Test – Red Panda

Les pandas géants, c’est mignon. Voire très mignon. Personne ne peut le nier, c’est un fait. Un peu comme les licornes, mais en version beaucoup plus poilue (et moins rose, mais ça, c’est une autre histoire).

De grosses peluches noires et blanches qui dévorent des kilos de bambou, lentement, doucement ; ça en devient presque apaisant de les regarder. Alors tout naturellement, devant tant de douceur et de laisser vivre, on imagine pas une seconde qu’un panda puisse décider, un beau jour, de se mettre au sport. Enfin, autrement qu’au lever de bambou du sol jusqu’à la bouche, entendons nous bien. 

Mais la nature est bien faite… Et, pour équilibrer tout ça, elle a créé les pandas roux.

Les pandas roux, c’est comme des pandas géants mais en beaucoup moins géant, en bien plus roux et surtout, en méga plus énergique. Et pour occuper leurs journées, là où les pandas géants font de longues siestes, les pandas roux, eux ils font du sport. Beaucoup de sport.

Alors quand l’annonce du tournoi annuel de Shaolin, un art martial très en vogue, tomba, les pandas géants poussèrent un grand soupir de désespoir. Mais les pandas roux, eux, tendirent l’oreille, très intéressés par l’idée de pouvoir enfin montrer de quoi ils étaient capables. 

Red Panda est un jeu de Romaric Galonnier, illustré par Derek Laufman et édité chez Morning. Il entrainera 2 à 6 petits (et grands) pandas, de 7 ans et plus dans des parties d’environ 10 minutes.

Au départ, un jeu imprimé.

A la maison, on a beaucoup de jeux. Mais, pendant le confinement, on s’est aperçu qu’on manquait cruellement de petits jeux rapides, qui mettent l’ambiance. Alors, un soir, j’ai pris le taureau par les cornes et j’ai cherché celui qui pourrait combler ce grand vide dans ma ludothèque. Et c’est ainsi que, surfant de pages en pages à la recherche du Graal,  je suis tombée (un peu par hasard je dois l’avouer) sur le Print and Play du jeu Red Panda, qui était mis à disposition gracieusement par Morning. 

Je connaissais déjà l’éditeur que j’avais rencontré il y a quelques années sur un festival ; j’avais tout de suite été charmée par leur univers loufoque, enfantin, et leurs jeux complètement décalés. Mais mon loustic était un tout petit marmot à l’époque et n’était donc pas la cible idéale pour ce type de jeux.

Marmot ayant, depuis, bien grandi, en tant que grande fan des Print & Play, vous pensez-bien que je me suis empressée d’imprimer le jeu pour le tester, toute fière de ma découverte. Bon, je ne ferai pas durer le suspense plus longtemps… ** Spoiler Alert ** sur la suite du test : j’ai tellement adoré Red Panda que j’ai eu aussitôt envie de le découvrir en “vrai de vrai”. C’est donc tout naturellement que le jeu a rejoint ma ludothèque, en version boîte, quelques semaines plus tard. 

Et quelle découverte en ouvrant le colis !

La trousse du parfait ninja.

Red Panda est un tout petit jeu, format presque “poche” (ou tout du moins, sac à main). A l’ère des grosses boites (parfois remplies de vide…) bien souvent nécessaires pour la visibilité, cela peut surprendre, de prime abord.

Au final, un format qui colle au type de jeu et à la durée des parties, c’est plutôt cohérent. Et très malin : on comprend tout de suite que le jeu va se jouer vite et s’apprendre facilement, qu’il ne nécessitera pas 40 minutes de lecture de règles et d’installation de matériel. Ça démarre bien !

Mais, par dessus tout, ce qui frappe à la découverte du jeu, c’est incontestablement le packaging qui est juste Soooooo Cute !

Eh oui : Exit les boites en carton rectangulaires, on tient dans nos mains une jolie trousse en tissu plastifié qui contient tout le nécessaire pour jouer. Et ça en jette un max ! Ajoutez à cela une illustration trop mignonne d’un panda roux en pleine démonstration de Shaolin et hop! On retombe directement en enfance.

