Test – Flying Kiwis

Un jour, donc, une bande de Kiwis décide d’aller voir ailleurs s’ils y sont. La nouvelle-Zélande, c’est cool, certes. Mais ailleurs, ça doit pas être mal non plus. De plus, les oiseaux migrateurs qui planent au dessus de leurs têtes n’ont de cesse de les narguer et se de moquer de leurs ailes atrophiées. “Toi t’es un oiseau mi-gratteur ? Comme c’est moignon !” Trop c’est trop, disent les Kiwis ! On ne peut pas voler, certes, mais on peut quand même aller vadrouiller ! L’un d’eux eut alors une idée incroyable : “Dites-les amis ! Et si on se faisait passer… pour des kiwis !”. L’idée fut trouvée géniale. L’aventure était donc lancée. Plus que lancée, même, elle était catapultée.

Flying Kiwis est un jeu de Marco Teubner et Frank Bebenroth, édité par Huch! et distribué en France par Atalia. Il est jouable pour 2 à 4 joueurs, à partir de 5 ans. 

Aptéryx et périls ! 

Honnêtement, rares sont les pitchs de jeux pour enfants qui m’ont autant donné l’impression que j’allais voir un film d’animation. Nous avons donc des Kiwis (les oiseaux-qui-volent-pas) qui décident de se faire passer pour des kiwis (les fruits poilus) afin de pouvoir prendre l’avion. Pour parvenir à leurs fins, les oiseaux doivent se propulser dans une caisse de fruits qui va bientôt être expédiée. Le seul truc, c’est que chaque Kiwi veut avant tout voyager en compagnie de ses copains, et il faudra donc essayer de les regrouper dans la caisse avant que le départ ne soit donné.

J’avoue que  rien qu’à cette lecture, je vois déjà la petite lampe de Pixar s’agiter.

Mais Flying Kiwis n’est pas – encore – un film d’animation, c’est avant tout un jeu d’adresse. Chaque joueur va devoir s’employer à catapulter ses Kiwis au bon endroit, et si possible sur ceux des adversaires. Mais j’anticipe.

Des kiwis bien kawaïs

La boîte de Flying Kiwis ressemble donc férocement à… une caisse de transport pour fruits exotiques, avec petits casiers individuels et paille dans le fond pour que les fruits ne s’abîment pas. C’est franchement très joli et cela donne tout de suite envie de jouer. Le montage est rapide et ne présenta aucune difficulté. Flying Kiwi est un jeu où l’on joue dans la boîte, et j’adore quand on joue dans la boîte. 

Outre cette boîte, justement, le jeu se compose de 40 jetons kiwis déclinés en 4 couleurs, et de 4 rampes de décollage composées d’une planche de carton et d’un élastique.

La règle est simple et très accessible. Presque trop, on a envie de dire, car plusieurs idées de variantes nous sont venues en jouant. On y reviendra, mais Flying Kiwis est très facile à adapter pour des parties plus courtes ou plus longues, en fonction de son humeur.

Aille beulive aille canne flaille

Le but du jeu consiste à catapulter des kiwis de sa couleur dans la caisse, afin de former un carré de 4 kiwis de la même couleur. Sur le papier, ça n’a l’air de rien, mais en pratique, c’est franchement plus complexe que ça en a l’air. Et ce, pour deux raisons.

La première, c’est que si l’expédition de kiwis innocents dans les airs est franchement rigolote, la visée n’en demeure pas moins aléatoire. Il faudra beaucoup de pratique pour parvenir à doser son effet sur l’élastoc’ et atteindre la boîte sans expédier le jeton à 200 mètres de la cible. Et il en faudra davantage encore pour viser une case précise.

La seconde, c’est qu’il est toujours possible de recouvrir le kiwi d’un adversaire, l’empêchant ainsi d’achever son “carré”. Seul le kiwi “visible” compte, tant pis pour ceux qui sont en dessous. C’est cruel, certes, mais très rigolo.

It’s raining Kiwis !

Pour jouer, chaque joueur dispose la catapulte devant lui. La boîte de jeu est placée au centre de la zone de guerre. Une fois le départ donné, chacun peut tirer à sa guise. Il ne s’agit pas de tour par tour et aucune règle d’engagement n’est à respecter : on peut donc faire pleuvoir les kiwis comme bon nous semble.

Expédier ses kiwis le plus vite possible augmente sensiblement les chances de victoire, mais vous risquez aussi de voir vos kiwis recouverts par des adversaires plus patients.

Tant que tous les kiwis ne sont pas tombés dans la boîte, il est possible de les récupérer et de les relancer. En revanche, une fois que tous les kiwis de chaque joueur sont dans la boîte, la partie cesse immédiatement.

Comment qu’on gagne ?

Le premier joueur qui parvient à créer un “carré” de 4 kiwis emporte immédiatement la partie et met fin aux hostilités fructo-aviaires. Encore faut-il qu’il le déclare assez fort pour arrêter les tirs nourris de kiwis pour faire constater sa victoire aux autres joueurs.

Si tous les kiwis sont dans la boîte mais qu’aucun carré de 4 kiwis de la même couleur n’a été formé, alors on décompte les points. Chaque joueur prend, dans la boîte, les piles de jetons surmontées par un kiwi de sa couleur. Celui qui cumule le plus grand nombre de kiwis l’emporte alors (mais bon, c’est moins “classe”, évidemment).

Kiwi kiwi kiwiiiiiiiiii

Les sensations de jeu sont forcément excellentes et rappellent assez celles de Pool Party, sorti chez Blue Orange. La différence ici, c’est qu’il ne fait pas se contenter d’atteindre la boîte : il faut viser DANS la boîte. C’est honnêtement compliqué, et même si les tirs s’affinent au fil des parties, réaliser un carré parfait au milieu des kiwis qui volent en tout sens tient parfois de la haute voltige. Le jeu est donc bien plus stratégique et demande à être appréhendé différemment. 

Du point de vue des marmots, la seule chose que l’on pourra reprocher à ce jeu, fort bien réalisé au demeurant, c’est sa difficulté. Il nous a fallu 5 ou 6 parties pour commencer à réaliser des “carrés”, et je ne sais pas trop si c’était dû à la pratique ou à la chance. Toucher la boîte, c’est à la portée de tous. Mais viser une zone précise, c’est quand même un peu plus chaud pour des enfants de 5 ans.

Le jeu demande en effet beaucoup d’application, et les marmots les plus jeunes auront souvent du mal à viser juste, surtout au début. heureusement, il est très simple d’adapter le jeu…

Des variantes pour Flying Kiwis

Si la règle ne propose aucune variante, nous allons néanmoins prendre le risque d’en proposer une ou deux.

– Puissance 3 !

Pour jouer avec des petits de 4-5 ans, aligner 3 pions de la même couleur sera un challenge déjà bien assez corsé. Passez à 4, quand vous trouverez que les parties sont trop courtes, mais vous avez le temps de voir venir. Vous pouvez même accepter les diagonales, si ça peut aider.

– Slow motion

Lorsque vous commencez à jouer avec les petits, jouez au tour par tour plutôt qu’en simultané. On perd le côté frénétique, mais c’est plus jouable pour les marmots qui n’ont pas encore une méga cadence de tir. Bref, on joue chacun son tour, et on prend son temps pour viser, sans stress.

– Jeu par équipe

Si vous pouvez jouer à 4, associez-vous ! Faire un carré avec une seule couleur, c’est chaud. Mais en jouant à 2 contre 2, un carré bicolore, c’est nettement plus jouable.

– Bombe amorcée

Chaque joueur a la possibilité de placer un jeton de sa couleur a l’emplacement de son choix dans le plateau de jeu. De quoi amorcer la partie.  

L’avis de Plateau Marmots

Flying Kiwis est au final un jeu d’adresse franchement sympatoche, qui sera souvent dégainé par les plus grands pour déterminer qui paie l’apéro. Il y a le côté fun de la visée, du tir, et le côté stratégique de la figure à réaliser. C’est franchement rigolo, ça vole de partout et on se régale de la tronche de ces kiwis, illustrés avec humour et talent. Côté marmots de 4-6 ans, en revanche, difficile de réaliser des tirs réguliers sans beaucoup d’entraînement, ce qui demande une patience que les enfants n’ont pas toujours. Le jeu peut donc s’avérer frustrant, surtout s’ils affrontent des adultes. 
Il suffit pourtant d’abaisser un tout petit peu la difficulté des règles pour rendre le jeu à la fois plus accessible et plus fun pour les plus jeunes : dommage que la règle ait fait l’impasse sur ce point.

Mignon et bien réalisé, Flying Kiwis saura faire marrer toute la famille pour des pauses goûters ou apéro vraiment réussies. Après faudra aller chercher les kiwis égarés sous le buffet du salon. Transformez ça en “chasse aux trésors”, sorte de jeu dans le jeu, et vous aurez réussi votre partie ! Vous l’aurez compris, en tenant compte de l’âge et des capacités des joueurs, on passe tous un excellent moment avec ses oiseaux qui ne volent certes pas, mais qui planent carrément bien !

On aime

  • C’est franchement joli
  • Jouer dans la boîte
  • Faire voler des kiwis
  • Le fun immédiat garanti
  • Recouvrir les jetons des adversaires
  • Atteindre la case visée, toujours grisant

On aime moins

  • Un peu déséquilibré pour les petits
  • Visée parfois imprécise
  • Le ramassage de pions sous la table 

Fiche technique

Un jeu de Marco Teubner et Frank Bebenroth
Illustré par Frank Bebenroth
Edité par Huch! et Atalia
Pour 2 à 4 joueurs
A partir de 5 ans (voire 4)
Dispo chez Philibert

2 pensées sur “Test – Flying Kiwis

  • 21 septembre 2018 à 10 h 23 min
    Permalink

    Autre variante possible : quand un joueur a tous ces kiwis dans la boite, il compte doucement jusqu’à dix, et à la fin du décompte, la partie s’arrête…

    Répondre
    • 21 septembre 2018 à 22 h 26 min
      Permalink

      Ah pas mal, oui. On va essayer, tiens.

      Répondre

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