Test – Mapigami

Les explorateurs, pirates et aventuriers de tout poil sont en alerte : des trésors ont été signalés un peu partout sur les 7 mers ! À vos embarcations matelots ! Caravelles, frégates, et Clippers ont hissé la grand-voile pour partir à la chasse au trésor ! Comment cela ? Le GPS est en panne ? Aucune importance : une carte de l’océan fera bien l’affaire. Il suffira de ne pas perdre votre trajectoire de vue, voilà tout. Vous allez devenir riches : ça ne fait pas un pli. Enfin si, justement !

Mapigami est un puzzle game de Nicholas Cravotta, illustré par Marc Chouinard et Stivo. Destiné à 1 joueur, il est édité par Blue Orange.

Labyrinthe à géométrie variable

Mapigami est donc un puzzle game qui contient 30 exercices, représentés par des cartes au trésor. À l’ouverture de la boîte, on est d’emblée séduit par l’aspect piratesque de l’ensemble, avec 30 plans au look parchemin et un stylet. Ce dernier semble tout à fait superflu dans les premières traversées, et totalement indispensable dès le dixième trésor à rejoindre. On vous expliquera pourquoi un peu plus bas.

Si on aurait pu rêver d’une enveloppe cachetée pour renforcer l’immersion, ce petit puzzle game bénéficie d’une présentation simple mais soignée, et la règle est parfaitement limpide. Aucun souci pour se lancer à l’aventure, et absolument partout. Mapigami, en effet, est un véritable tout terrain du puzzle game : vous pourrez y jouer quasiment partout et en toute circonstance, sauf peut être dans un métro totalement bondé ou dans un navire en pleine tempête. Et encore.

La crique du capitaine !

Pour partir à l’aventure, il faut donc se munir d’une carte au trésor (numérotée de 1 à 30 par ordre croissant de hardcoritude) et du stylet. Le but du jeu consiste à relier le point de départ (bateau) au point d’arrivée (pognon). Comme dans les célèbres jeux de labyrinthes de votre enfance, il faudra donc suivre de multiples routes riches en méandres pour parvenir à trouver celle qui vous mènera à la richesse.

Alors zou, on prend le stylet, on pointe sur son bateau, et on suit le chemin. Facile !

Facile, oui. Sauf qu’en agissant de la sorte, vous ne trouverez rien d’autre que des fausses pistes. Pourquoi ? Parce que chaque carte au trésor est munie de deux (parfois trois, voire quatre !) rabats qui se replient et se superposent, proposant ainsi de nouvelles trajectoires. En jouant un peu avec la carte et les rabats repliés, vous arriverez à créer un chemin, étape par étape, qui vous conduira au trésor.

Vous pouvez plier et déplier les rabats comme bon vous semble, mais il y a une règle aussi stricte qu’incontournable : vous ne pouvez jamais jamais jamais faire demi-tour et revenir sur vos pas. Les aventuriers vont de l’avant, pardi !

Votre chemin passera toujours près de points emblématiques (kraken, épave, village…) qui vous aideront à vous repérer dans les niveaux de difficulté supérieurs. Et si jamais vous séchez, la solution du problème se trouve au dos d’une autre carte (dont le numéro est indiqué sur la vôtre), afin d’éviter tout spoil malencontreux en jouant avec les rabats.

Un stylet utile ? 

Au début on se dit « à quoi bon un stylet, c’est super facile ! ». Et puis progressivement, vous arrivez sur des niveaux qui vont vous donner un peu plus de mal à suivre votre trajectoire, tant les lignes commencent à se croiser et se mélanger. Donc oui, le stylet est supra important pour ne pas vous retrouver à suivre bêtement la ligne d’à côté. Surtout qu’à force de plier et de replier les rabats, vous aurez tôt fait de vous paumer si vous ne faites pas une halte salutaire avec votre stylet. Contraints à vous déplacer vers l’avant, vous allez vous amuser à suivre la ligne, voir qu’elle se dirige vers un cul-de-sac, tenter de rabattre un côté pour voir où ce nouveau chemin vous mène, jusqu’à ce que vous arriviez à trouver le fil (unique !) qui vous conduira au trésor. Comme tout puzzle game, chaque étape franchie est un rush d’adrénaline qui vous fera sentir la personne la plus intelligente au monde… jusqu’à ce que vous découvriez l’exercice suivant, évidemment.

