magique dans le sens où il peut agglomérer des joueurs d’âges très différents autour de la table. S’il est indiqué en tant que jeu pour les 3 – 6 ans, il est bien plus étendu que cela et les ados s’y amusent tout autant. On notera aussi que si un adulte sera nécessaire aux premières parties, il devient ensuite totalement superflu, les illustrations des cartes étant suffisamment parlantes pour que les enfants puissent comprendre les questions même sans savoir lire. Idéal pour vous éclipser sur la pointe des pieds et les écouter rire comme des baleines à l’énoncé de questions plus absurdes les unes que les autres.

L’avis de Plateau Marmots

Jeu simple et fun au plaisir immédiat, Une Patate à Vélo s’impose immédiatement comme un indispensable pour jouer en famille, ou pour briser la glace lorsque l’on se retrouve devant un groupe d’enfants que l’on ne connaît pas encore. Si j’étais (Dieu m’en préserve !!) prof ou éducateur, c’est le jeu que je dégainerais systématiquement à chaque premier cours pour apprendre à connaître les enfants et pour donner aux plus timides la possibilité de « se lâcher » un peu. Une Patate à Vélo crée immédiatement une bonne ambiance autour de la table, chaque question générée pouvant amener son lot de fous rires. Il faut assurément que les adultes jouent le jeu de l’emphase et de la surenchère et ne se limitent pas à lire les questions en mode « oui, non, next », mais le plaisir de jeu vaut largement cette mini théâtralisation. Et la récompense des rires est au rendez-vous, avec des parties qui mettent toujours la tablée d’excellente humeur. Un incontournable, donc, qui au travers d’une mécanique de vote certes basique fait passer un large éventail d’émotions. J’avoue que je ne serais pas spontanément allé vers ce jeu, mais aujourd’hui je n’imagine plus la ludothèque de Plateau Marmots sans lui. Tout simplement.

On aime

  • Simple et fun
  • Fun et simple
  • Parties courtes et explosives
  • Un joli tremplin pour l’imaginaire
  • Première découverte de la mécanique de vote et d’unanimité
  • Les illus plutôt choupi (sauf pour Emy qui ne les aime pas, mais Emy est ronchonchon ce matin)

On aime moins

  • Quand on retombe sur une même combinaison de cartes

Le Trouver

Fiche Technique

  • Un jeu de Joël Gagnon et Elise Gravel
  • Illustré par Elise Gravel
  • Pour 2 à 4 joueurs
  • A partir de 3-4 ans
  • Edité par Randolph
  • Distribué par Gigamic

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