Test – Fish Club

Dans les eaux bleutées d’un aquarium, deux bancs de poissons se défient pour savoir qui parviendra à rassembler 5 poissons en premier. Aussitôt dit, aussitôt fait, les deux camps plongent et replongent pour se regrouper… Mais gare aux hippocampes, étoiles de mer et autres coquillages, qui risquent fort de venir vous embêter !

Fish Club est un jeu de David Wexler, illustré par Simon Douchy et édité par Blue Orange. Il réunit 2 joueurs de 5 ans et plus.  

Les petits poissons dans l’eaaaaaaaaaaau

Fish Club est un jeu étonnant qui fait passer les joueurs par plusieurs états successifs. États que nous allons bien évidemment détailler dans les lignes qui suivent. Mais sachez déjà que son matériel, forcément un peu atypique, saura vous attirer l’œil dès que vous le verrez installé. Le jeu se compose en effet d’un plateau vertical qui évoque un aquarium (ou le fond d’un océan pour les plus imaginatifs). Le plateau, composé de deux parties en plastique, est transparent d’un côté, et permet d’y insérer des petits poissons en plastique, un peu comme un Puissance 4. Le jeu est mis en place en 15 secondes chrono, le temps de répartir les pions entre chaque joueur, ce qui est appréciable en cas d’urgence ludique. Comptez 15 secondes de plus pour lire la règle. Grand max.

Le but du jeu, c’est de faire en sorte que 5 poissons de votre couleur se touchent, afin de créer une série. Oui, un peu comme au Puissance 4, aussi. Mais ici vous disposez également de pions « obstacles » pour ralentir votre adversaire dans sa progression. Allez-vous jouer un poisson de votre couleur, ou tenter de diviser le banc de poissons adverse avec un hippocampe bien placé ?

Aquarium pour nos petibonum

Chaque joueur joue à tour de rôle en faisant glisser un poisson OU une créature marine dans l’aquarium. Vous aurez en effet toujours le choix : construire votre banc de poissons OU tenter de freiner la progression de l’adversaire.

Pour être honnêtes, quand on voit le jeu pour la première fois, on se dit : « bof, c’est un jeu de connexion pas folichon ». Sa seule originalité vient du fait qu’il n’y a pas de rails pour guider les pions sur telle ou telle colonne. Et puis, pour voir, on prend un poisson, on le lâche, et on comprend aussitôt l’intérêt de Fish Club. En effet, le poisson rebondit dans l’aquarium, en tout cas largement plus qu’on ne l’aurait imaginé de prime abord. Et il est bien difficile de deviner où il va atterrir au final, surtout dans les premiers tours de jeux, quand l’aquarium est vide.

La forme de l’aquarium est en effet calculée pour permettre au poisson de rebondir un peu comme bon lui semble avant de s’arrêter. Et on comprend, du coup, l’intérêt du jeu. Car il ne s’agit pas seulement d’un jeu tactique, mais aussi d’un jeu d’adresse à l’ancienne.

Les premières parties, à ce titre, sont particulièrement plaisantes. Les poissons rebondissent facilement, mais les obstacles sont plutôt stables. Jouer ces derniers permet de casser la dynamique adverse quitte à sacrifier l’un de ses tours de jeu.

C’est amusant, rythmé, et les parties s’enchainent très volontiers.

La solitude des grands fonds

Rapidement toutefois, on ressent les limites du jeu. Nous ne sommes pas au fin fond de l’Atlantique, mais au fond d’un petit bocal, et le jeu a tendance à devenir redondant. D’une part, la limite de 5 poissons connectés est assez vite atteinte, avec ou sans obstacles. Et ces derniers ne sont souvent pas assez bloquants pour empêcher totalement des poissons de se toucher. Il faut vraiment être très précis avec les lâchers d’obstacles pour les rendre efficaces, une précision que les enfants de 5 – 8 ans ne possèdent guère. Donc ils balancent leurs poissons un peu au pif… et gagnent quand même, car la stratégie de toujours jouer les poissons est quand même très payante, au final. C’est un peu frustrant !

On enchaîne des parties, rapides et fun, mais le jeu devient tout de même vite lassant. Et du coup,  on le range assez vite.  

