Entretien – William Let

Le deuxième jour du Festival de Cannes 2019, je déambule à la recherche d’un stand bien particulier…le stand du jeu Pikzi ! J’ai participé au Kickstarter et oh joie, je peux le récupérer en mains propres. Je fais donc plusieurs fois le tour des allées et mon sens de l’orientation étant extrêmement bien développé, j’ai dû passer dans la mauvaise allée… mais oh joie ! Qui vois-je au loin ? Olivier, le rédac chef de plateau marmots à qui je propose de me guider. Il accepte (sous la menace, les hommes sont prêts à tout !!!) Nous voici enfin arrivés au stand de Pikzi où nous sommes très bien accueillis par William. Nous avons pris le temps de papoter, de jouer et de faire un entretien avec lui rien que pour vous.

Plateau Marmots :

William bonjour ! Je suis ravie de vous rencontrer. Je vous laisse vous présentez en quelques mots, qui vous êtes et ce que vous faites dans la vie ?

William Let :

Je m’appelle William Let. Je suis illustrateur, photographe, graphiste, comédien, directeur artistique. Je suis indépendant, je travaille dans mon studio à Paris et à la campagne. Je réalise beaucoup d’affiches de spectacles et de photos depuis plus de 20 ans, comme Dany Boon, Nicolas Canteloup, Florence Foresti, Franck Dubosc, Anne Roumanoff etc. Mais avant tout ça je suis surtout un amoureux de la création, de la beauté des choses, et des belles relations humaines. Mes sens sont assez développés du coup, j’aime voir, j’aime entendre, j’aime goûter, j’aime toucher, j’aime sentir. Les soirées entre copains, le rire, la musique loin de toutes ces informations télévisées remplies de noirceurs.

Plateau Marmots :

Ouaou votre agenda a l’air sacrément chargé. Vous rencontrez du beau monde, ça fait rêver !
Pikzi est un jeu qui sort du Kickstarter, en combien de temps avez-vous atteint la somme que vous visiez ?

William Let :

J’ai mis 45 jours à atteindre la somme minimum, sur les 60 jours visés. J’avais mis une somme de base pour m’aider à le réaliser, mais concrètement il fallait environ 10 000€.

Plateau Marmots :

Belle performance, ça doit faire plaisir de se sentir autant soutenu par des inconnus…Pourquoi avoir choisi de passer par un Kickstarter ?

William Let :

J’ai décidé de faire un Kickstarter, car cela me permettait à la fois de faire la publicité de ma création, mais aussi de la financer. Les éditeurs et distributeurs des circuits du jeu, prennent 95 %, et ont une influence sur la création. Cela me privait de liberté pour la sortie de mon premier jeu. Après, je ne dis pas que, par la suite, je ne prendrais pas le réseau habituel.
Cela dit je n’ai réuni que les deux tiers de la somme nécessaire. Réellement, j’ai dû rallonger avec mes fonds propres et toutes les surprises de faux-frais comme les normes hygiènes, les code-barres, les normes légales, les expéditions express les modifications techniques, la forme de la boite qui n’était pas standard etc.

Plateau Marmots :

Comment avez vous créez Pikzi ? Vous en aviez assez des jeux de 7 familles ?

William Let :

C’est tout d’abord un rêve de gosse que je réalise. J’ai toujours eu envie d’inventer un jeu, et de voir les gens s’amuser grâce à mon invention. Je souhaitais créer un jeu où l’on doit reconstituer les personnages. J’avais d’abord pensé le faire en volume, mais cela entraînait des coûts faramineux pour un premier jeu. Mais ce projet reste en cours de réflexion. Après, j’ai réfléchi à différentes techniques pour finalement en arriver aux cartes. Je ne voulais pas de plastique.  Je ne sais pas trop comment est arrivée l’idée, c’est apparu comme ça, la logique amenant à faire des actions, des réponses. Le jeu s’est construit au fur et à mesure des contraintes et en recherchant à le dynamiser. Les premières parties faisaient trois quarts d’heure, on s’ennuyait, et c’est seulement dans les cinq dernières minutes que la dynamique commençait. Je me suis donc concentré sur ces cinq dernières minutes pour essayer de dynamiser le jeu dès le début de la partie. Tous les personnages sont issus d’un livre que je suis en train d’écrire, un illustré pour les enfants. J’avais envie de l’associer avec la création d’un jeu. À la base il aurait dû sortir avant le jeu, mais comme je le fais à la peinture cela prend plus de temps. Donc bientôt le livre Philomène la musicienne, l’histoire d’une vache passionnée de guitare. Il sera sûrement musical, avec des chansons.

Plateau Marmots :

J’ai hâte de voir ce livre sortir, ne serait-ce que pour les illustrations… Si on faisait parti des contributeurs, on pouvait récupérer son jeu à Cannes…ça fait quel effet de rencontrer des inconnus qui ont rendu possible votre projet?

