Test – Dekalko

Un matin, à la rédaction :
Pixies : “Une sirène avec un tuba”
Carine : “Mais non, tu vois bien, c’est un requin qui mord la jambe d’un nageur”
Soffy : “N’importe quoi ! c’est le chef qui boit un Long Island dans la piscine hihihi”
*** Vlam *** un gros bruit sourd se fait entendre au fond de la salle et une ombre se profile, avançant d’un pas décidé vers nous ; c’est le chef, et il n’a pas l’air content…
Le Choff : ” Je peux savoir pourquoi vous faites un tel raffut ? Il est 6h30 du mat !”
Soffy : “C’est pas nous, c’est Emy, elle était à la bourre pour son test, du coup elle nous oblige à jouer pour faire les photos…”
Le Choff : “Ah oui, bien. Puisque vous m’avez réveillé, je veux le test de Dekalko sur mon bureau dans 2h, vous êtes prévenus!”
*** Le Chef retourne s’enfermer dans son bureau ***
Plus tard, Pixies nous confiera qu’il avait entendu Olivier grommeler une phrase qui semblait dire : “Cette équipe aura ma peau!”
Moi en chuchotant : “Ah Soffy a raison, de loin, Olivier il ressemble à mon dessin quand il se fâche tout rouge”
Olivier : “Emy, je t’ai entendue… dépêche-toi d’écrire !”
Emy : “Ok Chef…”
Carine : “Bon allez, t’as pas les points, à mon tour de dessiner !”

Vous l’aurez compris, il ne me reste que très peu de temps pour vous présenter Dékalko, un jeu de Sébastien Décad et de Robert Fraga, chez Tiki Editions, à destination des petits dessinateurs en herbe de 8 ans et +. Parce que si je ne me dépêche pas, le chef va me virer de la rédac’ et vous n’aurez pas l’occasion de découvrir ce jeu d’ambiance, parfait pour vos soirées en famille, cet été.

Quand dessiner devient un jeu d’enfant !

Dekalko est un jeu de dessin où le but va être de faire deviner aux autres participants ce que vous aurez griffonné sur votre feuille. Rien de bien original jusque là. Soffy vous en parlait d’ailleurs dans le test de Draw’n’Roll, le principe du Pictionary est de plus en plus décliné dans les jeux de société et commence à se frayer un chemin auprès des marmots avec de nombreuses références sur nos étals.

Alors, vous me direz, en quoi Dekalko se distingue de ses homologues ?

Et bien c’est simple : dans ce jeu, on va jouer à “dessinez, devinez, c’est gagné” mais sans avoir besoin de savoir dessiner ! Ici pas besoin de se sentir l’âme d’un Picasso, car on va décalquer et ça, tout le monde sait le faire. Qu’on soit petit ou grand, jeune ou plus vieux, Dekalko est donc un jeu qui, sur papier, promet de rassembler tout le monde autour de la table, un premier bon point pour lui !

Du coup, dans la boite, on retrouve 100 cartes photos recto/verso qui représentent les dessins que l’on va devoir décalquer, des cache photos numérotés de 1 à 4 (qui serviront à cacher la photo initiale) ainsi qu’une feuille de score effaçable pour noter les points de chaque manche.

Concernant le matériel pour griffonner nos chefs-d’oeuvre, puisqu’on ne dessinera point, pas de bloc de papier ni de crayons de bois, comme on peut le retrouver dans le bon vieux Pictionnary. A la place, on découvre des enveloppes fenêtrées et des feutres effaçables.

Je vous le dis, ce qui saute aux yeux à la première ouverture de boite, c’est que le matériel est Tip Top : les fenêtres des cartes sont assez épaisses et les feutres s’effacent super bien, ne laissant aucune coloration bleuâtre sur le plastique.

