Sur l’étagère : Le Cochon qui rit encore plus

Au début de Plateau Marmots, j’avais pris pour habitude d’acheter tout et n’importe quoi dans les vide greniers, afin de me familiariser avec le monde du jeu de société enfants. Je suis tombé sur des choses incroyablement sympathiques, et sur des choses insipides. Et sur Le Cochon qui rit encore plus.

A l’instar de la vache, on connait tous Le cochon qui rit. C’est un petit jeu de hasard des années 30 dans lequel on doit coller un à un les éléments d’un cochon en plastique : pattes, yeux et queue en tire-bouchon. Un truc aussi connu que le Monopoly et qui fleure bon l’enfance, les pièces perdues sous le tapis et la motricité fine. Rien de foufou sans doute, mais une madeleine de Proust ludique qui saura faire battre le cœur de tout ludiste né au siècle dernier.

Oui mais ça, c’était avant. Parce qu’en 2016, Dujardin TF1 a sorti une version électronique du bon vieux cochon qui rit : le cochon qui rit (encore plus !)

Electronique, donc. Disons qu’il y a désormais un groin « buzzer » qui éructe des soins improbables et donne le ton de la partie. Un ton… particulier.

Vos quatre cochons, en effet, ne sont pas des cochons ordinaires. Vous avez un supercochon, un rocker, une drag-queen une starlette et un supporter de foot. Et chacun, bien évidemment, dispose de sa propre panoplie d’accessoires assortis. Pour créer le footeux cher à l’ami Pixies, par exemple, il faudra lui donner ses pattes, sa queue, sa casquette, ses ray-ban, son écharpe de supporter et son ballon.

Une roue déterminera de votre sort pour le tour. Soit vous piochez une carte qui vous permet de gagner de 1 à 3 éléments, d’en perdre un, ou d’en chourer à l’adversaire. Palpitant. Si la roue vous a à la bonne, vous pourrez utiliser le groin-buzzer, qui fera différents bruits à l’effigie des cochons. Si c’est le vôtre, vous pouvez buzzer pour gagner un élément, ou pour empêcher un joueur d’en gagner un. On rit. Encore plus. Et le fou rire est total quand la roue nous fait tomber sur la case “boucher”, qui a pour effet… de vous faire perdre TOUS les éléments amassés jusque lors. 

Le premier joueur qui aura rempli son cochon aura gagné la partie, à moins qu’il ne se soit endormi avant. Ah non, car les sons du buzzer sauront vous maintenir éveillés quoi qu’il advienne. Un peu comme les salles de torture où la musique est jouée à fond pour empêcher la victime de dormir.

Car ce jeu est une purge interminable qui finit toujours en eau de boudin. C’est long. On a presque gagné. On reperd. On regagne. On reperd. Et le buzzer fatigué vomit des bruits criards qui feraient presque passer le coffret nasillard de « Qui l’a vu ? » pour du THX.

Bref, c’est comme un interminable jeu de bataille, sauf que ça fait encore plus de bruit. Si j’avais l’esprit taquin, je pourrais vous dire que Le cochon qui rit encore plus est au jeu de société ce que la vache du même nom est au fromage.

J’aimerais vous dire que Le cochon qui rit encore plus va retourner sur l’étagère, mais au fond de moi je préférerais encore qu’il finisse en dessous. Ou derrière. Loin, quoi. En tout cas moi je reprends ma vieille version du siècle dernier. Tellement plus amusante, au final. 

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