Test – Iquazù

Depuis 2015, Haba élargit son horizon ludique en proposant des jeux pour les marmots de 10 ans et plus. Eh oui ! Nos petits bouts grandissent et les boîtes jaunes qui ont accompagné leurs jeunes années dans le monde des jeux de société risquent de leur paraître «has been» (mais ils y reviendront en secret, ne vous inquiétez pas).

Après Meduris et Odyssée-land, Haba nous transporte cette fois-ci dans un monde fantastique où vous incarnez une tribu de gentils, obligés de dissimuler ses richesses convoitées par des méchants. Et quelle meilleure cachette pourrait-on imagine que les flots tumultueux d’une cascade ?

Iquazù est un jeu de Michael Feldkötter, illustré par Stephanie Böhm et édité chez Haba. Il réunit 2 à 4 joueurs à partir de 10 ans pour des parties d’environ 50 min.

Quand on gemme, on ne compte pas

Posons les choses : Iquazù attire inévitablement l’œil. D’abord par ses magnifiques illustrations qui ne sont pas sans rappeler les personnages du film Avatar, puis par son ingénieux plateau de jeu et son pitch accrocheur. Comme tous les jeux du même acabit, il faudra consacrer quelques minutes au dépunchage-bricolage-lecture avant de pouvoir se lancer dans de bonnes conditions. Les règles, quoique claires et illustrées d’exemples pour en faciliter la compréhension, seront peut-être à garder sous le coude le temps de maîtriser tous les aspects du jeu. Eh oui, il est loin le temps où l’on pouvait se lancer dans la cueillette des fruits du verger sans même lire la règle. Là, on est clairement dans un jeu de « grands ».

Sous la cascade…

La boîte est bien fournie, c’est joli, coloré et de bonne qualité. 

Vous y trouverez:

  • les pièces du plateau à monter : celui-ci représente une somptueuse cascade. Un cadre coulissant symbolise le déplacement d’un dragon d’eau en route pour rejoindre l’autre rive. Grâce a lui, une partie des eaux est stoppée, laissant apparaître un mur de pierre rempli de fissures dans lesquelles les joueurs vont cacher leurs gemmes. C’est beau et astucieux… bref, j’adore!
  • une boîte contenant des gemmes en plastique de 4 couleurs (une couleur par joueur);
  • une boîte avec des gouttes d’eau en bois: ces gouttes agissent en quelque sorte comme un sablier. Comme je le disais, notre ami le dragon d’eau se déplace au sommet de la cascade. Même si sa vitesse ne dépasse pas celle d’un escargot grabataire, il n’en demeure pas moins qu’il avance, permettant ainsi aux flots de reprendre leur course et de cacher à nouveau le mur. Le temps vous est compté !
  • des tuiles bonus qui permettront aux joueurs de récupérer des points supplémentaires et/ou des aides (piocher des cartes, jouer 2 fois…);
  • des cartes de 3 couleurs différentes (bleue, orange et blanche) qui correspondent à la couleur des fissures.

La goutte d’eau qui fait déborder la cascade

Une fois en place sur le plateau, le cadre coulissant laisse apparaître 6 colonnes (numérotées de 1 à 5, la 6ème contenant des tuiles bonus) et 5 lignes formant ainsi un «quadrillage». Une partie se décompose en plusieurs «manches». Chaque manche dure le temps que la 1ère colonne du cadre d’eau soit totalement remplie (par des gemmes et/ou des gouttes d’eau).
À l’issue de chacune de ces manches, les joueurs procèdent à un décompte de leurs points.

Une fois ce décompte intermédiaire réalisé, les joueurs font coulisser le cadre d’une colonne vers la droite recouvrant ainsi la 1ère et découvrant une nouvelle 6ème colonne contenant de nouveaux bonus.

Et ainsi de suite jusqu’à la fin de la partie, c’est à dire lorsque le cadre aura complètement coulissé à droite du plateau.

Gemmes et les holograms

À son tour de jeu, le joueur effectue une action parmi 2 possibles :

  • piocher 4 cartes pour compléter sa main
  • défausser des cartes pour pouvoir poser une gemme sur le plateau. Pour cela, selon la colonne et la couleur de la fissure convoitée, le joueur se débarrasse de 1 ou 5 cartes bleues, orange ou blanches.