William Let :

J’ai été ravi de rencontrer les gens qui ont rendu cela possible. J’ai pu ainsi rencontrer dans “la vraie vie” des gens qui me suivaient sur les réseaux sociaux, avec qui je ne communiquais jusqu’à présent que par messages. Cela m’a aussi permis de les voir jouer sur le stand avec d’autres joueurs et de constater que le jeu fonctionnait très bien et qu’ils étaient satisfaits de leur achat. Et puis j’ai pu leur personnaliser les dédicaces.

Plateau Marmots :

J’avoue que la dédicace personnalisée est bien sympathique, bravo pour le travail d’illustration ! Nous nous étions rencontrés il y a 2 ou 3 ans aux offs de Cannes, j’avais pu tester Pikzi, j’en avais gardé un très bon souvenir, mais la boîte était bien plus grande. Que s’est-il passé, elle a rétrécie à la machine ?

William Let :

Sur les festivals il n’est pas rare de croiser des jeux beaucoup plus grands que les originaux, c’est évidemment pour que les gens qui passent autour puissent mieux voir et comprendre comment fonctionne le jeu. À l’origine j’aurais fait ce jeu en grand format, mais j’ai constaté que l’on y jouait souvent sur des petites tables, dans le train, dans un café. Et comme on doit reconstituer des portraits de quatre cartes, on peut se retrouver avec 20 portraits en cours sur la table. Cela prend de la place, et grâce à ce format ça devient possible. Bien sûr si le jeu cartonne je ferai une édition plus grande, pour jouer sur les grandes tables. J’ai eu un gros dilemme avec ce format car une petite boite ne se voit pas en rayon, et se vend moins chère. Tous le monde m’a dit de le faire grand. Mais j’avais un autre avis: “petit” voulait aussi dire : dans la poche, on peut l’emmener partout! Donc pratique! De plus c’était léger, moins de 100g, plus facile à stocker, moins cher à envoyer, plus pratique pour les petites mains.

Plateau Marmots :

J’avoue, il traîne souvent dans mon sac quand je pars avec mon marmot ! Avoir un stand sur Cannes c’est cool, est-ce que vous avez fait des rencontres ludiques? Est-ce que des co-créations sont à venir?

William Let :

Je n’ai pas eu le temps de faire beaucoup de rencontres parmi les créateurs et les professionnels tant le stand était sollicité par les joueurs. Toutefois certains sont venus à moi. Des créateurs pour que je leur fasse les illustrations, certains éditeurs, distributeurs, bref j’en saurai un peu plus dans quelques mois.
Comme je le disais avant, j’aimerais bien collaborer avec mon ami Yves, Fabien Bleuze, Et d’autres que je ne connais pas, mais qu’ils n’hésitent pas à me contacter.

Plateau Marmots :

Le message est passé…on croise les doigts pour vous. Et histoire de leur donner envie de vous appeler, vous avez un autre projet ludique en tête ?

William Let :

Oui j’ai quelques pistes de jeux, et, avec Yves Hirschfeld, on s’est dit depuis quelques années qu’on allait créer quelque chose ensemble (créateur de Taggle, comment j’ai adopté un gnou, Troquons etc.) J’ai aussi des idées de jeux de plein air, d’adresse.

Plateau Marmots :

On va suivre ça de près. Avez vous une anecdote sur Pikzi à nous raconter ?

William Let :

Les personnages ont des noms particuliers, Fernand est le nom de mon grand-père, Léïca le nom de sa chienne, et le nom d’une marque renommée d’appareil photo, Philomène c’est le côté philosophe de mon personnage du livre et enfin Mozart, un clin d’oeil à l’un des plus grands compositeurs.
Quand j’ai élaboré un de mes premiers prototypes, j’ai utilisé mes cartes de visites de comédien, à bord ronds, sur lesquels j’avais collé mes dessins. J’avais donc mon recto avec ma tête, ce qui faisait un jeu très égocentrique, ahahah. Il m’a fallu chercher plus de 50 noms pour trouver finalement PIKZI car tous les autres étaient déposés. Avec le nombres incroyables de jeux qui sortent pour les tablettes, les bons noms sont difficiles à trouver.

Plateau Marmots :

Effectivement, il y a un petit côté narcissique…ahahah…Pour finir, si vous aviez trois voeux, vous feriez lesquels ?

William Let :

  • que mes proches et moi même soient heureux (si ça pouvait être l’humanité toute entière ce serait bien) car finalement quoi que l’on fasse, que l’on entreprenne ou quoi que l’on possède on ne sait jamais si cela va nous rendre heureux. Donc être heureux ça résume tout
  • j’aimerais que mon jeu devienne un standard décliné en plein de versions avec d’autres visuels et qu’il soit joué à travers le monde
  • j’aimerais vivre de mes créations

(et qu’on ne me parle plus de paperasses administratives! si j’ai droit à un vœu bonus)

Plateau Marmots :

William un grand merci à vous…on se fait une petite partie avec le rédac chef ?

Qui de Soffy ou d’Olivier a gagné la partie ?… chuuuttt c’est un secret !

[note du chef : en tout cas c’est pas moi]

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