Test – Quoridor Junior

Mine de rien, cela fait facilement une trentaine d’années que Quoridor s’est fait un nom dans le monde des jeux de société, passant régulièrement d’une version « deluxe » à une version « travel » ou « mini », avec le plus souvent autant de succès. Il faut dire, vous le verrez, que la mécanique de ce jeu de stratégie est tout aussi ingénieuse qu’incontournable. Signe de son succès, Quoridor avait été décliné dans une version « kids » en 2004, relookée aujourd’hui dans une version « Junior », qui semble particulièrement prometteuse.

À nos marmots, donc, de découvrir les joies du blocage et de la stratégie light dans cette version choupicolorée.

Quoridor Junior est un jeu de Mirko Marchesi, illustré par Gaëlle Picard. Il se joue dès 4 ans, et réunit de 2 à 4 joueurs.

Quori d’or

Commençons par ouvrir la boîte et par s’émerveiller, une fois encore, devant le travail de Gaëlle Picard, dont nous avions déjà souligné le talent au travers de jeux tels que Mr Wolf ou Happy Bunny. Transformer un jeu abstrait en jeu plus accessible n’a rien d’évident, et Gigamic a ici su faire preuve de malice et d’inventivité. Le jeu représente un plateau de 7 x 7 cases, dont les bords sont très joliment illustrés pour nous rappeler qui l’on est, et surtout où l’on va. Chaque joueur se choisit un pion animal en bois et oriente la boîte du côté correspondant. À noter qu’à deux joueurs il faudra obligatoirement se faire face et donc prendre deux animaux dont les illustrations sont en vis-à-vis. Ce ne sera pas un problème, car elles sont toutes très mignonnes : grenouille, écureuil, chat et lapin sont tous à croquer.

Le jeu se compose également de 16 petites réglettes évoquant des buissons, et d’une règle aussi claire que colorée : vous saurez jouer à la première lecture.

Objectif : touchdown !

Pour l’emporter dans Quoridor Junior (mais aussi dans Quoridor, d’ailleurs), il faut parvenir à être le premier à placer son pion sur une case de la ligne la plus éloignée de vous. Pour vous aider à vous repérer, le fond de boîte est illustré avec un élément qui saura séduire votre bestiole : des pelotes de laine pour le chat, des carottes pour le lapin, etc.

Les buissons sont partagés équitablement entre les joueurs, et chacun place son pion au centre de la ligne la plus proche de lui. Et c’est alors parti !

Avancer ou bloquer ?

À son tour de jeu, un joueur a le choix entre deux actions : déplacer son pion d’une case dans la direction de son choix (sauf en diagonale) ou poser un buisson sur la zone de jeu. Les buissons se placent dans les fentes qui séparent les cases, et occupent une longueur de deux cases. Ils doivent être posés bien en face des deux cases bloquées (pas à cheval) et ils ne doivent en aucun cas empêcher un pion de pouvoir traverser le plateau. L’idée est bel et bien de ralentir la progression des adversaires, mais il est interdit de les enfermer totalement et de les faire exploser dans une gerbe de pixels : on est pas dans Tron, les amis.

À chaque tour, il vous faudra donc vous poser la question sur la meilleure stratégie à adopter. Progresser, au risque de voir l’adversaire vous bloquer, ou bloquer (mais faire du sur-place, du coup).

Premières stratégies

Quoridor Junior s’adressant aux petits marmots, les premières stratégies mises en place sont bien évidemment timides, mais on voit rapidement se développer une maîtrise très intéressante de l’espace, pour ralentir l’adversaire. Quoridor fait en effet partie de ces jeux où l’on fait un peu n’importe quoi au début pour prendre peu à peu des automatismes de placement et de blocage. En plaçant soi-même des buissons sur notre route, on empêche bien souvent l’adversaire de le faire ! Il est donc possible, avec un peu d’entraînement, de retourner certains buissons de l’adversaire contre lui en les utilisant comme des couloirs bien pratiques. C’est évidemment quelque chose qui ne sautera pas aux yeux de vos marmots à la première partie, mais ils auront vite fait de vous épater, croyez-moi.

