Test – Flooping

Vous avez remarqué ? Les mouches ont une capacité de nuisance assez incroyable. Certes elles ne piquent pas comme les moustiques, mais elles sont cet étonnant talent de se poser systématiquement à l’endroit le plus agaçant possible. Sur votre assiette. Sur votre crâne. Sur la confiture de la tartine. Et dès que vous essayez de les choper, bzzzzzzz, elles décollent et vous échappent au moyen d’un looping millimétré. L’instinct de survie, pensez-vous ? Pas du tout ! Les mouches s’entraînent en jouant à Flooping, voilà tout !

Flooping est un jeu d’adresse créé par Nathalie, Rémi Saunier et illustré par Stéphane Escapa. Jouable de 2 à 4 joueurs, il est édité par Blue Orange.

Je suis une mouche, posée sur ta bouche

Comme souvent avec les jeux Blue Orange, on a envie de jouer à Flooping avant même d’en ouvrir la boîte. Le petit insert en plastique transparent qui dévoile les pions du jeu fait toujours son petit effet. Et que ce soit pour Le Manoir Infernal ou Bubble Jungle, on a juste envie de mettre les mains sur le jeu avant même de savoir exactement ce dont il s’agit.

En l’occurrence, Flooping fait immédiatement plaisir à l’ouverture, avec un humour décalé tout à fait agréable à l’oeil. Les pions du jeu, ce sont des mouches qui pilotent des petits avions, façon seconde guerre mondiale. Ça n’a l’air de rien dit comme cela, mais le rendu est assez irrésistible.  Les mouches se fixent au bout de l’index, comme des bagues, et deviennent aussitôt des avions de chasse qui vont ramener les adultes aux plus grandes heures de Papy Boyington. Essayez et vous verrez : il ne faudra guère de temps avant que « les grands » ne se pourchassent dans les couloirs de la maison en imitant le bruit d’une mitrailleuse.

Flooping contient également un deck de 50 cartes recto verso, qui représentent l’ensemble des cibles à atteindre. Et là, attention, on peut déjà tirer un coup de chapeau aux auteurs et à l’illustrateur du jeu, qui ont su créer 50 cartes différentes et pleines d’humour. Il a fallu en effet trouver 50 endroits où les mouches aiment se poser, et attribuer un nombre de points aux différentes zones d’atterrissage. Chaque carte donne un certain nombre de points en fonction de la zone qui sera touchée : 3 points pour l’intérieur de la poubelle (miam miam), mais seulement 1 pour le couvercle (bing !).

Et c’est toute notre vie quotidienne vue par une mouche qui défile soudain devant nos yeux de ludistes : les chaussettes sales, la télécommande, les vitres, la souris de l’ordi, le crâne dégarni de papy : chaque carte est une invitation à l’envol et à la vue kaléidoscopique.

Le verso de chaque carte, quant à lui, indique la figure suivante qu’il faudra réaliser. Car oui, Flooping est un jeu de ballet aérien, qui va emmener vos doigts dans des circonvolutions plus ou moins improbables… Loopings, piqués et duels : rien ne vous sera épargné.

Le jeu est simple, la règle est fort claire. Vous saurez jouer en quelques secondes.

« Pépé, tartine de confiote à quatre heures ! »

Flooping vous invite à disposer 8 cartes au hasard sur l’aire de jeu, à placer une carte de départ devant chaque joueur, et à fixer un avion-mouche au bout de votre doigt.

Le joueur dont c’est le tour doit, en fermant les yeux, effectuer la figure indiquée sur sa carte avec sa mouche et plonger ensuite sur la table en essayant de toucher une carte. L’emplacement final de son doigt indiquera son score, de 0 à 3 points. Si la carte est touchée, le joueur la récupère et la place devant lui en la retournant et en l’inclinant en fonction de la valeur obtenue (voir plus loin). La carte gagnée indique au verso la figure à effectuer lors de son prochain tour. Une autre carte sera alors mise sur la table pour remplacer celle qui a été gagnée. Attention, certaines cartes sont en fait des pièges, et il faudra à tout prix éviter le centre de la cible, que ce soit une tapette à mouches ou la flamme d’une bougie.

Les figures peuvent être :

  • Looping vertical
  • Looping horizontal
  • Zigzag
  • Trajet avec étape (il faut toucher deux cartes à la suite)
  • Descente en piqué
  • Duel (il faut défier un autre joueur sur une carte précise)

Comme le joueur a les yeux fermés, ce seront aux autres de déterminer s’il a plus ou moins respecté la figure imposée. Mais soyons clairs : ces figures n’ont d’autre but que de vous aider à vous égarer avant de toucher la carte. Car s’il est facile de toucher une cible les yeux fermés en ligne droite, le faire après avoir promené son doigt au hasard de la table est toujours plus complexe.

