Test – SOS Dino

Comment vous dire ? La journée s’annonçait vraiment belle, vous savez. Avec Nessie, Marie et Freddy, on s’était donné rendez-vous au Troquet du Lac, pour écluser un godet. On a papoté un moment, comme à chaque fois. Vous savez… De tout et de rien, de nos oeufs et de la météo du jour.. Comme chaque matin, quoi. Et tout à coup, badaboum ! Le sol s’est mis à trembler et les montagnes ont commencé à cracher du feu. Si si, carrément, du feu, comme j’vous l’dis ! Franchement, on a beau être des durs à cuire, les montagnes qui explosent et des rochers gros comme des T-Rex qui tombent du ciel, ça colle un peu les miquettes. Et alors ? Alors voilà ce qu’on a fait…

Shirley Loki et Dino

SOS Dino est un jeu coopératif pour marmots de 7 ans et plus, édité par Loki, la nouvelle marque de jeux enfants amoureusement mijotée par IELLO. SOS Dino est l’un des 3 premiers jeux édités par Loki, avec Farmini et Troll et Dragon. C’est d’emblée le plus imposant des trois, avec une grosse boîte qui va bien et qui fait son petit effet sur la table de jeu avec une figurine apparente dans un petit insert en plastique transparent. Classe !

Si Loki est un nouveau venu, SOS Dino est quant à lui un jeu signé par des vieux de la vieille, c’est à dire Ludovic Maublanc (Mr. Jack, Cyclades, Cash and Guns…) et Théo Rivière (Sticky Chameleons, Sea of Clouds…). Bref : deux auteurs particulièrement rompus à l’exercice du jeu de plateau et qui se sont distingués à de nombreuses reprises. 

Le but du jeu, qui peut être joué de 1 à 4 joueurs, consiste à s’assurer que vos quatre dinosaures pourront évacuer le plateau de jeu en se rendant sur les montagnes avoisinantes, alors que des rivières de lave vont surgir de quatre volcans entrés en éruption. Les dinosaures auront en outre à coeur d’aller récupérer 6 oeufs qui sont éparpillés sur le plateau de jeu, afin d’éviter que leur progéniture ne finisse en omelette trop cuite. Qui a dit que Tyrannosaures étaient insensibles ? 

Beau comme un dino

L’ouverture de la boîte génère une double surprise. La première, c’est que les figurines des dinosaures sont tout simplement magnifiques, une qualité et un soin du détail rarement vus dans un jeu destiné aux marmots. Franchement, on en prend plein les mirettes, et nos modestes photos ne rendent pas hommage au travail de Loki. La seconde, c’est que la boîte semble ensuite bien vide, à l’exception d’un petit sac de toile. Mais c’est une facétie de l’éditeur, puisque le contenu est en fait caché SOUS le thermoformage, comme en témoigne un petit dessin laissé à notre attention. Et niveau contenu, aucune déception n’est permise : le plateau de jeu est magnifique, surtout une fois monté. Volcans et montagnes en carton vont créer des reliefs du plus bel effet sur votre table et vous donner envie de vous lancer aussi sec dans la partie. 

Les 58 tuiles qui représentent la rivière de lave et les météores crachés par les volcans sont également colorées et très lisibles. Cette lisibilité est d’ailleurs indispensable, car ce sont ces tuiles qui vont déterminer l’action qui sera menée par les joueurs pour le tour. Le tout est accompagné d’une règle claire et colorée, et on sent que Loki part avec un standard de qualité très élevé. On ne s’en plaindra certainement pas !

« J’entends, j’entends, j’entends l’volcan gronder »

La partie commence par la mise en place rapide des montagnes et des volcans : ces derniers doivent être orientés dans un sens précis, afin de s’assurer que la première coulée de lave suivra une direction prédéfinie. Chaque volcan est en outre identifié par une couleur (bleu, jaune, rouge et rose) qui renvoie aux couleurs des dinosaures, ce qui aura son importance en cours de jeu. Quel que soit le nombre de joueurs, la partie est jouée avec les 4 dinosaures, qui pourront être contrôlés indifféremment par n’importe quel joueur. On est clairement sur un jeu 100 % coop’, qui peut tout à fait être joué en solitaire.  

Le plateau de jeu est ensuite complété avec les 6 oeufs placés sur le plateau et par la mise en place des obstacles : 4 pour une partie plus facile, ou 8 pour une partie plus complexe. Vous trouverez plus bas une idée de variante pour dynamiser l’arrivée des obstacles sur le plateau de jeu.

Toutes les tuiles de laves et de météores sont ensuite placées dans le sac en tissu pour en garantir un tirage aléatoire… et c’est parti pour l’apocalypse.

Les oeufs sont faits

Le but du jeu est donc de faire en sorte que vos 4 dinos et leurs 6 oeufs trouvent refuge sur les montagnes avoisinantes. Ils doivent éviter les coulées de lave et les météorites dans une ambiance du fin du monde particulièrement réussie.

