On s’isole et on joue à plein de trucs !

Et donc, patatras, le Covid a fini par entrer dans la maison. Enfer et badaboum, plus d’école pour les petits, plus de sortie pour les grands. Ce n’était sans doute qu’une question de jours, puisque notre année scolaire allait d’un cas contact à l’autre, comme un bingo pour lequel nous savions que notre numéro allait finir par être tiré. Je vous rassure de suite : tout s’est très bien passé pour tout le monde (les positifs comme les cas contacts). Comme nous étions vaccinés de partout, la maladie a glissé sur nous un moment et s’en est repartie comme elle est venue. Certes nous avons vécu quelques jours avec le masque sur le nez et les fenêtres grandes ouvertes, mais ce n’est guère allé au-delà.

Et si on jouait, du coup ?

Ce mini confinement, s’il a évidemment chamboulé notre emploi du temps, a toutefois été très riche en découvertes de jeux. Nous avons profité d’avoir des marmots privés d’école pour faire défiler les jeux sur les tables. Les marmots n’ont pas trop protesté, je vous rassure. (et les jeux non plus).

Et si cette petite quinzaine a été l’occasion de ressortir nos indécrottables classiques, comme Soupe à la Grenouille (peut-être le jeu qu’on sort le plus souvent en 5 ans de Plateau Marmots), Kang-A-Roo, ou Ice Cool ; ce fut aussi l’occasion de jouer à des nouveautés et de naviguer d’un titre à l’autre avec un regard neuf. Comme nous étions (quand même !) trop crevés pour rédiger, nous nous contentions juste de jouer « pour jouer », et surtout de profiter d’avoir du temps avec nos enfants. Je ne sais pas comment font les autres testeurs, sur la grande toile ludique. Moi j’avoue que j’ai souvent tendance à perdre le côté premier degré du jeu pour détecter (malgré moi, le plus souvent), ce qui en fait les forces et les faiblesses, et déterminer à quel public il se destine. Mais là, pour le coup, j’ai joué pour joué, et voici donc quelques réflexions à la volée, sans aucune prétention, sur plusieurs titres qui ont égayé cette folle quinzaine.

Speed Colors Team : la revanche

Dès que la nouvelle de notre confinement est devenue inéluctable, j’ai remis Speed Colors Team, sur la table, afin de lui donner une nouvelle chance. Oui oui, une nouvelle chance, n’ayons pas peur des mots, car en dépit des critiques dithyrambiques que l’on peut lire ici, là ou là-bas, le jeu n’avait pas du tout fonctionné chez nous. Autant dire que j’avais été très surpris de ce fail, sachant que Speed Colors a toujours très bien fonctionné avec les marmots. Donc là, une version coop ne pouvait qu’être le jeu de l’année. Mais les choses n’avaient pas fonctionné au cours des deux premières séances de tests, le jeu étant trop chaotique pour être plaisant. Alors vu que les marmots ne pouvaient pas s’enfuir, héhéhé, j’ai remis le jeu sur la table.

Le principe de Speed Colors Teams est simple : il faut mémoriser les couleurs d’un dessin représenté au recto d’une carte; puis le reproduire. Au verso, en effet, le même dessin en noir et blanc doit être colorié à l’identique avec des feutres. Le jeu se déroule en temps limité : plus on parvient à colorier de cartes sans commettre d’erreurs, plus on marque de points. Si les joueurs sont chacun sur leurs propres cartes, ils s’entraident tout au long de la partie en mode « j’ai le bleu, je te le passe quand j’ai fini, qui a le rose ? ».  Du moins en théorie.

Parce que dans Speed Colors Teams, les feutres sont tous d’apparence identique. Le seul moyen de savoir leur couleur, c’est de les déboucher. Et c’est là qu’arrive le twist : certains sont piégés et n’ont en fait aucune couleur.

Le principe attendu, c’est de faire que les joueurs piochent des stylos, révèlent la couleur, utilisent le stylo si la couleur correspond au dessin qu’ils doivent reproduire, ou remettent le stylo dans la boîte si ce n’est pas le cas. Et en cas de feutre piégé, badaboum, cela déclenche alors une action indiquée sur la carte du joueur qui a pioché le feutre (secouer la boîte, faire un check, etc.).

Sur le papier, c’est très fun, et on avait vraiment hâte de s’y coller. En vrai, ce fut moins étourdissant. Nos premières parties avec les enfants ont été très laborieuses, car le jeu demande un certain calme et organisation, tout en étant ponctué par un sablier bien stressant. La mécanique des feutres piégés qui déclenche une action a créé un tel chaos sur nos parties que nous avons fini par les écarter pour revenir à une version plus simple, mais plus satisfaisante.

