Test – PoulpyZ

– Qui Qui Qui sont les Snorkies ? Qui Qui Qui mais qui ?»
– Heuuu dis, Myel… Tu vas nous faire le coup à chaque fois ?
– Le coup de quoi, chef ?
– Ben, de la petite chanson d’intro qui va bien… Elle reste dans la tête pendant des heures, après. En plus, tu es à côté de la plaque : c’est des calamars, pas des Snorkies !
– Mais n’imp’ ! C’est pas des Snorkies, d’accord, mais c’est pas des calamars non plus ! Ce sont des poulpes, d’où le nom du jeu PoulpyZ ! Alors quand on ne sait pas différencier un calamar d’un poulpe, on ne vient pas se la raconter !
– Ah chouette ! Alors puisque tu es si calée, hop, à toi le test ! Félicitations.
– Heu…

Et voilà, pour la petite histoire, comment le jeu « Poulpyz » s’est retrouvé sur ma serviette de plage mon bureau. Il s’agit d’un jeu d’observation/rapidité de Jean-François Rochas, et illustré par Irina Pechenkina. Destiné de 2 à 4 joueurs à partir de 5 ans, c’est édité par Lifestyle Boardgames.

[Il nous arrive de recevoir des jeux par livreur, voire coursier. Mais c’est la première fois qu’un distributeur (en l’occurrence Ludistri) vient nous apporter directement des jeux sur le pas de notre porte. C’est vrai qu’on habite pas loin d’eux, mais quand même… Du coup il faut que je fasse gaffe à ce que je vais écrire : ILS SAVENT OÙ J’HABITE.]

Sur la plage abandonnée, coquillages… et PoulpyZ

Alors nous voilà sur le bord de la plage en cette chouette matinée estivale. Hop hop hop, on cale son bonnet rouge sur sa tête, on plonge et on file au fond des océans découvrir les PoulpyZ, d’adorables petits poulpes (le poulpe Geek, le poulpe Steampunk…) qui ont pour passion la collecte des coquillages. Et que faut-il pour collecter des coquillages ? Des tentacules, bien sûr, mais aussi des mains. Parce que oui, les Poulpyz sont des poulpes avec des bras. Et comme on dit dans les fonds marins : pas d’bras, pas d’bigorna, même si la traduction est approximative. Vous allez donc devoir exhiber fièrement vos membres (enfin… vos tentacules et vos mimines, calmez-vous) afin de montrer que vous être un digne Poulpyz.

On plonge ?

Que trouve-t-on de beau dans la boite du jeu ? Des cartes créatures avec la tête de nos PoulpyZ, des cartes Objectif (avec 2 niveaux de difficulté), des cristaux (qui serviront à compter les points) et surtout des cartes transparentes avec des bras et des tentacules de partout.

Le principe du jeu est limpide comme l’eau d’un lagon. Le but du jeu est d’être le premier à reconstituer le PoulpyZ désigné par la carte objectif. Cela veut dire : attraper une ou plusieurs cartes transparentes pour les superposer sur son PoulpyZ et atteindre le nombre de bras et tentacules demandé. Celui qui reconstitue le plus rapidement son poulpe complet a gagné un cristal. Quand un joueur obtient 5 cristaux, la partie est gagnée.

Cale l’amarre (à la romaine) !

À l’image du jeu, la mise en place est particulièrement simple. Chaque joueur choisit son PoulpyZ et le place devant lui. On pose les cartes Objectif et les cristaux sur le côté puis on éparpille les cartes transparentes au centre de l’aire de jeu. Mais on les éparpille genre VRAIMENT, pour que cela ressemble à un méli-mélo océanique de bon aloi, en mode “je recouvre les deux tiers de la table en vrac”.

