Test – Pas de pitié pour les monstres

« Dring Dring »
– Qui c’est ? Encore des marmots qui veulent un bonbon ou un sort ?
– Hmmm non. Plutôt des monstres
– Sors les chaussettes, on va s’amuser !

Eh oui, voilà que les monstres envahissent votre maison ! Il y en a partout : dans le garage, dans la cuisine et la salle de bains ! Armez-vous de chaussettes roulées en boule, et accueillez-les comme il se doit : en mode badaboum !

Pas de Pitié pour les Monstres est un jeu coopératif d’Emilie et Jérôme Soleil, illustré par Kasia Fyza, édité par Helvetiq. C’est jouable à partir de 4 ans.

Une grande maison dans une tout’ pitite boîte

Bon alors soyons clairs, Pas de Pitié pour les Monstres est l’un des jeux les plus choupis qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années. La boîte du jeu se déplie pour devenir une petite maison avec de multiples pièces, grâce à un pliage particulièrement astucieux. Lors de la mise en place, vous dévoilez la première pièce, le garage. A chaque fois que vous aurez réussi à chasser les monstes d’une pièce, vous pourrez alors passer à la “page suivante” du jeu, y dévoiler une nouvelle pièce et y placer de nouveaux monstres. Et j’arrête de suite les inquiets : le pliage est particulièrement solide et le jeu ne donne aucune impression de fragilité, même après de longues heures de tests.

Pas de Pitié pour les Monstres est un jeu coopératif dans lequel les marmots doivent unir leurs forces pour se débarrasser de 10 monstres qui veulent envahir leur maison. Pour s’en débarrasser, ils peuvent utiliser des jetons représentant chaussettes, balles et seaux d’eau. Et comment on se débarrasse de monstres avec des chaussettes, allez-vous demander ? En les dégommant, évidemment !

Un matériel vraiment mignon

Mais avant d’aller plus loin dans le jeu, arrêtons-nous un moment sur les magnifiques détails qui parsèment ce plateau de jeu atypique. Les règles du jeu, déjà, sont une petite merveille de lecture avec des petits textes d’encouragements complices, ainsi que la biographie des monstres envahisseurs, aussi superflue qu’indispensable.

Et pour parler des monstres, ils sont eux aussi vraiment sympathiques, dans des attitudes un peu loufoques qui ne peuvent que ravir les marmots. Les illustrations, d’une manière générale, sont très accrocheuses : originales et colorées.

Le jeu contient également deux dés, plus classiques, ainsi que quelques pions représentant des objets plus ou moins fragiles, qui viendront compliquer la vie des joueurs les plus téméraires. Mais nous n’en sommes pas encore là : démarrons doucement.

Une mise en place wahouesque

La mise en place du jeu est un grand moment pour les petits et les grands marmots, qui peuvent découvrir le futur théâtre de leurs exploits de la plus jolie des manières.

Une fois que la maison est dépliée, les 10 monstres sont placés sur le chemin qui mène à la porte d’entrée. Le premier d’entre eux est placé dans la première salle, c’est-à-dire le garage.

Les jetons, quant à eux, sont mélangés et disposés face cachée devant la maison.

La mise en place est ultra rapide et permet de jouer en quelques secondes. Mieux encore : le jeu mis en place donne immédiatement envie de raconter des histoires, de créer des petits dialogues entre les monstres venus mettre la pagaille dans cette maison si riche en détails et en chaussettes qui trainent par terre.

Chaussette calibre 45

Pour jouer, le joueur lance le dé violet, qui va lui donner la contrainte à suivre pour son tour de jeu. Les contraintes sont amusantes et (autant l’avouer) assez peu contraignantes, ce qui est plutôt bien vu pour des enfants de 4 ou 5 ans. Fermer un œil, se tenir sur une jambe, lancer de sa « mauvaise main », se pincer le nez, etc. Autant de petites mimiques qui rythmeront un peu la partie, mais qui ne nuiront pas vraiment à la précision de vos lancers.

Après avoir lancé le dé, le joueur pioche un jeton placé devant la maison. Il peut ainsi obtenir une chaussette, une balle, un seau d’eau ou un monstre.

Dans le cas de la chaussette, le joueur doit se tenir à 50 cm de la maison, et tenter de dégommer les monstres présents. Si une autre chaussette de la même couleur est représentée sur le sol de la maison, il aura même droit à un second tir bonus. Toute chaussette lancée est alors défaussée, qu’elle touche ou non sa cible.

Notez que la première pièce ne contient qu’un monstre, deux pour les suivantes et trois pour la dernière. Dès que tous les monstres d’une pièce ont été renversés, on change alors de pièce en passant au décor suivant. Les nouveaux monstres sont alors mis en place.

Balles, seaux et monstres

Les chaussettes représentent la grande majorité des jetons, mais les autres présentent des petits effets intéressants.