Parce que l’on comprend bien l’intérêt des « gages » : il permet de déconcentrer et de faire oublier la position des stylos dans la boîte, mais aussi des couleurs que l’on doit reproduire.  Sauf qu’avec 3 stylos piégés dans la boîte, vous passez plus de temps à faire des checks que du coloriage. Sans oublier qu’il est nécessaire de faire la police à plein temps, en mode « rebouche le stylo », « remets-le dans la boîte », ce qui suffit déjà largement pour se déconcentrer.

 

Nous avons fait de nouvelles sessions, donc, qui se sont cette fois un peu mieux déroulées en début de partie, avant de reglisser vers un joyeux bordel assez rapidement. Parce que le jeu, donné pour 5 ans, fonctionne assez mal autour de ces âges. Mettez des enfants de 5 ans autour d’une boîte de feutres, et expliquez-leur qu’ils doivent remettre les stylos dans la boîte, crier quand ils ont une action à faire, se prêter les stylos, indiquer quelle couleur ils sont en train de faire pour qu’un autre joueur puisse en profiter… alors qu’ils sont sous la pression d’un sablier. C’est vraiment compliqué pour ceux que j’avais sous la main, en tout cas. Je suis donc assez intimement convaincu que la mention 5 ans est très optimiste pour ce jeu, même supprimant totalement la présence des feutres défis. Tout simplement parce que communiquer une stratégie pour gagner à des enfants qui sont en train de hurler qu’ils « veulent le bleu, passe-le-moi quand t’as fini, allez, dépêche, je veux le bleu, mais pourquoi tu l’as remis dans la boîte j’en avais besoin du bleu, tu l’as mis où, le bleu tu l’as mis où, non ça c’est le rouge ! mais regarde le bleu tu l’as pas remis il est devant toi ! vite le temps s’écoule ! », en vrai c’est crevant.

On va rapidement y rejouer avec des 8 – 10 ans, parce que je pense que le jeu est totalement taillé pour eux.

Au final, comme je ne voulais pas laisser mes marmots si dépités, on a joué à Speed Colors Team avec les feutres (identifiés) de Speed Colors « normal », et on s’est bien plus amusés.

En résumé : une petite déception avec des enfants de 5 ans, le chaos prend trop le dessus sur le gameplay. Sans doute plus fun avec des 7 – 8. on y reviendra. 

Gloutons Mignons

Autre surprise de cette période : Gloutons Mignons. Gloutons Mignons nous avait été envoyé par Lucky Duck Kids en même temps que Kids Chronicles. Pour vous la faire courte, Gloutons Mignons est un remake « enfants » de Soviet Kitchen (même auteur, même concept). Le jeu, qui se joue via une appli, invite les joueurs à jouer des cartes représentant des objets colorés.  L’idée est de jouer les cartes qui, une fois combinées, donne une couleur qui se rapproche le plus possible de la couleur d’un monstre présent sur l’écran de l’appli. Un QR Code placé au dos des cartes permet de les scanner simplement, et l’appli fait le calcul de colorimétrie pour estimer à quel point le combo de vos cartes jouées (une par joueur) correspond à la couleur cible. Évidemment, de nombreux twists viennent pimenter le concept.

Pour être honnêtes, quand les marmots ont vu la boîte de Kids Chronicles et celle de Gloutons Mignons, ils se sont rués vers Chronicles pour partir à l’aventure. Mais nous avons finalement réussi à sortir Gloutons Mignons, et figurez-vous que rétrospectivement, ils préfèrent de loin ce dernier.

Ça n’était pas gagné au début, car les graphismes de l’appli ne les tentaient pas du tout. Le monstre qui roule des gros yeux, qui rote, bof. Mais après la première partie, une belle addiction s’est créée, les incitant à jouer encore et encore pour débloquer les cartes verrouillées et découvrir de plus en plus de monstres. C’est là un des gros points forts du jeu, vous commencez la partie avec un nombre limité de cartes, et en franchissant certains niveaux, vous obtiendrez alors le droit de prendre un nouveau deck de cartes et de le mélanger à vos cartes initiales. Les nouvelles cartes ont parfois des petites surprises, contraintes de pose ou autres bonus. Quant aux monstres que vous devez ainsi nourrir, eux aussi ne sont pas tous identiques, et vous en découvrez progressivement de nouveaux qui posent de nouvelles contraintes.  

