Test – Tucano

Cette magnifique forêt tropicale regorge de fruits variés, parfois juteux et forts appétissants, mais parfois acides et piquants. Et vous, aventuriers gourmands, il va vous falloir bien choisir ceux que vous allez ajouter à votre collecte pour ne pas risquer l’indigestion. Mais ne croyez pas que vous allez vous promener sereinement dans cet endroit idyllique ! En effet, vous devrez vous méfier des toucans voleurs pleins de fourberie qui viennent mettre un sacré bazar dans vos plans fruités.

Tucano est un jeu de collection fruité de Théo RIVIERE, illustré par Odile SAGEAT et édité par HELVETIQ, pour 2 à 4 joueurs, à partir de 6 ans pour des parties de moins 15 minutes.

Entrez dans la jungle tropicale

Avant même d’ouvrir cette boîte, on savoure un sentiment de complétude que seuls les fans de collectionnite aigue, ou Sheldon Cooper, peuvent ressentir. En effet, Tucano vient compléter la gamme Pocket d’HelvetiQ (Bandido, Papageno, Hippo, Kawaii, Misty, pour ne citer qu’eux) et devient le 11ème jeu de cette collection. Une collec’ faite de jeux tous accessibles, malins, rapides et pratiques à emporter partout. Vous comprenez donc que nous avons l’habitude de les ouvrir ces petites boîtes et rares sont celles qui nous ont déçus, alors quand on nous annonce le combo HelvetiQ/Théo Rivière nos attentes montent d’un cran.

Quoi ??? Que dites-vous ??? En plus c’est un jeu de collection ! N’en jetez plus, je suis enfin prête à ouvrir cette boîte.

Et dans cette boîte pleine de pep’s on découvre 58 cartes de fruits tropicaux bien acidulés, 12 cartes Toucan et 1 carte Joker et That’s all ! Encore une fois HelvetiQ va droit au but et ces couleurs donnent déjà la pêche.

Allez : ramène ta fraise !

La mise en place est somme toute très simple : on extrait les cartes Toucan et on divise le tas de cartes restantes en 2, on ajoute les toucans au deuxième tas en les mélangeant. Hop :  tas 1 (sans toucans) sur tas 2 (avec toucans) et on est prêts !

On prépare 3 piles de cartes faces visibles : La première pile contient 1 carte, la deuxième 2 et la troisième de nouveau une carte. Le reste des cartes constitue la pioche.

Dans Tucano chaque joueur joue à son tour et choisi une des 3 piles (dans son intégralité) et place les cartes ainsi récoltées devant lui en les classant par fruits. On recharge chaque pile centrale d’une carte de la pioche et c’est au joueur suivant de faire son choix et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de cartes sur la table. Ahh ! je vous avais prévenu c’est du petit jeu accessible, j’ai mis 2 minutes à vous expliquer les règles et vous êtes déjà prêts à jouer. Mais ne vous méprenez pas il va falloir appréhender les subtilités de scoring pour jouer à Tucano, car c’est là tout le sel de cette salade de fruits.

Je vous vois, vous vous attendiez peut-être à un tout bête jeu où plus tu as de fruits d’un même type plus tu scores mais c’était oublier que ce jeu est signé par Théo Rivière. Tucano c’est bien plus malin que ça, car chaque fruit a sa propre manière de vous faire marquer des points… ou en perdre… ou les deux !

Pour faire une bonne salade de fruits, choisissez bien vos ingrédients

En effet, chaque carte fruit est surmontée de sa condition de scoring pour une meilleure et indispensable lecture au fil de la partie. On peut les classer en 4 catégories :

  • Les fruits à majorité sont les grenades, les bananes et les avocats.
  • Les fruits qui augmentent vos points suivant leur présence sont les baies d’açaï, les ramboutans, les litchis, les papayes, les caramboles et les figues.
  • Les fruits à points négatifs sont les ananas et les citrons verts.
  • Les fruits qui mettent le bazar dans les scores sont les noix de coco et les oranges.

Les fruits à majorité vont vous faire scorer un certain nombre de points si vous êtes majoritaire c’est à dire si de tous les joueurs c’est vous et vous seul qui en avez le plus. Si ce n’est pas le cas, vous marquez moins de points par cartes présentes dans votre collection voire des points négatifs ! Ah oui, il faut se méfier des grenades, par exemple, pour lesquelles vous allez scorer 1 point par carte si vous êtes majoritaire mais -1 point par carte si vous avez loupé cet objectif. Il va donc bien falloir garder l’œil sur les cartes de vos adversaires pour savoir où vous en êtes des majorités sur ces cartes en particulier.