Si le joueur réalise correctement sa figure et touche une carte, donc, il remportera le nombre de points indiqués. Ce sera quoiqu’il arrive ensuite au tour du joueur suivant. Le premier joueur qui atteint le score de 15 points gagne la partie.

L’as des as de l’ambiance

En cours de leu, l’ambiance est le plus souvent excellente. Il est en effet très amusant d’adopter le point de vue d’une mouche et de plonger sur des cibles plus ou moins bien  mémorisées. Il ne sera pas rare de se taper de gros fous rires en découvrant que l’on se crame les ailes sur une bougie alors que l’on visait un burger bien sympathique. Jeu d’ambiance avant tout, Flooping demande aux joueurs de savoir se lâcher un peu pour que la partie soit amusante pour tout le monde. Difficile, de toute manière, de se prendre au sérieux avec un petit avion au bout du doigt.

Avec les marmots, l’ambiance est bien évidemment garantie, et il sera parfois même difficile de les garder concentrés sur le jeu tant ils auront envie de se courir après avec les petits avions. C’est de bonne guerre, bien entendu.

L’épreuve préférée des petits est celle du duel, pour laquelle deux joueurs doivent essayer de toucher la carte avant l’adversaire, bien évidemment les yeux fermés. Attention les doigts !

Aaaargh, J’suis touchéééé

Les excès d’enthousiasme auront parfois raison d’un matériel fort sympathique, mais pas incassable. Jeux viens à vous a ainsi noté la perte d’une hélice sur l’un des appareils de l’escadrille. De notre côté, ce sont surtout les cartes qui ont pris des coups et qui accusent quelques bosses à force de se recevoir des doigts (et des ongles)  dans la tronche. On notera aussi quelques échanges de peintures entre les cartes et les avions, rien qui ne vient gêner le jeu pour autant. De toute façon on joue les yeux fermés, alors l’état des cartes on s’en moque un peu.

En revanche, comme pour tout jeu de ce type, il faudra savoir réserver les parties aux « bons joueurs », et éviter les mauvais perdants. Tout l’intérêt du jeu consiste à avoir les yeux fermés au moment du mouvement, et certains marmots (voire certains adultes) ont du mal à respecter cette consigne très longtemps. Essayez de trouver un masque comme ceux de Maître Renard ou de Spooky Castle, simple à mettre/enlever, pour garantir l’équilibre des parties.

Si vous jouez avec des marmots, faites également l’effort de compter les points sur une feuille séparée. Normalement le décompte des points peut se faire directement sur les cartes de jeu, en les inclinant sur leur côté 0, 1, 2 ou 3. Problème : les marmots passent leur temps à remettre les cartes « droit » pour visualiser au mieux le geste qu’ils doivent reproduire. Dans ces conditions, compter les points tient souvent… de la haute voltige !

L’avis de Plateau Marmots

Flooping fait partie de ces petits jeux d’adresse dont on n’attend pas grand-chose, mais que l’on ressort au final fort souvent. Pourquoi ? Bonne question, en vérité ! Peut-être une alchimie réussie entre la qualité du matériel et le fun ressenti à chaque partie ? Les marmots s’amusent énormément sur ce jeu et y passeraient volontiers quelques heures. Les grands marmots, eux, rendent leur insigne de pilote après quelques parties… mais ils y retournent volontiers dès que la boîte est à nouveau ouverte. Les grands (entre eux) pourront aussi s’amuser à des variantes alcoolisées, s’ils trouvent que ce n’est pas déjà assez difficile de toucher une cible les yeux fermés.

Flooping est donc un jeu original, amusant et défoulant. Servi par des illustrations franchement réussies, il permet de s’amuser les yeux fermés en surjouant son côté « second degré ». Si le matériel souffrira peut-être à la longue au vu de l’enthousiasme des parties, le jeu restera praticable quoiqu’il arrive. De quoi assurer de longues parties et de pouvoir enfin comprendre les tactiques d’attaque de cette mouche qui tourne autour de votre écran depuis trois jours.

On aime

  • Simple, rapide, amusant et sans prétention
  • Matériel rigolo
  • Être une mouche
  • Viser et se planter

On aime moins

  • Les cartes marquent assez vite l’impact
  • Comptage des points difficile avec des marmots
  • Les duels qui font mal aux doigts

Fiche Technique

Un jeu de Nathalie et Rémi Saunier
Illustré par Stéphane Escapa
Édité par Blue Orange
Pour 2 à 4 joueurs
À partir de 6 ans
Dispo chez Philibert

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.