À chaque tour, on tire au sort une carte Objectif qui nous indique quel sera le Poulpyz à créer pour ce tour, c’est-à-dire de combien de bras et de tentacules il sera nécessaire de l’affubler. Tous les joueurs pourront alors se précipiter vers l’océan de cartes transparentes pour essayer de trouver des cartes qui – une fois superposées – permettront d’obtenir très précisément la combinaison demandée. Il s’agira vraiment d’être rapide, car de multiples combinaisons sont possibles et seul le premier remportera la mise, sous forme d’un merveilleux diamant de cristal de plastique (bleu). Il n’est pas dit dans les règles pourquoi les Poulpyz, friands de coquillages, récoltent des cristaux, mais peu importe tant que ça les rend joyaux.

Attention : même si les joueurs sont dans l’urgence urgente, quelques règles seront tout de même à respecter pour valider leurs créatures.

Déjà, pour doter les céphalopodes de bras et tentacules, ils ne peuvent prendre les cartes qu’une par une. Ils peuvent reposer une carte qui ne convient pas et en reprendre une autre, mais il est interdit de prendre une liasse de cartes et de les vérifier tranquillement dans son coin.

Ensuite, les cartes doivent être alignées dans le bon sens.  Une petite flèche dans le coin supérieur gauche des cartes Créatures apparaît également sur les cartes transparentes. Il faudra les superposer de telle sorte qu’une seule flèche soit visible une fois la créature constituée.

Que Saint Afflelou soit avec vous

Et là, en ce point précis de la narration, je ne peux résister à l’envie de vous conter un epic fail amusant qui montre bien qu’on peut avoir 5 ans d’expérience dans le jeu de société et être plein de candeur. Pour la première partie test avec les marmots, j’ai scrupuleusement suivi la règle en étalant généreusement les cartes transparentes en une sorte de gloubiboulga de la mer, particulièrement adéquat. J’ai retourné une carte objectif et enjoint les marmots de commencer à jouer. Mais il m’a fallu quelques secondes pour réaliser qu’en fait j’étais la seule à jouer et que les enfants me lançaient un regard gêné, comme dans le célèbre gif d’une petite fille dubitative. Et c’est également le bon moment pour vous signaler, en fait, que j’avais installé le jeu sur ma table basse, oui celle-là, près du canapé, la grande avec un plateau… en verre. La transparence des cartes sur la transparence de la table était tellement parfaite… qu’on n’y voyait rien du tout.

Pour tout arranger, on notera que  le fait de poser des cartes en plastique sur une surface aussi lisse rendait les cartes absolument inattrapables. Bref : je venais de créer le mode ultimate hardcore à moi toute seule et je me promis d’appeler l’éditeur pour lui signaler ce nouveau mode de jeu afin de lui assurer d’une nomination au prochain As d’Or Expert. En attendant, devant le manque de clairvoyance de mes marmots, peu enclins sur le moment à réaliser l’étendue de mon génie, je me suis résignée à profiter d’un rayon de soleil en extérieur pour installer le jeu sur notre table de jardin. Ce fut moins spectaculaire, mais beaucoup plus efficace.

« Celui qui va me battre n’est pas encornet »

Sur ce nouveau support, le jeu devient évidemment bien plus plaisant. Et il y a de quoi, car comme tout jeu d’observation / rapidité, c’est la simplicité qui génère l’amusement.

Pour lancer le tour de jeu, on retourne donc une carte Objectif et on la place stratégiquement pour que tout le monde puisse la voir.

Ensuite, chacun part (frénétiquement !) à la recherche de cartes transparentes à superposer sur son PoulpyZ enfin le doter du nombre de bras et de tentacules indiqué par la carte Objectif. Du coup, mieux vaut avoir un regard perçant, un sens aigu de l’observation… À défaut, des lunettes luttant contre la presbytie feront également l’affaire !

Dès qu’un joueur déclare qu’il a fini, tout le monde s’arrête de jouer. Si son PoulpyZ est validé, il gagne un cristal (ou directement la carte du jeu, pour aller plus vite). Sinon, les autres joueurs continuent jusqu’à ce qu’ils réalisent un PoulpyZ valide.

Vite, le temps t’accule !

