Test – Box Monster

Un monstre, ça mange tout, normal. Surtout quand ça a quatre bouches. Et évidemment, après, ça couine que ça a mal à l’estomac. Heureusement, de vaillants marmots sont prêts à tout pour soulager le monstre malade en identifiant ce qui lui fait mal, et en l’extrayant (en douceur, mais sans anesthésie) de son ventre. Oui, mais voilà : pour extraire les objets qui coincent, il faut le faire par paires, car ce satané monstre a tendance à tout manger en double.

Êtes-vous prêts à farfouiller dans le ventre du monstre pour chercher ce qui l’empêche de digérer ? Retroussez-vous les manches, et c’est parti !

Box Monster est un jeu de Romain Caterdjian (Monster café, 13 Couronnes, Dive…) illustré par Marie Cardouat. Destiné de 1 à 4 joueurs, âgés de 6 ans et plus, c’est édité par LOKI.

[Ce jeu nous a été confié par l’éditeur afin de nous permettre de réaliser cet incroyable article. Aucun monstre n’a été brutalisé pendant cette écriture.]

“Euh… T’es sûr de ton pitch, Coco ?”

Oui, parce qu’on ne va pas se mentir : « farfouiller dans le ventre des monstres », on croirait une pub Gulli pour un Trésor X, dégoulinant de Slime. Que l’on se rassure, nous en sommes ici à mille lieues. On garde le côté ludique, on vire le côté cracra, et on se retrouve en face d’un jeu monstrueusement fun, et adorablement malin. La Direction artistique évoque inévitablement les gros gentils monstres façon Monstres et Compagnie, et on a bien envie de consoler ce monstre glouton… même s’il faut farfouiller à l’intérieur de son ventre !

Une boîte qui déboîte !

Posons les bases. Box Monster, c’est avant tout une boîte. Une GROSSE boîte. Pleine de vide, assurément, mais qui en met plein la vue une fois que vous la posez sur n’importe quelle table. Et pour une fois, si la boîte est pleine de vide, c’est plutôt normal, car c’est l’espace qui est réservé à vos mimines. Car dans Box Monster, vous n’ouvrirez jamais la boîte de jeu, non non non, jamais. Pour farfouiller dans son ventre, vous mettrez les mains à l’intérieur par le biais de quatre ouvertures qui représentent les bouches du monstre. (En tout cas, espérons que ce soient ses bouches).

Outre la boîte, le jeu contient des objets représentés sous forme de tuiles aussi épaisses que solides (sérieux, vous pourriez sans doute assommer quelqu’un avec). Il y en a 42, aux formes très variées, de l’étoile de mer à la tablette de chocolat en passant par le smartphone : ce monstre avale littéralement n’importe quoi !

Box Monster propose également des cartes rondes pour indiquer les challenges à relever, et un sablier pour vous mettre la petite dose de stress qui va bien. On notera également que le fond des cartes rondes reprend le look du pelage du monstre pour simuler le fait que l’on puisse voir ce qui se passe dans son estomac, comme s’il passait une radio. J’ai trouvé le détail vraiment marrant, mais j’ai rapidement compris que les enfants autour de moi n’avaient pas la ref, alors je me suis calmé direct.

L’ensemble est particulièrement accrocheur pour les rétines, et on a d’emblée hâte de mettre la main dans le ventre du monstre pour y farfouiller. La direction artistique est tout simplement excellente, très mignonne, et je vous garantis que tous les enfants (et pas qu’eux !) auront envie de jouer au jeu sitôt qu’il sera posé sur une table. (oui, parce qu’on a tous envie de mettre la main dans un truc dans lequel on ne sait pas ce qu’il va se passer, c’est très catchy comme concept).

Bref : posez ce jeu sur la table, juste après avoir débarrassé un gâteau d’anniversaire, et vous allez voir les enfants faire la queue pour s’y essayer : Box monster est un jeu festif et enjoué qui promet de belles parties débridées.

Mais justement : comment qu’on y joue ?

Dans les entrailles de la bête

Pour jouer, les marmots doivent déjà définir la difficulté de la partie. Les cartes rondes qui sont utilisées en cours de partie sont en effet plus ou moins complexes à résoudre, et il sera de bon ton de commencer par les défis les plus simples avant de monter en gamme.