Tiki Editions a d’ailleurs inclus des petites éponges pour effacer nos dessins entre deux manches et elles marchent tellement bien qu’on aurait tous rêvé d’en avoir des comme ça dans notre trousse, à l’école primaire. Je vous jure, c’est un vrai régal ! (Fin du quart d’heure nostalgie).

Et rien que pour ça, je lui attribue son deuxième bon point !

La règle du jeu, quand à elle, se compose de 4 pages sur lesquelles les auteurs et illustrateur ont multiplié les exemples en image, limitant la place du texte. Le principe du jeu est donc rapidement compris et expliqué, même aux plus jeunes marmots et la partie peut démarrer à peu près 10 minutes après l’ouverture de la boîte.

Pour la préparation du jeu, c’est très simple : vous mettez le tas d’images au milieu de la table, vous empilez les cache-photos (dans l’ordre décroissant indiqué par la règle – fonction du nombre de joueurs) juste à coté, vous distribuez le package “pochette fenêtrée + 1 feutre + 1 éponge magique” ainsi qu’une carte photo à chaque participant et la partie peut commencer.

La mise en place est donc aussi facile que l’apprentissage des règles : hop, troisième bon point pour Dekalko !

Dekalko, à fond la forme !

Au top depart, les joueurs vont donc devoir décalquer l’image qu’ils ont devant les yeux le plus rapidement possible. Une fois leur chef-d’oeuvre abouti, ils crient “terminé” et s’emparent d’un des cache-photos disponibles au centre de la table et l’insèrent dans la pochette, par dessus la carte photo afin de cacher le dessin initial.

Vous l’aurez donc compris, nul besoin de vous embarrasser des détails, car Dekalko est d’autant plus un jeu de rapidité qu’un jeu de dessin.

Il va falloir être le premier à terminer son oeuvre pour rafler le maximum de points : outre les deux points attribués pour avoir deviné l’image de ses camarades, le dessinateur pourra rafler des points bonus en fonction du temps qu’il aura mis pour terminer son propre croquis. Plus on sera rapide à décalquer donc, plus le cache photo que l’on va attraper aura un chiffre élevé : par exemple, dans une partie à 3 joueurs, le premier joueur à terminer aura le cache 3 , le second le cache 2 et le dernier le cache 1. Le chiffre représentera le nombre de points bonus que l’on marquera si les autres joueurs devinent ce que l’on a tenté de dessiner.

Mais attention, interdiction de rajouter des traits ou des détails : votre dessin doit strictement se conformer à l’image initiale, pas plus. Sous peine de voir votre oeuvre disqualifiée !

Si dans les premières parties, Marmot aura tendance a faire des dessins soignés, terminant souvent dernier, représentant les moindres petits pétales de fleurs et les motifs sur les vêtements du personnage (vous le sentez le vécu ?) il comprendra assez vite que s’il ne se dépêche pas un peu, il n’a aucune chance d’être sacré “décalqueur” (comme dirait mon fils) de l’année. Et les parties suivantes, les images étant généralement assez simples, vous aurez droit, tout à coup, à l’exact opposé… les formes, point barre.

Là où vous nourrissiez de grands espoirs d’inscrire Marmot aux beaux arts la veille, le voici d’un coup en train de vous présenter une oeuvre digne d’une rencontre entre Picasso et un élève de de maternelle 1ère année : 2 ronds, 3 traits et 4 points. Et c’est là que le jeu devient drôle !

Car on aura, d’un côté, les parents qui veulent à tout prix trouver la signification de ce joyeux bordel et de l’autre, Marmot qui, tout fier de vous présenter son oeuvre, n’envisagera pas une seconde que vous ne puissiez pas deviner.
Allez, pour le plaisir, une petite tranche de vie partie :
– Je dirai des rochers empilés, non ?
– C’est une coccinelle chéri ?
– Mais vous êtes nuls !!! C’était une tortue…
– Une tortue t’es sûr ?,  penchant la tête comme pour essayer de voir l’invisible à l’oeil nu.
Ben oui tu vois bien, là c’est sa tête (NDLR : sans les yeux Of course), là c’est sa carapace (NDLR : un gros rond quadrillé) et là ses 4 pattes !
Ahhhh oui…. Maintenant que tu le dis….

