Test – Le Roi Sommeil

La famille royale, sans doute fatiguée d’accueillir un énième héritier dans ses rangs, décide d’aller faire dodo dans des lits séparés. Oui, mais voilà : un fantôme malicieux ne cesse d’aller et venir dans la chambre, provoquant désordre et effroi. Tous les dormeurs, effrayés, se précipitent alors sous la couverture. Comment savoir qui dort où, et habillé comment ? En faisant appel à sa mémoire, bien sûr !

Le Roi Sommeil est un jeu d’observation et de mémoire signé Dirk Andreas Taube et édité par Logis et Gigamic. C’est un jeu pour 2 à 5 joueurs, à partir de 3 ans.

Une somptueuse chambre à coucher !

Ce qui frappe à l’ouverture du Roi Sommeil, c’est la très grande qualité du matériel. Il se compose de 5 lits en carton, de jetons, de cartes (très agréables au toucher) et d’une petite couverture en feutrine. L’ensemble est vraiment génial à manipuler et à jouer, et on s’amuse volontiers à mettre les cartes sur leurs lits avant même la première partie.

Pour être plus précis, le jeu se compose de 50 cartes, décomposées en de multiples variantes de couleur des mêmes personnages : Roi, Reine, Princesse, Chambellan, Chien, tous vêtus au gré des cartes en blanc, rouge, jaune ou bleu. Vous trouverez également des cartes bouffon et Fantôme, mais bon, eux sont toujours habillés pareil. Les jetons, quant à eux, sont recto verso : pièce d’or d’un côté et élément de jeu de l’autre (personnage ou couleur). Vous trouverez également quelques jetons « jokers », utilisés pour corser la difficulté quand le besoin s’en fait ressentir.

Vraiment, le matériel est à la fois simple et très bien foutu. J’ignore quel nom on donne à ce toucher aussi agréable des cartes, mais c’est clairement quelque chose que j’aimerais retrouver plus souvent.

La règle, pour finir, est très claire. Elle aurait certes mérité quelques pages en plus, pour se donner un peu d’air, mais elle fait néanmoins le job. Le truc, comme vous allez le voir, c’est que le jeu propose tellement d’options que cela prend forcément de la place.  

Il est l’or d’aller au dodo !

Eh oui : Le Roi Sommeil est un jeu totalement paramétrable en termes de difficulté. Mais tous les modes de jeu, évidemment, reposent sur la même base : observation et mémoire.

Le principe est le suivant : les lits sont alignés au centre du jeu. On en mettra 3 pour le jeu facile, puis 4, puis 5 pour monter en puissance. À proximité des lits, on dispose la couverture et l’ensemble des cartes, qui serviront de pioche. Les jetons sont placés non loin de là, face pièce visible. Pour les premières parties, on s’abstiendra de jouer avec les jokers, qui seront laissés dans la boîte.

C’est à peu près tout, mais on prendra soin de bien bien bien mélanger les cartes avant le début de la partie : c’est vraiment important pour le plaisir de jeu. Vraiment.

Ronde nocturne

Le principe commun à tous les niveaux de difficulté est le suivant…

Le premier joueur pioche une carte. S’il s’agit de la Reine, du Chien, de la Princesse, du Roi ou Chambellan, il dépose la carte sur le lit le plus à droite. Le joueur suivant pioche à son tour. S’il tire un autre personnage, il le place dans le lit d’à côté. Si c’est le même personnage, habillé de la même couleur ou d’une autre couleur, il le place au-dessus de la carte déjà posée.

Les lits vont donc peu à peu se remplir de personnages, qui vont changer de couleur de fringues très régulièrement. Et il va falloir essayer de retenir à la fois leur position, ainsi que leur tenue vestimentaire…

Et vous voyez de suite où je veux en venir.

Bouuuh, je suis le fantôme ! (Qui l’a vu™)

Immanquablement, vous allez finir par piocher un fantôme. Il y en a 7 dans le deck, donc ça va fatalement vous tomber sur le coin de la couette. Le joueur qui pioche un fantôme, donc, hurle soudain : « Booooooh ». Se faisant, le joueur qui tient la couverture se précipite et la place le plus rapidement possible sur les lits.

Chaque joueur pioche ensuite un jeton et le retourne.

  • S’il s’agit du portrait d’un personnage, le joueur devra placer le jeton devant le lit (désormais caché par la couverture) où il pense que le personnage correspondant dort.
  • S’il s’agit d’une couleur, vous l’aurez compris, il faudra placer le jeton devant un lit dans lequel dort un personnage vêtu de cette couleur.
  • Si vous pensez que ce personnage n’est pas sous la couverture et/ou que personne ne porte des habits de la couleur que vous avez piochée, vous gardez le jeton devant vous.