Avoir des yeux de lynx sera nécessaire mais pas suffisant. Eh oui, il vous faudra aussi être rapide comme l’éclair pour repérer et attraper les cartes transparentes qui vous intéressent. Mais repérer une carte peut s’avérer particulièrement trompeur quand on réalise que – transparence oblige – elle était complétée par une partie d’une autre carte située en dessous et ne correspond pas exactement à ce dont vous avez besoin. Du coup, si vous faites de l’arthrose, prenez une dose d’anti-inflammatoires car il va falloir vous montrer assez rapides pour aligner vos tentacules avant les autres. Comme c’est souvent typique de ce style de jeu, les parties sont courtes et s’enchaînent rapidement, il n’est pas rare de jouer sans compter les points, juste pour le plaisir de former des bestioles rigolotes.

Le vent en poulpe !

Le second mode de jeu propose des cartes Objectif un peu plus corsées en y ajoutant une variable : les coquillages. Pour qu’un PoulpyZ soit validé, il faut en effet non seulement qu’il ait le bon nombre de bras et de tentacules, MAIS AUSSI de coquillages autour de lui. N’allez pas croire que l’ajout soit accessoire : cela rend le jeu nettement plus corsé, et demande encore plus d’attention sur la prise des cartes transparentes pour former le PoulpyZ parfait. Très sympa pour les grands marmots !

Sensations de jeu

Une fois les problèmes techniques de table en verre réglés, les lunettes ajustées et les mains prêtes à bondir, les parties s’enchaînent à bon rythme. On cherche… des bras, des tentacules, des coquillages, on en a trop ou pas assez, on se trompe, on repose sa carte, on en prend une autre, on se trompe de sens, on cherche encore… Bref, on joue et on rigole bien. On se pique rapidement au jeu et on veut ses 5 cristaux.

Revers de la médaille, il peut être difficile de jouer avec des enfants d’âge différent sans que les plus petits ou les grands s’ennuient. Comme toujours avec ce type de jeu, il est compliqué d’y associer des personnes aux compétences très différentes sans attribuer d’avantages ou de malus aux uns ou aux autres. Mais quoi qu’il en soit on s’amuse bien, même s’il faut parfois s’inventer des petites variantes maison pour équilibrer les choses.

L’avis de Plateau Marmots (Myel)

PoulpyZ est typique des jeux d’observation rapidité dont le but est de reconstituer une forme le plus rapidement possible, comme Speed Mandala chez le même éditeur. Ce sont des jeux amusants, explosifs, que l’on sort pour des petites sessions pour 10 à 20 minutes de jeu. Rien de forcément spectaculaire, donc, mais des valeurs sûres pour des petites parties rapides et rythmées. La grande force de PoulpyZ, ce sont évidemment ses cartes transparentes, qui apportent un gameplay vraiment différent. On ajoutera à cela les illustrations vraiment réussies et mignonnes ce qui n’était pas forcément gagné à l’avance quand on pense à des poulpes.

PoulpyZ est rapidement installé (et rangé), les parties sont courtes et s’enchaînent à un bon rythme. Le principe des 2 niveaux de difficulté est bien pensé et permet de prolonger l’envie de jouer. Un « bon pti jeu », donc, parfait pour s’ambiancer le temps d’un goûter !

On aime

  • Les illustrations
  • La difficulté évolutive qui fait durer le jeu
  • L’idée maligne des cartes transparentes
  • Beaucoup de cartes étalées ce qui évite les bagarres

On aime moins

  • La question insoluble : si la passion des PoulpyZ, ce sont les coquillages, pourquoi sont-ils récompensés par… des cristaux ?
  • Un écart d’âge trop important des marmots peut être un frein à l’amusement

Le trouver

Fiche technique

« PoulpyZ »

Un jeu de Jean-François Rochas
Illustré par Irina Pechenkina
À partir de 5 ans
De 2 à 4 joueurs
20 minutes
Édité chez Lifestyle Boardgames Ltd

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