Sur l’étagère : Mon Premier Labyrinthe

À l’heure du confinement, nous avons donc décidé d’aller farfouiller dans nos greniers pour en sortir les vieux jeux que vous avez peut-être vous aussi sous la main. Un petit coup de nostalgie, donc, pour des jeux qui fleurent bon les archives de l’INA, avec quelques miettes de Treets (un peu rances) dans la boîte. Et aujourd’hui on se fait plaisir avec la déclinaison d’un vénérable ancêtre : Labyrinthe.

Labyrinthe est arrivé dans nos foyers alors que « La Cinq » était lancée sur nos écrans cathodiques, à grand renfort de millions italiens. Créé en 1986 par Max Jünger Kobbert (Dix de chute…) Labyrinthe est un jeu de stratégie familial dans lequel les joueurs doivent récupérer des objets dans un labyrinthe en mouvement. À chaque tour de jeu, en effet, les joueurs doivent d’abord insérer une tuile dans le labyrinthe avant de pouvoir se déplacer. Chaque tuile a pour effet de déplacer une ligne ou une colonne, et donc de modifier les chemins disponibles dans le labyrinthe.

Les joueurs doivent donc être les premiers à collecter leurs objets, en se bloquant les uns les autres et en dégageant les passages dont ils ont besoin. Un jeu fort malin, qui a connu de très (trop) nombreuses déclinaisons.

Et l’une d’entre elles, c’est cette version « Mon Premier Labyrinthe », destinée aux jeunes aventuriers de 4-5 ans. L’idée est de rendre le jeu ultra accessible sans perdre l’adn de la série, c’est-à-dire le déplacement dans un labyrinthe en mouvement.

Le point positif, c’est que c’est vraiment mignon. Le labyrinthe est en 3D, tout en volumes, et ça claque vraiment lorsqu’on le place sur une table. Le jeu se compose d’un tiroir coulissant qui sépare deux parties fixes. Pour trouver l’objet que l’on doit récupérer (le même pour tous les joueurs, contrairement au labyrinthe classique), il suffit de déplacer le plateau central pour former un chemin reliant votre personnage à sa cible. Les mouvements sont libres tant que le chemin est ininterrompu, ce qui vous permet de couvrir des larges distances jusqu’à cette grenouille qui vous fait très envie.

Le point négatif, c’est qu’il sera quasiment possible de former un chemin à chaque tentative. Le jeu est très (mais alors vraiment TRES) facile, vraiment destiné aux plus petits, et le challenge est quasiment nul. Donc si c’est agréable à jouer à 4 ans, ça va devenir très vite barbant à 6. Quant aux grands marmots qui accompagnent les progrès de leur merveille, s’ils seront attendris par la prodigieuse perception dans l’espace de leur bout de chou, ils vont vite trouver le temps long ensuite.

Ce que je veux dire ici, c’est que le jeu tient bien son nom. C’est un « premier » labyrinthe, et en tant que tel il tient bien la route. Mais là où la plupart des « Premiers jeux » proposent des variantes de difficulté et des ouvertures vers le « jeu libre », ici rien de tel. Difficile en effet de se prendre pour un chevalier avec les pions « classiques de chez classiques » typiques de Ravensburger. Ou alors il faut vraiment avoir beaucoup d’imagination.

L’idéal serait sans doute de dégainer ce jeu en classe maternelle, avec des enfants du même niveau, afin de faire durer un peu les parties. Mais sinon, bof bof bof, c’est vraiment pas fou.

Bref, un jeu qui va vite retourner sur l’étagère, et y rester un moment, hélas. C’est joli, c’est plutôt malin et très accessible, mais sa durée de vie est si limitée qu’on ne va pas non plus le laisser sur la table trop longtemps. Bref un petit manque d’enrobage qui aurait permis de maintenir intérêt et durée de vie. Il aurait suffi d’une petite variante plus difficile pour créer un jeu moins éphémère. Dommage.

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