Test – Monsieur Carrousel

Embarquez petits et grands sur le fantastique manège de Monsieur Carrousel ! Depuis qu’il a commencé à apparaître sur les tables de jeux, au gré des festivals, le jeu de Sara Zarian a toujours suscité un vif intérêt de la part des visiteurs. Pensez-donc ! Un manège, un vrai, sur sa table de jeu. Spectaculaire, non ? Si le Chef avait été impressionné par le plumage, restait à voir ce que donnait le ramage. Ce que je me suis empressée de faire…

Monsieur Carrousel est un jeu de Sara Zarian, illustré par Apolline Etienne et édité par Loki. Il se destine aux marmots de 4 ans et plus, pour 1 à 5 joueurs.

Ma vie, mon œuvre

[Je vais vous faire une confidence, parce que je sais que le Chef ne lit jamais ce qu’on écrit. Si j’ai postulé pour rejoindre la team Plateau Marmots, c’est avant tout parce que j’avais envie de chroniquer CE jeu entre tous. Toutes les previews de Monsieur Carrousel que j’avais lues jusque lors avaient ravi mon cœur de maman, et je savais que mes loustics (4 et 6 ans) seraient forcément séduits par ce jeu. Donc voilà, je le confesse, je l’avoue : si un jour je reçois le prix Pullitzer de la presse enfantine, c’est ce jeu qui aura déclenché ma vocation. Rien de moins.

Tremblez lecteurs : ma légende est donc en marche !]

C’est mag’nifik !

Monsieur Carrousel est un jeu qui vous en met plein la vue aussitôt monté sur une table. C’est véritablement spectaculaire, et aucune photo ne pourra lui rendre justice. Monsieur Carrousel, c’est un peu la Rolls Royce des jeux de plateau actuels, aussi impressionnant que Rif Raf en son temps (je vous laisse chercher). C’est grand, c’est beau, on ne peut s’empêcher d’y toucher dès qu’on le voit.

Le jeu se compose essentiellement d’un manège, donc, je pense que tout le monde l’aura compris. Tout le jeu est en bois, posé sur un plateau cartonné de fort belle dimension, superbement illustré. On y voit Monsieur Carrousel, le gérant des lieux, montrer du doigt l’un des manèges. On verra que ce ne sera pas sans importance, loin de là.

Le niveau de difficulté est dosable au moyen de disques de carton que l’on insère à la base du manège. Chaque disque représente tous les sièges du manège : chevaux de bois, cygnes, dauphins, motos, alligators, etc. (oui oui, alligators, parce que les marmots chez Loki n’ont peur de RIEN et craignent dégun)

Le jeu contient également un dé coloré et des pions en bois de 3 types.

  • Des jetons en bois représentant des enfants, tous différents.
  • Des petites baguettes jaunes de tailles différentes, représentant les rayons de soleil.
  • Des petites gouttes de pluie.

Et vous savez le plus impressionnant ? Le jeu est vendu 28 euros, ce qui semble fou au vu de la beauté de l’ensemble. Bref, c’est beau, et vraiment pas cher au vu du matériel embarqué.

Tournez manège !

Le but de Monsieur Carrousel consiste à s’assurer que chaque enfant soit installé sur un manège avant que la pluie ne se mette à tomber. C’est un jeu coopératif : tous les joueurs gagneront s’ils parviennent à accomplir ce noble objectif.

Le jeu n’est pas compliqué, mais il demande de prendre en compte plusieurs éléments variés qui s’enchainent ou non en fonction des cas.

Le principe est le suivant :

Le joueur dont c’est le tour lance le dé coloré. Si l’une des places de manège correspondant à la couleur est libre, il place un enfant dessus. Il est conseillé de raconter une petite histoire pour mémoriser l’emplacement de chaque enfant. Moi j’ai pas trop réussi, car mon imagination est au raz des pâquerettes, mais les enfants avec qui j’ai essayé le jeu ont réussi des associations d’idées assez incroyables : « le petit garçon roux va sur la moto parce qu’il est pressé d’aller manger une glace, la petite fille brune monte sur le cygne parce qu’elle en a envie. »

Le joueur fait ensuite tourner le manège, qui doit accomplir au moins un tour. Attention à ne pas le faire tourner trop fort sinon les gamins peuvent s’éjecter du manège et se retrouver par terre. Avouez que ça la foutrait mal de faire la une du treize heures avec un drame à la fête foraine.

Une fois que le manège a tourné, observez la position de l’enfant que vous avez placé. S’il se trouve sur la moitié gauche du plateau de jeu, vous devrez alors placer un morceau de rayon de soleil. Ces derniers sont tous de taille différente et s’assemblent par deux : l’enfant devra trouver quel est celui qui correspond à la moitié déjà en place afin de compléter l’emplacement. On verra plus tard l’intérêt de faire briller le soleil.

