Test – Mosquito Show

« 2h30 du matin à Séoul. Tu t’es couchée à minuit, cela fait donc 2h30 que tu dors comme une bienheureuse, logique.

Oui mais voilà, ta malédiction t’a rattrapée et tu entends le fatidique petit bzzzz qui t’annonce que tu n’es pas toute seule dans la pièce. Oui, dans un demi-sommeil, tu réalises qu’un anophèle femelle en veut à ton précieux fluide vital.

 Tu croyais que partir à des milliers de kilomètres de chez toi allait te préserver de l’attaque des monstres à ailes, mais c’était bien naïf, oh oui.

Te voilà donc tout à fait réveillée maintenant. Il est 2h31 et tout un tas d’imprécations te sont passées par la tête. Le bzzz est toujours là, toujours aussi insistant.

Là, tu te dis que soit tu laisses la bestiole te voler du sang et tu te rendors, soit tu t’engages dans une lutte à mort dont un seul doit ressortir vivant, si possible toi, quand même. Et puis comme tu te rends compte qu’en fait, tu t’es déjà fait piquer 3 fois sur le même pied (rognetudiou), tu décides de ne pas te laisser faire. »

La suite de ce combat bouleversant, épique et haletant au milieu d’une ville tentaculaire appartient au passé. Ce qui appartient au présent, en revanche, c’est l’insistance de ces petites bestioles à venir me taquiner l’oreille, où que je sois, à peu près à toutes les périodes de l’année où l’on trouve des moustiques et même en dehors. Je suis maudite.

Aussi, lorsque j’ai appris que le nouveau jeu de la gamme 2 joueurs de The Flying Games s’appelait Mosquito Show, j’ai d’abord été intriguée. Poursuivant ensuite mes investigations, j’y ai vu l’occasion de me venger de toutes ces années de brimade moustiquienne.

Un jeu de moustiques qui pourrait bien faire le buzz ? Ça ne donne pas le bourdon !

Et je m’arrête là, sinon on va croire que le chef (que tous les pizzaiolos de Cannes chantent ses louanges) a déteint sur moi.

Mosquito Show, dernier né de la gamme à 2 de The Flying Games, est sorti tout droit de l’imagination de deux presque inconnus, Bruno Cathala, qu’on ne présente plus, et Andrea Mainini (la Voie des Pandas, excusez du peu). Illustré par la toujours aussi talentueuse Camille Chaussy, le jeu est donné pour des parties de 10 minutes, à partir de 8 ans.

Pour l’emporter, les joueurs devront s’affronter à grands coups de caméléons et de toucans, mangeant joyeusement des moustiques (vengeance !!) sur leur chemin, et tentant de se bloquer mutuellement.

 

Bzzz, bzzzz, ça buzze dans la p’tite boîte ?

Du format habituel des autres jeux de la gamme 2 joueurs, la petite boîte carrée à la couverture pleine de couleurs révèle un contenu chatoyant et faste : un plateau jungle avec 9 petites mares entre 16 grosses cases végétales, 27 jetons moustiques en carton bien épais, un livret de règles, et, surtout, les quatre héros du jeu, LES BESTIOLES !

En effet, 2 équipes de toucans et caméléons orange et bleus vont se défier tout au long de la partie. Comme d’habitude pour cette gamme, les figurines en plastique solide des animaux sont superbes, et même encore plus grandes ici. Le caméléon a l’air totalement ahuri, et le toucan un peu plus fourbe dans ma tête. Les couleurs pètent, les orange sont vifs, les bleus bien marqués. L’ensemble attire irrésistiblement l’œil, des petits comme des grands. Pas de panique néanmoins, les bestioles sont tellement grandes que ce n’est même pas grave si votre mini marmot de 6 mois commence à attraper et léchouiller une figurine pour se faire les dents, il n’y a a priori pas de danger pour leur mini-pattes, même si ce n’est pas fait pour ça, Jean-Kévin !

Chaque moustique a aussi une personnalité propre : les ahuris, les méchants, les endormis, etc. Une fois encore, l’illustratrice a su croquer un univers très vivant, au style reconnaissable et unique.

 

Ok mais j’ai faim ! Comment on mange les moustiques ?

Au cours de la partie, les deux équipes adverses vont tenter soit d’amasser 9 moustiques dorés, soit de bloquer le copain d’en face pour l’empêcher de bouger, ce qui entrainera aussi la fin de partie et verra repartir le concurrent bloqué tête basse, la queue de caméléon entre les jambes.