Certains vous interdisent de communiquer, d’autres exigent un certain type de cartes, d’autres encore prennent la couleur de la première carte jouée : plein de situations de jeu variées qui invitent à se prendre la tête pour jouer ses cartes ans un ordre optimal. Mais surtout, une vraie réflexion sur les couleurs, sur leur mélange et savoir ce qui se passe quand on mélange du jaune et du vert.

Là où je m’attendais à ce que Gloutons Mignons soit un « petit jeu » qui leur passe un peu au-dessus de la tête, l’effet wahouuu fut au contraire total, et bien plus présent que pour Kids Chronicles, à ma grande surprise. Et si aujourd’hui Kids Chronicles est passé rendre visite aux cousins et aux voisins, Gloutons Mignons est conservé jalousement. Une vraie belle surprise !  

En résumé : un relooking de Soviet Kitchen assez enthousiasmant en dépit d’un direction artistique un peu générique. Une excellente surprise, qui fonctionne encore mieux que Kids Chronicles. 

Andor Junior

Autre jeu qui a beaucoup tourné sur nos tables pendant cette période : Andor Junior

Parce qu’au final, autant Kids Chronicles a finalement montré ses limites une fois les scénarios achevés, autant Andor Junior, clairement un cran au-dessus en termes de difficulté et de profondeur de jeu, semble se révéler partie après partie comme un jeu finalement bien plus abouti sur le long terme. Certes on perd l’effet « tablette » et une bonne partie de jeu narratif, mais on y gagne une mécanique très bien huilée qui mixe exploration, combats et tower defense pour un cocktail final qui évoque finalement bien plus l’aventure. Les défaites, certes, y sont nombreuses, et ce sera parfois frustrant pour des marmots de voir que leurs premières stratégies sont mises en déroute par une armée de Gors aux déplacements inéluctables. Mais c’est aussi avec cette « résistance » que le jeu attire et titille, qu’il laisse un constant goût de « reviens-y » pour tenter d’aller plus loin, de combiner les missions et d’aller toujours au-delà des difficultés.

En résumé : une excellente valeur sûre du jeu d’aventure tactique et accessible. Bien moins calculatoire et avec plus de suspense que son grand frère, il permet de sillonner la région d’Andor et de résoudre ses premières quêtes. Vraiment chouette ! 

The Quest Kids

Et puisque nous étions en pleine aventure, nous avons également passé pas mal de temps que Quest Kids, surtout avec ma fille de 4 ans. Ce mini Dungeon Crawler a tellement de qualité que je ne m’explique pas trop pourquoi les éditeurs français n’ont pas essayé de le proposer sous nos latitudes. La mécanique est incroyablement simple mais le plaisir de jeu est total : on se promène de tuile en tuile, on s’entraide à chaque fois que c’est possible et on accumule des étoiles jusqu’à la sortie du niveau. D’excellents moments en compétitif, mais aussi en coopératif au moyen d’une petite extension sympathique.

 

En résumé : Un excellent premier dungeon crawler pour les tout petits, hélas totalement en anglais. 

Attrape-Monstre,  Au Vol-Oeuf

Nous avons aussi beaucoup joué à Attrape Monstre, localisation de My Little Castle Panic, qu’on aime d’amour depuis quelques années déjà. À noter que l’édition française de Space Cow est quasiment identique à la version d’origine, à quelques variantes près. On aurait aimé que la VF corrige le seul mini défaut du jeu, à savoir des cartes un peu fines pour les enfants de 4 ans. Mais mis à part ce mini détail, le jeu est toujours aussi chouette. Le test sera en ligne dans quelques jours.

On a aussi profité de périodes un peu calmes pour reprendre l’ensemble de la collection “Ma première aventure” depuis le début, ce qui nous a permis d’accueillir le tout dernier (il sort cette semaine, d’ailleurs) : « Au vol-œuf. » Cette fois-ci le jeu est présenté sous forme d’enquête, et c’est vraiment assez original comme approche. Le test va sortir dans quelques heures, aussi je n’en dis pô plus pour le moment, si ce n’est qu’il est vraiment très chouette.

On aura également attaqué le mode campagne de Quest Kids, et je m’étais engagé à le traduire un jour ou l’autre, mais il y a TELLEMENT de texte que cela me semble presque insurmontable. Dommage, car le mode est vraiment chouette.

 

À présent que le virus s’en est allé muter ailleurs, nous allons reprendre le rédactionnel, les tests, les avis impitoyables et retrouver le plaisir d’écrire. Mais il sera sans doute utile de ne pas oublier le simple plaisir de jouer retrouvé, inhérent à ces quelques jours loin de toute écriture.

Une jolie période, assurément !

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