Test – Gummiland

Il y a parfois des jeux que l’on n’attend pas et qui, du haut de leur simplicité, vous prennent de court tant ils sont rafraichissants. C’est clairement le cas de Gummi Land, un premier jeu de deckbuilding pour enfants de 6 ans et +, particulièrement choupi et intensément addictif. Dans ce jeu de Marco Teubner, le but est de collecter un maximum de bestioles, baptisées Gummiz, en leur offrant des fruits. Le truc chouette, c’est que les bestioles adoptées ont tendance à vous fournir encore plus de fruits, ce qui vous permet d’attirer des Gummiz encore plus intéressants. Qui aura le plus grand nombre de Gummiz en fin de partie ?

Marco Teubner |Gorobeï Blue Orange
2 à 4 joueurs| 6 ans | 20 min| Deckbuilding, stratégie

Un matériel bien sympatoche !

On pourra s’étonner d’une boîte aussi grosse pour un simple jeu de deckbuilding (on pourrait facilement y rentrer une dizaine de Star Realms), mais vous en comprendrez facilement la raison en découvrant le matériel, composé de chouettes jetons colorés, assez solides pour assommer un taureau en train de charger.

Là vous allez froncer les sourcils et me dire : « bah oui mais non : le deckbuilding c’est avec des cartes, pas avec des jetons », et je vous répondrai que vous êtes bien mignons, mais que c’est pas super simple pour un enfant de 5 ou 6 ans de faire la différence entre une pioche, une défausse et une main de cartes, trois éléments essentiels au genre. Du coup, l’astucieux Marco Teubner a eu une idée marrante : transformer les cartes en jetons et les rendre accessibles aux petits joueurs via un distributeur de bonbons, petite construction en carton qui permet d’introduire les jetons sur la partie supérieure et de les extraire par le bas.

Et on va tout de suite voir comment ça marche !

Sugar Sugar, Honey Honey

La mise en place est rapide et instinctive : chaque joueur prend un distributeur et y insère les 6 jetons de départ de sa couleur. Les jetons restants sont divisés en 4 piles de 8 jetons, placées au centre de l’aire de jeu, face orange tournée vers le haut. Chaque jeton est en effet recto verso et indique plusieurs informations

  • le nombre de Gummiz que vous allez pouvoir adopter
  • les ressources nécessaires pour le capturer (citrons, fraises ou pommes)

Le but du jeu est en effet d’adopter le maximum de Gummiz, et de manière très logique, plus un jeton demande de fruits, plus il contiendra de Gummiz. Mais ce n’est pas tout : en retournant le jeton sur son verso, pour pourrez découvrir les ressources qui vous seront données par les Gummiz que vous avez adoptés. Parce que les Gummiz, ils sont sympas, mine de rien : ils n’arrivent pas les mains vides. Quand ils sortent de votre distributeur, ils vous donnent des fruits, ce qui va contribuer à vous permettre d’acheter d’autres Gummiz, toujours plus costauds. Plus la valeur d’achat de vos Gummiz est élevée, plus ils vous livreront de ressources une fois que vous les piocherez. Notez également que certains Gummiz ne rapportent aucune ressource, mais ils sont en général peu chers à l’achat. Le truc c’est que dans la mesure où ils ne vous rapporteront pas de quoi adopter d’autres Gummiz, ils risquent d’encombrer votre pioche si vous les prenez en début de partie.

Je vous explique cela de suite.  

Aux arômes surnaturels de bonbons !

Lorsqu’arrive son tour, le joueur prend le chatouilleur de Gummiz et l’utilise pour extraire deux jetons de la base de son distributeur. Chaque jeton indique combien de fruits le Gummiz apporte au joueur. Fort de ces ressources, il est à présent possible d’adopter l’un des Gummiz présents au sommet de l’une des quatre piles de jetons. A chaque tour, un joueur ne peut capturer qu’un seul jeton, et évidemment uniquement s’il dispose des ressources nécessaires. Les Gummiz s’adoptent en leur fournissant les citrons, pommes et fraises qu’ils demandent, mais certains de vos Gummiz offrent des ressources multicolores, c’est-à-dire des jokers qui vous permettront de choisir le fruit de votre choix.

