Test – L’île Interdite

Dans L’île interdite, vous êtes sur la trace de reliques atlantes à la valeur inestimable. Sauf que, en pénétrant sur cette terre légendaire, vous avez déclenché un piège irrémédiable et bien évidemment mortel : l’île s’enfonce dans la mer ! Arriverez-vous à récupérer tous les trésors et à quitter l’île avant de boire la tasse ? 

Alors…  je mets mon chapeau, je prends mon fouet et j’arrive!

Spielberg n’a qu’à bien se tenir : Matt Leacock (Pandémie, Le Désert interdit) est dans la place ! Le scénario, digne d’une aventure à la Indiana Jones nous vend la promesse de parties enivrantes et pleines de suspense, au cours desquelles, 2 à 4 joueurs à partir de 10 ans vont devoir coopérer pour mettre la main sur 4 trésors, rejoindre l’héliport sains et saufs et décoller avant l’issue fatale.

Autant vous dire que j’avais placé ce jeu assez haut dans mon estime avant même d’y jouer. J’ai adoré son aspect extérieur, j’ai été envoûtée par le pitch et c’est avec beaucoup d’excitation que j’ai découvert le matériel…

Y a t’il des explorateurs pour sauver le trésor?

Présentée dans une jolie boîte métallique de taille moyenne, L’île interdite propose un matériel de bonne qualité et des illustrations magnifiques qui servent bien le thème :

  • des tuiles Île réversibles représentent des parcelles de l’île aux noms plus enchanteurs les uns que les autres : les dunes de l’illusion, le pont des abîmes, le jardin des hurlements… ça fait rêver, non ? Mais pourquoi réversibles ? Tout simplement parce que le recto, coloré, signifie que tout va bien, tandis que le verso, bleu et blanc, signifie que les ennuis commencent (comprenez que les flots recouvrent cette parcelle de terrain). C’est ingénieux, simple et efficace.
  • 4 figurines Trésor que les joueurs vont devoir récupérer pour gagner la partie;
  • des cartes Trésor qui regroupent des cartes à l’image des Trésors que les joueurs devront collecter, des cartes Action Spéciale qui aideront les joueurs dans leur quête et des cartes Montée des eaux qui, au contraire, les plongeront dans la merde;
  • des cartes Inondation qui reprennent les illustrations des tuiles Île et qui, à chaque tirage, enfonceront un peu plus l’île sous les flots;
  • des cartes Aventurier dotées, chacune, d’un pouvoir particulier, par exemple le pilote qui peut voler jusqu’à n’importe quelle tuile de l’île, contrairement aux autres joueurs, comme vous l’aurez brillamment déduit;
  • des PIONS en bois ! Oui, oui, vous avez bien lu : de simples petits pions en bois pour représenter chaque membre de l’équipe. Quelle déception ! De belles figurines du même acabit que les figurines Trésor auraient été tellement plus appréciables. Certes, il ne s’agit là que de considérations purement esthétiques qui n’empêchent pas de jouer. Mais quand même, au vu du reste du matériel, ces pions piquent les yeux. Ils ont au moins l’avantage d’être facilement remplaçables, les pions d’un jeu de l’oie ou d’un cluedo feront l’affaire.
  • une échelle graduée allant de 2 (niveau novice) à une charmante tête de mort (niveau «c’est foutu pour vous, aargh!») et un marqueur qui permettent de choisir le niveau de difficulté en début de partie et de suivre le niveau de montée des eaux au fil du temps, façon zouave du Pont de l’Alma.

La notice est bien écrite, détaillée, claire et illustrée d’exemples pour faciliter la compréhension. L’installation du jeu demande quelques minutes et un peu de place pour tout étaler. Il s’agit de construire une île tout de même !

Décider. Gérer. Bouger. Fuir. 

À l’aide des tuiles Île que vous disposerez aléatoirement, vous donnerez forme à votre zone de jeu.