Une difficulté au rendez-vous

Parce que figurez-vous que l’aventure va rapidement prendre de l’ampleur, à tel point que vous serez tentés, sur les derniers voyages, de noter scrupuleusement les étapes traversées pour éliminer petit à petit les trajets qui ne mènent nulle part. La fin est vraiment coton, du genre à s’énerver un bon coup, poser la feuille et se dire qu’on reprendra la mer un autre jour.

Mais on y revient, toujours, car l’originalité est là et le plaisir de jeu est réel. C’est basique, mais addictif, et on se surprend toujours à voir repartir à l’aventure, même si on cale depuis 3 jours sur un même exercice. Ce jeu est terriblement accrocheur, et on se régale de se perdre en pleine mer en attendant d’avoir une inspiration de génie pour de jolies sessions de jeu sur le trajet du boulot ou au calme pendant la pause déj’.

Les marmots, un peu à quai ?

À la lecture de ce qui précède, vous en aurez peut-être déduit que les enfants ne sont pas la première cible de ce jeu. Eh bien vous aurez totalement raison. Mapigami est un 8+, mais surtout c’est un jeu qui monte en gamme assez rapidement. Si les marmots pourront sans doute pratiquer les 10 – 15 premiers exercices, les 15 derniers, et surtout les 5 derniers, sont largement assez costauds pour en devenir indigestes. Certains enfants s’accrocheront sans doute, et résoudront la totale au grand désespoir de leurs parents toujours coincés au niveau 3, mais la plupart auront hissé le drapeau blanc, saoulés par tous ces chemins pirates qui ne mènent hélas pas tous au Rhum.

Pour dire les choses autrement : Mapigami est un jeu que l’on achète pour soi et auquel on laisse jouer les marmots, plutôt que l’inverse. Ça n’en fait pas un mauvais jeu, tant s’en faut, mais le challenge est assez corsé, et les épreuves sont (de par nature) répétitives. Pas forcément pour des marmots qui se voyaient déjà partir à l’abordage, donc.   

L’avis de Plateau Marmots

Mapigami est à la fois original et bien réalisé, et vous embarque dans la grande aventure de l’orientation maritime. Déclinaison savoureuse des bons vieux labyrinthes d’autrefois, il permet de prendre le large en tout lieu et toute circonstance, tant le jeu est transportable et facile à sortir.

Si le jeu semble trop simple dans ses premières traversées, c’est juste pour vous mettre à l’aise. Vous allez certes  commencer par faire un peu de cabotage entre Saint-Tropez et Sainte-Maxime, mais bien vite vous allez vite découvrir les joies de l’aventure, la vraie, façon Saint-Malo – Pointe-à-Pitre (en passant par Reykjavik et Sydney).

A moins qu’ils ne soient férus de casse-tête alambiqués, ne comptez donc pas trop sur l’intérêt des marmots pour la traversée, en tout cas pour les dernières étapes, corsées comme des corsaires. L’originalité de Mapigami fait clairement plaisir, et sa durée de vie est finalement fort respectable, mais c’est clairement un jeu que l’on réservera aux plus grands pour éviter les frustrations inutiles et les cartes au trésor déchirées en mille morceaux sous le coup de la colère : ce serait dommage. Mapigami s’adresse donc à ceux qui veulent prendre leur temps et jouer, cartographes sereins à côté d’une bonne tasse de thé, et loin de la furie joviale des Jack Sparrow bondissants, qui risquent d’y trouver le temps long.

On aime

Un puzzle game original
Pas très cher au vu de la durée de vie
Bonne durée de vie si on accroche au concept
Assez addictif

On aime moins

Un jeu à réserver aux fans de casse-tête
Forcément très répétitif

Le trouver

Chez Philibert
Sur Amazon

Fiche Technique

Un jeu de Nicholas Cravotta
Illustré par Marc Chouinard et Stivo.
Pour 1 joueur
A partir de 8 ans
Edité par Blue Orange.

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