Bref, dans l’optique d’aller vite, il faut faire des choix, et les choix des marmots ne sont pas toujours pertinents : là où on déciderait de se concentrer sur le dessin d’un palmier et de l’eau pour faire deviner une île, lui décidera qu’il était plus judicieux d’essayer de décalquer les microscopiques coquillages et le sable à coup de milliers de petits points.

Et c’est exactement en ça que Dekalko est un super jeu d’ambiance, car on revit, à chaque nouvelle manche le fameux “Ah mais ouiiiii bien sûr !!” de la réponse qui apparait enfin évidente… une fois qu’on a pu voir le dessin initial !

 

Etre un artiste, c’est rechercher la perfection… ou pas !

Dekalko est, à mes yeux, un formidable moteur de rassemblement inter-générationnel. Et ça, à la maison, on adore !

Car ce n’est pas toujours évident de rassembler les marmots de 7-8-9 ans et les grands-parents de 60 ans et les arrière-grands-parents de 90 ans autour d’un même jeu. Et que tout le monde s’amuse. Dekalko y arrive très bien et ça crée de magnifiques souvenirs de parties aux marmots. De ces fous rires dont on se souvient encore des années plus tard.

 

Même si les adultes iront souvent plus vite que les enfants pour décalquer et prendront le temps de dessiner LE détail qui permet de deviner à coup sûr, et bien pour autant, ils ne gagneront pas forcément. Parce que les enfants vont devoir deviner ce que les adultes ont tenté de décalquer et que leur champ de référence sera forcément plus limité.
A l’inverse de la tortue, là où vous aurez dessiné un super cigare avec le sceau qui va bien et les cendres allumées au bout, Marmot lui y verra une baguette de pain enroulée dans du papier avec les miettes du quignon arraché en sortant de la boulangerie (allez avouez que vous aussi vous faites ça !) Du coup, pas de points non plus pour vous et au final, le talent résidera dans le meilleurs en dessin “le plus nul”, avec les fous rires qui vont bien à chaque nouvelle manche. Et très peu de frustration pour les marmots qui ne sont pas à l’aise en graphisme.

Cependant, parce qu’il faut bien chipoter un peu, j’ai trouvé que les cartes dessins sont parfois assez inégales en terme de difficulté : certains dessins ont de multiples éléments, et d’autres des thèmes très (trop?) faciles et bien souvent, les cartes plus simples ne se retrouveront pas entre les mains des marmots qui peuvent alors se décourager. A vous alors de prendre le temps de leur montrer, a posteriori, comment prioriser certains éléments sur d’autres afin qu’il puisse gagner du temps sur les prochaines manches et ne pas se retrouver systématiquement avec le cache à 1 point.

Un jeu familial, mais pas trop

Comme tout bon jeu d’ambiance, le jeu est prévu pour être jouable jusqu’à 6 dessinateurs.

Pour ma part, je ne l’ai testé qu’à 3 et 6 joueurs et il fonctionne bien dans les deux configurations. Allez je vous avoue un secret, j’ai quand même poussé jusqu’à le tester en duel car je ne voyais rien qui aurait pu perturber le bon fonctionnement de la partie.
Concrètement, si c’est le côté ambiance que vous recherchez, privilégiez les configurations à 4 joueurs et + car c’est dans l’absurdité des dessins (et des réponses) faits à la va-vite pour rafler les meilleurs cache-photos que va naître le fun du jeu.
A moins de 4 joueurs, je dirai que ça en fait un bon jeu pour se détendre, sans grande prise de tête. Le côté rapidité se ressent moins car l’écart entre les points des différents cache-photos est moindre et donc, forcément, on prend plus le temps de soigner ses dessins pour être sûr de faire deviner.

