Test – The Game : Le Duel

Que veux-tu que je te dise, gamin ? C’est dans ma nature, j’y peux rien. J’aime bien être dans ton équipe, gamin. Mais je sais que j’aimerai aussi te flinguer dans le dos, au moment propice. Comme ça, tu sais. Sans méchanceté. Tu sais ce qu’on dit, hein, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont une carte chargée, et ceux qui piochent. Bah toi, tu pioches. 

The Game – Le duel est sorti après The Game primé en 2015 au très célèbre prix allemand, le Spiel Des Jahres. Comme son titre l’indique, il est spécifique pour deux joueurs, à partir de 8 ans et une partie ne dépasse pas les 20 minutes.

Petit mais costaud 

The Game – Le duel est une petite boîte contenant deux sets de 60 cartes, numérotées de 1 à 60. Les cartes sont sobres, la boîte n’a pas vraiment d’illustration. C’est du brut de décoffrage, que vous pourriez sans souci reproduire avec un papier, un stylo, et une paire de ciseaux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu ne brille pas par son glamour. Mais c’est peut-être aussi ce qu’il fait son charme : le jeu est tellement sûr de son infaillible mécanique qu’il ne se soucie même pas de son look. La marque des puissants, assurément. 

Rouages anciens mais solides

Chaque joueur prend son set de cartes et pose devant lui les deux cartes constituant sa base : la carte 1 –> 59 et la carte 60 –> 1. Il mélange ensuite les 58 cartes restantes et constitue sa pioche. Il prend 6 cartes en main pour commencer.

A son tour, un joueur doit poser au moins 2 cartes sinon la partie est immédiatement perdue.  Cette condition est requise même lorsque sa pioche est épuisée. Attention, la partie peut donc être très vite écourtée.

Les règles de pose :

  • Sur sa base, un joueur peut poser autant de cartes qu’il le souhaite mais toujours plus grand que le nombre précédent dans sa pile ascendante et toujours plus petit que le nombre précédent dans sa pile descendante.
  • Exception : il peut mettre un nombre plus petit dans sa pile ascendante seulement si ce nombre correspond à la dizaine en-dessous (exemple : si j’ai un 29 sur ma pile ascendante, je peux poser un 19).

A l’inverse, il peut placer un nombre plus grand dans sa pile descendante seulement si ce nombre correspond à la dizaine au-dessus.

Sur la base adverse, il ne peut jouer qu’une seule carte. Elle doit être plus petite sur la pile ascendante et plus grande sur la pile descendante.

Si le joueur a joué uniquement sur ses bases, il pioche alors deux cartes, quel que soit le nombre de cartes jouées. S’il a joué sur la base adverse alors il complète sa main pour avoir 6 cartes en main.

Le vainqueur est le premier à avoir posé la totalité de ses cartes. Attention, celui qui ne peut placer au minimum 2 cartes à son tour de jeu perd immédiatement.

L’avis de Plateau Marmots

Une mécanique vue et revue, des cartes simples et sobres, une boîte des plus classiques, je dois avouer que je n’aurais certainement même pas vu ce jeu dans une boutique. Mais, heureusement mon ludothécaire est là ! Il m’a permis de découvrir ce jeu et malgré son côté « classique » il a un petit goût de reviens -y !

Les parties peuvent parfois être très courtes et frustrantes mais c’est tellement simple d’en relancer une suivante que la frustration part aussi vite qu’elle est venue.

Attention à ne pas être trop gourmand à vouloir jouer ses 6 cartes, il est parfois intéressant de laisser l’autre prendre de l’avance, finir sa pioche mais ne plus pouvoir respecter la règle de pose de deux cartes obligatoires. Ma première partie fut gagnée comme cela, victoire bien plus jubilatoire qu’en finissant ma propre main. Je me suis beaucoup amusée à voir mon adversaire se décomposer petit à petit en comprenant qu’il allait se retrouver bloqué.

Avec les marmots, ils oublieront facilement la petite astuce de la dizaine en-dessous ou au-dessus sur ses bases mais après plusieurs parties le principe sera assimilé.

Ce jeu peut aussi être adapté à encore plus jeune. J’y ai joué avec ma fille de 6 ans en ne mettant que les 30 premières cartes et en enlevant la règle des dizaines. On a donc abordé les nombres par ordre croissant et décroissant, exactement ce qu’elle travaillait en classe. Une fois bien compris et assimilé, on a inclus la règle des dizaines et là encore une autre manière de faire ses devoirs en jouant.

L’original et l’extrême

Je me dois aussi d’écrire quelques lignes sur les autres versions. The Game – Original est un jeu pour 3 à 5 joueurs en mode coopératif. Il y a deux piles ascendantes et deux piles descendantes. On y retrouve exactement les mêmes règles à quelques différences près :

  • On pioche autant de cartes que l’on vient de jouer à chaque tour
  • Une fois sa propre pioche épuisée, on peut jouer une unique carte

Quant à la version extrême, par rapport à l’original, il y a quelques cartes spéciales. 3 pouvoirs sont des cartes à effet immédiat (arrêt immédiat de son tour, jouer exactement 3 cartes, rejouer sur la même pile) et 4 pouvoirs ont un effet jusqu’à ce que cette carte soit recouverte (interdiction du +/- 10 sur une pile, interdiction de se parler, jouer uniquement sur une pile pendant son tour ou ne piocher qu’une seule carte à la fin de son tour).

La version extrême est pour moi un artifice qui est sympathique à jouer de temps en temps mais pas utile de posséder. Le mode duel est certes compétitif mais parfois il est bon de jouer pour gagner !! L’original est attrayant par son mode coopératif et son mode solo.

Posséder l’Original et le Duel dans sa ludothèque personnelle n’est pas une redondance. Chacun a son utilité et on se verra sortir tout autant l’un que l’autre en fonction du nombre de joueurs autour de la table.

Ça fait plaisir

  • Aspect pédagogique indéniable
  • Règles simples
  • Parties courtes
  • Rejouabilité

Ça fait moins plaisir

  • Parti pris graphique qui peut rebuter
  • On aurait aimé l’existence d’un pack réunissant l’original, le duel et l’extrême avec cerise sur le gâteau un prix plus attrayant que d’acheter les trois séparément.

Fiche technique

Un jeu de Steffen Benndorf et Reinhard Staupe
Illustré par Olivier Freudenreich
Edité par Oya
Pour deux joueurs
A partir de 8 ans

Dispo chez Philibert

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.