Test – Winston

Aaaaah on attend toujours beaucoup de ces petits jeux HelvetiQ, tant ils nous emballent tous à chaque sortie. C’est devenu presque une tradition chez nous, hop hop ! Aussitôt la nouvelle petite boîte arrivée sur le marché, Aussitôt sur notre étagère et donc au banc d’essai. Cette petite boîte rouge affublée d’un petit chien rigolo nous promet des parties amusantes… Voyons cela.

Winston est un jeu de Anja WREDE et Christoph CANTZLER, illustré par Felix KINDELAN édité par HELVETIQ, pour 2 à 6 joueurs, à partir de 6 ans pour des parties de moins de 15 minutes.

Winston est un jeu compétitif de collecte où vous allez devoir récupérer les chiens les plus longs pour gagner le plus de points.

Il est où le cucul, elle est où la tétête ?

Alors je suis bien embêtée car j’ai eu beau retourner le livret de règles dans tous les sens je n’ai pas vu ce que venaient faire ces chiens sur notre table de jeu.

Ce que je trouve vraiment dommagen car Winston nous propose des illustrations rigolotes et un petit univers sympa et attrayant pour les marmots mais on aurait aimé a minima une petite phase d’immersion.

Alors si vous permettez une petite envolée de ma part car on s’adresse à des marmots, on a besoin d’un pitch. Dans Winston vous préparez le défilé canin tant attendu par les collectionneurs de chiens. Et on le sait, aujourd’hui les bouledogues anglais, Chow Chow et autres gros chiens sont devenus totalement has been (en plus d’être des gouffres en croquettes). Ceux qui ont désormais la cote auprès du public ce sont les teckels et plus ils sont longs plus ils sont convoités. Vous allez donc devoir collecter les plus longs chiens, affublés de différents costumes, pour répondre à la demande du grand public. Ceci avant que vos concurrents ne mettent la main sur les teckels les plus prisés. 

Ok, je ne suis pas encore à mon top niveau scénaristique, mais chez nous ça passe crème.

Winston, t’as quoi dans l’bide ?

Lorsqu’on ouvre cette petite boîte rigolote, on découvre des bouts de teckel en mode saucisson sur pattes représentés par 66 cartes « chiens » de 6 couleurs différentes, ainsi que 4 cartes « tailles » et 2 pièces en bois : une crotte et un os. C’est bon, Marmot est déjà mort de rire en jouant avec ces éléments pendant que je me plonge dans le livret de règle.

Comme à son habitude, HelvetiQ nous propose une boîte pratique, solide, à transporter partout. Voyons maintenant si ce jeu a du chien…

Tu ne donneras pas ta part aux chiens

Chaque joueur commence la partie avec 5 cartes en main distribuées au hasard. Le reste des cartes constitue la pioche, dans laquelle tu te sers après ton tour de jeu pour te retrouver de nouveau avec 5 cartes.

Les cartes chiens sont de 6 couleurs différentes suivant la tenue dans laquelle Winston (oui, j’imagine que ce chien s’appelle ainsi) a décidé de parader : tantôt cosmonaute, tantôt policier ou même en ciré jaune (mon préféré), ce chien ne manque pas de ressources… vestimentaires tout du moins.

À ton tour de jeu tu dois poser au centre de la table au minimum 2 cartes et au maximum 5 cartes (oui, bon, plus, c’est compliqué forcément, si tu as tout suivi).

Tu peux ainsi choisir de poser une carte « corps » soit pour commencer un chien d’une couleur non présente sur la table, soit pour agrandir un chien déjà dans la place. L’autre possibilité et coup de maître ultime, poser une tête de chien. Enfin, coup de maître, coup de maître, pas fifou non plus hein, tu comprendras vite que le maître du jeu est surtout ce satané hasard (oui, bon, j’aime pas les jeux de hasard).

Un chien est alors réputé complet lorsqu’il est constitué d’un corps d’au moins 2 cartes et d’une tête, et tout ça dans la même tenue of course ! On ne va quand même pas le faire sortir avec des fesses de policier et une tête de maître nageur, soyons respectueux de certaines valeurs !

Lorsque tu poses une carte tête, c’est toi l’heureux propriétaire de ce toutou, tu collectes donc le chien en question et avec lui la carte « taille » lui correspondant.

Tu as donc désormais compris que tu peux piquer sans aucune gêne un chien agrandi par un concurrent, ou même plusieurs, juste parce que tu as posé cette tête au bon moment.

Il va donc falloir trouver le bon compromis entre « je pose ma tête maintenant » et « j’attends un peu que ce chien grandisse » et ne pas hurler : « Non ! C’était mon chien celui là ! » tandis qu’un autre joueur s’empare d’un chien convoité.

