Test – Uxmal

Enfant du soleil, tu parcours la terre le ciel, tu cherches ton chemin, mais n’as pas encore choisi de ta vie ou de ton destin ? Tant mieux ! Uxmal, petite cité florissante aztèque qui s’est bâtie autour de sa pyramide temple cherche justement son nouveau grand prêtre. Bon plan de carrière, ça, avec des devoirs bien définis : prier un petit peu les idoles-dieux, les épousseter de temps en temps, se lever aux aurores pour chanter. Et des bénéfices uniques ! N’as-tu jamais rêvé de récolter les offrandes des villageois en te promenant comme un pacha, respecté et vénéré pour ta proximité avec les dieux ? Que dirais-tu de pouvoir décider des prochains sacrifices ?

Tenté ? N’hésite pas à postuler, mais attention, les épreuves de sélection sont difficiles et tu vas devoir miser sur les bonnes idoles pour frayer ton chemin dans la hiérarchie du clergé local.

Uxmal est un jeu d’Eloi Pujadas, illustré par Mehdi Merrouche et édité chez Blue Orange. Le jeu est donné pour des parties de 25 minutes, pour 2 à 4 grands prêtres à partir de 10 ans.

 

L’esprit du jeu

Pour gagner, vous allez devoir récolter les faveurs des dieux les plus populaires du panthéon, en plaçant judicieusement vos prêtres et en récoltant les bonnes cartes, au cours de 3 âges correspondant aux 3 niveaux de la pyramide.

Dans la boîte, on trouve des tuiles en plastique imprimées aux couleurs des dieux, qui formeront la pyramide, les tuiles des dieux en carton, un plateau pyramide, un plateau score et panthéon, quelques petits prêtres en bois à coiffe aux couleurs des joueurs et de précieuses aides de jeu. Le matériel est de bonne qualité, avec des cartons bien épais, des étages de pyramide agréables à manipuler et des prêtres un peu originaux. En revanche, les cartes Dieux sont un peu petites pour les mains des adultes, on aurait aimé des cartes un peu plus grandes, d’autant que rien dans le jeu ne les oblige à être aussi petites.

Quant aux règles, rien à redire. Multilingues mais seulement 3 pages pour chaque version, très claires et bien illustrées, visuellement dans l’ambiance du jeu. En revanche, il vous faudra un adulte pour expliquer les règles à une troupe de marmots, en montrant les différentes actions possibles, les premières fois.

A son tour, l’aspirant grand-prêtre a le choix entre 4 actions :

  • piocher au hasard une tuile pyramide et la placer en gagnant des cartes dieux
  • placer un prêtre
  • déplacer un prêtre en payant des cartes dieux
  • changer la popularité d’un dieu en payant des cartes à son effigie.

Lorsqu’un étage de pyramide est complété, c’est la fin de l’âge en cours, on procède à un décompte des points et on passe à l’âge suivant.

 

Revenons plus en détail sur chacune des actions

Poser une tuile pyramide est le seul moyen de récupérer des cartes dieux, qui vont servir à faire les autres actions et à gagner des points. Elles seront donc précieuses et rares. Chaque tuile est divisée en 4 cadrans, dont 3 figurent un dieu et le dernier est vide. Lorsque vous placez votre tuile sur le plateau (dont la base est elle-même imprimée de dieux), si vous recouvrez un dieu par un cadran à son effigie, vous pouvez prendre 2 cartes de ce dieu. Si vous placez deux dieux identiques de manière adjacente, vous pouvez prendre 1 carte de ce dieu. Notez que si vous réalisez plusieurs correspondances, vous ne pourrez de toute façon prendre qu’une ou deux cartes d’un seul dieu, donc pas la peine de faire le malin en tentant de réaliser la super combo. Et quand il n’y a plus de cartes, ben il n’y en a plus. Vous ne gagnez pas de carte.

Poser un prêtre sur un cadran dans la pyramide est le meilleur moyen de gagner des points, car chaque prêtre posé sur les 3 dieux les plus populaires de la fin de chaque âge rapporte d’autant plus de points que le dieu est populaire et l’étage de la pyramide haut.

Déplacer un prêtre, orthogonalement, sera peut-être nécessaire si l’ordre de popularité des dieux change et que vous vous retrouvez sur un dieu mal aimé suite à une action d’un de vos adversaires. Vous devez payer une carte par mouvement, sauf si vous « sautez » par-dessus un autre prêtre, ce qui est gratuit.