À deux ou à plusieurs ?

Quoridor Junior propose des sensations de jeu très différentes à 2, 3 ou 4 joueurs. Si notre préférée est celle du jeu à 2 pour des tête-à-tête bien tactiques, les parties à 4 sont bien plus amusantes, car imprévisibles. On se trouve fatalement un allié de circonstance pour bloquer un adversaire, mais il est probable qu’il se tourne contre vous au tour suivant.

Quoridor Junior est toutefois rapidement bordélique à 4, du fait de la taille réduite du plateau. C’est d’ailleurs dans cette configuration que l’on ressent le plus de différences avec la version adulte.

Jouer à 3 pose un léger souci, car un joueur n’a pas de vis-à-vis, et donc pas d’adversaire susceptible de le bloquer directement. La solution proposée par Yahndrev est plutôt intéressante : elle invite les joueurs ayant un vis-à-vis de décaler leur point de départ de deux cases en direction du camp laissé « vide », pour y créer une certaine présence. C’est assez efficace, mais le 3e joueur demeure avantagé.

Un certain manque de magnétisme ?

Au final, que peut-on reprocher à ce Quoridor Junior. Presque rien, en somme, sauf peut être de n’avoir pas suffisamment tenu compte de sa cible. Je parle ici des enfants de 4 ans, parfois encore empressés de jouer leur tour. Je parle d’un plateau de jeu en plastique, un peu léger. Je parle de réglettes en bois qui ont tendance à glisser et des pions qui peuvent tomber. Si le jeu est esthétiquement irréprochable, il aurait été fort utile de le rendre magnétique. Ou au moins de proposer des encoches pour que les buissons ne puissent glisser. Il arrive en effet qu’un léger coup sur le plateau de jeu en décale un de quelques millimètres et qu’il soit difficile de se souvenir quelles cases étaient bloquées. Les marmots, contrairement aux grands professionnels de jeux abstraits, donnent SOUVENT des coups sur le plateau. Pas de quoi ruiner une partie, certes. Mais cela se produit assez souvent pour être noté.

La question de l’achat se posera peut-être également entre Quoridor et Quoridor Junior. La principale différence entre les deux c’est que Quoridor propose un plateau de jeu en 9 x 9 cases contre 7 x 7 pour le junior. Ceux qui possèdent déjà Quoridor peuvent donc parfaitement « condamner » les lignes extérieures du plateau pour recréer un plateau de Quoridor Junior. C’est peut être également un choix à retenir pour les parents de marmots de 6/7 ans, qui pourront plus rapidement glisser vers le jeu de « grands ».

L’avis de Plateau Marmots

Quoridor Junior est un premier pas idéal dans l’univers des confrontations abstraites. On se bloque sans méchanceté, et l’ambiance choupi est là pour faire passer la pilule de coups bien placés qui forcent le joueur à refaire le tour du plateau dans l’autre sens. Si le plateau en 7×7 ne permet bien évidemment pas de déployer des stratégies de grand malade, on se surprend à progresser rapidement dans l’art de la pose d’obstacle et en induisant un chemin à l’adversaire que l’on pourra verrouiller une fois qu’il s’y sera engouffré. On aurait certes apprécié une édition magnétique permettant de donner un coup de coude dans sa table de camping sans risque de devoir relever sa grenouille, mais on est clairement dans le domaine du chipotage. Bref, on aime vraiment beaucoup ce premier jeu abstrait et cette jolie édition colorée, idéale pour des enfants de 4 à 7 ans.

On aime

  • Très malin
  • Des stratégies que l’on découvre petit à petit
  • Jouable dès 4 ans sans souci
  • Franchement joli
  • Les duels sérieux à 2 et le joyeux bordel à 4

On aime moins

  • Le jeu à 3
  • Les réglettes qui glissent

Le trouver

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Fiche technique

Un jeu de Mirko Marchesi
Illustré par Gaëlle Picard
Edité par Gigamic
Pour 2 à 4 joueurs
A partir de 4 ans

 

 

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