Test – Blocs Booster

12h32, l’heure de la sieste à la rédaction de Plateau Marmots, juste après la pause royale de 30 minutes qui nous est accordée pour le déjeuner. Tandis que je m’avachis tranquillement dans mon fauteuil après avoir pris soin de fermer la porte du bureau, le rédac’chef ouvre la porte à la volée. “Coco ! J’ai un jeu de rapidité à faire chroniquer ! J’ai tout de suite pensé à toi !”

Un oeil terne s’ouvre péniblement face à l’être lumineux mais survolté qui se tient debout devant mon bureau : “mmmhhhgrummpf ?”

“Oui ! Tu vas voir, c’est top, ça fait appel à ta vision et ton analyse dans l’espace ! Allez Coco, on se motive !”

Toute velléité de sieste totalement envolée, il est temps d’ouvrir la boîte de Blocs Booster et de voir ce qu’elle a dans le ventre. 

Edité par Professeur Puzzle, Blocs Booster s’adresse à 2 à 4 joueurs à partir de 8 ans, pour des parties de 15 minutes.

Blocs Booster comme les chasseurs de fantômes ?

Rien à voir avec Ghostbusters, non. Mais ce que l’on remarque immédiatement en manipulant la boîte de Blocs Booster, c’est qu’elle tinte. Oui oui, comme une sonnette de vélo. Et qu’elle est sacrément lourde pour une boîte de cette taille. Quel est donc ce mystère ? Y aurait-il un mini-vélo fantôme caché dans ce petit jeu ?

La réponse tombe vite : de vélo, point dans la boîte, mais en revanche une belle et grosse sonnette bleue en métal qu’on va tous s’empresser de faire tinter. Si si, c’est obligé par la charte des adultes restés des gosses dans leur tête. Dans ces temps où les buzzers sont plutôt électroniques et en plastique, on salue l’initiative. A cette sonnette s’ajoutent une poignée de formes orange en bois, toutes identiques, 8 par joueur. Des cartes en 4 couleurs présentant des formes variées, quatre petits plateaux joueurs en carton et une règle très sobre qui tient sur un format A4 recto complètent l’ensemble. Le tout tient dans un thermoformage bien pensé et ne se balade donc pas n’importe comment dans la boîte. Ca, ça fait plaisir.

Le matériel est franchement d’excellente facture : on prend plaisir à manipuler les cartes solides, les plateaux sont suffisamment épais, la sonnette est juste magique. Seul petit bémol, les formes en bois sont un chouïa petites et légères, il n’est pas toujours très simple de les manipuler et on a un peu tendance à les faire valdinguer. Ceci étant dit, on peut imaginer, vu le prix du jeu (autour de 15 euros), que des formes plus grandes, et donc des plateaux plus grands, auraient peut-être un peu trop gonflé les coûts.

Ok mais comment on gagne ?

Le principe du jeu est tout à fait simple : à chaque manche, un des joueurs va choisir une pile de couleur de cartes, retourner la carte du dessus du paquet sur sa face forme et tout le monde va tenter de réaliser ladite forme avec ses espèces de L carrés orange en les mettant côte à côte sur son plateau, à plat. Le premier qui a fini a le droit de taper joyeusement sur la sonnette en réveillant tout le monde dans la pièce. Les autres joueurs, suspicieux, peuvent vérifier la réalisation : si le joueur a tout bon, il gagne la carte, sinon, il est piteuseusement disqualifié de la manche et les autres peuvent continuer à essayer. Oui, cela vous rappelle quelque chose, et effectivement, c’est un principe similaire au Tangram, on tente de reproduire une silhouette avec ses blocs, l’élément de rapidité en plus.

Chaque couleur de carte correspond à un nombre de blocs à utiliser, 4, 6, 8 en passant par les cartes noires, pour lesquelles on ne sait pas combien de blocs seront utilisés. Le joueur qui fait le choix de la couleur en début de manche peut donc parfaitement moduler la difficulté de la manche. De la rapidité pure sur les formes les plus simples à 4 blocs au mystère des formes au nombre de blocs inconnu.

Le premier joueur à réunir 10 cartes remporte la partie.

Rapidité et brise-neurones

Vous l’aurez compris, Blocs Booster fait absolument appel à votre esprit d’analyse et de découpage et ceux qui disposent d’une bonne représentation spatiale et de capacité d’abstraction seront tout à fait favorisés. Si vous voulez gagner, vous n’aurez de toute façon pas le temps de tâtonner. On est donc sur un jeu de compétence pure. La prime ira au cerveau et aux mains les plus agiles.

Cependant, l’idée maîtresse du jeu est de permettre aux joueurs de choisir tour à tour un niveau de difficulté. Car au cours de la partie, vous allez peut-être remarquer que si Jean-Kévin est super fort sur les cartes à 4 blocs et vous tond systématiquement grâce à l’agilité de ses petits doigts d’enfant, sur les cartes à 8 ou mystère, l’avantage est plutôt de votre côté pour la vision plus globale. Et tandis que Jean-Kévin choisira plutôt les petites cartes à son tour, vous prendrez les plus complexes. Ou l’inverse.

