Test – SOS Tortues (un jeu génial ?)

SOS Tortues est un jeu de plateau écolo qui veut sensibiliser les joueurs à la sauvegarde des tortues marines.

Les tortues marines sont mal en point : chassées et exterminées, certaines espèces sont en voie de disparition. Après un financement participatif via Ulule, Elements Editions propose SOS Tortues, un jeu « écolo » qui invite les joueurs à incarner des espèce de tortue marines menacées afin de les mener loin des filets des pêcheurs. Largement de quoi chatouiller notre fibre planétaire et nous lancer sur les traces des Sea Shepherds.

Le principe : « Sauvez Willy Franklin ! »

Dans SOS Tortues, chaque joueur incarne une espèce de tortue marine (Tortue Luth, Tortue de Kemp…) et doit sauver le maximum de membres de son espèce des filets de pêche. Un pêcheur est en effet à l’affût et va tenter par tous les moyens de capturer le maximum de tortues. SOS Tortues est autant un jeu de plateau classique qu’une expérience pédagogique sur le monde des tortues marines et les menaces auxquelles elles doivent faire face. 

Le matériel : « Non, le plastique c’est pas fantastique »

Totalement cohérent dans leur démarche, les auteurs du jeu ont choisi de jouer la carte ecoresponsable concernant le matériel. Dés en bois, sac en toile et règles en papier recyclé sont de mise. Evidemment les amoureux du thermoformage en seront pour leurs frais, mais il s’agit bel et bien de sauver des espèces animales, pas d’accélérer le processus de leur extinction. Pour dire les choses comme elles sont, le tout fait un peu « fouillis » à l’usage, car il n’y a aucun moyen de séparer les nombreux jetons, mais sinon le matériel fait bien le job. Simple et efficace, il est coloré et plutôt plaisant à utiliser. Il faudra juste résister à la tentation de sleever les cartes et de ranger les jetons dans des petits sachets en plastique volés sur d’autres jeux. 

La règle : « Okay, je sais tout sur les tortues, mais comment on joue ? »

Bon, je l’avoue, j’exagère : la règle est suffisamment claire pour qu’on sache jouer assez vite, après quelques tours de jeu. Mais on ne m’ôtera pas de l’idée que la règle est bizarrement rédigée, alternant points de règles et description des espèces de tortues. Je pense que l’éditeur s’est retrouvé piégé entre la nécessité de faire apparaître la liste des « effets » de jeu en dernière page (pour que ce soit simple à consulter) et la nécessité de caser « quelque part » les infos sur le monde des tortues marines. Du coup la lecture des règles se fait en alternant les pages intérieures et extérieures, car les infos sur la 4e de couv’ n’apparaissent pas à l’intérieur, ce qui est franchement peu pratique. Rien de rédhibitoire, d’accord, mais pas super clair en première lecture.

Il aurait été avisé de sortir toutes les infos sur les espèces de tortues du livret de règles et d’en faire un zouli poster à afficher dans ma chambre, à côté de la photo dédicacée de Michel Klein au Club Dorothée.

Le tour de jeu : « Qui fait le méchant ? »

Au terme d’une mise en place quelque peu laborieuse, le tour de jeu prend place. Chaque joueur incarnera une espèce de tortues, mais l’un d’entre eux devra également assumer le sinistre rôle du maysssant pêcheur (à moins qu’il ne soit joué alternativement par tous les joueurs). Quand vient son tour de jouer, la tortue a le choix entre se déplacer sur le plateau de jeu circulaire, ou rester sur place.

Lorsque la tortue se déplace, elle atterrit sur une case qui va déclencher un effet en plus de lui faire piocher la carte présente sur la case. Les effets (que ce soit sur les cases ou les cartes) sont assez simples à gérer : gagner ou perdre des tortues dans son nid, gagner une protection, changer le sens de déplacement des pions… On regretterait presque que les effets soient si proches les uns des autres et qu’il n’y ait pas un peu plus de différences entre les effets de la case et ceux des cartes piochées. En revanche, la petite illustration et le petit texte qui indiquent que beaucoup de tortues meurent à cause des déchets en mer, ou qui font la promotion des centres de soins qui protègent les tortues sont très instructifs. 

Une fois que chaque tortue a joué, le pêcheur se déplace à son tour et va tenter de capturer des tortues en passant sur leur case. Une fois qu’une tortue perd tous ses jetons, elle devient pêcheur à son tour. La partie s’achève quand toutes les tortues ont été capturées ou quand le deck de cartes est terminé. Celui qui aura sauvé le plus de tortues de son espèce est le vainqueur. 

Petits et grands marmots

Jouable à partir de 6 ans, SOS Tortues se joue sans déplaisir par les plus grands (mais aussi par les plus petits de 5 ans). La simplicité du jeu et le « petit plus » d’incarner à la fois les gentils et les méchants permet de « jouer les rôles » dans un bel enthousiasme. A titre personnel, j’incarne le pêcheur en lui donnant la voix nasillarde des adversaires de Nicky Larson, en mode « petites tortues je vais toutes vous attraper, hin hin hin » ce qui plaît beaucoup aux marmots (qui n’ont jamais connu ce dessin animé). Si vous jouez à 6, l’un des joueurs fera obligatoirement le bad guy à plein temps, ça peut donc être une idée amusante de réunir 5 enfants et de les confronter à l’adulte. La part d’aléatoire est suffisamment forte pour que chacun ait légitimement sa chance, même si un peu de stratégie est à prévoir de la part des tortues pour anticiper les mouvements possibles du pêcheur et pour viser les cases où elles seront en sécurité. Les grands marmots se surprendront à s’amuser… et à vouloir au plus vite sauver les tortues.

L’avis de Plateau Marmots sur SOS Tortues

Derrière des règles alambiquées, un matériel un peu fouillis (que l’on rangera vite dans des petites boîtes d’allumettes en carton recyclé) et une mise en place laborieuse se dissimule en fait un jeu très simple d’accès et tout à fait amusant à jouer. Il faut donc passer outre la première impression un peu frileuse pour s’immerger totalement dans un jeu tout à fait plaisant et instructif.

Un regret toutefois : le thème aurait sans doute été mieux servi par un jeu coopératif (comme « sauve moutons, par exemple), afin d’unir les tortues devant un danger commun. Dans SOS Tortues, le concept du « chacun pour soi » dessert quelque peu le message que tente de faire passer le jeu. Créer plus d’interactions entre les espèces aurait par exemple été une bonne idée.

Quoi qu’il en soit, SOS Tortues est un jeu fort sympathique pour passer de bons moments tout en sensibilisant les marmots à la nécessité de ne pas jeter de déchets en mer.  

Intérêt ludique : Bon ! 
Intérêt pédagogique : Un jeu écolo, qui ouvre beaucoup de sujets
Notre avis : S’il est perfectible sur la forme et le fond, SOS Tortues vous fera néanmoins passer d’excellents moments avec vos marmots.

Fiche technique

Édité par Elements Editions
Un jeu de Cédric Duwelz
De 2 à 6 joueurs
À partir de 6 ans (voire 5)
Durée d’une partie : environ 30 minutes
Prix indicatif : 30 euros

Pour aller plus loin

Voir la page Facebook du jeu

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