Si le joueur a pioché une balle, alors il devra effectuer son tir depuis l’un des côtés de la maison qui comporte une fenêtre. Son espace de tir est alors très réduit, mais ce sera néanmoins un angle de tir intéressant pour tenter de shooter un monstre qui aurait pivoté sur lui-même.

Si le joueur a pioché un seau d’eau, comme vous l’aurez deviné, il devra être lancé depuis le haut de la maison.

Mais si le joueur pioche un monstre, patatras. Non seulement il doit relever un monstre éventuellement tombé dans la pièce, mais il doit en plus replacer le jeton devant la maison, en essayant de se souvenir de son emplacement pour ne pas retomber dessus.

Comment qu’on gagne ?

Les joueurs sont déclarés vainqueurs s’ils parviennent à dégommer les 10 monstres avant que leur stock de chaussettes ne soit épuisé. La maison sera alors libérée de l’envahisseur et ils pourront alors célébrer leur victoire (par exemple en ramassant tous les jetons chaussettes tombés par terre pendant la bataille). Ils pourront alors tenter de jouer avec le second dé, pour une variante qui demande plus de précision. Dans ce mode, des pions « objets fragiles » sont ajoutés dans les pièces, pour rendre le tir plus difficile.

En revanche, si les marmots ont perdu la partie et qu’ils ont épuisé toutes leurs chaussettes, les monstres auront envahi la maison, catastrophe et sapristi. Les enfants pourront peut-être alors tenter de jouer en mode « facile », sans le dé de contrainte, pour ajuster leurs tirs petit à petit. La difficulté est totalement ajustable, et il est très simple de sortir le jeu pour jouer « juste pour le fun », sans dé, avec juste le plaisir simple et immédiat de tester sa précision au tir de chaussettes ajusté. Une future discipline olympique, probablement.

Le plaisir simple du dégommage

Les sensations de jeu sont aussi intuitives que jubilatoires. Le plaisir immédiat du chamboultou est une constante quel que soit son âge, et le voir ici scénarisé d’aussi jolie manière est un vrai petit bonheur. Le jeu est simple et sans prétention, évidemment, mais quel plaisir que de voir deux monstres s’écrouler d’un seul tir alors que l’on se tient sur une jambe. « Et d’la main gauche », jubileront les quarantenaires anciens joueurs d’Alerte Rouge tandis que les marmots crieront volontiers aux monstres de « retourner à leur maison » tout en lançant une balle par la fenêtre.

Est-ce que vous jouerez à Pas de Pitié pour les Monstres pendant des heures ? Evidemment pas. Mais c’est un jeu tellement simple à mettre en place qu’il reviendra rapidement sur la table pour de nouvelles séances de tir sur cible velue.

Au final, la seule chose que l’on pourra reprocher au jeu, c’est son titre, pas forcément représentatif de sa simplicité et de son fun. Pour l’anecdote, les marmots l’ont baptisé « Monstres poilus & Chaussettes qui puent ». Un autre style, forcément.

L’avis de Plateau Marmots

Pas de Pitié pour les Monstres réalise une étonnante alchimie entre la simplicité de son propos et l’élégance de sa forme. Concrètement, il s’agit d’un « simple » jeu d’adresse dans lequel on doit jeter des jetons sur des monstres pour les faire tomber, un principe qui attirera tout enfant ou adulte soucieux de prouver son skill au tir de chaussettes en carton. Mais l’élégance des illustrations et la finition du jeu le propulsent soudain dans un univers ludique plus étoffé, avec des contraintes de gameplay et une difficulté adaptable. Attention, ces petites règles n’ont jamais pour objet de transformer un jeu simple en usine à gaz, mais simplement de lui donner du corps et de structurer des parties souvent gagnées sur le fil. Les sensations sont donc au rendez-vous et la tension monte doucement alors que les munitions s’amenuisent.

Mais puisque les joueurs jouent tous ensemble (voire en solo) et peuvent ainsi se souvenir collectivement des jetons à ne pas retourner, Pas de Pitié pour les Monstres reste un jeu de tir abordable pour les petits marmots de 4 ou 5 ans, découvrant soudain avec ravissement les joies du lancer de chaussettes. On est séduits et on recommande !

On aime

  • C’est fun !
  • C’est joli !
  • Simple et sans prétention
  • Une conception au top
  • Plusieurs niveaux de difficulté
  • Le bonheur de sniper un monstre avec un tir de la main gauche
  • Aussi fun à 4 ans qu’à 44

On aime moins

  • Le titre

Le trouver

Fiche technique

Un jeu d’Emilie et Jérôme Soleil
Illustré par Kasia Fyza
Edité par Helvetiq
Pour 1 à 4 joueurs
A partir de 4 ans

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