Par exemple, avec 4 cartes bleues en main, je peux placer ma gemme dans une fissure bleue de la 4ème colonne.

Les points d’une colonne et les bonus d’une ligne sont attribués aux joueurs dont les gemmes sont majoritaires. Il faut donc placer ses pierres précieuses le plus judicieusement possible.  Cela implique de prendre en compte plusieurs paramètres:

  • les colonnes: elles valent chacune un certain nombre de points. Il faut donc repérer les colonnes les plus intéressantes dans la manche en cours, mais également anticiper sur celles qui apparaîtront lors des suivantes;
  • les lignes: elles permettent de récupérer des tuiles bonus. Celles-ci peuvent apporter des points supplémentaires, mais aussi des aides (rejouer, piocher des cartes, joker qui remplace une carte de n’importe quelle couleur…). Ces tuiles ne comptant pas pour une action, il peut être intéressant de mettre la main sur celles qui vous accorderont des avantages non négligeables et, potentiellement, vous faire basculer vers la victoire;
  • l’action: vaut-il mieux piocher ou défausser des cartes? Compléter sa main signifie que vous ne pouvez pas poser de gemmes avant votre prochain tour. Mais cela peut permettre d’avoir un nombre de cartes suffisant pour placer votre gemme dans une colonne mieux «cotée»;
  • les fissures «VIP»: dans le cas où 2 couleurs de gemmes sont présentes en nombre égal dans une colonne/ligne,  les points reviendront à celle qui occupe le meilleur emplacement ou, du moins, qui s’en approche le plus. Il s’agit des fissures les plus en bas d’une colonne et celles les plus à droite sur une ligne. Ces emplacements sont, bien évidemment, les plus convoités, car ils permettent de faire la différence en cas d’égalité.

Une fois que le dragon d’eau a traversé la cascade, le joueur qui a marqué le plus de points remporte la partie.

L’avis de Plateau Marmots

Iquazù a tout pour plaire et saura vous plaire : un design magnifique, des règles simples, une bonne dose de réflexion et de stratégie qui envoûteront les grands marmots et leurs parents pour de longues minutes. C’est un jeu très complet, où l’on tâtonne volontiers pendant la première partie pour mieux élaborer des tactiques diaboliques très rapidement. La marge de progression sensible, et c’est un régal de jouer contre des adversaires de sa force. 

L’âge annoncé de 10 ans est-il pertinent? Je pense que oui. Certes, la mécanique du jeu n’a rien de complexe (piocher ou déposer une pierre précieuse) et, de ce fait, rend Iquazù facilement accessible. Pour autant, un marmot de 8 ans aura du mal à prendre en compte tous les aspects stratégiques (points des colonnes, bonus en ligne, anticipation…) pour marquer le maximum de points et ainsi espérer remporter la partie. Car, soyons franc, un jeu dans lequel les joueurs ne sont pas égaux face à la victoire n’a rien de plaisant, surtout pour celui dont les chances sont minimes, voire quasi inexistantes. Pour moi, 10 ans c’est bien. En dessous, cela dépendra des expériences ludiques de votre marmot et de ses aptitudes à jouer à ce genre de jeu.

Quoi qu’il en soit, avec Iquazù, Haba s’intègre avec brio  dans le monde des «grands». On attend les suivants avec impatience…

On aime:

  • Un matériel et des illustrations magnifiques
  • Une mécanique simple et efficace
  • Une dimension tactique prenante

On aime moins:

  • Le dépunchage-bricolage-lecture qui prend un peu de temps (mais c’est le jeu, ma pôv’ Lucette!)
  • Moins intuitif que d’autres jeux Haba

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Fiche technique:

Auteur: Michael Feldkötter (Ligretto foot, Labyrinthe Twist, Via Appia, Montego Bay…)
Illustrateur: Stephanie Böhm
Éditeur: Haba
Pour 2 à 4 joueurs
À partir de 10 ans
Durée d’une partie: environ 50 min

Pour aller plus loin:

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