Test – La course farfelue des souris des champs


Et le départ de la course farfelue des souris des champs est lancé ! Nos quatre souris intrépides ont décidé de se lancer dans une course mémorable où elles vont devoir esquiver de nombreux pièges. Laquelle sera la première à atteindre l’arrivée ? Euh… Et d’ailleurs… c’est où, l’arrivée ?

Posons le débat : “l’oie, c’est bon pour les rillettes”

La course farfelue des souris des champs est donc un jeu de parcours pour 2 à 4 joueurs édité par Zoé Yateka. Depuis le lancement de Plateau Marmots, on m’a souvent posé la question du test de ce jeu, et j’avoue que je repoussais encore et toujours le moment de m’y coller. Pourquoi ? Parce que La course farfelue des souris des champs est une revisite du célèbre Jeu de l’oie, et rares sont les jeux qui me gavent autant que le jeu de l’oie (même s’il est maladroit de dire que je suis gavé en parlant d’oies). A l’instar des Petits chevaux ou de la Bataille fermée, le Jeu de l’oie est au jeu de société ce que Vladimir Poutine est à la démocratie : on n’y décide de rien et on subit du début à la fin.

Comment qualifier autrement des jeux dans lesquels on ne décide de rien, de la première à la dernière seconde ? On jette un dé sur un parcours et on applique le résultat, sans jamais avoir la possibilité d’influer sur son destin en cours de partie. Super. Je fais 5, plouf, je tombe dans le puits et je dois attendre que l’on vienne me chercher. Et si par malheur je dois retourner au départ et que je refais par malchance le chiffre de la case du puits, replouf, je vais retomber dedans. L’expérience ne m’aura donc rien appris… Je dois vraiment être con.

Je le reconnais : je me suis souvent demandé si l’engouement pour Le Jeu de l’oie n’est pas le fait de parents blasés, trop heureux de n’avoir aucune règle à apprendre pour jouer à un jeu avec leurs enfants. “Dis papa, comment on joue ?” Bah lance le dé, tu verras bien. Ahaha, t’es encore tombé dans le puits, s’pèce de crétin, trop drôle ce jeu !”.

Bref, à mon sens, Le jeu de l’oie n’est pas un jeu, désolé.

Ah carrément ? Mais c’est quoi un jeu, alors ?

Okay, je sens déjà venir la polémique, alors je vais couper court. Pour moi (et cela n’engage évidemment que moi), un jeu suppose que l’on effectue des actions de jeu. En d’autres termes, c’est un loisir dans lequel on a la possibilité d’infléchir la finalité de la partie au moyen de notre intelligence, de notre mémoire, de notre intuition, de notre adresse, etc. Si vous prenez le bon vieux jeu de cartes de La bataille, par exemple, le vainqueur est décidé dès que les cartes sont mélangées et distribuées. La suite ne sera qu’une suite mathématique que les joueurs doivent subir jusqu’à sa (très) lente conclusion.

Alors quand je constate qu’il y a plus de décisions stratégiques à prendre dans Premier Verger que dans une partie de Jeu de l’oie, ça donne tout de suite le niveau…  Mais là, vous allez me dire que La course farfelue des souris des champs met en scène des souris et pas des oies, et vous aurez carrément raison.

Aussi je vais arrêter de digresser et me lancer dans le test.

Des souris et des oies

La course farfelue des souris des champs est donc un jeu de course / parcours qui propose une revisite (assumée !) du Jeu de l’oie au moyen d’un astucieux système de cases aléatoires. Le parcours n’est donc plus “figé”, mais constitué de tuiles disposées au hasard et face cachée sur les cases du parcours. Concrètement, on ne sait donc pas où les souris vont poser leurs pattes avant qu’elles n’arrivent sur la case et qu’elles retournent la tuile.

Les déplacements sont eux très classiques et effectués au moyen d’un bon vieux dé à 6 faces. Le but du jeu reste le même que celui de la plupart des jeux de course : atteindre l’arrivée avant les autres. Mais là encore une jolie subtilité s’est glissée dans la partie : il y a 4 zones d’arrivées distinctes, plus ou moins faciles à atteindre. Chaque souris en pioche une au départ, qu’elle maintient secrète… et rien ne dit qu’elle la conservera jusqu’à la fin de la partie. On sent donc qu’un réel effort a été effectué pour rompre avec tout risque de monotonie du jeu, ce qui est vraiment un excellent point.

Un matériel plutôt réussi

Dans la boîte, on trouve bien évidemment le plateau de jeu sur lequel on va placer les tuiles d’événements, une trentaine de ces tuiles, et quatre pions “souris”. Si l’ensemble des éléments est cohérent et agréable à l’oeil, j’avoue que je suis moins convaincu par les pions souris. Ces derniers semblent vraiment avoir été très directement inspirés de la silhouette de Mickey Mouse. Vous me direz que Mickey est bel et bien une souris, et là encore vous aurez raison. Mais j’aurais préféré un design s’approchant plus des souris des visuels de la boîte, qui sont elles vraiment mignonnes.

La règle est joliment illustrée et claire, et le jeu est jouable et dès la première lecture. Il sera conseillé de conserver la règle à portée de main pour se souvenir des effets des tuiles au cours de la première partie.

Un détail toutefois sur le matériel : je pense qu’il manque un jeton “Joueur actif” pour assurer la fluidité des parties. Si je me passe volontiers de ce type de jeton dans la plupart des jeux, il est véritablement utile dans La course farfelue des souris des champs, car les déplacements d’une souris peuvent générer des déplacements en cascade chez les autres, et il est toujours bon de se souvenir de l’identité du joueur actif. A défaut, il devra soigneusement conserver le dé devant lui, histoire que personne ne se perde en route.