Dernière action possible et sans doute la plus stratégique : payer des cartes à l’effigie d’un dieu pour déplacer ce même dieu le long de l’échelle de popularité d’autant de cases, en bien ou en mal, que vous payez de cartes.

Le décompte de fin d’âge prend en compte les cartes à l’effigie des deux dieux les plus populaires que les joueurs ont en main : 2 points par carte du dieu le plus populaire, 1 par carte du second, et les prêtres placés sur les 3 dieux les plus populaires suivant l’étage où ils se trouvent. Bien évidemment, plus les prêtres sont hauts, plus les places sont chères, et plus ils rapportent de points s’ils sont sur les bons dieux.

Une précision notable : en mode basique, les prêtres sont rendus à leur propriétaire à la fin de chaque âge, et surtout, les cartes qui ont rapporté des points sont remises à la réserve. On procède à la disgrâce des dieux les plus populaires, c’est-à-dire que les deux dieux les plus aimés partent en fin de peloton et le 3ème dieu dans l’échelle d’amour devient le premier, et hop, on est prêts pour recommencer un tour de chant et de dévotion.

 

Mais alors, tu as aimé, ô grande prêtresse du Serpent à Plumes ?

J’ai trouvé le jeu très agréable à jouer. Le thème se prête vraiment bien aux mécaniques, même si un autre thème aurait très probablement tout aussi bien convenu. Les tons colorés sont très doux, dans un joli camaïeu de marron et de verts et les illustrations vraiment choupinettes. Surtout celles de la couverture, que j’aime personnellement beaucoup.

Tour après tour, on prend plaisir à voir la pyramide se monter, et le jeu a une présence sur la table vraiment sympathique.

Je pense que le jeu est accessible dès 8 ans, mais que ce soit à 8 ou à 10 ans (voire à 15 ou à 45), le marmot qui ne comprend pas l’importance de l’action pour modifier opportunément l’échelle de popularité des dieux sera à la traîne. Comme cette action coûte relativement cher en cartes, elle peut être très punitive, et faire la différence, mais c’est un calcul qu’un marmot aura peut-être un peu de mal à maîtriser.

Au final, le hasard étant peu présent et uniquement via la tuile qu’on prend pour construire la pyramide, ce sont les compétences des joueurs qui feront la différence, et il est très possible que le marmot soit un peu derrière les adultes qui joueront avec lui. Sauf si bien sûr votre enfant est un prodige qui avale des piles de Twilight Imperium au petit déjeuner. Je vous conseille donc, si tel n’est pas son cas, de réserver le jeu à des parties soit entre adultes, soit entre enfants d’âges similaires.

Au passage, je dis que le hasard est peu présent, mais il est tout à fait possible de rater ses derniers coups du fait de la dernière tuile qu’on pioche. Ce qui est potentiellement un peu frustrant et inhérent au design du jeu où on fait de nombreux points dans le dernier âge. Les joueurs qui ont un peu l’habitude tenteront de limiter cet effet en plaçant rapidement leurs prêtres ou en contrôlant l’échelle d’amour des dieux intelligemment.

L’avis de Plateau Marmots

Un jeu sympathique, original, avec une belle présence à table, des mécaniques rapidement assimilables s’ils sont bien expliqués en début de partie et des parties courtes qui s’enchaînent facilement, pour un prix contenu.

Si vous vous mettez dans les bonnes conditions de niveau de joueurs, que vous n’avez pas peur d’être un chouïa frustré si vos 3-4 derniers coups ne sont pas aussi bons que vous le voudriez, vous passerez sans aucun doute un moment très agréable dans l’univers d’Uxmal.

On aime :

  • Voir la pyramide se monter
  • Le matériel très joli
  • La tension du jeu où on doit choisir entre placer des tuiles/gagner des cartes et poser des prêtres rapidement ou influer sur l’échelle de popularité des dieux
  • L’originalité du mécanisme de pose des tuiles pyramide

On aime moins :

  • Pas franchement intergénérationnel si on veut que les joueurs aient des chances égales
  • Les cartes dieux trop petites

Fiche technique

Un jeu d’Eloi Pujadas
Illustré par Mehdi Merrouche
Edité chez Blue Orange
Pour 2 à 4 joueurs
A partir de 10 ans

Pour aller plus loin

Tester la variante où les prêtres ne sont pas repris d’un âge à l’autre, ou la variante où le nombre de prêtres diminue avec l’âge. Nous ne l’avons pas encore fait, mais l’équilibre du jeu en sera certainement modifié.

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