La mise en place est très rapide : on déplie le plateau, on mélange les jetons face moustique cachée et on en place 3 par mare. Certains moustiques sont timides et se cachent sous les nymphéas, les autres sont plus exhibitionnistes et sont révélés dès qu’ils sont en haut d’une mare. Les joueurs placent leurs animaux tour à tour et go les mosquitos !

A son tour, le joueur devra déplacer un de ses animaux, puis ce sera le tour du joueur suivant.

Chaque type d’animal se déplace différemment. Le caméléon mange un moustique autour de lui, applique son effet, puis se déplace d’une case orthogonalement. Le toucan se déplace diagonalement en mangeant les moustiques sur son chemin, d’autant de cases qu’il le souhaite, tant qu’il y a des moustiques à manger sur la diagonale. Puis son propriétaire applique les effets des jetons mangés, dans l’ordre qu’il souhaite.

Les effets des moustiques sont de différents types : déplacer des jetons moustiques, déplacer ses bestioles, obliger l’adversaire à jouer une de ses bestioles au prochain tour, enlever un jeton de la partie.

La particularité du jeu est qu’il faut manger pour se déplacer. Aussi, vider une mare est un bon moyen de bloquer son adversaire, tout comme l’entourer de ses propres bestioles, car il est interdit d’occuper une case avec plus d’un animal.

 

Bon, mais alors, bzzzz, ça marche bien, ce bzzzzzz jeu ?

Les tours s’enchaînent facilement car les actions sont ultra simples à assimiler. Pour autant, le jeu n’est pas simpliste et les possibilités de blocage le rendent plutôt stratégique.

« Heureusement », une part de hasard permet de rééquilibrer les chances, et le marmot de 7-8 ans s’en tirera bien face à un adversaire adulte. Je ne le conseillerais pas pour moins, car il faut quand même garder un œil sur la réserve de moustiques de son adversaire et ce n’est pas forcément ce qui vient à l’esprit d’un marmot plus jeune, tout à la joie de manger les moustiques. Il faut pouvoir comprendre que le blocage est un élément vital du jeu.

Toutes les parties que j’ai vu tourner (et j’en ai vu pas mal en festival), étaient nerveuses et se finissaient dans le temps imparti. Les joueurs, concentrés, mangeaient des moustiques (vengeance encore !), tentaient de bloquer le copain en lui chipant des moustiques sous le bec. Les quelques avis que j’ai pu récolter sont « tactique, dynamique, stratégique, hyper joli, un des meilleurs de la gamme »

Un mot sur l’ergonomie du jeu. J’ai mené ma petite enquête et pour des raisons éditoriales toutes bêtes de place, il n’y a pas d’iconographie rappelant les actions liées à chaque moustique sur les jetons. Sinon, grosso modo, il aurait fallu faire grossir sensiblement TOUS les éléments du jeu et du coup son prix. Heureusement, les effets sont peu nombreux et très bien expliqués dans la règle en 3ème page et dès la 2ème partie, on les retient bien. Donc, si on devait absolument me forcer à proposer une toute petite amélioration pour le jeu, en mode couteau sous la gorge, ce serait sans doute de fournir une petite aide visuelle pour les premières parties des joueurs qui perdent un peu la mémoire ou pour les maniaques qui ne veulent pas abimer leur livret de règles en le pliant. En dehors de ça, l’édition est superbe pour un prix très raisonnable, analogue à ceux des autres de la gamme.

En conclusion, un jeu rapide, peu coûteux, ultra beau – mais genre ultra de chez ultra – dynamique et stratégique, avec de vrais morceaux de moustiques dedans. Si vous aussi vous avez souffert des brimades de ces insectes vampires, n’hésitez pas, et comme moi, vengez-vous !

On aime :

  • Le prix contenu
  • Le contenu pour le prix
  • C’est beau
  • C’est stratégique mais accessible pour les marmots

On aime moins :

  • Ne pas avoir de résumé visuel des effets des moustiques quand on a zéro mémoire

Le trouver

Chez Philibert

Sur Ludum

Fiche technique

Un jeu de Bruno Cathala et Andrea Mainini

Illustré par Camille Chaussy

Edité chez The Flying Games

2 joueurs

A partir de 8 ans

 

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