Test – La Mine aux Trésors

Quatre nains cupides normaux ont décidé de se remplir les poches de pierres précieuses. Quatre wagonnets sont déjà prêts à accueillir leur butin, en attendant l’heure d’aller retrouver Blanche Neige pour aller tout claquer au Casino de FarFarAway. Mais attention : nos mineurs barbus vont devoir jouer de la pioche avec parcimonie, car le dragon qui roupille non loin de là compte bien profiter de sa sieste. Quel sera le premier nain à remplir ses quatre wagonnets (et à aller s’acheter une villa sur la riviera) ?

La Mine aux Trésors est un jeu d’adresse de Shaun Graham et Scott Huntington, pour 2 à 4 joueurs à partir de 5 ans. Il est édité par Haba.

Ça briiiiiiiiiiiiiiiiiiiilllee !!!

Attention les pupilles ! La mine aux trésors est un jeu qui en met plein les rétines grâce à ses pierres précieuses colorées (en plastique, hélas), qui composent l’essentiel du jeu. Ça brille de mille feux et ça donne forcément envie de jouer tant le plaisir de manipuler de telles richesses est inhérent à chaque joueur (et d’ailleurs ne vous étonnez pas si vous retrouvez de temps en temps quelques diamants dans le château Playmobil de vos enfants).

Le jeu se compose également de deux séries de cartes en deux formats : wagonnets à remplir et objectifs. Vous trouverez également un dé de couleur, classique de chez Haba.

Mais surtout, l’originalité du titre tient dans la présence de matériel assez peu courant dans l’univers ludique : un marteau (en bois, je vous rassure) et un tapis néoprène, à coller directement sur le dos de la boîte de jeu. Oui oui, un tapis de jeu (fort joli d’ailleurs) qui va avoir la lourde tâche d’empêcher les diamants de tomber trop vite. Mais j’anticipe. Prenez vos pioches, vos casques et vos barbes, et descendons dans la mine.

On pioche tic-tac tic-tac tic-tac dans la mine le jour entier

Dans la Mine aux Trésors, le but du jeu est de miner des, euh, trésors. Mais plus précisément, d’obtenir des pierres précieuses en donnant des coups de marteau sur les parois de la caverne. Parce qu’on se fait tout un monde des métiers de la mine, des romans larmoyants et des films apocalyptiques, mais en vrai il suffit de donner des petits coups de marteau sur une paroi et les diamants dégringolent tout seuls. Trop facile.

Chose plutôt originale dans le monde ludique, le jeu prend place sur le dos de la boîte, sur laquelle on aura préalablement collé le tapis néoprène. Le tapis représente la caverne aux diamants, là où le dragon sommeille.

Les pierres précieuses sont réparties sur le tapis, chaque joueur prend 4 cartes de sa couleur et retourne la première. Les cartes objectifs sont placées près de la boîte et le dé est superbement ignoré : nous sommes prêts à commencer.

Hey hooooo !

Chaque carte de wagonnet liste les pierres précieuses nécessaires pour que le wagonnet soit rempli. Chaque wagonnet liste évidemment les pierres dont il a besoin pour être complété. Les joyaux sont répartis en 6 couleurs : bleu, rouge, vert, jaune, noir et transparent. Une précision : les pierres noires (charbon !!) ne valent rien, et les transparentes (diamaaaaaaant !!) servent de joker et remplacent n’importe quelle autre pierre.

Pour jouer, il suffit de prendre le marteau et de frapper la boîte. On peut donner des séries de petits coups, un gros, choisir le côté sur lequel on frappe et tourner la boîte sur le côté qui nous semble le plus prometteur pour le wagonnet que l’on cherche à remplir.

Huit ça suffit !

Tapotons la boîte avec le marteau, donc, jusqu’à ce que des pierres se décident à en tomber. Dès qu’une pierre tombe, le tour du joueur s’achève, ce qui devrait l’inciter à taper un peu fort pour en faire tomber plusieurs. Oui mais voilà : si l’on fait tomber plus de 8 pierres d’un seul coup, le dragon se réveille ! Toutes les pierres tombées devront donc être remises en jeu.