Chacun leur tour, les joueurs vont jouer à la fois pour l’équipe en réalisant un certain nombre d’actions :

  • se déplacer
  • assécher une tuile inondée
  • donner une carte Trésor à l’un de ses équipiers
  • gagner un Trésor

Chaque joueur jouera ensuite pour l’île en piochant le même nombre de cartes Inondation que le chiffre indiqué sur l’Échelle par le marqueur. Si ce dernier indique 3, par exemple, le joueur dont c’est le tour pioche 3 cartes et retourne les tuiles Îles correspondantes du côté inondé OU les élimine définitivement si celles-ci se trouvaient déjà inondée. Les optimistes parleront d’épisode cévenol, les réalistes de réchauffement climatique express. 

Au fil de la partie, le rythme s’accélère et des trous apparaissent un peu partout dans l’île. Les déplacements sont alors limités et les décisions à prendre deviennent de plus en plus cornéliennes (agir, mais prendre des risques, assurer le coup, mais perdre du temps).

Les joueurs doivent donc débattre et s’accorder sur le choix des actions à réaliser pour avoir une chance de gagner la partie.

Et puisqu’on parle de gagner, L’île interdite se révèle être d’une redoutable perfidie quant à ses conditions de victoire : l’équipe n’a qu’une seule façon de gagner (atteindre l’héliport), mais 4 manières de perdre. Quelle injustice… mais c’est ce qui rend aussi la partie si prenante et pleine de tension ! Comme quoi il n’y a pas besoin de coller des zombies dans les jeux pour générer du stress ! 

L’avis de Plateau Marmots

L’île interdite est un excellent jeu coopératif et familial pour jouer à un jeu de plateau un peu plus abouti sans prise de tête ou tout simplement pour initier vos marmots à ce genre de jeu pandémique.

Beau (à part les pions, j’insiste), immersif, accessible, il vous plonge dans une aventure rythmée et haletante où marmots et parents prendront plaisir à mener ensemble cette course contre la montée impitoyable des eaux.

Annoncé à partir de 10 ans, je pense que la dimension coopérative, la simplicité des règles et le niveau de difficulté modulable permettent à des marmots plus jeunes (8 ans) de participer sans problème. Grâce aux tuiles Île et aux cartes Aventuriers qui sont disposées et distribuées au hasard en début de partie, le jeu offre une forte rejouablité, ce qui est très appréciable. L’investissement de départ (moins de 25€) sera donc vite amorti. Un truc tout bête en mode “détail qui tue” : l’éditeur remercie l’auteur pour la qualité de son jeu à la fin des règles. Ca, clairement, c’est le genre d epetit truc qui nous fait craquer. 

Bref : on aime d’amour. Sur l’île on s’éclate, on s’engueule, on se réconcilie, on se noie, et on chope des trésors : une excellente expérience collective qui vous apprendra à bosser ensemble, et à célébrer chaque victoire par une pizza bien méritée. 

On aime :

  • Un beau matériel et de superbes illustrations
  • Un thème et une ambiance immersifs
  • Un jeu coopératif et très interactif
  • Accessible à un large public, même des marmots de moins de 10 ans
  • Forte rejouabilité
  • Possibilité de choisir son niveau de difficulté
  • Une bonne porte d’entrée à Pandémie. 

On aime moins :

  • Les pions en bois qui ne sont visuellement pas à la hauteur du reste du matériel. Oui je sais, je radote, mais si vous avez d’autres pions issus d’un autre jeu, prenez-les. 

Le trouver : 

Chez Philibert

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Fiche technique :

Auteur : Matt Leacock
Illustrateur : C.B. Canga
Éditeur : Cocktail Games
Pour 2 à 4 joueurs
À partir de 10 ans (mais jouable dès 7 – 8 ans) en drivant un peu.
Durée d’une partie : environ 30 min

Pour aller plus loin :

 

 

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