Bien que nous n’ayons pas de diplôme en neurosciences, on devine que les différentes cartes font appel à des compétences légèrement différentes et la stratégie du jeu pourra consister à découvrir quel est votre point fort en la matière. Ou du moins lequel est votre moins pire. Enfin, vous avez compris.

Dans tous les cas, rien ne vous empêche de moduler la difficulté du jeu, de déplacer à votre guise le curseur vers plus de vitesse sur les cartes simples et plus d’analyse sur les cartes plus complexes. Cela permet aussi d’adapter le jeu pour des joueurs plus jeunes.

Côté adaptation de la durée, avec son objectif de 10 cartes pour gagner, le jeu peut paraître un peu long, à force. Nous l’avons donc d’emblée réduit à 7, surtout si les joueurs autour de la table sont de force similaire et se partagent donc les cartes.

Et pour l’âge des marmots ?

Blocs Booster est manifestement un jeu qui s’adresse aux plus grands, mais qui peut être joué par des plus jeunes. Très abstrait dans sa présentation toute en carrés, le design du jeu ne laisse de toute façon pas planer de doute, surtout quand les diverses mains sur la couverture sont des mains adultes. Pour autant, il n’est pas impossible que vos marmots y jouent seuls, après quelques premières parties avec des adultes. Et le plaisir de taper sur la petite sonnette n’y sera pas pour rien. Vous pourrez d’ailleurs adapter la difficulté du jeu en choisissant seulement certains paquets de cartes en fonction du public. Il y en a suffisamment pour qu’on ne tourne pas trop en rond. Sauf les noires. Il n’y a pas beaucoup de cartes noires, elles sont donc à utiliser avec modération.

Dans la mesure où il s’agit d’un jeu de compétence pure, et de rapidité, nous avons tendance à recommander de former des groupes de force similaire pour ne laisser personne sur le bas-côté, mais vous pourriez être tout à fait surpris par vos marmots en la matière. Donc, à tester !

Au final, pour les premières parties, nous vous conseillons de jouer avec vos marmots et de privilégier les cartes plus simples à réaliser, pour juger de leurs capacités. Puis, quand vous en aurez marre de sursauter en entendant le bruit de la sonnette pendant que vous vous concentrez  encore sur votre ouvrage, vous pourrez passer aux cartes plus compliquées, pour les vrais, les purs, les durs.

L’avis de Plateau Marmots

Dans Blocs Booster, point de petite histoire gentillette ou de mise en contexte. On va se mesurer de cerveau à cerveau et de mains à mains. Il va de soi que du coup, le jeu ne s’adresse pas aux plus petits marmots ou aux escargots ramollos. On est clairement dans le challenge et la compétition toute nue, sans aucune interaction méchante, bien sûr, puisque chacun joue dans son coin. Pour autant, du fait de la simplicité de ses règles, il est facile de rentrer dans le jeu et la récompense, le petit coup de sonnette qui interrompt les autres en plein milieu de leur ouvrage, vaut toutes les victoires un peu vachardes.

Avec Blocs Booster, vous pourrez vivre toutes les mêmes sensations qu’avec les autres jeux de rapidité, le stress, le palpitant qui monte à 140, le choc de la sonnette qui retentit, le fait de devoir vite se remettre d’aplomb et réfléchir à quelle couleur vous allez choisir à votre tour. Le jeu alterne donc réflexion intense, manipulation et adresse, puis déception cuisante ou joie sadique de sonner le ding fatidique, et pour finir pensée stratégique puis rebelote. Les parties sont rythmées et s’enchaînent facilement, mais seront probablement un peu répétitives à la longue. Nous conseillons donc d’aménager des temps de pause, pour faire redescendre votre rythme cardiaque et passer un peu à autre chose. Pour ne pas vous lasser.

Et on ne va pas se mentir, il y aura des réfractaires. C’est sûr. De ceux qui ne pourront pas aller au-delà des 4 blocs, parce que leur cerveau n’est juste pas calibré comme ça, ou qui seront trop lents. Il faut le savoir et ne pas être déçu si ça arrive, car vous n’y pouvez rien. Il faudra leur proposer un autre jeu. Ou de jouer en orange pendant que les autres jouent en bleu ou noir, même si cela dénature un peu le principe.

Au final, Blocs Booster est un jeu un tout petit peu exigeant mais qui se révèle franchement fun, sous des dehors un peu austères de test de QI. On apprécie d’y jouer en famille, avec des ados ou des 8-10 ans en adaptant la difficulté et on adore littéralement et totalement puérilement faire tinter la sonnette.

Nous, à la rédaction, on a prévu d’y jouer d’une autre manière, dans les soirées off des festivals pour mesurer notre résistance aux cocktails. Et là, je vous garantis qu’on va bien rigoler.

On aime

  • La sonnette
  • Se triturer le neurone

On aime moins

  • Les pièces sont un peu petites
  • Le design est un peu austère

Votre marmot aimera si

  • Il aime les jeux de rapidité
  • Il a déjà des capacités d’abstraction et de réflexion dans l’espace
  • Il se fiche de l’habillage des jeux

Le trouver

Fiche Technique

  • Edité par Professeur Puzzle
  • A partir de 8 ans
  • Pour 2 à 4 joueurs
  • Parties de 15 minutes

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