Hééééééé ouiiiiii, il faut donc se souvenir avec précision de qui dort où, et habillé comment. Rien d’insurmontable avec 3 ou 4 lits, mais déjà plus délicat si vous jouez avec les 5 lits (et donc les 5 personnages).

Mais le chambellan, il dort pas avec la princesse, du coup ?

Une fois que tous les jetons ont été placés, hop, on enlève la couverture. Si vous aviez raison, bling bling bling, vous gardez le jeton, et le retournez côté pièce devant vous. Sinon, tant pis, vous le perdez et il est défaussé.

Ensuite, on reprend la pioche là où on l’avait laissée, jusqu’à ce que les 7 fantômes aient été piochés. Après la résolution du 7e fantôme, la partie est terminée. À ce moment-là, chacun fera le compte des pièces gagnées.

Ivre de joie et béni par les dieux, le vainqueur aura le droit d’attaquer l’Italie, l’Angleterre, et d’aller fricoter avec Mazarin et La Montespan.

Mon lit a bougé, j’vous dis !

La difficulté du Roi Sommeil est, on l’a dit, totalement paramétrable, ce qui en fait l’un des jeux les plus tout-terrain que l’on puisse imaginer, totalement fun à jouer quel que soit l’âge des participants.

Bon déjà, le nombre de lits. Vous partez avec 3 lits (et 3 personnages) et évoluez tranquillou vers 4, puis 5. Ensuite, dès que vous vous sentez en confiance, vous pourrez appliquer la règle du mouvement des lits. L’idée, voyez-vous, c’est qu’à chaque nouveau personnage qui vienne se coucher, vous décaliez son lit pour qu’il soit le plus à droite possible.

Bref, les lits vont beaucoup bouger tout au long de la partie, vous forçant à suivre le mouvement perpétuel de ses endormis voyageurs.

Et ça va bien vous compliquer la vie, croyez-moi !

Y’a quoi sur la une ? Encore ce bouffon ?

Puisque c’est encore trop simple pour vous, montons encore un peu la difficulté. Votre pioche contient 3 cartes bouffons. Ce qui est cool avec le bouffon, c’est qu’il ne change pas de fringues et ne va pas au lit. Ce qui est plus pénible, en revanche, c’est qu’il aime distraire la cour. Et donc, tout le monde de lève et quitte le lit quand un bouffon est pioché.   

En termes de jeu, c’est un grand reset de la partie : tous les lits occupés sont vidés de leurs occupants et les cartes défaussées.

Il faut donc tout réapprendre depuis le début. Vivi.

Coz’ i’m a joker, i’m a smoker…

Et si vous voulez ENCORE pimenter les choses, vous pourrez alors jouer avec les jetons joker. Chaque joueur en possède un, placé en permanence devant lui. Lorsqu’un fantôme survient, au moment de placer votre jeton devant un lit, vous pouvez l’accompagner du jeton Joker. Si vous avez raison, vous doublez la mise. Sinon, vous devrez vous acquitter d’un jeton supplémentaire.

À vous de savoir si le risque en vaut la chandelle.

L’avis de Plateau Marmots

Franchement, que l’on soit adulte ou enfant, on s’éclate avec le Roi Sommeil. S’il est forcément trop sage pour les premières parties, on prend vite le pli de doser la difficulté et de monter en gamme, surtout avec les plus grands des marmots. Alors à 3 ans on est en mode pépère, mais vers 5 ou 6 ans, ça bouge comme une partie de bonneteau et les plus grands seront (comme souvent) blasés par la mémoire photographique des petits. Bref, ce Roi Sommeil est fun, très fun, et le matériel est irréprochable. Peut-être que la couverture en feutrine vieillira un peu à force d’être manipulée, okay, mais franchement c’est peanuts à remplacer. Je me demande même si Logis et Gigamic n’en ont pas fait des réserves pour voir le coup venir.

Bref, c’est un coup de cœur, pur et simple. On apprécie l’évidence de ce jeu et le plaisir qu’il apporte aux marmots, quel que soit leur âge. Le jeu est soigné, efficace. Une future valeur sûre, à n’en pas douter. Du matériel dont on fait les prix, tout bêtement.  

On aime

  • Un jeu d’observation mémoire fun à tout-âge
  • Rythmé, varié, complet
  • Un matériel simple et réussi
  • Une difficulté totalement paramétrable

On aime moins

  • Des règles un peu denses

Le trouver

Chez Philibert
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Fiche technique

Un jeu de Dirk Andreas Taube
Illustré par Gediminas Akelaitis
Edité par Logis et Gigamic.
Pour 2 à 5 joueurs
A partir de 3 ans

 

 

 

 

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