À chaque tour de jeu, le joueur pioche une tuile du sac. La tuile représente, le plus souvent, un tronçon de lave marqué à la couleur d’un volcan. Le joueur doit alors prolonger la rivière de lave qui s’échappe du volcan de cette couleur, selon l’orientation de son choix. Cette lave est bien évidemment infranchissable pour les dinos, qui devront tout faire pour l’éviter. Si par malheur ils devaient en cours de partie se retrouver sur une tuile soudain recouverte de lave, ils seraient aussitôt rôtis et sortis du jeu. Et bim ! 

Mais les tuiles de lave comportent également une indication de taille : elles mentionnent quelle sera l’action disponible au joueur pour le tour. En effet, chaque tuile indique que le joueur doit immédiatement, selon les cas :

  • déplacer un dino d’une case
  • déplacer deux dinos d’une case
  • repiocher immédiatement une tuile de lave

Dans le dernier cas, cela veut tout simplement dire que le tour de déplacement des dinos est sauté et que la lave avance inexorablement. Ces tuiles sont nombreuses et génèrent de fait une tension permanente, car les coulées de lave peuvent ainsi avancer de manière imprévisible et plus rapide que prévu, alors que le dino le plus proche se pensait à l’abri pour deux ou trois tours.

Pour les autres tuiles, celles qui permettent aux dinos de se déplacer, une subtilité est également à préciser. A son tour de jeu, le joueur pourra en effet déplacer n’importe quel dinosaure de son choix, sauf celui qui est de la même couleur que la tuile ! Si, par exemple, vous avez ajouté une tuile à la coulée de lave du volcan bleu, alors le dino bleu ne pourra bouger, même si la lave se précipite dans sa direction à la vitesse d’un vélociraptor affamé. Mieux vaut avoir les nerfs solides et ne pas avoir la main qui tremble en piochant vos tuiles.

Lave-au-matique

Si la lave risque à tout moment de brûler les pattes des dinos, elle risque également de détruire les 6 oeufs disséminés sur le plateau de jeu. Les dinosaures doivent donc essayer de se disperser pour récupérer les oeufs avant qu’ils ne soient atteints par la lave. Dès qu’un dino atteint la case d’un oeuf, ce dernier est considéré comme sauvé, même si le dino lui-même n’en réchappe pas. Ouf !

Mais la lave, toujours elle, réserve encore d’autres surprises. Certaines tuiles de lave indiquent en effet un cul-de-sac, signe qu’elle ne peut plus couler. Si vous en tirez une, ou bien si la lave est bloquée par un obstacle quel qu’il soit, la pression est alors telle que volcan explose et révèle sa tuile cachée, placée à sa base au début de la partie. Cette tuile nouvellement révélée offre à la lave de nouveaux itinéraires possibles : elle est désormais incontrôlable !

Euh… C’est quoi ce point noir dans le ciel ?

Dans la mesure où vos dinosaures sont plongés dans cette scène d’apocalypse, il convient de se méfier AUSSI du ciel. En effet : 6 météores sont mélangés aux tuiles lave et peuvent donc être piochés à tout moment. La bonne nouvelle, c’est que les cases d’atterrissage des météores sont clairement indiquées sur le plateau de jeu, vous savez donc que vous prenez un risque potentiel en posant la patte dessus. Mais il faudra vous y résoudre parfois pour éviter un flot de lave en fusion.  

Si le météore écrabouille évidemment tout dino qui se trouverait en dessous et bloque ensuite totalement l’accès à la case, il permet néanmoins à un dino de se déplacer de deux cases en une fois, comme un rush désespéré pour prendre la poudre d’escampette. Une piètre consolation, certes, mais c’est toujours bon à prendre.

La partie s’achève dès que tous les dinos ont atteint une montagne, dès qu’ils ont tous péri dans la lave, ou lorsque toutes les tuiles ont été piochées. On fera alors un décompte des points afin d’évaluer l’ampleur du succès… ou du désastre, au moyen d’une grille de score fournie dans les règles.

Chaud bouillant

Difficile de modérer notre enthousiasme devant SOS Dinos, tant  il est truffé de bonnes idées qui rendent les parties aussi palpitantes qu’intenses. Le caractère aléatoire du comportement de la lave, en tout premier lieu, crée une modification de l’environnement du plateau de jeu au fil des tours, et donc des rebondissements bienvenus. Chaque déplacement de dino doit en effet prendre en compte la position de la coulée de lave la plus proche pour éviter les ennuis. Mais la meilleure idée entre toutes, c’est l’interdiction de déplacer le dino correspondant à la couleur du volcan actif pour le tour (le portrait du dino concerné est rappelé au dos de chaque tuile, pour éviter de l’oublier). Les coulées de lave étant souvent capricieuses, cet immobilisme forcé sera parfois fatal au dino imprudent qui se sera aventuré trop près d’un volcan de sa propre couleur. Mais il y sera parfois contraint pour aller sauver un oeuf en danger. Il faudra savoir prendre des risques… et apprendre à maudire celui qui a pioché la tuile qui vous sera fatale. 