Morning a tapé fort ! Les marmots n’ont qu’une envie : vite vite ouvrir la trousse pour découvrir le jeu. A l’intérieur, vous trouvez deux pochettes : l’une contient les 50 cartes de jeu, la seconde, la règle ainsi que la tuile pagode et le jeton d’invisibilité.

Autre belle surprise : le matériel est d’excellente qualité. Les cartes sont très très (TRÈS) épaisses et bien grandes ce qui laisse la part belle aux illustrations.

Même constat pour la tuile pagode et le jeton invisibilité : ne vous faites aucun souci, le matériel résistera sans problème aux mains parfois indélicates des plus petits marmots. C’est assez rare d’avoir un matériel aussi qualitatif dans des jeux de cette gamme de prix et cela mérite vraiment d’être salué. 

L’installation du jeu est enfantine et ne vous prendra que quelques minutes. Installez la tuile pagode au centre de la table et placez le jeton invisibilité en son centre. Mélangez les 50 cartes panda et distribuez-en 10 à chaque joueur, qui les garde en tas, devant lui, face cachée.

Voilà, vous êtes prêts à jouer.

Un, deux, trois… Dix pandas !

Il y a deux façons de gagner à Red Panda : soit vous réussissez à vous débarrasser de vos 10 cartes le premier, soit vous êtes le dernier panda en jeu, une fois tous vos adversaires éliminés du tournoi. Il faudra cependant réitérer l’exploit deux fois car le jeu se joue en deux manches gagnantes.

Concernant la mécanique, elle est également très simple puisqu’il s’agit d’un jeu de Stop ou Encore.

Je pense qu’il est temps de faire un petit quart d’heure psychanalyse : je suis normalement totalement hermétique aux jeux de Stop ou Encore. Ils ont un peu le don de me filer des boutons comme quand on mange trop de chocolat, vous voyez ? Les jeux 100% hasard, où les marmots ont tellement une chance indécente que les parents subissent la partie de bout en bout, les voyant inlassablement retourner ou piocher 150 cartes avant de s’arrêter… Très peu pour moi. Et ces jeux sont proscrits à la maison, au grand désespoir de Marmot.

Mais Red Panda est différent, très différent. Alors, ne fuyez pas, j’ai dit que la mécanique était similaire, pas qu’elle résume tout le jeu. Promis, c’est bien plus fun que ça. 

Lors de son tour, le joueur actif va crier “Kataaaaaa” puis retourner la première carte de sa pioche.

Cette carte représente soit :

  • Un panda d’une couleur donnée (il y en a 5 différentes) qui réalise une figure appelée Kata (chaque couleur représente un Kata différent)
  • Un duo de pandas de 2 couleurs distinctes qui peuvent prendre indifféremment l’une ou l’autre couleur.

Les pandas ainsi dévoilés rejoignent la tuile pagode et sont placés sous la pastille de couleur correspondante. Dans le cas des duos de pandas, le joueur décide s’il place la carte sous l’une ou l’autre des pastilles de couleur, au choix.

Puis c’est au tour du joueur suivant de retourner la première carte de sa pioche. Il la place, à son tour, autour de la tuile Pagode, toujours sous la bonne couleur. Et ainsi de suite.

C’est la danse des pandas…

Je pense que jusque là, je ne fais pas trop rêver … On joue une carte chacun son tour jusqu’à ce qu’un joueur n’en ait plus. Pas très fun sur papier tout ça…. Tss Tss Tss, pas si vite,  je vais arrêter de vous faire mariner dans le jus de bambou et vous expliquer la suite.

Dans Red Panda, le but va être de réaliser des enchainements de Katas. Lorsque les joueurs déposent leurs cartes près de la tuile pagode, elles viennent se superposer aux cartes déjà présentes.

Ainsi, si vous dévoilez un Kata vert et qu’une carte verte était déjà placée sur la tuile pagode, vous la placez par dessus  la première. Cela représente un enchainement de deux Katas verts. 

Mais, si par malheur, une troisième carte Kata verte était mise en jeu, aïe aïe aïe !