Il faut donc savoir doser son effet en fonction du wagonnet que l’on cherche à remplir, et on ne peut en remplir qu’un seul par tour.

Lorsqu’un joueur a rempli ses quatre wagonnets il déclenche la fin de la partie. Les joueurs restants peuvent finir leur tour et tenter d’égaliser. Tous les joueurs qui parviendront à terminer leur dernier wagonnet auront remporté la partie.

Et si on ajoutait des objectifs ?

Le jeu propose deux variantes qui permettent de rendre le jeu légèrement plus complexe. La plus intéressante des deux, c’est la réalisation d’objectifs. Les objectifs sont placés en pioche à côté du plateau de jeu, un seul objectif étant visible.

Chaque fois que des pierres tombent, le joueur doit vérifier si son coup lui a permis de réaliser l’objectif face visible, et donc de gagner la carte correspondante.

Les objectifs sont variés mais correspondent toujours aux pierres qui viennent de tomber. Par exemple : faire tomber au moins deux pierres noires, faire tomber un nombre impair de pierres, faire tomber moins de quatre pierres, etc.

Chaque objectif validé permet d’acquérir la carte correspondante. C’est sympa mais on regrettera finalement que les objectifs ne servent qu’à départager d’éventuelles égalités, au lieu d’apporter un réel bonus dans le décompte des points.

Et si on lançait un dé ?

Quant au dé de couleur, il est en fait utilisé pour générer des contraintes de jeu, du genre de celles qui ravissent les enfants et gonflent les adultes. Frapper avec le manche du marteau, frapper avec la main non dominante, frapper les yeux fermés, etc. Cela apporte toujours un peu de variété, mais cela reste tout de même assez limité.

Et alors, c’est bien, mine de rien ?

Oh oui ! Le jeu est un peu moins fourbe que Trésor de Glace, mais participe à la même philosophe du « je fais tomber des trucs et je récupère ce qui m’intéresse ». Il est d’ailleurs plus accessible, et le côté original de frapper la boîte avec le marteau joue pour beaucoup dans le fun. Haba développe toujours un peu plus son utilisation des boîtes de jeu et celle-ci est vraiment judicieuse et immersive. Le jeu est à la fois simple et tactique : on peut donner des mini-coups pour faire tomber une pierre ou deux, ou tenter d’y aller plus franchement au risque de réveiller le dragon. Petite part de prise de risque, donc, directement liée à l’impulsion que l’on va donner au marteau. C’est simple, c’est fun, et c’est très joli. Il est juste dommage que les cartes objectifs n’aient pas un plus gros impact sur le déroulement de la partie : autant d’ingéniosité pour départager les égalités quand elles sont rares, c’est l’impression de gâcher une opportunité de gameplay. Il aurait sans doute été possible d’aller plus loin sur ce point.

L’avis de Plateau Marmots

Aussi simple que joli, la Mine aux trésors est un excellent jeu qui permet de s’amuser rapidement, à partir de 4 ou 5 ans. On s’extasie vraiment de manipuler les pierres précieuses et de donner des coups de marteau sur la boîte. Il y a toujours un moment de stress quand les pierres que l’on vise sont au bord de la boîte et quand on se demande comment doser sa frappe. C’est très simple, très accessible, et parfaitement jubilatoire. Un bel indispensable, donc, que l’on rangera toutefois soigneusement pour éviter d’abimer le tapis de jeu.

On aime

  • Accessible et original
  • Plein de pierres précieuses à manipuler !
  • Des variantes à ajouter !

On aime moins

  • Le tapis va-t-il s’user avec le temps ?
  • Des objectifs qui ne servent qu’à départager les égalités ?

Le trouver

Fiche Technique

  • Un jeu de Scott Huntington et  de Shaun Graham
  • Illustré par Nathalie Behle
  • Pour 2 à 4 joueurs
  • A partir de 5 ans
  • Edité par Haba.

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