La revanche d’octobre rouge

Mais on le ressort. Plus vite qu’on ne le pense. Parce que c’est rapide et fun. Et parce que c’est vraiment rigolo de voir les poissons sautiller. Et on se surprend à gagner, même en bloquant l’adversaire. Car on commence, intuitivement, à comprendre la dynamique des formes, leurs rebonds potentiels. Et le duel redevient alors palpitant, là où l’on craignait une lassitude inévitable.

C’est ce qui est amusant avec ce jeu, il propose une (petite) marge de progression là où on le pensait figé. Rien de fou, évidemment, mais tout de même. Certaines parties (pas toutes !) seront bien plus disputées qu’on ne le pense de prime abord, quand on comprendra enfin l’intérêt de certains jetons, qu’il faudra placer de manière chirurgicale pour enquiquiner l’adversaire.

La pêche miraculeuse ?

Le fun est au rendez-vous, pas de doute, mais ce sera plus ou moins prononcé en fonction de votre adversaire. Jouez avec quelqu’un qui bourrine ses poissons sans réfléchir va vous gonfler, de la même manière que vous seriez saoulés de déguster votre Fugu à l’huile de jasmin parfumé au natto à côté de quelqu’un qui scrounche scrounche son Mc Fish et ses frites mayo… et qui y prend plus de plaisir que vous !

Mais jouez avec quelqu’un qui va chercher à produire des effets, vous bloquer, et tenter des « jolis coups » plutôt que la gagne automatique est prometteur de belles parties, oui.  

Mais attention à ne pas prendre le jeu au sérieux ! Fish Club a ceci de frustrant que la maîtrise de l’environnement ne fait pas de vous un vainqueur. Votre adversaire aura tôt fait de disperser votre poiscaille en lâchant son pion au hasard. Et vous vous étranglerez alors sur votre arete. Le jeu sera rangé à nouveau. Puis ressorti. Parce que c’est rigolo, faut avouer.Et la mise en place instantanée, c’est toujours fun quand on ne sait pas à quoi jouer.  

Une variante, avec du citron ?

Comme les marmots de 5 – 6 ans n’utilisent pas (ou très peu) les obstacles, on a décidé de les rendre obligatoires, pour voir. À chaque tour de jeu, chaque joueur envoie DEUX jetons, un poisson de sa couleur ET un jeton coquillage (dans l’ordre de son choix). Ben figurez-vous que cette petite variante fonctionne bien et complexifie le jeu en douceur, pour des parties plus tactiques que jamais. À réserver aux plus grands, évidemment, mais c’est vraiment rigolo à jouer.

L’avis de Plateau marmots

Fish Club est un petit jeu d’alignement/adresse de type « Puissance 4 »,  sans autre réelle prétention que de déclencher du fun immédiat. De ce point de vue, pari réussi, avec un comportement erratique des poissons qui fait tout le sel (marin) du jeu. Après, soyons clairs, c’est un jeu que vous allez ressortir souvent, mais pour de toutes petites sessions de 15 minutes grand maximum, le temps de faire 5 ou 6 parties. Cette extrême simplicité (avec un peu de fouillis aléatoiresque au moment du lancer) fait clairement le fun du jeu, qui doit son charme à une réalisation au top et à un plaisir instantané. Les plus acharnés tenteront de calculer les trajectoires des poissons en posant des équations (plus l’objet tombe de haut, plus il va rebondir, en gros), mais passeront sans doute à côté du fun de ce petit jeu surprenant et plutôt séduisant… à condition de ne pas en attendre une pêche miraculeuse. Bref c’est sympa et ça marchera très bien pendant les anniversaires et avant le repas du soir… et c’est déjà pas si mal !

On aime

  • Fun immédiat
  • Les poissons qui sautillent
  • Tenter de bloquer l’adversaire
  • Réussir des trick shots
  • Le ressortir souvent pour des micro sessions

On aime moins

  • Perdre contre des gamins qui font n’importe quoi 🙂
  • A réserver à des petites sessions de jeu

Pour aller plus loin

Le trouver

Fiche Technique

Fish Club est un jeu de David Wexler
Illustré par Simon Douchy
Edité par Blue Orange
Pour 2 joueurs
A partir de 5 ans.  

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