Si vous parvenez à adopter un Gummiz, hop, vous le retournez et l’insérez dans votre distributeur. Quand il reviendra en jeu, plus tard dans la partie, il vous offrira des fruits. Le joueur doit également replacer les jetons Gummiz qu’il a utilisés dans le distributeur dans l’ordre de son choix : il ne garde devant lui que les fruits qu’il n’a pas encore utilisés.

Si au moment de la pioche vous obtenez un jeton de Gummiz qui n’offre aucune ressource, tant pis : vous devez le remettre dans le distributeur, mais il compte tout de même pour l’un de vos deux jetons du tour.

La fin de partie survient lorsque deux des quatre piles de Gummiz à adopter sont épuisées. Chacun pourra alors sortir tous les jetons de son distributeur et compter les Gummiz adoptés. Celui qui en aura obtenu le plus a bien évidemment remporté la partie.

D’autres Gummiz ?!

Vos yeux experts n’auront pas manqué de remarquer la présence de 3 mystérieuses petites boîtes. Comme vous vous en doutez, il s’agit de jetons Gummiz supplémentaires, à débloquer au fur et à mesure de vos parties.

La condition de déblocage est relativement accessible, mais méfiez-vous car les jetons supplémentaires sont souvent taquins et apportent de nouveaux effets assez rigolos. Forcer un adversaire à remettre l’un de ses jetons dans le distributeur, copier un jeton, consulter les piles de pioche et choisir un Gummiz à mettre au-dessus de la pile sont autant de petites variantes qui ne manqueront pas de dynamiser et corser les parties lorsque vous vous sentirez trop sûrs de vous.

Sucré comme un bonbon

Pour un jeu dont on n’attendait rien, Gummiland impressionne. Bien que fort simple, la notion de deckbuilding est bel et bien présente et permet de découvrir l’incroyable univers du « je démarre avec presque rien et je finis avec plein de Gummiz dans le paquet ». La qualité du matériel et des illustrations compte pour beaucoup dans le plaisir de jeu, et les pinceaux de Gorobeï sont particulièrement pertinents pour ce type d’univers. Bien sûr on pourra regretter que l’ADN du deckbuilding ne soit qu’effleuré, avec une absence de combos ou de bannissement de jetons, mais pour des marmots de 5 ou 6 ans, la proposition est suffisamment claire, intéressante et surtout évolutive pour les mener vers des Star Realms un peu plus tard, vers 7 ou 8 ans. Gummi Land mise tout sur l’accessibilité et la découverte progressive d’une nouvelle mécanique ludique, avec des premiers choix à faire sur la pertinence d’adopter ou non des Gummiz, d’économiser ses ressources pour des jetons plus intéressants ou de mettre fin à la partie le plus rapidement possible lorsque l’on a la sensation d’avoir une longueur d’avance sur les autres joueurs. Plein de petites stratégies à expérimenter, à essayer, et une première sensation de deckbuilding sans avoir à manipuler les cartes, ce qui est toujours chouette à 5 ou 6 ans.

L’avis de Plateau marmots (Olivier)

Coup de cœur surprise de cette fin d’année, Gummiland nous fait le même effet que « Gasha », catégorie « jeu malin, accessible et addictif ». C’est un plaisir immédiat que l’on joue parfois entre adultes, juste pour le plaisir de manipuler le matériel, très réussi. Le jeu offre une première approche du deckbuilding, certes timide, mais très plaisante, qui donne envie de s’engouffrer dans ce bel univers ludique. On sourit devant la bouille de ces bonbons, à mi-chemin entre des fraises Tagada et des Pokémons, et on peste en voyant la tuile que l’on visait être raflée par un autre joueur. L’idée d’inclure des paquets supplémentaires dans la boîte est excellente et on se réjouit soudain de voir des mécaniques nouvelles et un peu d’interaction directe survenir entre les joueurs. Vous l’aurez compris, Gummiland est un jeu qu’on n’avait pas vu arriver mais qui emporte tous les suffrages, catégorie friandise ludique fun et astucieuse. Lancez une partie avec une playlist légère et sucrée, ouvrez un paquet de bonbecs, et savourez un délicieux moment à vivre avec des marmots de 5 à 10 ans ! 

On aime

  • Du deckbuilding pour enfants !
  • Coloré, mignon, kawai !
  • Matériel très sympa
  • Mécanique simple et astucieuse
  • Des paquets surprise à découvrir

On aime moins

  • Il aurait peut être été possible d’introduire la notion de combo entre les jetons ? 

Le trouver

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