Test – GrandBois

Promenons-nous dans GrandBois,, pour voir si le loup n’y est pas…  hé mais… S’il y était ??!!

N’écoutant que notre courage – et les ordres plus qu’explicites de notre rédac’chef bien-aimé – nous sommes rentrés dans GrandBois et avons finalement réussi à en ressortir avec quelques brindilles dans les cheveux pour vous raconter l’expérience.

Okay, tu aimes le camping en forêt, mais encore ?

Commençons par planter rapidement le décor : dernier-né d’une coédition The Flying Games et Origames, imaginé par Frédéric Guérard et illustré par la merveilleusissime Camille Chaussy (je vous en ai déjà parlé, j’adore son travail), GrandBois est donné pour 2 à 4 amateurs de forêt, à partir de 8 ans et pour une durée de 30  minutes.

Dans GrandBois, vous serez à la tête d’un clan de bestioles belliqueuses et allez tenter de mener votre groupe à la victoire en leur faisant distribuer, hum, récolter, les châtaignes d’or que le vieil arbre millénaire produit tous les cent ans.

 

Du rififi dans les bois ?

Nos amies les bêtes ne sont pas des enfants de chœur, vous allez vite le comprendre. Car c’est à grands coups d’écrasements que vous allez vous frayer un chemin vers le trône de roi des clans de la forêt aux châtaignes.

Mais avant d’y arriver, faisons un petit détour pour évoquer le matériel du jeu.

A l’ouverture de la boîte, un thermoformage fort bien pensé contient des tuiles de clans bien épaisses, un gros paquet de tuiles de forêt suffisamment fines pour être posées les unes sur les autres, mais pas trop pour la tenue dans la durée. Quatre tours très mignonnes, en carton épais, s’insèrent sur des socles et sont assorties à un jeton qui vous rappelle votre couleur, car on n’est pas ici dans un jeu de mémoire. Détail malin, mais je vous assure que je l’ai vu faire ailleurs, les tours ne sont pas de la même couleur que les clans, donc pas de confusion possible. Sans oublier un petit carnet de scores avec des pictos pour se rappeler des points à engranger.

Et les illustrations ? Evidemment, Camille Chaussy est à la palette, alors les bestioles de GrandBois sont rigolotes, touchantes, roublardes, nounouilles juste comme il faut. Le jeu est clair, lisible et super green. Petit bémol si vous êtes daltonien (parce qu’il fallait garder une taille raisonnable pour les tuiles) : la couleur est l’élément qui vous permet de lire la zone de jeu le plus rapidement. Pas de panique, néanmoins, au pire, demandez à un ami de vous aider.

L’ensemble reste très agréable à manipuler et attire immanquablement le regard sur une table. Aussi parce que le jeu va s’étaler dans son déroulé , et ça, ça a de la classe.

 

Et tu disais qu’on allait faire du catch par écrasement ?

Pas tout à fait, mais pas loin non plus.

Donc commençons par ces fameux clans d’animaux. Au nombre de 5, on y trouve les malins renards, les costaux crapauds à dos de tortues, les rigolotes souris à dos de lapins, les fabuleux ratons-laveurs (oui, ce sont mes préférés) et les fourbes lézards. Les clans sont distribués à chacun des joueurs, et, ce qui est super important, cachés. Ce qui signifie que même à 4 joueurs, un clan, remis dans la boîte et non dévoilé, sera neutre. Et que le bluff sera de mise. Ou pas.

La suite est très simple : tour à tour, chaque joueur choisit et place une tuile parmi un marché de 4 tuiles, de façon à recouvrir une ou plusieurs des tuiles déjà en place. Chaque tuile est composée de 4 cadrans, figurant chacun un certain nombre de bestioles. Pour être placé, au moins un des cadrans doit recouvrir un de ceux déjà posés et agrandir la forêt. Mais attention, pour écraser un autre cadran, il faut que le nombre d’animaux sur celui-ci soit strictement plus grand que ceux du cadran qu’il recouvre.

Paf ! Trois lapins rigolos viennent d’écraser un duo de renards !

Oh oh tiens voilà quelqu’un, Petit Ours Brun…

Il n’y a pas de loup dans GrandBois, non. Mais il y a des ours. Et pas Petit Ours Brun, non. De gros ours ventripotents qui peuvent tout écraser mais n’appartiennent à aucun clan. Et en plus, ils ont l’air méchant. Sérieux, celui sur la boîte me fait presque peur.

Et vous pouvez aussi placer la tour qu’on vous a distribuée au début, quand vous le souhaitez, sur une clairière vide d’animaux.

Okay, ça a l’air chouette, mais comment on gagne ?

Une fois toutes les tuiles posées, chaque joueur révèle son clan devant les petits yeux ébahis ou non des autres, car certains savent être plus discrets. Puis on compte les points-châtaignes:

  • un point par cadran non recouvert à sa couleur
  • 2 points en plus par cadran de son plus grand ensemble continu
  • pour finir 2 points par cadran à sa couleur autour de sa tour et 1 point par cadran des autres couleurs.

On additionne le tout et celui qui a le plus de châtaignes est digne de s’asseoir sur le trône des clans des bois.