Si l’enfant se retrouve côté pluie à la droite du plateau, alors il faudra rajouter une goutte de pluie à l’emplacement prévu.

La place est prise !

Évidemment, plus vous allez mettre d’enfants sur le manège et moins il y aura de places disponibles.  Alors si tous les sièges correspondant à la couleur tirée par le dé sont occupés, tant pis : on fait tout de même tourner le manège. Le doigt de Monsieur Carrousel désigne désormais un emplacement. S’il est vide, vous pouvez y placer un enfant. S’il est occupé, vous devez vous souvenir du manège sur lequel l’enfant est assis. Girafe ? Dauphin ? Crocodile ?

Si vous avez raison, hop, vous avez gagné un rayon de soleil. Sinon, plic ploc, vous devrez ajouter une goutte de pluie.

Let the sunshine in !

Je reviens donc sur mon histoire de soleil et de pluie. Le but du jeu étant d’empêcher la pluie de tomber, plus vous allez éviter de récolter des gouttes, plus vous évitez de connaître une défaite prématurée.

Compléter un rayon de soleil est le seul moyen de vous débarrasser d’une goutte de pluie, donc il est important d’en obtenir le plus possible afin de retarder l’arrivée de la saucée. Pour les compléter, l’enfant n’a toutefois droit qu’à un seul essai. À lui de bien regarder au préalable pour que les deux éléments s’ajustent parfaitement et le débarrassent ainsi d’une goutte de pluie gênante. C’est parfait pour apprendre aux enfants à estimer les tailles, et ça les entraînera volontiers pour jouer à Saute Lapin (et plus tard à X-Wing).

Un manège qui fait tourner la tête ?

Bien, vous avez tous les éléments en main. Un peu de manipulation, un peu de coopération, un peu d’estimation, un peu de mémoire, un peu de hasard, et un matériel totalement magnifique. Et les sensations de jeu au final, sont-elles au rendez-vous ? Pour tout vous dire… oui, et ouais mais.  

Concrètement, le plaisir de jeu peut baisser après quelques parties, tant ces dernières sont parfois frustrantes. Le jeu repose en effet sur un principe de double hasard, un peu pénible quand il se tourne contre vous. Le hasard du lancer de dé s’additionne en effet au hasard de rotation de manège. Et ce sont les deux cumulés qui vont intégralement décider de votre partie, au final. Parce que même si votre mémoire photographique vous permet de vous souvenir que le gamin à la tête bizarre est installé sur une autruche, cela ne sera récompensé que par l’ajout d’un rayon de soleil, ce qui n’est pas une progression vers la victoire, juste une temporisation de défaite.

Il n’y a donc pas de réelle valorisation de la mémorisation, ce que je trouve dommage.

Prenons l’exemple de jeux classiques : dans un mémory tout bête, votre victoire et votre défaite sont déterminés par votre capacité à vous souvenir de l’emplacement de telle ou telle tuile. Ici non. Vous souvenir d’un emplacement pourra éventuellement retarder une défaite, mais jamais contribuer activement à la victoire. Donc à quoi bon mémoriser quoi que ce soit, puisqu’au final seul le hasard sera juge ?

A mon sens, le jeu perd un peu de son intérêt, du coup. Certaines parties deviennent inutilement longuettes, en quête d’un tirage de dé favorable. La règle précise bien qu’en fin de partie on peut lancer deux fois le dé, mais ça reste un peu frustrant que ne devoir sa victoire à un simple lancer de dé sur un jeu de cette envergure.

Difficulté ajustable

Parfois, avec de la chance au dé, vous placerez les gamins sur les manèges au premier run, sans avoir eu à mémoriser quoi que ce soit. La bonne nouvelle, donc, c’est qu’il est possible d’augmenter la difficulté au moyen de disques interchangeables à placer sur la base du manège.

Ce qui change, c’est que les manèges sont désormais plus difficiles à mémoriser. Au niveau facile, par exemple, les couleurs sont directement associées aux animaux du manège. Jaune = Lion, Bleu = Dauphin, etc.

Ensuite, ça devient nettement plus ardu avec des associations bien plus retorses et des manèges uniques qui vous conduiront parfois (mais rarement) jusqu’à une défaite inattendue.

Des sensations un peu contrastées

Mais là encore, victoire ou défaite, c’est le dé qui travaille. Vous pouvez mettre le niveau de difficulté maximum et boucler une partie en quelques minutes si le dé vous a à la bonne, et galérer un temps infini au niveau le plus facile à lancer et relancer encore le dé à la recherche de la couleur désirée.