Tout est une histoire de taille

Oui, je pense que Freud aurait une analyse toute autre de ce jeu, mais restons focus sur le gameplay.

Lorsque tu prends la carte « taille » du chien que tu viens de ramasser, tu peux avoir la chance (ah, encore celle là) de te retrouver avec le dernier chien collecté le plus long et c’est Banco ! Tu peux alors également récupérer  l’os de Winston.

Par contre, si tu n’as pas assez attendu et que tu as posé ta carte « tête » complétant le dernier chien le plus court tu récupères avec lui la crotte. Cette dernière action va poser quelques problèmes de susceptibilité avec les marmots et les plus sensibles, je te préviens.

Et crotte… double peine !

Objet du délit : une crotte en bois

Heure du crime : fin de partie

Victime : les marmots

Autant les adultes (après quelques verres) s’amuseront de la récolte de la fameuse crotte, autant c’est quelque peu compliqué pour les marmots d’être affublés de la sorte d’un trophée de la honte.

Mais quel est donc l’intérêt de ces petits artefacts en bois, si ce n’est d’afficher fièrement (ou honteusement) aux yeux de tous qui a le plus long et le plus court… toutou ?

C’est là, pour moi, la seule vraie stratégie de ce jeu car leur intérêt éclatera au grand jour lors du décompte des points de fin de partie. En effet, si tu es l’heureux possesseur de l’os tu scores 3 points supplémentaires et si par malheur tu as, près de toi, cette horrible crotte malodorante, tu te vois affublé de 3 points de pénalité.

Tu comprends donc ainsi que le petit twist final dans le scoring n’est pas à négliger car si tu es le dernier avec cette fameuse crotte c’est double peine. Déjà tu as un tout petit chien et en plus un malus de score… C’en est trop pour Marmot qui se met à chouiner : « je suis pas venu ici pour souffrir, ok ?! »

Les dernières actions sont donc cruciales et méritent plus de réflexion car il va falloir tout donner pour se défaire de ce malus et récupérer l’os bonus.

Combien pour ce chien dans la vitrine ?

En plus de cette histoire de bonus/malus, le scoring est plutôt accessible et cohérent, pas de salade de points à l’horizon.

Chaque chien collecté score individuellement. C’est ainsi qu’un chien avec 2 cartes corps rapporte 1+2 points, un chien de 3 cartes corps 1+2+3 points, 4 cartes corps 1+2+3+4 points… C’est bon, tu as compris ou je continue ?

On notera donc que le score grimpe exponentiellement en fonction de la longueur du chien, d’où mon alerte ci-dessus sur l’importance de récolter les chiens les plus longs et ne pas tout miser sur leur nombre.

A ce score, tu ajoutes ou retires le malus et/ou le bonus suivant que tu possèdes l’os et/ou la crotte.

Le joueur qui a le plus de points est celui qui remporte la partie.

L’avis de Plateau Marmots

On se connaît bien maintenant ? Tu as donc peut-être senti mon manque d’enthousiasme pour ce jeu.

Winston, hélas, peine à trouver son public et dévoile ses limites après quelques parties. S’il est accessible et séduit le temps de la découverte, il tourne vite en rond et ne trouve pas sa véritable place. Les enfants s’en lassent et les adultes s’en éloignent car trop de hasard. Il saura néanmoins sûrement séduire ceux qui cherchent un petit jeu de cartes simple, pas prise de tête et jouable pour quelques parties, mais il tient bien mal la comparaison devant des cousins bien plus aboutis tels que Bandido/a ou Papageno. Winston se mord un peu la queue, et c’est bien dommage pour une si belle famille.

Mon avis n’est bien sur que subjectif mais chez moi, en tout cas, ça n’a pas fait mouche, malgré la présence de la crotte.

En revanche, si tu cherches un jeu de collecte malin, fun et dans un petit format pour t’amuser avec les enfants, vas plutôt voir du côté de Kawaï (test à venir) chez ce même éditeur.

On aime :

  • Règles très accessibles
  • Des parties courtes
  • Piquer les chiens que les autres ont mis 3 plombes à faire grandir

On aime moins :

  • Le hasard de la pioche est omniprésent
  • Voir Marmot chouiner à chaque fois qu’il récupère la crotte
  • Ca tourne en rond comme un chien qui se mord la queue
  • Pas de petit texte expliquant qui est Winston

Pour aller plus loin

Fiche technique

Un jeu de Anja WREDE et Christoph CANTZLER
Illustré par Felix KINDELAN
Edité par HELVETIQ
Pour 2 à 6 joueurs
A partir de 6 ans
Pour des parties de 15 minutes

Où le trouver ?

Dans votre boutique préférée, pardi ! 

 

 

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