Que ce soit à 3 ou 6 joueurs, les parties s’enchaînent vite et on a vraiment une envie d’y revenir encore et encore, surtout en cette période estivale où les vacances en famille sont propices à prendre le temps et à enchaîner les jeux.
La difficulté que nous avons rencontré à la maison, sur les dernières parties, c’est qu’en jouant plusieurs parties d’affilée à 6 joueurs, la pile de dessin s’est épuisée (en 8-9 parties) et les dessins du début sont revenus dans la course, ce qui a rendu le jeu très, voire trop facile, même pour mon loustic (qui a une mémoire d’éléphant). Je pense donc que c’est un jeu qu’il ne faut pas hésiter à faire tourner dans son cercle de connaissances , auprès de plein de marmots et de joueurs différents pour s’assurer de garder le côté “fun” sur le long terme. Ou alors espérer très fort qu’une extension voit le jour rapidement pour renouveler l’expérience de jeu !

 

L’avis de Plateau Marmots :

Dekalko est un excellent jeu d’ambiance qui vous permettra de rassembler des joueurs de tout âge autour de la table : annoncé pour des marmots de 8 ans et plus, il est jouable à partir de 6-7 ans (niveau CP) si votre enfant n’est vraiment pas allergique au graphisme et qu’il est à l’aise avec un crayon.
Vous pouvez également décider de jouer en équipe ou de ne pas compter les points des cache-photos pour intégrer les marmots les plus jeunes sans qu’il n’y ait de réelle frustration pour eux.

Mais, dans tous les cas, le côté “semi-collaboratif” gommera rapidement le côté compétitif et sur la fin, vous n’aurez même plus envie de compter les points. Juste de décalquer puis d’essayer de deviner ce qu’a dessiné le copain, et ça donnera lieu à de super tranches de rigolades en famille.
Le fait que les actions de chaque manche se jouent en simultané permet de ne jamais perdre l’attention des marmots qui suivent le mouvement et sont de plus en plus à l’aise et rapides au fil des parties. Ils ne décrochent pas et deviennent rapidement des adversaires redoutables. Et nous, on aime les jeux où adultes et enfants sont sur un pied d’égalité !

Le seul petit regret que j’émettrais, pour ma part, sera l’absence de paravents qui permettraient de cacher ce que l’on est en train de dessiner car les marmots ont parfois souvent, les yeux qui traînent et savent à l’avance qui a dessiné quoi. Mais ce n’est qu’un détail, car ils comprendront vite qu’essayer de tricher au lieu de se dépêcher de décalquer leur fera perdre de précieux points au moment du décompte final !

Pour conclure, je dirai donc que pour un prix plus que correct (au vu du matériel fourni), si vous êtes à la recherche d’un jeu pour cet été, foncez ! Vous ne serez pas déçus.

On aime :

  • Un jeu où on rigole un peu-beaucoup-tout plein !
  • Un matériel très très qualitatif
  • Un jeu qui rassemble parents, enfants, grands-parents et arrière-grands-parents !
  • Peu de frustration pour les marmots les plus jeunes car savoir dessiner n’est pas utile.

On aime moins :

  • Le nombre de cartes photos qui, bien que conséquent, peut vite être insuffisant à 5-6 joueurs
  • L’absence de paravent pour cacher ce qu’on dessine
  • Un jeu qui peut briser des rêves de carrières dans les beaux arts !

Pour le trouver

Chez Philibert
Chez Parkage

Fiche du jeu

Un jeu de Roberto Fraga et Sébastien Decad

Edité chez Tiki Editions

Conception Graphique : Ian Pavorel
Pour 3 à 6 dessinateurs en herbe (mais jouable à 2)
De 8 ans et plus (dès 6-7 ans si Marmot est à l’aise avec un crayon)

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