Vous réalisez un “enchainement répétitif“. Et comme le jury du tournoi n’aime pas qu’on lui joue trop souvent la même danse, il vous octroie une pénalité. 

Oh rien de bien grave en soi, hein. Vous prenez “juste” le tas de 3 cartes Katas concernées. Puis vous les disposez autour de votre pioche dans un des emplacements libres (au dessus, en dessous et/ou sur un des côtés).

Mais attention, il ne faudrait pas que cela se reproduise trop souvent car vous ne pouvez pas subir plus de pénalités qu’il n’y a d’espaces libres autour de votre pioche.

Du coup, si vous récoltez 5 pénalités au total, la 5 ème ne pouvant être placée, le couperet tombe : vous êtes éliminé du tournoi.

De quoi calmer les élans de confiance de nos marmots, trop souvent tentés de dégainer les cartes sans réfléchir. Et sans s’arrêter. Ah la la , cette jeunesse ! 

L’art de la maîtrise du hasard

Pour les aider à être bien plus raisonnables, Red Panda offre à nos marmots de multiples manières de freiner leur enthousiasme.

Tout d’abord, au lieu de révéler la première carte de la pioche, ils peuvent décider de méditer et de passer leur tour.

Cette action leur coute également une pénalité mais sous la forme, cette fois-ci, d’une seule et unique carte qu’ils choisissent autour de la tuile pagode avant de la placer autour de leur pioche, dans un des emplacements libres.

Un bon moyen de faire dégonfler les piles un peu trop garnies et dangereuses pour la suite de la partie.

Les marmots ne comprendront pas forcément l’intérêt de cette action lors des première parties. L’idée de prendre délibérément une pénalité est assez dérangeante pour eux.

“Pourquoi me pénaliser quand je peux défier le hasard ? Quelle drôle d’idée maman !”

Oui mais voilà, après quelques défaites cuisantes du fait de tirages malheureux dans leur pioche, ils revoient très vite leur position. Certes, c’est reculer pour mieux sauter… Mais, parfois, gagner un tour, n’est ce pas tenter le coup de maître de faire choir l’adversaire avant nous ? Et ça les marmots le comprennent vite, croyez-moi !

Sans compter que si les marmots parviennent à placer une carte Kata de chaque couleur autour de la pagode, ils réalisent un “enchainement parfait“. Le jury applaudit cet exploit et pour les féliciter, il leur offre une récompense.

Ils ont le droit de choisir entre se débarrasser de toutes leurs pénalités (d’un coup d’un seul) en les défaussant ou de rejouer un tour. De quoi inverser la tendance et reprendre le dessus sur le jeu.

Vous entendrez alors déferler une salve de “Yi haaaaa” “Kaya ouhhhhh” “pim poum tchak” , le langage du Marmot qui vient de réaliser le coup du siècle. Avec les gestes qui vont bien, of course ! Le remake de Karaté Kid se jouera là sous vos yeux. Vraiment.

Le pouvoir du Shaolin est en toi, petit panda.

Oh, mais attendez ! Il y a un aspect du jeu que je n’ai pas encore évoqué avec vous. J’ai réussi à garder le suspense jusqu’à la fin **rire démoniaque**. Parce qu’en plus, c’est quand même LA MEILLEURE  partie du jeu, qu’on se le dise !  

Fichu pour fichu, avec nos 4 pénalités devant nous, pourquoi ne pas aller embêter les copains ? Histoire de s’en sortir la tête haute et ramener la coupe à la maison, tant qu’à faire… Tentant hein ?

Bon, allez, je vous le dis ??? Eh oui ! Les cartes Kata ont des pouvoirs ! 

A chaque fois qu’une carte est posée à côté de la tuile pagode, son pouvoir se déclenche. Et ça change tout ! Parce que les effets sont bien sympathiques.

Certains permettent de rejouer immédiatement ou encore de consulter secrètement la première carte de sa pioche. D’autres cartes vous permettront même de copier le pouvoir d’une des autres cartes présentes autour de la tuile pagode.