Les cartes, vous vous en doutez, représentent les objets correspondant aux tuiles qu’il faudra récupérer dans le ventre du monstre. Et si les premiers challenges sont assez simples, les suivants sont bien plus ardus, par exemple en allant chercher des tuiles dans un certain ordre pour valider une carte, ou en ajoutant une contrainte de silence pour compliquer la prise.

Il sera bien évidemment possible de mixer les cartes selon votre envie de difficulté et votre maîtrise du sujet afin que tout le monde autour de la table puisse s’amuser.

En revanche (et même si vous mélangez les couleurs des cartes) il sera de bon ton de respecter leur ordre de pioche afin d’avoir des cartes numérotées 1, 2 et 3 dans le bon ordre, car elles vont en difficulté croissante.

Bref : une fois que vous aurez vos 3 cartes, posez-les sur le dessus de la boîte, le moment sera alors venu de retourner la première… et de lancer le sablier !

« Ah non, ça c’est une culotte »

Dès que la première carte est révélée, les joueurs mettent une main (deux s’ils ne jouent qu’à deux) dans les bouches du monstre et tentent de retrouver le ou les objets indiqués sur la carte révélée. Car oui, vous l’aurez compris à ce stade, Box Monster est un jeu de reconnaissance tactile. Votre job : identifier la tuile que vous avez sous les doigts pour retrouver l’objet représenté sur la carte. Cela suppose toucher, tâtonner, soupeser, évaluer, triturer et douter. Et là vous allez me dire : « bah c’est facile, une étoile de mer et une part de pizza, ce n’est quand même pas pareil. »  Oui, mais voilà : il y a tout de même 42 tuiles dans la boîte, ce qui conditionne un peu le rythme de votre recherche (en temps limité, pour mémoire). Il faudra d’ailleurs composer avec les mains de vos coéquipiers, qui se feront toujours un malin plaisir de farfouiller précisément à l’endroit où vous vouliez chercher vous aussi. Parce que la boîte a beau être grande, 4 mains qui bougent, ça a tendance à brasser pas mal d’air.

Ah ! Vous avez trouvé un objet qui correspond à la carte ? Vous en êtes sûr ? Bravo. Mais ne le sortez pas encore, car les objets doivent être sortis par paires pour être validés. Autrement dit : vous devrez attendre qu’un coéquipier trouve lui aussi le même objet pour pouvoir les extraire tous les deux simultanément du ventre du monstre. Le petit frisson de la découverte est d’ailleurs bienvenu, car il subsistera toujours un doute jusqu’au dernier moment quant à savoir si ce sont bien les bons objets qui ont été trouvés : et il est interdit de les sortir au préalable pour vérifier, bande de coquins ! À vous de savoir communiquer, de vous encourager et de tenter de repousser les objets inutiles dans un recoin de la boîte afin qu’ils ne vous encombrent plus.

Si vous parvenez à extraire du monstre deux objets identiques, vous pouvez alors passer à la suite de la carte, ou passer à la prochaine si vous avez rempli toutes les conditions de réalisation.

Un cachet et ça repart

Le monstre a vraiment mal, donc il ne faut pas trop tarder pour le soigner. Au lancement de la partie, vous lancez un sablier de 90 secondes. S’il finit de s’écouler avant que vous n’ayez fini la 3e carte, vous pouvez alors donner une tuile « médicament » au monstre. Cette tuile vous donne la possibilité de retourner le sablier et de repartir pour un tour. Mais attention : vous ne disposez que de deux cachets à lui administrer. La partie ne pourra donc pas excéder 4 minutes 30 secondes jusqu’au tout dernier grain de sable.

Si vous parvenez à résoudre les 3 cartes avant la fin du temps imparti, vous pourrez alors faire un check à vos coéquipiers : le monstre pourra quant à lui reprendre son fringant appétit et aller de ce pas dévorer votre trousseau de clés ou votre souris sans fil.

Tactique tactile

Si Box Monster n’est pas le premier jeu de reconnaissance tactile que l’ont met entre nos grosses papattes (on se souvient par exemple de Maître Renard, Monster Soup ou Captain Silver), il est sans conteste le plus original. Sur la forme, évidemment, puisqu’ici il n’est plus question de piocher des petits jetons de bois à l’intérieur de petits sacs, mais bel et bien d’aller chercher des grosses tuiles dans une boîte fermée. Mais au-delà de cela, le jeu est volontairement traître et s’amuse à vous lancer sur des fausses pistes, histoire de semer le doute dans votre esprit. Ce grand truc rectangulaire, par exemple, c’est une tablette de chocolat ou bien un smartphone ? Il vous faudra quelques parties pour vous faire la main et repérer les spécificités de chaque tuile et gagner en aisance de partie en partie. Une marge de progression à laquelle nous n‘étions pas forcément habitués sur un jeu de ce type, mais plutôt bienvenue.