Bon mais alors, ô reine de la cueillette des châtaignes, tu as aimé le jeu, toi ?

Ben oui, hein! Et même carrément !

J’ai eu la chance d’assister aux premiers pas de GrandBois, quand il était encore à l’état de prototype, ce qui me fait avoir une tendresse un peu particulière pour ce jeu, je l’avoue bien volontiers.

Mais à tous les festivals où je l’ai vu tourner, j’ai vu les joueurs se prendre au jeu, littéralement, et essayer de dissimuler leur clan avec plus ou moins de succès. C’est d’ailleurs ce qui me fait particulièrement apprécier le jeu, outre ses principes super accessibles, c’est le point commun de ces jeux à rôle caché où l’on tente de deviner qui est qui, tout en essayant de dissimuler ses propres intentions. “Je sais qui tu es, enfin, je crois, mais sais-tu qui je suis ?” Et on se fait des coups pendables à base de “bim prends ça !” et on s’écrase soi-même pour brouiller les pistes. Un petit peu pour éviter de trop se faire mal tout de même. J’apprécie également la petite tension pour la pose de la tour : trop tôt et on dévoile peut-être son clan, trop tard et on ne peut plus bien construire autour.

En dehors de cela, le jeu est super fluide et les marmots dès 8 ans n’auront aucune difficulté à prendre en main les principes du jeu. Pour ce qui est de bluffer, par contre, il est possible que leurs intentions soient un peu transparentes à cet âge-là, et il vous faudra peut-être jouer à clans ouverts avec vos marmots pour commencer. Ma recommandation pour pleinement profiter du jeu avec sa composante bluff sera donc pour les un peu plus vieux, vers 9-10 ans. A moins que vous ne jouiez avec la réincarnation de Danny Ocean, auquel cas, vous pouvez y aller sans problème plus tôt. Et vous avez toute ma compassion, au passage.

Le hasard de l’arrivée des tuiles dans la rivière donne une chance équitable à tous les participants, mais il est fort possible, au début, que vous ayez la part belle face à un ou plusieurs marmots. Je ne pense malheureusement pas que cela tienne sur la durée, donc profitez-en tant que vous pouvez et prenez des photos. Rapidement, votre charmant mini-vous pourra probablement vous écraser les fesses à grands coups d’ours. Et là, vous ferez moins le malin.

Et, ô grande maraboute du phénix des hôtes de ces bois, est-ce que les marmots peuvent jouer tout seuls ?

Je vous vois venir, petit coquinou avec votre air de rien : pendant que les marmots jouent, papa ou maman peut se préparer un petit mojito/café/godet d’absinthe !

Eh bien, soyez rassuré, pour ce qui est de jouer en autonomie, à part pour le comptage des points, la plupart des marmots devraient s’en tirer sans difficulté sans vous. N’oubliez juste pas de leur allouer un espace de table conséquent, le jeu peut prendre une place folle et vous ne voudriez pas être dérangé dans votre petit moment de détente par le cri perçant de Jean-Théodore qui a fait tomber une partie du jeu hors de la table.

Alors ? Je l’achète ou pas ?

On pourra entendre, peut-être ici ou là, les vieux connaisseurs en jeux de société avancer que non, GrandBois n’a rien d’original, et c’est vrai que c’est un superbe assemblage de mécaniques qui n’ont pas été individuellement inventées pour l’occasion. Mais, d’une part, le public auquel il s’adresse n’est pas forcément un vieux connaisseur en jeux de société, mais bien vous et votre marmot (sauf si vous êtes vieux et incollable en jeu de société, ce qui n’est de toute façon pas le cas de votre marmot, enfin j’espère). D’autre part, tout cela s’imbrique franchement bien et plaît énormément aux marmots qui l’ont joué et ont réclamé d’enchaîner les parties.

L’avis de Plateau Marmots

Pour conclure, donc, un jeu magnifique, d’un auteur qu’on a plus l’habitude de voir sur des jeux plus complexes et qui nous livre ici une mouture accessible, dynamique et fluide. Et une illustratrice talentueuse qui nous concocte un univers cartoonesque de bestioles retorses. Le tout pour un prix franchement raisonnable. J’ai envie de dire : pourquoi se priver ? Si vous le pouvez, foncez !

Pour aller plus loin : une variante experte existe, dans laquelle on ne peut pas recouvrir une case de peuple par le même peuple. Sensiblement plus compliqué, mais ça se fait.

On a aimé :

  • le matériel qui claque
  • le prix tout doux
  • la couleur verte
  • la prise en main rapide
  • écraser les copains en faisant semblant que ce n’est pas exprès

On a moins aimé :

  • la lisibilité pour les daltoniens
  • le titre qui aurait dû être “Game of Trees”. Si si, je m’y connais, ça aurait claqué sévère. Mais bon, GrandBois, ce n’est pas si pire.

Le trouver

Chez Philibert

Fiche technique

Un jeu de Frédéric Guérard
Illustré par Camille Chaussy
Edité chez The Flying Games et Origames
2 à 4 joueurs
A partir de 8 ans
Durée d’une partie : 30 mn

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