Autre petit détail qui coince : mon plateau de jeu, une fois déplié, était un peu bancal et ne touchait pas la table sur ses 4 coins. J’ai donc changé de table.

Une course farfelue vraiment farfelue

Le principe de La course farfelue des souris des champs est bel et bien calquée sur le Jeu de l’oie : on lance un dé, on tombe sur une case et on applique l’effet indiqué. Mais ce qui fait ici l’intérêt du jeu, c’est la variété des événements rencontrés et la manière dont ils vont radicalement transformer la partie. Car il y a tout de même une petite quinzaine d’événements différents, qui vont faire appel à votre sens de la stratégie… ou de la mesquinerie. En effet : si certaines tuiles sont très “classiques”, dans le genre “avancez de deux cases” ou “rejouez”, certaines vous invitent à déplacer la souris adverse de votre choix dans un sens ou dans l’autre. Et vous pourrez donc choisir en toute liberté celle de vos concurrentes qui va se prendre un gros méchant piège dans la tronche pour la ralentir un peu… ou pour lui faire recommencer le parcours depuis le début. Ca fait toujours plaisir. Ajoutez à cela la possibilité de déplacer certaines tuiles selon la configuration qui vous semble la plus avantageuse, ou d’échanger votre maison d’arrivée avec celle d’un autre joueur, et vous comprendrez que cela va rapidement être vraiment farfelu.

Euh… C’était à qui de jouer, déjà ?

Chaque tour de jeu risque donc de voir pas mal de mouvements sur l’ensemble du plateau. Bah vi : si vous commencez à déplacer l’un de vos adversaires, il peut fort bien tomber sur une case qui lui permet à lui aussi de déplacer l’un de ses adversaires… et ainsi de suite. D’où l’importance de conserver trace du joueur dont c’était le tour, car il n’est pas impossible qu’une dizaine de mouvements effectués par d’autres joueurs surviennent juste après son lancer de dé.

Cela pourrait rapidement devenir bordélique, mais La course farfelue évite cet écueil au moyen de graphismes simples et d’une lisibilité totale du plateau de jeu à chaque action. Ces dernières sont toujours simples et intuitives et ne soulèvent pas vraiment de question sur leur déroulement. On sent que le jeu est maîtrisé et que la tentation de le transformer en grand n’importe quoi avec des effets plus spectaculaires (mais moins équilibrés) a heureusement été écartée.

Les parties sont donc courtes, mais surtout fluides. Et si l’on enrage souvent, la bonne humeur de ces souris facétieuses sera bien souvent contagieuse.

L’avis de Plateau Marmots

La course farfelue des souris des champs parvient donc à me bluffer, alors que j’étais bien sceptique sur le papier. S’il s’agit incontestablement d’un jeu de l’oie, les décisions prises par le joueur ont une réelle influence sur la partie et déterminent bien souvent qui sera vainqueur. Il faut savoir gérer le hasard, à défaut de pouvoir le contrôler, et progresser intelligemment en évitant de trop attirer l’attention sur soi (et sur son objectif secret).
Agréable à l’oeil, rythmé et amusant, il n’y a donc rien à reprocher à cette jolie revisite d’un grand classique qui vous permettra de vivre de jolies parties. Adultes et enfants y joueront ensemble sans déplaisir et ces derniers se ligueront volontiers pour faire trébucher les plus grands. On conseillera si possible d’y jouer à trois ou quatre afin que le côté imprévisible du parcours farfelu soit à son maximum et que la victoire demeure incertaine jusqu’aux dernières cases. A deux le jeu est tout aussi plaisant, mais un peu moins tactique : de nombreuses cases resteront cachées et on peut moins s’amuser à précipiter les souris adverses dans la gueule du chat 🙂

Dans tous les cas de figure, La course farfelue est une réussite qui vous accompagnera de longues années.

Ca fait plaisir

  • Un parcours aléatoire qui rend chaque partie unique
  • Une action qui reste toujours lisible au milieu du chaos
  • Des coups de crasse jubilatoires dans la possibilité de déplacer les autres
  • Quatre arrivées distinctes, pour un suspense jusqu’au dernier lancer de dé
  • Un jeu de l’oie qui m’a convaincu : un véritable exploit

Ca fait pas plaisir

  • Des pions souris un peu trop Disney
  • Un jeton dédié au joueur actif n’aurait pas été du luxe
  • Un plateau de jeu qui aurait pu être plus plat

Fiche technique

Un jeu de Jean-Luc Renaud
Édité par Zoé Yatéka
Pour 2 à 4 souris
A partir de 5 ans
Durée d’une partie : 15 – 20 mn

Ce jeu est disponible chez Philibert

Pour aller plus loin

 

 

 

 

2 pensées sur “Test – La course farfelue des souris des champs

  • 31 décembre 2017 à 11 h 33 min
    Permalink

    C’est aussi le jeu préféré de mes filles, qui ressort souvent du placard, même des années après sa découverte.
    Au rayon des petites critiques, je rajouterai que la qualité des encres ou vernis des tuiles n’est pas très top. C’est très sympa de vouloir des encres et vernis bio, mais ça tient pas vraiment dans le temps ni à l’épreuve des manipulations des enfants ! Les tuiles deviennent de plus en plus blanches, delavées, notamment celles des maisons. Mais bon.

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  • 15 septembre 2018 à 13 h 59 min
    Permalink

    Un des jeux préférés de mes enfants. On prend du plaisir à y jouer

    Répondre

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