Le truc qui pourra coincer, en revanche, c’est sur l’aspect purement coopératif du jeu, et c’est un effet pervers qu’on n’avait pas vu venir. Le truc, c’est que lorsque vous identifiez le bon objet, vous êtes encore tributaires du fait qu’un autre joueur doive le trouver lui aussi. Et c’est parfois un peu longuet d’attendre, à tel point qu’on sera alors tentés de refiler (toujours à l’intérieur de la boîte, évidemment), l’objet qu’on a en main à un partenaire, afin de gagner la possibilité de repartir en chasse de notre côté.

Autre point à prendre en compte : il faut vraiment une phase d’apprentissage des formes de chaque tuile avant de se lancer à l’aveugle, pour bien se représenter les formes de chaque objet. Le jeu est clairement bien plus difficile que Monster Soup, avec des séquences d’objets de plus en plus complexes à réaliser dans le temps imparti. Si les marmots passent au-delà des premières défaites, ils découvriront rapidement le plaisir de la victoire à l’arrache sur le sablier, avec son lot d’encouragements et d’invectives. Box Monster est un jeu vivant, qui incite au langage et à l’échange. Le stress sera parfois tel que vous en viendrez à la conclusion que trouver des tuiles identiques est aussi intense que de désamorcer une bombe nucléaire. Tout cela pour vous dire que Box Monster, en dépit de son approche très simple, n’est pas du tout un jeu « vite joué, vite rangé », car son côté coop’ et le réel challenge qu’il propose le placent dans une catégorie plus ambitieuse. Ce qui est la moindre des choses au vu de son prix.

« De toute façon les enfants ils jouent avec la boîte »

Le prix. Ce n’est pas nécessairement un critère que l’on retient pour ou contre un jeu, mais parfois les parents que nous sommes devons être avertis et savoir vers quoi l’on s’engage. Box Monster est, on l’a dit, une grosse boîte. Une grosse boîte fort jolie, mais remplie d’air, et qui joue volontiers les ascenseurs émotionnels avec les parents que nous sommes. Car le prix de vente du jeu tourne autour de 35 euros, un prix assez inhabituel pour des jeux enfants. Et nous ne disons pas que le jeu ne mérite pas son prix (on imagine facilement le coût de transport d’une boîte aussi volumineuse), mais il faut clairement se dire qu’on investit davantage dans du fun que dans du matériel. Si on le précise ici, c’est pour éviter une déception à l’ouverture de la boîte (qui ne s’ouvre pas, d’ailleurs).

L’avis de Plateau Marmots (Olivier)

Quel singulier objet que cette Bouaaate Monstrueuse ! On y plonge les mains avec impatience, on farfouille frénétiquement à la recherche de la tuile qui va bien, et on s’amuse beaucoup à identifier les objets. La difficulté est là pour que la durée de vie du jeu soit significative, et c’est toujours un véritable accomplissement que d’extraire les objets attendus dans le bon timing. Un excellent jeu d’ambiance, donc, qui saura attirer petits et grands autour de lui. Attention cependant, le jeu est loin d’être aussi simple que son habillage ne le laisse supposer, ce qui lui assure une jolie durée de vie et de beaux instants de jeu pour affiner sa reconnaissance tactile. Un Ovni ludique particulièrement malicieux, qui saura assurément se faire remarquer sur n’importe quelle table de jeu.

On aime

  • Un concept simple et amusant
  • Une réalisation au top
  • Très fun à 4 joueurs
  • Une belle courbe d’apprentissage
  • Un jeu qui met vraiment l’ambiance

On aime moins

  • Un peu cher pour un jeu d’ambiance ?

Le trouver

En savoir plus

Fiche Technique

Un jeu de Romain Caterdjian
Illustré par Marie Cardouat.
De 1 à 4 joueurs
Pour 6 ans et plus
Edité par LOKI.

 

 

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