Fireball Island : le reboot serait-il un fiasco ?

Comme vous vous en souvenez peut-être, Plateau marmots avait pledgé pour le reboot de Fireball Island, un énorme Kickstarter qui avait levé l’an dernier près de 3 millions de dollars. Pour mémoire, Fireball Island était – à l’origine – un énorme projet sorti en 1986 chez MB, avec un plateau de jeu absolument gigantesque pour l’époque. 

L’équipe de Restoration Games, que nous apprécions tout particulièrement pour ses rééditions (réussies) de Top Race et de Stop Thief, était donc à la manoeuvre pour cette exhumation dantesque d’un énorme classique des années 80, qui sent aussi bon la nostalgie que la naphtaline. Et le challenge était assez corsé, car il fallait contenter à la fois ceux qui avaient eu la chance d’y jouer à l’époque, ceux qui s’étaient contentés de baver d’envie devant les pubs, mais aussi ceux qui sont nés après la guerre et qui n’ont découvert ce jeu que récemment. 

Challenge réussi ? Pas vraiment, si l’on en croit les premiers retours. 

Désillusion et colère

La qualité générale du matériel semble vraiment largement en deça des attentes des backers, avec une île en plastique très fine (façon arène de Beyblade) qui a tendance à trembler à chaque roulement de bille. Ces dernières semblent également de qualité assez médiocre, présentant volontiers des éclats ou des formes par trop originales, ne leur permettant pas de rouler convenablement. 

Au vu du prix demandé, 60$ pour la boîte de base, 110$ pour le all-in, beaucoup de joueurs se disent profondément scandalisés par une qualité de matériel aussi faible au vu de la somme engagée. On crie à l’arnaque et à l’escroquerie : le reboot de la légende prend cher sur Kickstarter et sur les réseaux sociaux.

Socles branlants, peintures ratées, boîte risiblement fine et mal foutue, billes aléatoires… La liste des griefs est longue, et s’ajoute à un agacement certain suite aux soucis habituels des jeux kickstartés : jeu dispo en boutique avant d’être livré aux contributeurs, produits manquants et/ou cassés, Europe livrée bonne dernière et pour certains après Noël, etc. 

La déception est telle qu’un peu partout les conseils fleurissent pour tenter de sauver ce qui peut l’être : stabiliser le socle, repeindre certains éléments de jeu, etc. 

Restoration Games

Du côté de chez Restoration Games, la comm’ est clairement embarrassée. L’éditeur a commencé par évoquer une feature inédite : des plateaux “uniques” fabriqués selon un procédé spécial pour que chaque joueur n’ait pas tout à fait le même que son voisin et pour que le comportement des billes soit particulièrement spectaculaire. Mais d’un autre côté, Restoration a également assuré que tous les éléments défectueux seraient rapidement remplacés, signe que certaines déformations remarquées ne sont peut-être pas si voulues que cela. Feature unique ou erreur de fabrication, la frontière semble être ténue. 

Sur le site Boardgame Geek, référence internationale du jeu de société, le jeu maintient toutefois une note globale respectable. Beaucoup d’avis signalent la qualité médiocre du matériel du jeu de base, mais mettent en avant son côté fun, qui aurait survécu au massacre. Les commentaires mettent en avant que le jeu semble plus proche du jouet que du jeu de société, mais qu’il reste amusant à jouer pour les enfants. En revanche, il ne semble clairement pas à hauteur de la nostalgie des backers quarantenaires, qui étaient pourtant la cible de Restoration Games.  

Et nous ? 

De notre côté, nous faisons partie des malchanceux qui n’ont pas encore été livrés (nous n’avons même pas reçu le mail annonçant une livraison imminente de GameQuest). Ce sera sans doute pour les derniers jours de 2018 ou le début de l’année prochaine. C’est dommage, forcément, car le bad buzz autour du jeu nous donne clairement envie de le recevoir pour le passer en test aussi vite que possible avec des marmots.

En attendant, nous nous garderons bien évidemment de tout jugement avant d’ouvrir le carton. Un unboxing vidéo va sans doute s’imposer, d’ailleurs, histoire de mettre des images sur cette déception ambiante. 

Wait & see, Vul-Kar ! 

 

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