De multiples moyens pour contrôler le hasard de la pioche et multiplier les coups gagnants. Ou parfois même de freiner le jeu pour ne pas dévoiler LA carte qui vous fera prendre des pénalités.

Mais les effets les plus sympas sont, à mon sens, celui du Kata bleu et du Kata jaune. Le jaune vous permet d’offrir la première carte de votre pioche à un adversaire pour gonfler ses rangs. Combiné au bleu, il peut être redoutable : le bleu vous donne la possibilité de devenir invisible et de passer votre tour sans prendre de pénalités. 

N’oublions pas que Red Panda est une course : il faut se débarrasser de ses cartes le premier ou s’arranger pour faire échouer les adversaires, par tous les moyens.

Et quoi de plus jubilatoire de voir le tas des copains grossir, les voir trembler en retournant leur carte alors qu’on se repose tranquillement sans prendre aucune pénalité ?

Les marmots adorent et comprennent alors que prendre son temps, ne jamais se précipiter, permet d’atteindre plus facilement son but…bien souvent ! Une belle leçon de vie.

L’avis de Plateau Marmots

Sans grande surprise, je vous l’avais déjà dit en début de test, Red Panda est un gros coup de coeur de cette fin d’année en terme de petits jeux.

Entre le contenant qui provoque cet effet Waouh qu’on aime tant, grâce à la petite trousse super bien pensée pour ranger le jeu, le matériel super qualitatif et les règles du jeu assimilées en 5 minutes top chrono, Red Panda est devenu un de nos incontournables dans les jeux qu’on sort en rentrant de l’école.

Red Panda revisite la mécanique du Stop ou Encore à la sauce Shaolin : bye-bye le côté plan plan du “je pioche, je pose”. Ici pas question de ne pas réfléchir un minimum avant d’agir.

Les pouvoirs des cartes Katas sont une vraie belle trouvaille. Ils feront partie intégrante de l’expérience de jeu et il sera impossible de les ignorer tant les marmots en useront et abuseront tout au long de la partie, pour embêter papa et maman. En omettant pas, au passage, d’inventer un cri Ninja pour chacun d’entre eux : folle ambiance garantie autour de la table !

De mon côté, pourtant allergique aux jeux de Stop ou Encore, je dois avouer que Red Panda a eu ce don de mettre tout le monde d’accord : marmots, grands-parents, mari… Dès qu’on le sort, il a le même effet : on fait une partie, puis deux, puis trois, puis dix. C’est drôlement addictif.

Les parties durant rarement plus de 10 minutes, il sort presque quotidiennement. Et plus on y joue, mieux on appréhende les différents pouvoirs. Les marmots deviennent (encore plus?) redoutables, et acceptent bien souvent la défaite sans râler. Parce qu’après tout : “Maman, on en refait une partie, dis dis dis ?”.

Et vous vous surprendrez à accepter de bon coeur, tant ce jeu mignon tout plein est aussi agréable à jouer pour les parents que pour les marmots.

Pour un tout petit prix, plus que largement appréciable au vu de la qualité du jeu, de la mécanique et du matériel, foncez vite vous le procurer. Vous ne le regretterez pas !

On aime :

  • L’univers tout mignon des illustrations
  • L’effet Waouh que provoque l’ouverture de la boite de jeu
  • Le Stop ou Encore revisité qui saura convaincre les parents d’aimer (enfin) ce genre
  • La qualité du matériel
  • L’ambiance que le jeu met autour de la table quand nos marmots se prennent pour des ninjas.

On aime moins :

  • Non vraiment, je ne vois rien.

Les marmots aimeront si :

  • Ils aiment les petits jeux rapides qui permettent d’enchainer les parties
  • Ils aiment les pandas roux (mais comment ne pas aimer les pandas roux ?)

Où le trouver ?

Pour aller plus loin :

Fiche du jeu :

  • Un jeu de Romaric Galonnier
  • Illustré par Derek Laufman
  • Edité chez Morning
  • Pour 2 à 6 petits pandas roux
  • De 7 ans et plus
  • Pour des parties d’environ 10 minutes

 

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