Test – Sunny Day

La grisaille vous colle le spleen et vous donne une grosse envie de vacances ensoleillées au bord de la mer ? Alors le moment est venu de venir vous perdre sur l’immense plage de Sunny Day, un jeu de tuiles rigolo et malin.

Sunny Day est un jeu de Manu Palau, illustré par Agsty et Mélanie Desplanches. Sorti en 2018 chez Happy Baobab, il nous arrive aujourd’hui en France par le biais de Ludicorn, un nouveau venu sur la scène du jeu de société pour enfants.

Ludicorn poppidicorn ?

Eh oui, Ludicorn. C’est un nouvel éditeur franco-coréen basé en région parisienne, qui lance son activité avec deux jeux dédiés aux marmots : Sunny Day et Dessus Dessous. Mais il s’agit en fait d’une nouvelle aventure d’édition lancée par deux Ludonautes  (Colt Express, Oh Capitaine, SOS Titanic…).

Eh oui, Ludicorn, c’est avant tout Bruno et Cédric, rejoints par Hicham (Matagot) et KJ (de la maison d’édition coréenne Happy Baobab).

Il y a donc là des années d’expérience et de savoir-faire, et on a hâte de voir tous les trésors que ces « nouveaux venus » vont venir nous présenter.

It’s a beautifouuul daaaay

Sunny Day, premier jeu que nous testons de chez Ludicorn, frappe d’emblée par le soin apporté à son matériel. Si le jeu est composé quasi exclusivement de tuiles, ces dernières sont particulièrement agréables au toucher. Solides et colorées, les tuiles représentent quatre moitiés d’images qui sentent bon l’été (parasols, esquimaux, moulins à vent…) : c’est un vrai plaisir de les manipuler.

Outre les 56 tuiles, le jeu propose également 23 jetons bonus, et une règle de 4 pages qui se maîtrise dès la première lecture.

Le jeu se destine aux enfants à partir de 6 ans, mais il est tout à fait possible d’y jouer bien avant : la règle propose d’ailleurs des aménagements sympatoches pour rendre le jeu encore plus accessible. On y reviendra plus loin.

Mise en place et principe

Le jeu débute par la mise en place d’un tableau de 30 tuiles au milieu de la zone de jeu, et la distribution de 2 tuiles par joueur. Les jetons sont mélangés et placés face cachée, les tuiles restantes constituent la réserve.

Le jeu consiste à compléter des images pour ramasser des tuiles et constituer ensuite un tableau personnel.

À son tour de jouer, chaque joueur choisit l’une de ses deux tuiles et la place contre une (ou plusieurs) tuiles déjà mises en jeu. Pour placer sa tuile, le joueur doit pouvoir compléter l’image contre laquelle il se colle. Il est bien évidemment possible de compléter plusieurs images en une seule fois, si vous insérez votre tuile au milieu d’autres tuiles. C’est d’ailleurs tout l’intérêt du jeu : trouver le meilleur emplacement pour marquer le plus de points possible en un seul mouvement.

Une fois sa tuile mise en place, le joueur ramasse toutes les tuiles qu’il vient de compléter, et il les place devant lui. Pour être plus clair, il ne peut plus toucher à la « sienne », mais potentiellement à toutes celles qui sont autour.

Il pioche alors une nouvelle tuile dans la réserve pour reconstituer sa main.

Ma plage à moi !

Mais attention, le joueur ne place pas les tuiles devant lui n’importe comment ! Il les agence de sorte à reconstituer lui aussi les dessins en accolant des moitiés de symboles. Car à la fin de la partie, il ne suffira pas d’avoir récolté plus de tuiles que ses adversaires, il faudra également avoir plus de dessins reconstitués.

Et c’est là toute la géniale subtilité de Sunny Day : cette double source de points de victoire permet de récompenser l’ingéniosité sur deux niveaux différents. Donc même si vous n’avez pas de chance au moment de la pioche d’une tuile, vous pourrez toujours battre vos adversaires en plaçant judicieusement les tuiles remportées.

C’est vraiment malin et très agréable à jouer.

Soleil et esquimaux

La dernière source de points, ce sont les jetons « bonus » que vous pouvez piocher en complétant une glace ou un soleil. Plus rares, et plus difficiles à assembler, ces motifs vous permettront de piocher un jeton bonus, dont le score (de 0 à + 2) viendra gonfler votre score final. Il est donc toujours intéressant de délaisser provisoirement un duo de parasols pour compléter un soleil ou un esquimau. Dans le pire des cas, vous n’obtiendrez pas de bonus… et vous aurez privé vos adversaires d’en piocher un.

Pas si mal pour un jour ensoleillé.

Une belle journée d’été

Au final, le joueur qui aura donc été le plus fin et le plus opportuniste sur sa pose de tuiles emportera une victoire méritée. On apprécie vraiment l’idée, simple et élégante, de faire provenir les points de deux manières différentes de manipuler les tuiles, sur l’aire de jeu collective, puis sur le tableau personnel. C’est fin, agréable et plus subtil qu’on ne l’imagine. Et la possibilité de piocher un bonus bienvenu conditionne également le choix des tuiles à privilégier.

Il vous faudra donc trouver votre chemin au milieu des tuiles de départ et creuser les galeries qui vous semblent les plus stratégiques pour aller chercher des jolis points.

Petit marmot deviendra grand

La subtilité de Sunny Day, évidemment, prendra un peu de temps pour être assimilée. On jouera donc avec les petits marmots en se contentant de compter les tuiles récoltées. On passera dans un second temps aux jetons bonus, puis à la création du tableau personnel. Mais vous serez surpris de réaliser à quelle prodigieuse vitesse vos marmots seront capables d’assimiler ces règles aussi simples qu’efficaces. Bref, ils sauront vous mettre la pâtée de sable bien plus vite que vous ne l’imaginez.

L’avis de Plateau Marmots

Avec Sunny Day, Ludicorn signe un jeu à la fois élégant, simple et subtil, qui passionnera autant les grands que les petits marmots. Car sous son look un peu naïf se dissimule un excellent jeu d’associations multiples, qui vous invitera vraiment à vous creuser le ciboulot après quelques parties « gentilles ». Car même si vous le découvrirez plus tard, chaque choix de placement de tuile aura un impact majeur sur le déroulement de la partie et sur votre score final. Les vainqueurs seront plus souvent qu’on ne le pense ceux qui sont capables de construire et de visualiser à l’avance leur tableau personnel, souvent négligé par les autres joueurs, focalisés sur les emplacements leur permettant de « gagner de la tuile ». Un jeu dans lequel chacun trouvera son compte et que l’on peut découvrir à son rythme, tranquillement. On regrettera juste qu’un mode solitaire n’ait pas été directement implémenté. Il sera néanmoins facile d’en bricoler un, par exemple obtenir le score maximal avec 15 tuiles, en prenant systématiquement celle du dessus de la pioche. En tout cas, chez nous, ça fonctionne très bien. Un excellent premier jeu pour découvrir Ludicorn !

On aime

  • Un jeu subtil et accessible
  • Fort bien réalisé
  • Une jolie marge de progression

On aime moins

  • Le décompte des points un peu long pour les marmots
  • Un mode solo aurait été le bienvenu

Le trouver

Chez Philibert

Fiche technique

Un jeu de Manu Palau
Illustré par Agsty et Mélanie Desplanches
Edité en France par Ludicorn
Pour 2 à 6 joueurs
A partir de 6 ans

 

 

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