On retrouve également les fruits qui, classiquement, vous font scorer des points proportionnellement à leur présence. Pour cela c’est donc tout simple : plus vous en avez mieux c’est !

Nous avons également les fruits à scoring négatif qui vous retirent des points proportionnellement à leur présence dans votre jeu. Autant vous dire que ceux-là vous allez les éviter et parfois même essayer de les refourguer. Ils viendront bien pimenter votre stratégie car elle vous intéresse bien cette pile avec la figue et le litchi, mais faut-il la prendre ? car elle contient aussi un citron vert…

Et puis, il existe également des fruits bien plus complexes que tout ça car, au début, leur collecte est intéressante mais vous risquez très vite l’indigestion. La noix de Coco par exemple… vous marquez 8 points si vous en avez 1 exemplaire, puis de manière décroissante jusqu’à perdre 2 points si vous en collectez 6. Les oranges, elles, vous font marquer jusqu’à 12 points sauf si vous en ramassez 4. Là c’est le couperet : pour une orange de plus vous perdez vos 12 points potentiels !

C’est l’épice même de cette salade fruits, vous devez systématiquement établir votre stratégie en fonction du fruit car chacun vous apporte des points différemment. Ainsi une colonne avec plusieurs fruits vous fait faire des choix cornéliens : « Dois-je prendre ces 2 figues même si je prends 1 noix de coco ? »

Toutes ces conditions de scoring apportent une dimension très tactique à Tucano sans non plus vous presser le citron, on reste dans le petit jeu spontané. Et maintenant si on ajoutait une savante dose d’interactions ?

Toucan : Tout fout l’camp ?

Et oui, comme s’il n’y avait pas assez de malice avec ce multi-scoring, à partir de la deuxième moitié de la pioche, vont arriver dans le game ces farceurs et gourmands de toucans !

Et ces toucans, vous allez les adorer ou les détester, tout dépend si c’est vous qui les utilisez ou pas.

3 types de toucans différents peuvent désormais arriver dans les 3 tas centraux à collecter et vous devez en appliquer immédiatement leur effet si vous choisissez de les faire venir à vous. Laissez-moi vous les présenter. Tout d’abord, le Toucan voleur (mon favori) qui, si vous le ramassez, vous permet de voler une carte à votre adversaire. C’est donc le moment idéal pour parfaire votre collection de baies d’açaï ou pour reprendre la majorité sur les bananes. Il y’a également le Toucan généreux qui vous permet d’offrir une carte à l’un de vos adversaires, enfin généreux pas tant que ça… car c’est bien sûr l’instant que vous allez choisir pour refourguer un citron ou un ananas et donc des points négatifs à vos adversaires. Et il y a enfin le Toucan aveugle qui vous fait retourner l’intégralité de vos cartes collectées. Quel est l’intérêt ? Eh bien, toute carte retournée ne peut pas être volée et vos adversaires ne sont plus en capacité de voir ce que vous possédez. Vous avez donc compris que vous non plus vous ne pouvez plus voir ce que vous avez. Il va vous falloir bien photographier votre collection avant de la retourner, pour ne pas vous retrouver avec un trop plein de noix de coco ou autres fruits vicieux.

Si vous avez le plaisir de ramasser plusieurs cartes Toucan dans la même prise, vous les jouez dans l’ordre de votre choix.

Autant vous dire que ces petites bestioles font le bonheur de nos marmots les plus joueurs qui prennent un malin plaisir à en collecter le plus possible pour reprendre l’avantage sur la partie. Ces gourmands ajoutent une bonne dose d’interactions sans non plus entrer dans le take-that ultra punitif s’il est récurrent et trop abondant. Au demeurant, pour les marmots ultra susceptibles (mauvais joueurs) se faire piquer une carte décisive peut être un vrai calvaire mais ils vont avoir la possibilité de se venger car sur la deuxième partie de jeux, les toucans vont fleurir.

L’arc en ciel ne compte pas pour des prunes

Parmi tous ces participants sucrés ou à plumes on trouve également un joker sous forme d’un arc en ciel. Cet arc en ciel, vous le placez dans le tas de fruits que vous souhaitez, en fin de partie, et il peut vous permettre de scorer encore plus de fruits à points croissants par exemple. Cette carte, présente en un seul exemplaire, n’est pas à négliger car elle peut également faire basculer une majorité en votre faveur sur le fil du rasoir et sans que vos adversaires ne l’aient vu venir ***Mwah Ha Ha (rire démoniaque issu d’un souvenir de partie contre Marmot)

On note cependant que vous ne pouvez, bien sûr, pas l’ajouter à une collection déjà complète. Si vous avez atteint le nombre max de fruits il va falloir lui trouver un autre endroit.

Salade de points : jolie, jolie, jolie !