Si l’on était volontiers habitués aux jeux de construction de tracé façon “Trésor des Lutins”, Bandido ou “Karuba Junior”, c’est la première fois que le chemin devient un danger aussi mortel qu’inexorable qu’il faut détourner à tout prix. Cela nous fait un peu penser à “Tron” et aux motos qui laissent un mur derrière elles. Ne pas se laisser enfermer est une priorité, mais faut-il, pour y échapper, prendre le risque de marcher sur une case qui pourrait voir débouler un météore ? La pression est toujours sur la main de celui qui pioche la tuile, ce qui ne va jamais manquer d’occasionner rires nerveux et protestations outrées. N’oubliez pas pour autant que vous êtes tous dans la même équipe !

Allez, on chipote  ?

Puisque nous sommes des sales mômes et qu’il faut trouver (quand même) des points négatifs, on pourra s’interroger sur la solidité des volcans et montagnes à la longue, car le fait de les plier et les déplier sans cesse pourra peut-être à terme fatiguer les pliures en carton. À voir dans un an, on se tient au courant.  On pourrait rêver enfin d’un mécanisme propre à chaque Dino, sorte de capacité spéciale qu’il pourrait utiliser une fois par partie pour se tirer d’affaire ou venir en aide à un congénère en difficulté. Cela déséquilibrerait sans doute le jeu, mais permettrait de différencier chaque dino de ses congénères, en quelque sorte. Une piste à creuser pour une suite ? 

Soyons clairs, il ne s’agit bien ici que de chipotages, des petits points noirs que nous nous sommes acharnés à trouver pour ne pas rendre notre enthousiasme trop suspect.  

L’avis de Plateau Marmots

Trêve de superlatifs un peu pompeux : SOS Dino est un jeu tout simplement génial. Magnifique sur la forme et intense sur le fond, il emmène les joueurs dans une course folle où il sera en permanence nécessaire de réévaluer ses priorités. Sauver les oeufs ? Les dinos ? Un peu des deux ? Si le niveau de difficulté le plus simple permet en général de sauver tout le monde, le second sera souvent bien plus punitif. Heureusement d’ailleurs, car cela permet de s’assurer de l’intérêt des grands marmots pour de très nombreuses parties. On ne reviendra pas sur le coup de génie de la lave semi-aléatoire ou des météores (dont l’ombre fera toujours frémir les téméraires), mais force est de constater que cela fonctionne très bien, et que ce système aussi ingénieux que simple à appréhender est très abouti. Outre le réel plaisir ressenti à déplacer les figurines, le stress de voir la lave s’approcher (parfois très près) est un élément essentiel qui contribue à la réussite totale de SOS Dino.

On peut y jouer dès 6 – 7 ans, mais le plaisir de jeu est tel qu’il accompagnera probablement les joueurs de longues, longues années durant. Si Plateau marmots devait distribuer des Coups de coeur, SOS Dino serait clairement le premier jeu à en obtenir un. Une réussite totale, qui met la barre très haute pour les futures productions de Loki. Vivement !  

Ca fait plaisir

  • Un jeu magnifique
  • Une mécanique bien huilée
  • Suspense et angoisse à chaque pioche
  • La lave, imprévisible et fatale
  • Un jeu 100 % coop

Ca fait moins plaisir

  • Des dinosaures sans capacités spéciales
  • Euh… 

Fiche Technique

Un jeu de Ludovic Maublanc et Théo Rivière
Edité par Loki
Date de Sortie : 2018
Pour 1 à 4 joueurs
A partir de 7 ans (même 6)

Disponible chez Philibert

Idée de variante

Démarrez sur une partie avec 4 obstacles. Lors de l’arrivée des 4 premiers météores, ajoutez à chaque fois un obstacle supplémentaire sur l’emplacement d’obstacle libre le plus proche du météore. Cela simulera l’impact du météore et rendra l’impression que le plateau de jeu se détériore au fur et à mesure, ce qui modifiera les possibilités de déplacement. 

Pour aller plus loin… 

2 commentaires sur “Test – SOS Dino

  • 6 mai 2018 at 17 h 08 min
    Permalink

    Un grand merci pour ce test qui m’a permis de découvrir ce jeu magnifique ! C’est très accessible, très fun et surtout très intéressant pour les petits et pour les grands ! Il y a même un peu de stratégie dans ce style de jeu pour moi c’est du jamais vu…

    Reply
  • 6 mai 2018 at 22 h 54 min
    Permalink

    Bonjour ! Voilà qui devrait faire plaisir aux auteurs ! 🙂
    Merci pour ce commentaire !

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *