Test – Gold

L’an dernier, la team Game Factory (Nom d’un Renard) nous rendait les vacances encore plus douces avec un micro jeu, Punto, qui avait su nous enchanter. Format ultra (mais vraiment ultra !) compact, revisite ingénieuse du morpion : c’était une franche réussite.

Aujourd’hui l’éditeur nous revient avec un nouveau titre, au même format, signé d’un nom plus prestigieux encore : Reiner Knizia. Cette nouvelle petite boîte noire parviendra-t-elle à faire aussi fort que son illustre prédécesseur ? Compliqué, assurément, tant l’aspect universel du morpion avait parlé à l’ensemble des joueurs. Mais on sait aussi que le mayyyyytre Knizia a plus d’un tour dans sa poche.

Alors, prêts à tenter l’aventure ? Oui ? Alors, chopez votre pioche, en route pour la mine !

Gold est un jeu pour 2 à 5 joueurs, à partir de 6 ans, édité par Game Factory et localisé par Atalia.   

Un format particulièrement compact

Dire que le format de Gold et Punto tient dans une poche serait un doux euphémisme : les deux jeux tiendraient d’ailleurs facilement dans la même poche. Il s’agit de jeux incroyablement compacts, conditionnés dans une petite boîte en métal qui résiste à tout. On râle assez souvent ici contre les grosses boîtes pleines de vide pour ne pas saluer l’effet inverse : vous pourrez emmener Gold où bon vous semble, par exemple dans l’un des tréfonds de votre sac à dos pour jouer ensuite dans votre tente à l’abri des colères du vent. [Ref nécessaire]

Bref, le jeu que l’on peut avoir sur soi à tout moment : au restau en attendant le menu enfant, sur une table de jardin en attendant l’apéro, ou dans une salle de classe en attendant la fin de la perm’.

You got a nugget in your pocket
Got a nugget in your hand

Imaginez une montagne truffée d’or, dans laquelle chaque joueur possède sa propre entrée. Comment parvenir à rafler plus d’or que vos voisins ? Avec de la chance, évidemment. Un peu de stratégie, c’est certain. Mais aussi un peu de mémoire. Car Gold, figurez-vous, est une revisite d’un jeu de mémoire assez connu dans lequel on retourne des tuiles deux par deux. Mais ne partez pas en courant, amis parents, car ici les choses ont été revues et corrigées par Reiner knizia. Et ça mérite donc votre attention.

C’est un fait. Dès la mise en place, vous serez saisis par un frisson d’horreur tant le jeu va ressembler au bon vieux memory « Peppa Pig » de vos enfants, que vous essayez de jeter en douce depuis près de 3 ans. Mais lisez ce test jusqu’au bout avant de prendre la fuite : il n’est pas exclu que vous changiez d’avis.

Estasi del oro

Le jeu commence en choisissant une entrée de mine, en réalité une couleur qui vous servira tout au long de la partie. Ensuite les 64 cartes du jeu sont mélangées et disposées comme bon vous semble sur la table de jeu. Comme l’ensemble est censé représenter le cœur d’une montagne, cela peut sans souci être en vrac.

Le premier joueur commence en retournant, successivement, deux cartes. Oui oui, comme au mémory. Et là, il peut se passer plein de choses, car les tuiles sont de différents types :

  • Les chercheurs d’or, numérotés de 2 à 5 et déclinés en 5 couleurs
  • Les pépites, numérotées de 1 à 4
  • La dynamite, qui fait boum

Le but du jeu est de faire en sort que les chercheurs d’or de VOTRE couleur vous ramènent des pépites d’or. Mais ça va être plus compliqué que prévu, et voici pourquoi…

Il est l’or Monseignor !

Admettons que vous retourniez un Chercheur d’or de votre couleur, et une pépite de valeur inférieure ou égale : c’est le meilleur des scénarios : vous empochez les pépites et votre chercheur d’or  est défaussé.

  • Si la valeur de la pépite est trop élevée pour votre bonhomme, alors les deux cartes sont replacée face cachée. Il faudra se souvenir des emplacements, évidemment.
  • Si vous retournez le chercheur d’or d’une autre couleur et qu’il est de valeur supérieure à une pépite… bah c’est le joueur concerné qui gagne la pépite. Vous avez bossé pour la concurrence, tant pis.
  • Admettons maintenant que vous retourniez deux pépites. Dans ce cas, les deux sont replacées face cachée. Rien de grave.
  • En revanche si vous retournez deux chasseurs d’or de valeur différente, le plus fort défausse le plus faible, avant de retourner face cachée. Deux chasseurs d’or de valeur égale retournent tous les eux face cachée.
  • Enfin, si vous piochez une dynamite, elle explose et détruit l’autre carte que vous avez piochée (ou que vous allez piocher), quel que soit son type.

Eh oui, vous ne rêvez pas : Gold est bel et bien un mémory avec des effets. C’est-à-dire un Mémory dans lequel la pioche de votre première carte va déterminer votre seconde pioche… ce qui aura parfois des conséquences heureuses., parfois dramatiques.

La dure vie de chercheur d’or…

Mettons-nous en situation, vous allez tout de suite voir le truc.

Admettons que vous retourniez un chercheur d’or de votre couleur. Vous devrez alors faire turbiner votre mémoire pour vous souvenir de l’emplacement d’une pépite de valeur égale ou inférieure, facile.

Mais si vous retournez un chercheur d’or d’une AUTRE couleur, vous devrez alors tenter de retrouver :

  • Une pépite de valeur supérieure (pour qu’il ne puisse pas la prendre)
  • Un chercheur d’or ennemi (pour que l’un fasse fuir l’autre)
  • Une dynamite, pour les sortir tous les deux du jeu.

Le problème est tout aussi vrai si votre première pioche est celle d’une pépite. Il faudra alors partir en quête de l’un de vos chercheurs d’or, d’une autre pépite, ou d’un chercheur d’or trop faible pour qu’il puisse la gagner.

Au début, évidemment, tout est face cachée et on opère totalement à l’aveugle. Mais plus le jeu avance, plus les tuiles se raréfient, et plus votre capacité à vous souvenir où se cache une carte précise pourra faire la différence. Et c’est juste génial.

La ruée vers l’or

Quand il ne reste plus que 10 cartes en jeu, on procède au rush final : chaque joueur ne pioche plus qu’une seule tuile. Si c’est une pépite, elle est gagnée. Si c’est un chercheur d’or ou de la dynamite, ils sont défaussés. Ce final, toujours riche en tension, permettra parfois de faire la différence tant les scores sont souvent rapprochés. 

Une fois la dernière carte prise, chacun fait le décompte de ses pépites. On entame ensuite une seconde manche, afin d’en faire autant que le nombre de joueurs, et de cumuler les scores. À la fin, le plus riche l’emporte.

Disque d’or

Gold est un jeu accessible, rapide, et propose des sensations étonnamment intenses pour un jeu aussi simple. Chaque pioche est une opportunité de marquer des points (ou d’en donner à ses adversaires), ce qui est toujours un moment plein de piquant. Le mécanisme du mémory étant connu de tout le monde, le jeu est largement intergénérationnel et peut facilement se jouer en opposition entre des enfants de 5 ans et leurs grands-parents. Le jeu mixe mémoire et tactique, et il est assez simple de trouver des points forts dans les deux camps.

Une nappe sinon rien

Gold serait-il un jeu sans défaut ? Presque, à un détail près. Pour un jeu jouable par des enfants, les cartes sont un peu trop fines. Certes c’est nécessaire pour que le jeu soit compact, mais cela rend les cartes très compliquées à ramasser si vous jouez à même la table. La seule solution est de jouer sur une nappe, afin de rendre la prise en main des cartes plus simple. Sans ce nécessaire accessoire, les parties seront hélas laborieuses tan,t les marmots galèreront à prendre leurs cartes, allant parfois jusqu’à se lasser de jouer. Si vous avez une table en verre, vous comprendrez votre douleur. Une nappe, donc.

L’avis de Plateau Marmots

S’il arrive trop tard pour être l’incontournable de l’été, Gold a toutes les cartes en main pour être celui de la rentrée, voire de l’année. Basé sur le principe de l’incontournable Mémory, Gold surprend de par sa redoutable accessibilité et sa profondeur de jeu une fois que l’on commence à assimiler les effets de chaque carte. (ce qui prend en gros 20 secondes maximum). Car après quelques rounds d’observation la guerre est vite déclarée : on se fait exploser les uns les autres pour devenir le plus riche, et chaque carte négative devient une pépite en main une fois que vous avez localisé la position d’un adversaire. Bien plus fin qu’on en l’imagine, Gold est une mine (aha ha) de bonnes idées, aussi simple à découvrir que fun à jouer. On le préfère même à Punto, car plus varié et (un peu) plus méchant : un indispensable à avoir sur soi à chaque instant. Bravo !

On aime

  • C’est simple
  • C’est très malin
  • La première carte retournée conditionne la seconde
  • Une revisite très efficace du mémory
  • Les allergiques à la mémoire gardent une chance de gagner
  • Un énorme fun à tout petit prix. 

On aime moins

  • Des cartes un peu fines pour les marmots. 

Le trouver

Chez Philibert
Chez Ludum
Chez Parkage
Chez Magicbazar

Fiche Technique

Un jeu de Reiner knizia
Illustré par Melanie Friedli
Edité par Game Factory
Distribué par Atalia
Pour 2 à 5 joueurs
A partir de 5 – 6 ans. 

 

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