Comment ça ? C’est déjà fini ? Oui, une partie de Tucano c’est rapide, en moins de 15 minutes tous les fruits sont collectés et vient le moment fatidique de compter les points. Mon pitch sur les différentes façons de scorer a téléphoné ce que je m’apprête à vous dire : ça sent bon la salade de points ! Et on se connaît maintenant, vous savez que, pour moi, ce moment n’est absolument pas une contrainte puisque j’adore les mixités de scoring et Tucano me régale dans le genre. Un marmot de 6 ans aura cependant du mal à calculer son score en toute autonomie, surtout s’il marque beaucoup de points.

A cet effet, je m’en allais ronchonner sur le fait qu’avec des marmots un mini-bloc de score aurait eu toute sa place, ceci avant de lire les petites lignes en fin de règle m’invitant à télécharger la feuille de score depuis le net. Ok, en bonne élève je m’exécute mais non sans vérifier la taille de ma boîte de jeu et je me rends à l’évidence : Non un bloc de score ne rentrait pas dans une pocket d’HelvetiQ. Alors au lieu de prendre ma plume pour vous dire qu’il manque un élément me voici donc en train de vous dire que c’est bien malin d’avoir pensé à mettre à dispo une feuille de score quand celle-ci ne pouvait intégrer le format standard de la collection.

Et les marmots : ils ont la banane à Tucano ?

On a pris plaisir à cette balade dans la forêt tropicale et à la récolte de tous ces fruits, méconnus de Marmot pour certains. A cet effet, on a apprécié qu’ils soient tous listés dans la règle, cela nous a permis d’identifier notamment le ramboutan et d’arrêter de l’appeler le litchi poilu. Pour que nos marmots savourent entièrement ce jeu dès la première partie, la phase de présentation avec tous ces fruits semble d’ailleurs indispensable afin qu’ils puissent mieux appréhender les axes de scoring et donc optimiser leur stratégie sans frustration.

Tucano ne sera pas sans rappeler l’excellent Coloretto. Nous y avons vraiment ressenti une expérience de jeu similaire tant dans le principe de collecte que dans le fait de ne pas trop en vouloir au risque de plomber sa collection.

Cerise sur le gâteau, quand vous jouez à Tucano il va être indispensable d’avoir l’œil sur le jeu des adversaires afin de bien savoir où vous en êtes des majorités, mais aussi pour préparer votre larcin ou vos cadeaux empoisonnés. On retrouve également un peu de fourberie dans le choix des cartes collectées car rien ne vous empêche de choper un tas de fruits que convoitait votre adversaire pour avoir le plus de grenades. Ah oui, on est diaboliques dans la famille mais il ne faut pas attendre trop longtemps qu’une pile se remplisse sinon elle peut vous passer sous le nez.

L’avis de Plateau Marmots

Tucano est dans la digne lignée de cette collection : un jeu malin, rapide et plein de pep’s, aux règles accessibles qui tiennent quasiment sur le visuel des cartes, ce qui permet à nos marmots d’y jouer aussi en toute autonomie (une fois la feuille de score imprimée). On a adoré la pluralité de scoring qui apporte une vraie dimension stratégique au jeu sans être non plus un brise neurones. Tucano représente ce que j’aime du jeu de collection en mode épuré : des règles de collecte simples mais de la stratégie dans le choix des prises. Cela en fait un jeu qui plaira aux marmots, mais aussi aux parents qui n’en sortiront pas forcement gagnants, grâce à un gameplay qui équilibre bien le rapport adulte/enfant. Assurément un bon jeu de collection à interactions, avec des bases ultra simples pour fédérer toute la famille et tous types de joueurs.

On ne peut que vous inviter à essayer cette petite boîte et voir si, à vous aussi, ce jeu vous donne la pêche.

Vos marmots aimeront si…

  • Ils aiment les jeux rapides et simples

Vos marmots peuvent ne pas aimer si…

  • Ils sont encore sensibles aux interactions directes

On aime :

  • Le multi-scoring et la stratégie en émanant
  • Les illustrations pleines de pep’s
  • Les règles accessibles
  • Une iconographie claire
  • Avoir toute la collection des pocket d’HelvetiQ

On aime moins :

  • Entendre Marmot chouiner parce qu’on lui a volé sa banane

Chez les marmots ce jeu favorise

  • L’aptitude à faire un choix
  • L’observation
  • La planification

Fiche technique :

  • Un jeu de Théo RIVIERE
  • Illustré par Odile SAGEAT
  • Edité par HELVETIQ
  • Pour 2 à 4 joueurs
  • A partir de 6 ans
  • Pour des parties de 15 minutes

Où le trouver ?

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