Et c’est au final ce qui me questionne le plus avec ce jeu. Les activités qu’il propose sont un peu déconnectées et peinent à se lier entre elles dans une seule et même entité. Je ne doute pas que l’on s’y amuse et que certaines parties soient enthousiasmantes… mais d’autres seront bien longuettes. Monsieur Carrousel ne semble pas aller au bout de son idée initiale, ce qui me frustre au vu de la magie que suscite le matériel.

Maieeeuuuh alors, je l’achète ou pas ? 

Amis lecteurs, je vous sens perdus. En effet, dans le même article, j’ai réussi à vous glisser l’idée que Monsieur Carrousel était à la fois bien et décevant. Vous criez à l’injustice, vous êtes perdus, ce qui est bien normal. Pour être parfaitement claire (même si ce n’est pas mon prénom), je vous dirais que Monsieur Carrousel est un très bon jeu, mais que j’en attendais autre chose. J’espérais un jeu sur laquelle je sois plus actrice que spectatrice, tout bêtement.  Mais si l’aléatoire ne vous dérange pas et si l’idée que les jets de dés soient le vrai moteur du jeu bien plus que votre mémoire en gruyère de parent épuisé, alors ce jeu ne vous décevra pas.  

Bref : je recommande plus particulièrement ce jeu pour les petits marmots. Il est bien calibré pour les 4-5 ans (voire avant), qui s’amuseront autant en suivant les règles qu’avec le jeu libre, et qui seront confortés par la dose de lancers de dés.  

L’avis de Plateau Marmots

Monsieur Carrousel attire tous les regards au milieu de mille autres jeux. Sur une table de jeu, il est le roi. Pour autant, l’éclat se ternit un peu une fois le jeu joué chez soi, tant certaines parties traînent soudain en longueur. Car aussi magnifique qu’il puisse être, Monsieur Carrousel fait partie de ces jeux où l’on subit le hasard tout du long et où on lance parfois inlassablement le dé dans l’espoir de clore une partie qui n’en finit pas. Dommage qu’un matériel aussi somptueux et qu’une édition aussi réussie ne soient pas au service d’un jeu encore plus ambitieux, sinon moins décousu. Ce qui pose problème et génère une certaine déception, c’est que le point central de la partie qui consiste à mémoriser l’emplacement des enfants ne soit pas plus rémunérateur. Le jeu s’adresse du coup au plus jeunes, je dirais entre 3 et 5 ans, qui seront toujours heureux de lancer le dé pour tenter d’installer les enfants dans le manège. Les plus grands risquent de se demander, à la longue, pourquoi leur mémoire de disque dur SSD n’est pas plus valorisée.
Mais pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, je voudrais conclure qu’au vu de son matériel, de son prix et de son intérêt, le jeu mérite largement l’investissement. Il ne sera juste pas totalement inutile de le fignoler avec des règles « maison », pour rendre à la partie « mémoire » la place qui revient hélas au hasard. Sauf si vous êtes allergiques aux jeux de mémoire, et vous serez alors bien contents que le dé fasse le travail à votre place ! On notera enfin que Monsieur Carrousel a gagné en tout début d’été le prix du Meilleur Jeu pour enfants en Autriche, signe qu’il mérite sa place sur votre table (même si vous êtes ressortissants d’autres pays).  

Ca fait plaisir

  • Un jeu vraiment magnifique
  • Du matériel en bois, bien fourni
  • Des activités variées
  • Très accessible et enchanteur
  • Plusieurs niveaux de difficulté pour varier les plaisirs
  • Pas cher au vu du contenu

Ca fait moins plaisir

  • Déséquilibre entre aléatoire/mémoire
  • Le jeu parait parfois manquer de cohésion
  • Des fins de parties parfois longuettes

Le trouver

Chez Philibert
Sur Amazon

Fiche Technique

Un jeu de Sara Zarian
Illustré par Apolline Etienne
Edité par Loki.
A partir de 4 ans et plus
Pour 1 à 5 joueurs.

2 pensées sur “Test – Monsieur Carrousel

  • 23 juillet 2019 à 10 h 16 min
    Permalink

    Bravo pour cette chronique, je trouve souvent les articles plateau marmots un poil trop élogieux, j’ai déjà été très enthousiaste a la lecture et parfois assez déçu après avoir joué, ne retrouvant pas les sensations décrites.
    On va essayer monsieur carrousel a la maison et en attendant hâte de vous relire.
    Bert

    Répondre
    • 24 juillet 2019 à 8 h 16 min
      Permalink

      Bonjour !
      Surtout, dites-le nous quand vous trouvez qu’un jeu ne correspond pas à l’impression qu’on vous en a donné. Ca nous intéresse au plus haut point de confronter les avis !

      Répondre

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