Test – Ice Team

Avez-vous déjà vu un ours blanc jouer à Saute-Ourson ? Moi, non. Mais il est vrai que je n’en ai jamais vu sur la banquise, en liberté. Et ces petits cachottiers se réservent peut-être pour des moments où ils ne sont pas observés. Alors heureusement que les imaginations fertiles de The Flying Games et des immensissimes Bruno Cathala et Matthew Dunstan sont là pour nous permettre d’incarner une équipe de joyeux ursidés à écharpes, dans leur état naturel. C’est-à-dire totalement sous amphèt’, si vous voulez mon humble avis.

Mais alors donc, de quoi que c’est-y qu’on parle, au juste ?

Eh bien, du dernier opus de la gamme Jeux à Deux familiaux de The Flying Games, après Little Big Fish et Jurassic Snack, version standard et XXL. Et avant Jurassic Snack II, le retour du fils de la revanche, à propos duquel l’éditeur ne se prive pas de fuiter suffisamment d’infos pour nous frustrer passablement que le jeu ne soit pas déjà sorti. Voir notre news ici.

Quel rapport avec des ours et avec du rififi sur la banquise, allez-vous me demander ? C’est très simple. Nos copains ours-à-écharpes ont décidé de faire la course pour ramasser des poissons.  Ils veulent en avoir le plus possible à l’arrivée. Ice Team est un jeu pour deux joueurs, une durée d’une vingtaine de minutes et pour un prix d’une vingtaine d’euros.

Et qu’est-ce qu’il y a dans la boîte, hein, dis ? Ça se mange ?

On retrouve dans Ice Team les mêmes ingrédients éditoriaux que ceux qui avaient fait la saveur de ses grands frères : un plateau modulaire et des tuiles banquises. L’intérêt, c’est bien évidemment de pouvoir changer la configuration d’une partie à l’autre pour une rejouabilité optimale. Le jeu propose également deux dés poissons, des jetons poissons recto-verso et, surtout, des figurines d’ours toutes mimis, avec des écharpes bleues et rouges pour distinguer les deux équipes. On notera, c’est important, que les ours ont des yeux un peu fous, dans le vague, comme si le hareng n’était pas le seul truc qui avait été fumé sur la banquise. 

L’ensemble est illustré de main de maître par la talentueuse Camille Chaussy, qui avait déjà officié sur Jurassic Snack et n’en est plus à son coup d’essai avec une belle brouette de jeux tous plus plaisamment illustrés les uns que les autres. Bon, ok, j’avoue, je suis limite (limite !) amoureuse de cette artiste, donc je suis peut-être un peu biaisée. Mais si vous avez aimé les airs placides, voire nouilles, des diplodocus de Jurassic Snack et le petit côté un peu pervers du T-Rex du même jeu, vous devriez être en terrain familier. Même les pingouins (car oui il y a des pingouins aussi) et les poissons ont cet aspect délicieusement à la rue des animaux issus du pinceau doux-dingue de Camille.

Côté qualité, on est là encore dans du The Flying Game, de la bonne facture au carton épais et aux figurines agréables à manipuler, même si je vous déconseille fortement de manger les jetons poissons, car, comme chacun le sait, le poisson, c’est pas bon.

Bon, alors j’ai deux équipes d’ours et des pingouins et du poisson à gogo et la banquise… Mais je fais quoi de tout ça ?

Chaque joueur dispose de deux actions de déplacement à son tour.  Il applique les effets de la tuile d’arrivée de son ours à l’issue de chaque déplacement. Polyvalents, nos ours savent :

  • marcher = se déplacer sur une tuile adjacente inoccupée
  • nager en ligne droite entre deux tuiles
  • effectuer un Saute-Ourson, à la manière du jeu de dames, par-dessus d’autres congénères.

Les effets des tuiles d’arrivée sont assez variés :

  • soit il ne se passe rien
  • soit on peut refaire un déplacement
  • soit faire congeler son poisson par des pingouins  (« il est frais, il est frais mon poisson ! »)
  • soit piller un igloo non fouillé et lancer un de ces fameux dés pour récupérer du poisson ou chiper du poisson non congelé à son adversaire.

Restent enfin les tuiles dérivantes, qui permettent de parcourir les mers tel un ours pirate à bord de son navire de glace. Et qui n’a jamais rêvé d’être un ours pirate, je vous le demande ?

Lorsqu’un ours arrive sur la tuile d’arrivée, son propriétaire peut encore jeter deux dés et choisir celui qu’il préfère pour en appliquer les effets.

La partie s’arrête lorsque les 4 ours d’une équipe ont rejoint l’arrivée. Tout le monde compte ses poissons et le joueur qui en a le plus remporte la partie.

Photo prise à Cannes de la version XXL 🙂

Bon, donc des ours aux yeux fous font la course pour attraper des poissons aux yeux hagards, aidés par des pingouins congeleurs… c’est pas un peu le bazar, ton histoire ?

J’admets avoir pensé que les équipes créatives de The Flying Games, dans leurs recherches de thèmes, ont probablement abusé de certaines substances limite licites dans nos frontières. Mais là n’est pas le sujet.

L’important, c’est que l’on retrouve le talent de Môssieur Cathala dans le dosage des actions de jeu. Un petit twist pour contrebalancer l’avantage du premier joueur, des possibilités tactiques fourbasses de blocage du copain, des règles simples pour un jeu de positionnement et de course moins trivial qu’il n’y parait, et un zeste de chance pour éviter que le parent qui joue contre son enfant soit trop avantagé. En festival, sur la version géante qui attirait l’œil, j’ai d’ailleurs vu des enfants sèchement aplatir leurs aînés, leur réclamant ensuite une nouvelle partie. De ce cocktail, je suis persuadée que Matthew Dunstan est tout autant responsable, mais j’avoue moins bien connaître ses productions.

Vous l’avez donc compris, pour moi, ici encore, c’est un jeu qui mérite pleinement sa place dans ma ludothèque, au côté des autres opus de la gamme, pour jouer contre un adulte ou une de mes marmottes, en attendant que le futur marmot en cours de production soit suffisamment vieux pour faire autre chose que mettre les ours dans sa bouche. Oui, je suis en mode 36 15 mylife mais j’assume épicétou.

Ice Team est beau, court, fun, tactique, pas cher et il s’y passe toujours quelque chose. Tout simplement.

On a aimé

  • Beau
  • Fun
  • Court
  • Règles simples mais jeu pas trivial

On a moins aimé

  • On regrette de ne pas avoir « Pole Position » dans le titre
  • Quel animal sain d’esprit mange du poisson ?

Le trouver

Chez Philibert

Fiche technique

Un jeu de Bruno Cathala et Matthew Dunstan
Illustré par Camille Chaussy
Édité par The Flying Games
Pour 2 joueurs
A partir de 8 ans

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