Test – Ménestrels

Oyez, Oyez, damoiselles et damoiseaux, approchez enfants de la balle, parez-vous de vos plus beaux costumes, montrez-nous tous vos talents, chantez, dansez, cabriolez ! Le Royaume est en fête et nous, les nobles de ce fief, allons organiser une réception pour sa majesté le roi Aaron 1er. Pour ce faire, vous serez sélectionnés pour intégrer notre troupe de saltimbanques, les femmes et les couples en priorité ou les danseurs peut-être, ou bien les montreurs d’animaux… enfin nous verrons une fois au marché. Lorsque le roi arrivera vous devrez être prêts à lui présenter le spectacle le plus prestigieux afin de nous attirer ses bonnes grâces.

Edité par Sweet Games, Ménestrels a été imaginé par Bruno FAIDUTTI et Sandra PIETRINI et illustré par David COCHARD. Le jeu s’adresse à 2 à 5 artistes, à partir de 7 ans, pour des parties de moins 20 minutes.

« Approchez, saltimbanques, mettez vous en ordre et rejoignez mon spectacle »

Ménestrels est un jeu de collection et de majorité où vous incarnez un noble et allez devoir monter le plus beau spectacle pour l’arrivée de sa majesté : The King. Ainsi vous devrez présenter au roi : acrobates, musiciens, interprètes et autres saltimbanques en organisant bien vos catégories d’artistes afin de satisfaire un roi exigeant qui arrêtera le recrutement dès son apparition.

Ouvrons donc cette boîte rouge… euh non verte… pardon, bleue…

Oui, la première étape quand tu vas acheter Menestrels est de choisir quelle boîte va rejoindre ta table de jeu car Sweet Games te propose un même jeu décliné en 3 écrins différents, représentant les 3 catégories d’artistes que tu as convoités.

« Un écrin ? Carrément ? » Oui, oui, n’ayons pas peur des mots, le travail esthétique des boîtes est du high level avec des personnages hyper réalistes et des arabesques rococo à souhait.

Une fois cette phase de séduction passée avec succès, allons admirer la suite des festivités.

Malheureusement, je te propose qu’on parle tout de suite du sujet qui fâche : les gars ? C’est quoi la qualité de ces cartes ? A peine j’ai voulu mélanger le deck d’artistes que j’ai hyperventilé devant la finesse de ces cartes, m’imaginant déjà en train de les écorner ou pire de les dédoubler.

Ok, j’en fais des caisses, mais cette qualité de carte médiocre a vraiment stoppé mon entrain, surtout pour un jeu destiné à être mélangé et re-mélangé. Ok on clôt le sujet ici, j’ai tout sleevé illico pour m’éviter l’arrêt cardiaque quand ça sera à Marmot de mélanger.

Néanmoins, les illustrations continuent de nous en mettre plein les yeux, que l’on aime ou pas le thème médiéval choisi et l’esprit baroque, on ne peut que saluer le travail graphique impeccable.

Pour constituer notre spectacle nous avons donc à notre disposition :

  • 9 cartes Nobles
  • 60 cartes artistes (les fameuses… tu te rappelles ? toutes fines…)
  • 1 carte Roi
  • 40 pièces d’or
  • 3 jetons bulles
  • 2 cartes aide de Jeu

Mais j’te connais toi ?

Avant même de commencer la partie nous avons été interpellés par les personnages des cartes qui ont provoqué une sensation de déjà-vu, caméos qui parleront plus aux adultes qu’aux Marmots certes. Effectivement, ce charmant royaume est constitué de personnages qui se rappelleront sans nul doute à ta mémoire. Ainsi nous avons croisé le roi Elvis himself mais aussi Bjork, Prince, Mick Jagger, Joe Dassin et je m’arrête là pour ne pas divulgacher le plaisir de la découverte.

Ah ! Si ! On a quand même aperçu Emmanuel Macron en vil banquier : bon goût ou pas, je te laisse trancher.

On démarre avec une noble asymétrie

En effet, avant même de commencer la partie, il va falloir définir quel noble incarne chaque joueur parmi les 9 personnages disponibles. Chaque noble t’offre un pouvoir supplémentaire apportant une dose homéopathique d’asymétrie qui épicera délicatement votre partie. Par exemple, le Marquis commence la partie avec plus d’or, le Comte remporte les égalités éventuelles, le Vicomte et la Vicomtesse marqueront plus de points sur certaines catégories d’artistes, etc.

Cette identité est distribuée au hasard (ou pas, amaguiz) et révélée instantanément à tous les joueurs afin d’en appliquer les effets, que ce soient des effets immédiats, un pouvoir permanent ou un supplément dans le scoring final.

Habituellement, chez Plateau Marmots, on vous conseille de mettre de côté les cartes aux pouvoirs spéciaux pour démarrer avec les marmots les plus novices. Dans cette configuration, je m’abstiendrai de ce conseil car le pouvoir du noble n’est en rien compliqué à appréhender et apporte une légère asymétrie qui n’est pas insurmontable et très agréable.

Comment se prépare le spectacle ?

Chaque joueur commence avec un certain nombre de pièces d’or suivant le nombre de participants ou éventuellement des nobles incarnés. Ah bah oui, il y a certains artistes qui ne viendront à toi que moyennant finance !

On place ensuite la carte du King dans les 10 dernières cartes du paquet d’artistes, histoire de garder un peu de suspense sur son heure d’arrivée.

Puis, les quatre premières carte sont révélées et constituent la place du marché, accessible à chaque joueur.

Faisons les présentations

C’est parti pour le recrutement de vos artistes, mais avant de se lancer à l’aveugle dans cette mission, prenons un instant pour se familiariser avec les différentes catégories de cartes mises à disposition.

Le marché te propose 3 catégories d’artistes pour lesquelles tu scoreras en cas de majorité : les cartes rouges des musiciens, les cartes bleues des interprètes et les cartes jaunes des acrobates.

En plus de ces artistes à collecter en nombre, tu rencontreras les cartes vertes des montreurs d’animaux qui t’apporteront des points secs en fin de partie.

Et comme dans ce royaume nous ne sommes pas non plus au pays des bisounours, tu croiseras également les cartes grises qui te permettront pour certaines de voler des sous ou des cartes à un autre joueur ou d’autres tensions bien utiles pour atteindre ton objectif. Ne t’emballe pas quand même : ces cartes grises resteront des pouvoirs utiles certes, mais absolument pas déséquilibrants pour le reste de la partie et ça on aime !

Cession recrutement au royaume

Maintenant que tu sais à qui tu as affaire, tu peux te lancer dans l’enrôlement des troupes.

A ton tour de jeu tu as 3 options non cumulatives :

  • Soit prendre l’une des quatre cartes du marché : dans ce cas, tu la places face visible devant toi dans ta troupe déjà en place et tu révèles une nouvelle carte de la pioche
  • Soit prendre la première carte de la pioche et dans ce cas, tu la gardes face cachée
  • Soit prendre une pièce d’or si tu es fauché et tu ne recrutes aucune carte

Et voilà, on a donc touché un des points importants de ce jeu de collection que je trouve hyper original et stimulant : tu gardes des cartes faces cachées ! Ce qui signifie que les autres joueurs ne savent pas avec certitude sur quelles catégories d’artistes tu cherches la majorité, ni même où tu en es de telle ou telle catégorie. Tu comprends donc qu’il est parfois difficile d’établir avec une évidence absolue ta stratégie. Ce twist apporte une vraie profondeur comparé aux jeux de majorité plus « classiques ».

Et l’argent on en parle ?

Comme je le mentionnais plus haut, certains artistes, plus vénaux, n’intègreront ta troupe qu’en contrepartie d’une pièce d’or. Ces artistes affichent de suite la couleur puisque leur carte comporte une pièce d’or au recto et au verso. Oui, oui, tu devras payer également si tu prends cette carte face cachée de la pioche.

Je t’entends d’ici : « Et pourquoi j’en paierai certain alors que les autres sont gratos ? »

Parce que tout n’est pas si simple et binaire…

En effet, certains artistes sont de plus grande valeur pour ton spectacle soit parce qu’ils comptent pour 2 cartes soit car ils peuvent être placés dans plusieurs catégories.

Eh oui ! La Chanteuse, on la place où ? Interprète ou musicien ? Et le danseur ? Acrobate ou musicien ? Ménestrels n’a pas su trancher pour notre plus grand plaisir ludique, certains artistes appartiennent à 2 catégories (voire 3) et c’est à la fin de partie lorsque tu monteras ton spectacle que tu décideras à quelle catégorie d’artistes attribuer ces saltimbanques aux deux visages.

Don’t be cruel

Dans la catégorie subtilités subtiles, on note également la présence de certaines cartes « actions », en sus des vilaines cartes grises, qui ont un effet immédiat lorsqu’elles sont prises par un joueur. Ces actions restent sympathiques et apportent une légère aide dans ta quête de la parade idéale. Tu peux par exemple échanger une carte avec un autre joueur, rejouer ou bien prendre une pièce, etc. Tu le notes, on est loin des interactions punitives et déséquilibrantes d’un take that, tout se fait en douceur et en finesse.

Ode aux femmes et à l’amour

Dans cet article je t’ai fait grâce de l’écriture inclusive mais, tu l’as compris, les artistes peuvent être des femmes ou des hommes, jusque là tout est normal tu vas me dire. Mais les femmes sont un atout (oui, on le savait déjà) car elles apportent des points supplémentaires aux joueurs qui majorent sur les artistes féminines. Donc oui, certaines cartes avec le logo rose compteront à la fois pour une catégorie d’artistes ET pour le nombre de femmes de ton spectacle.

L’amour a aussi une place particulière dans ton show car les artistes en couple sont affublés d’un demi médaillon cherchant moitié. Ainsi, si tu présentes au roi les amoureux réunis, tu scores 1 point supplémentaire par couple.

Que le spectacle commence !

La partie de recrutement prend fin immédiatement lorsque la carte du roi est retournée. Il te faut donc maintenant révéler tes cartes en mains et organiser tes artistes par catégorie. Sauf pouvoir spécial, le noble au chiffre le plus haut monte son spectacle en premier et ainsi de suite. C’est donc à cet instant que tu vas positionner les artistes à double catégorie. Les nobles les moins puissants organiseront donc leurs catégories en ayant pris connaissance des majorités des autres joueurs.

Et c’est parti pour le scoring, pour lequel tu as déjà eu pas mal d’indications au fil de cet article. Cependant on doit bien avouer que l’aide de jeu fournie est d’un grand secours, très claire et précise, et tout au long de la partie tu vas d’ailleurs zyeuter dessus pour établir ta stratégie.

Une photo vaut mieux parfois que mille mots mais on récapitule :

  • Le joueur à qui il reste le plus de sous marque 2 points
  • Le joueur majoritaire sur les Musiciens score 8 points, le deuxième 4 points
  • Le joueur majoritaire sur les Interprètes score 6 points, le deuxième 3 points
  • Le joueur majoritaire sur les Acrobates score 6 points, le deuxième 3 points
  • Le joueur majoritaire sur les Femmes score 4 points
  • Tu comptes les points de tes montreurs d’animaux et les points apportés par les couples réunis

Alors, perso, je suis une adepte de la salade de points, ce qui ne me refroidit absolument pas, bien au contraire, mais oui, pour les marmots ça fait beaucoup d’axes de scoring. Ainsi, la première partie sera une partie de découverte indispensable, appuyée sur l’aide de jeu pour mieux anticiper les subtilités de stratégies. Passée cette première partie, les marmots accrochent vite à ce jeu et t’épatent par toutes les tactiques utilisées.

Au-delà de cela, toutes ces possibilités de score sont le grand atout de ce jeu car plusieurs élaborations de stratégie sont possibles et rien n’est jamais perdu. J’ai déjà vu Marmot gagner la partie en n’étant majoritaire sur aucune catégorie d’artistes mais en misant tout sur les points périphériques. C’est pourquoi aucun axe de scoring n’est à négliger.

L’avis de Plateau Marmots

Ménestrels a été pour nous une très belle découverte de par toutes les subtilités qu’il propose. Tu le sais peut-être maintenant, je suis grande adepte des jeux de collection et je me demande parfois comment le style va pouvoir se renouveler. Ménestrels a apporté une réponse à ce questionnement, avec délicatesse et habileté.

Alors, soyons honnête, ce jeu ne révolutionne pas le genre, et n’y prétend pas, d’ailleurs. Mais il s’appuie sur une mécanique bien rodée et y apporte une parfaite dose d’épices et de twist pour un plaisir renouvelé à chaque partie. Tous ces axes de score passent d’ailleurs très bien pour les marmots dès 7 ans, et une fois la partie de découverte faite, le jeu devient très fluide et addictif.

Si tu n’as pas scrollé en allant directement à la conclusion de ce test (oui, oui, je vous vois les tricheurs) tu as noté que plusieurs fois au cours de cet article je t’informe de « petites » subtilités. En mentionnant les cartes grises, la dose homéopathique d’asymétrie grâce aux cartes nobles, les cartes actions plutôt sympas, les cartes qui restent faces cachées etc. Non, je ne minimise absolument pas les originalités de ce game play, bien au contraire. Je trouve que c’est là que ce jeu est grand, dans toutes ses subtilités qui cumulées les unes aux autres apportent une dose géniale de piment et de rééquilibrage des stratégies.

A noter que nous avons beaucoup joué en duo mais ce jeu prend une toute autre dimension à partir de 3 joueurs car le deuxième majoritaire score également les catégories d’artistes. Mais je me permets d’insister : à deux il est également excellent !

On aime

  • La légère asymétrie à dose parfaite
  • Toutes les subtilités de scoring
  • Les clins d’œil aux personnes célèbres
  • Avoir des cartes cachées pour semer le trouble

On aime moins

  • La qualité des cartes
  • Les Marmots peuvent être impressionnés par le comptage des points

Vos marmots vont aimer ce jeu si

  • Ils aiment déjà Coloretto et autres consorts
  • Ils aiment réfléchir en plusieurs dimensions
  • Ils aiment les jeux de cartes addictifs

Vos marmots pourraient ne pas aimer ce jeu si

  • Ils veulent mettre tous leurs œufs dans le même panier
  • Ils ont encore besoin d’un thème plus enfantin pour jouer

Le trouver

Fiche technique

  • Un jeu de Bruno FAIDUTTI et Sandra PIETRINI
  • Illustré par David COCHARD
  • Edité par Sweet Games
  • Pour 2 à 5 joueurs
  • A partir de 7 ans
  • Pour des parties de 20 minutes

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